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Discussion : Ma femme est asexuelle, le polyamour est t il la solution ?
Alabama
le vendredi 25 juillet 2025 à 21h25
Et d'où l'intérêt de consulter une thérapeute de couple ou une sexotherapeute. Je penche pour la sexotherapeute car elle sera tout de suite plus à l'aise, normalement, avec l'idée d'une sexualité alternative et le fait de respecter les limites de chacun.
Discussion : Ma femme est asexuelle, le polyamour est t il la solution ?
Alabama
le mercredi 23 juillet 2025 à 23h05
Deja je pense que ça vaudrait le coup d'entamer une thérapie de couple avec une sexotherapeute (de préférence ayant des billes féministes histoire de ne pas tomber sur quelqu'un qui va pousser ta femme à faire du sexe alors qu'elle n'en a pas envie).
C'est une très mauvaise idée qu'elle accepte la mort dans l'âme que tu ailles voir ailleurs. Et je trouve ça problématique que tu te dises que c'est une situation acceptable d'aller voir ailleurs en sachant qu'elle n'est pas du tout à l'aise avec l'idée.
Ensuite dans ton cas, je vais être cash mais la meilleure solution c'est d'aller voir une travailleuse du sexe : tu auras du sexe et la quasi certitude (il n'y a jamais de 100% dans la vie) qu'aucune relation amoureuse en découlera.
Message modifié par son auteur il y a 6 mois.
Discussion : Critique des sites de rencontres
Alabama
le mardi 22 juillet 2025 à 21h52
J'ai la sensation que tout a déjà été dit sur les applis de rencontre.
Notamment par Judith Duportail dans "le coeur sur la table".
Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus.
J'ai la sensation que les applis ne sont que le reflet de la société dans laquelle nous vivons. La marchandisation des corps, de l'amour, du sexe. C'est sans doute un peu exacerbé sur les applis. Et encore.
J'ai vécu sur les applis à peu près ce que j'ai vécu dans la vie dans des endroits de rencontre type bar/boîte de nuit. De la drague lourde, du rabaissement parfois, des commentaires sexuels non sollicités. La différence, c'est qu'au moins sur une appli je peux fermer la discussion et ne plus jamais entendre parler de la personne. Dans la vraie vie il est parfois bien plus difficile de se débarasser d'un harceleur.
Je crois que ce que je n'aime pas sur les applis, c'est surtout le patriarcat, honnêtement.
Et le fait que les gens parfois n'ont pas envie de me parler, même après un match ou ne sont pas curieux de moi. C'est égocentrique ? oui sûrement ! Mais c'est clairement ma frustration numéro 1 alors je la nomme.
Mais sinon, j'ai toujours apprécié discuter à distance avec des inconnu·e·s. C'est un véritable bonheur quand une discussion se fait fluidement, que le courant passe avec une personne.
Je m'y suis fait une très bonne amie sur les applis, et je sais que cette amie a rencontré plusieurs amies via l'appli par laquelle on s'est connues.
J'ai rencontré pas mal de gens. Je ne m'y suis pas fait d'ami homme. J'ai pourtant essayé une ou deux fois, mais ça n'a pas marché.
J'y ai rencontré aussi mon amoureux actuel, avec qui je vis à la fois une grande amitié et une grande histoire amoureuse, la plus saine qu'il m'ait été donné de vivre jusqu'à présent. Et sans les applis, je pense que je ne serais pas retombée amoureuse depuis des années, car personne de mon entourage géographique n'a (eu) envie d'une relation plus profonde avec moi. Je le dis dans ce sens, car moi oui, j'ai eu envie de relations plus approfondies avec pas mal de personnes. J'ai fini par comprendre que tout le monde ne recherche pas cela, ou pas avec moi, et maintenant que j'ai digéré ça, je vis d'ailleurs mieux ces relations aussi.
Ce que tu décris comme un défaut @artichaut, je le vois comme une qualité des sites de rencontre : pouvoir dire rapidement ce que l'on recherche à l'instant T. Oui parfois on peut avoir envie de manger une salade et un autre jour une galette saucisse... je ne vois pas bien en quoi cela empêche la "vraie" rencontre. Je ne crois pas qu'il y a une manière idéale de se rencontrer. Je ne crois pas que l'on peut être "ouvert à tous les possibles" tout le temps, à moins de se voiler la face. Selon les moments de vie nos attentes varient, et parfois la rencontre vient faire bouger nos envies justement. Je trouve ça plutôt sain d'être au clair sur ce qu'on veut, et d'être au clair parfois sur le fait qu'on ne sait pas ce qu'on veut.
Bref, moi les applis je ne suis pas fan, je trouve que c'est chronophage, mais j'ai surtout la sensation que ce qui me frustre le plus, ce sont les humain·e·s qui utilisent ces applis, et la société dans laquelle ces applis sont créées.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le mardi 22 juillet 2025 à 13h01
artichaut
Les personnes qui ont l'habitude de me lire ici, ne seront pas supris·es que je critique l'amour amoureux, mais en ce moment je sens que c'est quelque chose d'encore plus vaste qui se joue pour moi. Et je sens que même se choisir entre ami·e·s — alors que pourtant j'ai initié ce fil "Revalorisons l'amitié" — c'est presque trop, c'est presque faux pour moi, ou c'est …je sais pas… comme égoïste, ou à côté de la plaque, ou prétentieux, ou…
Prétentieux ou simplement humain et donc limité ?
Je ne vois pas les choses comme toi, ni ne les ressens de cette manière.
Je pense au contraire que choisir, c'est donner la possibilité à une relation de s'approfondir, c'est lui donner de l'espace. Et comme d'autres ont dit, cet espace, il n'est pas infini car nous sommes des êtres finis, et donc notre finitude ne nous permet pas d'interagir avec tous les humains que nous croisons.
Par contre, la question que je me pose, c'est quand tu es dans cette gare à rejoindre ton ami·e, est-ce que tu te sens ouvert à d'autres possibles, à d'autres rencontres ? Ou est-ce que tu as fermé d'avance toute possibilité de rencontre fortuite ? Je me dis que si c'est la deuxième possibilité, cela peut efffectivement créer une sensation d'égoïsme, comme si rien ne pouvait égaler cette relation que tu as avec cette personne, quelque chose comme ça, et que tout le reste est fade ?
Selon les périodes de ma vie, j'ai été plus ou moins ouverte aux rencontres fortuites. Avant la naissance de ma fille particulièrement : mon esprit et mon temps étaient moins contraints par le quotidien, je n'avais pas à me soucier de grand chose en-dehors de moi-même, et à cette époque j'ai été très ouverte à toutes sortes de rencontres. J'en ai d'ailleurs fait beaucoup. Des bonnes, des drôles, des intéressantes, des loufoques, des inquiétantes et des dangereuses.
Parfois cela me manque, cette insouciance et cette ouverture à l'autre.
Je ne sais pas si c'est de quelque chose comme ça que tu parles.
Cela rejoint pour moi ce que j'ai dit aussi plus haut sur mes rencontres amoureuses aventuresques. Elles ont fait partie de cette ouverture à la rencontre, et le patriarcat a fini par avoir raison de ma curiosité, du moins envers les hommes cigenres hétéro. J'attends qu'ils prouvent leur respectabilité avant de leur ouvrir ma curiosité.
Aussi cela me fait réfléchir à comment j'exerce ma curiosité au quotidien. Ce qui me vient, c'est que je la bride lorsque j'ai peur que cela crée "trop" de lien. Je peux être facilement curieuse de toute personne, c'est pas pour rien que je suis thérapeute. Mais parfois, j'ai peur que ma curiosité puisse créer un lien intime, qui m'engage avec une personne pour qui j'ai n'ai pas beaucoup d'affinité, ou avec qui je me sens mal à l'aise. Je crois qu'au fond, c'est la peur de ne pas pouvoir fixer ma limite, alors je m'abstiens en amont.
artichaut
Je ne remet pas en cause le fait d'avoir des ami·es, mais plutôt le caractère excluant (et hiérarchique) que ça génère souvent. Comme un enfermement sur soi et un retrait du monde.
Et sans doute ça me renvoie à ce monde blanc, riche, occidental, qui se referme toujours plus sur lui même.
…et si nos amours, nos amitiés même, nos dites affinités électives, étaient un symptôme de cette stratégie d'enfermement ?
Oui je crois que nos amitiés et nos amours de marnière générale reflète notre (non)-enfermement. Si toutes mes amies sont blanches, occidentales, de la même classe sociale que moi, ça en dit beaucoup sur moi.
La socio nous montre bien que nous gravitons toute notre vie enfermé·e·s dans notre environnement socio-culturel. En sortir demande des efforts, d'aller en terrain inconnu, d'être inconfortable voire malmené·e. Mais aussi de mettre mal à l'aise les autres.
Discussion : Cocu→Candaulisme→Polyamour
Alabama
le jeudi 01 mai 2025 à 22h43
Slump94
Je ne mise pas que sur le cul mais on va dire que c’est ce qui me manque pour être épanoui, et me dire que madame profite mais moi aussi et je ne souffre pas de ce manque. C’est souvent ce qui me déprime en me disant que j’ai gardé mon épouse et la mère de mes enfants , mais que mon amante et ma chérie n’est plus là.
Si seulement sa libido avec moi pouvait repartir comment avant les enfants.
Je peux être heureux de cette situation et de leur relation, mais je veux y trouver mon compte
La solution est dans le questionnement.
Tant que tu verras le sexe avec ta conjointe comme un dû, comme quelque chose qui doit être "comme avant", tu mets toutes les chances de ton côté pour que cette sexualité ne revienne jamais.
Peut-être même que ta femme est allée voir ailleurs car insatisfaite sexuellement avec toi mais que soit elle te l'a dit et tu n'as pas pu/voulu changer des choses, soit elle ne t'a rien dit par peur de blesser ton égo.
Soit encore le partage des tâches est trop inégal (raison nº1 de la fin des relations sexuelles en couple hétéro), soit il y a des choses dans votre relation qui ne lui conviennent pas mais encore une fois elle n'a rien dit ou vous n'arrivez pas à avoir de discussion constructive (étant donné qu'elle refuse de parler du passé je ne serais pas étonnée que votre communication soit tres lacunaire et très en surface). Toutes ces possibilités peuvent évidemment se cumuler et je n'ai pas cherché à être exhaustive donc il doit certainement y en avoir d'autres.
Donc certes ta conjointe a fait des trucs bien nuls(tromper, mentir, re re mentir, refuser la thérapie de couple etc...), mais tu as sans doute des éléments à trouver de ton côté, ta part de responsabilité dans cette situation. Le truc c'est que comme l'a dit siesta corta, tu ne pourras pas faire ce travail sans elle car tu ne peux pas deviner ce qu'elle vit / a vécu dans son for intérieur, si même elle le sait.
Donc oui continue la thérapie, une séance de sexo ne va pas suffire du tout vu ce que tu nous exposes. Il va falloir sans aucun doute bien plus si tu souhaites être plus au clair avec toi même et être en capacité de te positionner autrement qu'en espérant ta part de sexe.
Discussion : Devenu infidèle par vengeance.
Alabama
le mercredi 23 avril 2025 à 11h26
L'habitude en tant que Tds d'etre confrontée à ce type de récit, l'habitude que des hommes se fassent passer pour des femmes.
Bien sûr une femme a aussi pu écrire ce texte mais c'est moins probable. Que ce soit un homme ou une femme c'est de toutes façons à des fins porno et non d'échange.
Ce qui me fait penser ça :
Le fait que tout se rapporte au sexe. Si on relit bien le texte, il n'y a pas vraiment de questionnement relationnel. Ça parle seulement de sexe, et de sexe assez stéréotypé. Les ingrédients du porno classiques sont là :
- mari absent
- femme naïve qui relie sexe et sentiment amoureux
- femme qui se venge avec un inconnu pendant l'absence du mari, avec du sexe très hétéro normé où la femme est soumise et kiffe ça
- jalousie du mari qui pour la récupérer va lui offrir du sexe hétéronormé sauvage
Je vois pas bien comment un couple pourrait encore fonctionner dans cette dynamique ultra malsaine, si cette situation était réelle l'autrice de ce post aurait des questionnements de type "je ne sais pas comment changer cette situation , dois je le quitter ou non, que pensez vous de ce qui se passe, etc..." .
Là il n'y a rien de tout ça on est juste amené à être spectateurices d'un scénario porno.
Discussion : Devenu infidèle par vengeance.
Alabama
le lundi 21 avril 2025 à 15h44
Mon avis et je me trompe peut être, c'est que ce post n'a pas été écrit par une femme mais par un homme qui décrit juste ses fantasmes... Je pense pas que ce soit une histoire réelle.
Discussion : Retour vers la solitude
Alabama
le vendredi 28 mars 2025 à 10h19
siestacorta
L'isolement... peut être un temps choisi court. Et pas seulement pour les plus méditatifs ! Je pense par exemple aux gens qui passent beaucoup de temps sur leur portable alors qu'il y a d'autres personnes près d'eux.
Mais ça vaut pour les lecteurs, les gamers, et même certains sportifs, et même quelques workholics !
Nous avons deux définitions différentes de l'isolement.
Ce dont tu parles, n'est pas de l'isolement pour moi. C'est une bulle de protection, une manière d'être avec les autres sans être avec les autres. Je connais bien cela, ma bulle a été assez étanche pendant la majeure partie de ma vie. Se couper des autres en étant avec eux, est pour moi une sensation tout à fait différente du véritable isolement, celui où on est seul·e et où on aimerait pourtant ne pas l'être.
J'aime énormément le plaisir d'être au milieu de personnes que j'aime, sans être dans l'obligation d'interagir. Je pense que nous sommes nombreux·se·s par exemple, à apprécier particulièrement la sensation de dormir sur un canapé dans une pièce où il y a du monde, ou un peu de passage. Un sentiment de plénitude et de sécurité. Ce n'est pas parce qu'on interagit pas directement, que l'on est isolé, cela n'a rien à voir.
Il faudrait un autre mot pour ce que tu décris.
Moi j'appelle ça être "coupée" des autres. Je suis là, mais pas là, pas disponible. Cela peut être volontaire, conscient, ou pas. Etre un problème ou au contraire un plaisir.
Si on utilise le même mot pour ça, et pour l'isolement social/matériel, ça mélange deux concepts différents.
artichaut
Tu remarques que tu as tendance à vouloir prolonger les moments où tu es :
- "seule" et où tu fuis, dans les écrans particulièrement ?
- seule, ces moments où tu connectes réellement à "toi" et où l'angoisse disparaît ?
Je prolonge les moments où je fuis. N'arrivant pas à me connecter réellement à moi-même, je n'ai pas non plus les ressources pour avoir envie de "sortir" de moi-même. Je ne sais pas si c'est clair. Il faut imaginer une liste de choses à faire, où la seule chose à faire serait d'être connecté·e à soi, mais qu'on procrastinerait sans cesse cette chose. De ce fait, ça donne un sentiment d'inachevé, de "j'ai pas fait ce que j'avais à faire" et donc je ne peux pas passer à autre chose. C'est plus clair ?
Discussion : Chagrin d’amour infini
Alabama
le jeudi 27 mars 2025 à 09h28
artichaut
Tant que tu ne t'aimeras pas toi-même, personne ne t'aimeras.
Je trouve cette phrase extrêmement violente, en plus d'être fausse.
Bien sûr qu'on peut être aimé·e quand on ne s'aime pas soi-même. J'ai moi-même aimé plusieurs personnes qui ne s'aimaient pas elles-mêmes. Heureusement.
Sinon quoi, on ne s'aime pas, ce qui est déjà en soi bien difficile à vivre au quotidien, et en plus on est voué·e à être seul·e à moins de faire des années d'introspection/thérapie pour espérer un jour s'aimer un peu et donc être aimé·e ?
Par contre, quand on ne s'aime pas, selon à quel point on croit au fait qu'on ne mérite pas d'être aimé·e, on peut mettre à distance les personnes qui sont prêtes à nous aimer. Ou qui nous aiment déjà. Et on peut se tourner vers des personnes qui vont confirmer nos croyances négatives sur nous-mêmes. Mais pas toujours, et pas forcément tout le temps.
@Amourmort : peut-être que tu peux commencer par aimer des bouts de toi comme dit artichaut, et aussi regarder autour de toi qui t'aime déjà, plutôt que de regarder uniquement vers cet homme qui ne veut pas de relation engagée avec toi.
Discussion : Retour vers la solitude
Alabama
le lundi 24 mars 2025 à 22h08
Tiao88
Bah vivant en colocation (et en ville), je ne suis pas seule souvent mais quand je le suis, je savoure majoritairement mes moments toute seule dans l'appartement commun.
Effectivement, je crois que ce questionnement sur la solitude arrive dans ma vie au bout de 5 ans à vivre seule avec ma fille, et au moment où elle commence à nouveau à faire des choses de ses journées après 3 ans h24 à la maison. Je me sentais seule quand même mais paradoxalement j'avais énormément besoin de me retrouver moi-même, ce qui fait que je ne me penchais pas vraiment sur cette question.
Et avant ça, j'habitais en colocation, le rapport à la solitude était totalement différent. Aujourd'hui je ne sais plus trop ce dont j'ai envie : vivre seule ? en coloc' ? Mon idéal serait de vivre à côté d'ami·e·s très proches.
@Siestacorta
Les définitions de Hannah Arendt ne me conviennent pas, même si cette femme est très très chère à mon coeur. J'aurais rếvé de pouvoir boire un café avec elle, elle me touche énormément. Mais là n'est pas le sujet...
J'aime bien la définition classique de solitude/isolement, ou solitude subie/choisie.
L'isolement serait une condition matérielle : on est seul·e, avec peu d'ami·e·s, peu d'interaction, pour des raisons qui peuvent être extérieures. Par exemple, la pauvreté expose à l'isolement, la vieillesse également (particulièrement pour les femmes), la mono-parentalité, habiter à la campagne, les difficultés psychiques,etc... L'isolement est rarement choisi, les ermites sont peu nombreux dans l'espèce humaine. Le plus souvent, l'isolement choisi est temporaire : partir quelques jours/ mois sur un bateau, dans un monastère, en randonnée dans des lieux peu visités. Je pense qu'il est un peu plus facile à vivre (encore que, cela peut avoir son lot de passages à vide) que l'isolement subi qui est souvent permanent, et dont il est difficile de sortir puisqu'il relève de conditions sociales difficiles.
J'aime bien cependant le troisième terme "esseulement" comme "manque de connexion".
Ça me parle, et je pense que c'est celui-ci qui m'a poussée à questionner mon rapport à la solitude. Je ne manque pas d'ami·e·s, techniquement, et pourtant, il me manque de la connexion, et cela fait que je ne profite pas vraiment de mes moments de solitude. J'apprends, je tâtonne. C'est comme si je découvrais bien tard, que je n'ai jamais complètement regardé l'angoisse de solitude. Je ne la regardais pas, je la calmais. Par exemple, en voyageant seule, j'ai eu des moments difficiles avec moi-même. Aller dans une église, ou sortir de la foule pour perdre mon regard dans un beau paysage me permettait de respirer et de mettre l'angoisse à distance. Mais finalement elle n'était que repoussée, je m'en rends compte aujourd'hui. Je ne sais pas si l'on peut vraiment la traverser toute entière, ou s'il faut simplement vivre avec, savoir qu'elle viendra toquer de temps en temps à la fenêtre pour se rappeler à mon bon souvenir.
@artichaut
Solitude même avec un·e ami·e cher·e, je n'appelle plus cela de la solitude, moi.
Le côté intello : je ne trouve pas ça trop intello, mais parfois déconnecté d'exemples concrets, du réel, du vécu. La théorie pure, effectivement ça m'intéresse moins, pour autant, ça ne me pose pas de problème et même j'aime bien vous lire, j'y prends ce qui donne de l'eau à mon moulin.
Discussion : Retour vers la solitude
Alabama
le jeudi 20 mars 2025 à 21h24
Robje
Pourtant, dans ses silences, j’ai appris à écouter ce que je ressens, à me reconnecter, même si chaque instant reste un combat.
Je sais que tu parles de dépression, ce que je ne vis pas. Mais je me retrouve dans cette phrase.
Je dois lutter contre moi-même, dans les moments de solitude, pour rester réellement connectée à "moi". Je pars très facilement dans la fuite, dans les écrans particulièrement, mais ça peut être d'autres choses. Je dois vraiment ralentir, ralentir, ralentir et prendre le temps de toucher mon angoisse, pour accéder à une véritable douceur d'être. L'angoisse que j'ai n'est pas très forte, elle s'évanouit très rapidement après que je la sente, et malgré tout, je passe mon temps à la fuir, c'est très troublant.
Je remarque que de ce fait, j'ai tendance à vouloir prolonger toujours plus les moments où je suis seule, comme si je n'arrivais pas à m'en rassasier.
artichaut
Et puis il y a ce texte de Lilian Stockel, qui en reprend le thème de départ.
Dont je vous livre quelques extraits.
Je te remercie pour ce texte, qui ramène le sujet de la solitude vers une dimension plus politique, collective.
Le monde dans lequel nous vivons actuellement, au moins en Occident, rend très seul·e, alors qu'on a jamais été aussi dépendant·e·s les un·e·s des autres. Il y a une forme de déconnexion de la dépendance.
On a tellement peur de dépendre des autres, en tous cas émotionnellement, qu'on finit par être isolé·e·s. Pas étonnant dans ce contexte que la relation amoureuse, le couple monogame, soit un repli nécessaire pour beaucoup.
Discussion : Comment gérer les pensées intrusives ?
Alabama
le jeudi 20 mars 2025 à 20h51
Conseils concrets:
tu as l'air de partir beaucoup dans les pensées, dans le mental.
Donc une des solutions peut être de mobiliser ton corps, d'être en mouvement.
En vrac :
- aller marcher/faire du vélo/courir
- mettre de la musique énergique et te laisser complètement aller à danser, sans chercher à faire quoi que ce soit de "bien", juste laisser ton corps parler
- masturbation, ça calme les endorphines
- pleurer si ça vient
- faire un massage
Sinon je pense à l'hypnose, il y a des enregistrements d'hypnose sur youtube, j'en ai utilisé pour le sommeil, pour la douleur, il doit y en avoir pour l'anxiété, ça se tente !
Et autrement eh bien prendre le temps de sentir de quoi tu as besoin dans ces moments-là. Au max, ne pas te juger, juste accepter que tu te sens mal, traverser l'émotion qu'il y a à traverser sans chercher à la calmer, si ça demande de crier, de jeter des trucs, fais-le en allant dehors par exemple. Si tu as besoin d'un câlin tu peux en demander aux personnes qui t'entourent, moi ça fait passer mes moments d'insécurité assez rapidement mais je n'ai pas d'anxiété très forte.
Et si c'est trop fort, il faudra envisager d'aller encore plus lentement. Par exemple, garder vos soirées seul·e de son côté, mais sans date dans un premier temps. Pour apprivoiser les moments où l'autre est injoignable et fait sa vie, avant d'y ajouter la dimension "date".
Discussion : Ohé les mecs
Alabama
le lundi 10 mars 2025 à 15h09
@LeGrandStyle
Bizarre de dire que les femmes ne seraient intéressées que par des relations polyamoureuses légères et volage. Et bien péremptoire sans aucun étayage.
Discussion : Retour vers la solitude
Alabama
le vendredi 07 mars 2025 à 16h16
Depuis environ un an, j'explore le thème de la solitude, qu'elle soit subie, douloureuse, honteuse ou choisie, ressourçante, introspective, plaisante.
Je trouve que c'est un sujet dont on parle finalement assez peu de manière frontale, même s'il est présent en filigrane. Beaucoup de gens cherchent "l'Amour"* pour échapper à la solitude, d'autres se noient dans le travail, tandis que d'autres la recherchent en partant voyager seul·e·s ou en se retirant dans un monastère (ceci dit la vie en communauté religieuse n'est pas vraiment solitaire, je mets ça ici car c'est un peu dans les clichés collectifs).
Ma relation avec la solitude, c'est un peu "je t'aime moi non plus".
J'en ai besoin, je la recherche à plein de moments, et quand je suis seule, je fuis sur les écrans, et avant les écrans c'était les livres.
Je réalise qu'il est très difficile de rester vraiment en lien avec soi-même, pour de vrai. Être seul·e matériellement ne suffit pas à être seul·e avec soi-même.
C'est quelque chose que j'explore, d'abord parce que je n'avais pas le choix. Mon sentiment d'isolement est présent depuis plusieurs années, pour des raisons matérielles (je suis maman solo), mais aussi depuis bien plus longtemps encore, pour des raisons beaucoup plus existentielles. Mon sentiment profond d'être seul·e, unique au sens positif (personne n'est moi et c'est une richesse) comme négatif ( personne ne pourra jamais savoir ce que c'est que d'être moi et je ne pourrai jamais savoir ce que c'est que d'être un·e autre) s'est imposé à moi à l'adolescence, comme j'imagine pour beaucoup d'entre nous.
Cela a été surtout une découverte difficile et triste, dure à accepter (l'accepte t'on jamais vraiment ? n'est-ce pas ce refus de la solitude qui nous pousse à rencontrer nos semblables ? avec l'espoir d'être accueilli·e, compris·e, soutenu·e ?).
Bien que j'ai pensé toute ma vie que j'étais à l'aise avec mes moments de solitude choisie, je découvre aujourd'hui, en étant plus attentive à mes mécanismes de fuite, que je ne le suis pas tant que ça, et que c'est finalement tout un travail que de s'approcher le plus possible de la véritable solitude.
J'ai tendance à relier la solitude à une forme d'acceptation de soi radicale, ou d'acceptation radicale du moment présent. Je peux dire que j'ai des bribes de véritable solitude, des moments où je peux atteindre cet endroit de paix intérieure, d'absence de fuite, mais à ce jour, cela reste un travail de vigilance consciente pour y parvenir.
Pour m'y aider, je me suis lancée dans la lecture de pas mal de livres sur le sujet, je vous en mets les références ici car ça peut en intéresser d'autres :
- Les nouvelles solitudes de Marie-France Hirigoyen
Je l'ai trouvé intéressant car elle étudie comment les avancées féministes ont accentué la solitude des femmes et des hommes, pour des raisons différentes. Je ne l'ai pas beaucoup aimé car je trouve qu'elle fait des affirmations et des interprétations sans vraiment se baser sur des sources solides. Par exemple elle parle du comportement des hommes en partant de ce que disent ses patientes femmes en séance (elle est psy). Autant je suis féministe, autant ça ne me paraît pas très sérieux de procéder de cette façon pour avancer un point de vue étayé.
- Psychologie de la solitude de Gérard Macqueron
Plus scientifique, il explique les différences entre une solitude liée à des conditions matérielles et une solitude liée à des blocages intérieurs, des croyances et un cercle vicieux. En deuxième partie du bouquin, il y a tout un "protocole" pour sortir de la solitude. Issus des TCC, c'est très pragamatique, bienveillant, et j'ai trouvé les explications données pour être plus sociables super intéressantes. Cependant, ce livre n'explore pas du tout la dimension spirituelle d'une solitude qui serait choisie et voulue.
J'en ai encore d'autres mais ne les ayant pas encore lus je les ajouterai par la suite.
Voilà c'est un sujet qui me passionne en ce moment, et qui me semble inépuisable. Je me demandais comment vous vivez, vous, la solitude ? Comment vous équilibrez sociabilité/solitude ? Vous arrive t'il de souffrir du sentiment de solitude ? Ou au contraire est-ce un refuge pour fuir le contact avec les autres ? Et comment cela s'articule avec vos différentes relations amicales/amoureuses/familiales... ?
*Amour avec un grand A, au sens classique et Disney du terme
Message modifié par son auteur il y a 11 mois.
Discussion : Rencontre vs Relation (dynamique de rencontre vs dynamique relationnelle)
Alabama
le vendredi 07 mars 2025 à 15h39
@artichaut : autant j'aime tes questionnements et tes réflexions car elles nourrissent les miennes, autant ça me manque que tu ne parles que très très rarement de ton vécu réel, ne serait-ce que pour illustrer comment tu vis concrètement ces questionnements, à quels endroits ce que tu vis y correspond ou pas, etc... c'est possible que tu aies déjà répondu à ça quelque part sur le forum en disant que tu voulais pas trop parler d'expériences perso, mais je réitère, car c'est quand même un biais très masculin de se cantonner au théorique pour ne surtout pas se mettre trop en jeu.
artichaut
Une rencontre est un mouvement de curiosité empathique vers l'autre, et non pas le fait d'attirer l'autre à soi.
Je dois dire que sans cet élément, pour moi une relation n'a pas d'intérêt d'être continuée. C'est la curiosité qui me pousse vers l'autre, et je dois dire que ma curiosité quand elle est satisfaite ne fait que grandir. Je dis cela dans le sens où ce qui a pu me lasser dans certaines de mes relations, c''est que l'autre mette des freins, des limites à ce qu'il est possible de connaître d'ellui, qu'il y ait un moment où on ne peut pas "en savoir plus".
C'est aussi ce qui donne mon incompréhension de la NRE "qui s'arrête". Dans le sens où je suis à peu près la même au moment de la rencontre et plus tard si la relation s'est construite. Et que j'ai pu observer que ce n'est pas le cas pour beaucoup de gens, particulièrement les hommes, mais pas que.
J'aime beaucoup l'idée de remplacer relation par rencontre, car tout de suite, le terme "NRE" me parle infiniment plus. J'ai eu de nombreux coups de foudre dans ma vie, qu'ils soient amicaux ou amoureux. J'aime bien aussi le terme "aventure", bien que plus connoté du côté de la sexualité, car je trouve que toute rencontre est une forme d'aventure : c'est l'inconnu, la curiosité, l'inattendu, des bonnes et des mauvaises surprises.
Pour moi la NRE est synonyme de grande curiosité, et de soif de connaître l'autre.
artichaut
Est-ce que rester dans une dynamique de rencontre, c'est à dire de curiosité empathique, sans d'ailleurs forcément aller dans l'intensité et l'urgence de la NRE relationnelle, permettrais de désamorcer l'escalator, et par la même occasion l'inélucatbilité de l'affadisssement du lien ?
Je pense que oui, et il me semble que toutes les traditions philosophiques et spirituelles vont dans ce sens, quand elles parlent de l'amour, ainsi que certains courants de thérapie de couple (je pense à la thérapie Imago, mais aussi au néo-tantra). C'est en tous cas ce que j'ai toujours recherché dans toutes mes relations je crois. Avec bien sûr, des bagages mono. Mais je crois qu'une de mes aspirations les plus fortes, c'est de rencontrer des personnes avec qui on continue tout au long de la vie de se rencontrer, de se mettre à jour, et de déconstruire ensemble nos présupposés culturels type "mono" "hétéro" et toutes les cases.
artichaut
Mais on pourrait se dire aussi qu'on arrête le lien, si cette curiosité empathique disparaît ?
Je crois que je fais ça, en fait. Quand je sens que je n'ai plus suffisamment d'accroche dans une relation, qu'il n'y a plus suffisamment de renouveau, je reste un peu en tentant d'inverser la tendance, et si ça ne prend pas je m'en vais. Cependant, je sais aussi que pour d'autres, la routine est sécurisante, c'est la garantie que s'il n' ya pas de suprise, il n'y a pas non plus de mauvaise surprise.
artichaut
J'ai aussi le sentiment qu'il y a un fort biais de construction genrée.
Je ne te le fais pas dire :-D
artichaut
Est-ce que arrêter de chercher à l'aller de l'avant, de chercher à stabiliser la relation, de chercher à hiérarchiser les liens, permettrait de nouvelle modalités interactionnelles ?
Je pense cependant que stabiliser une relation, permet la confiance réciproque suffisante pour continuer l'exploration mutuelle. Je ne crois pas que la curiosité se développe correctement dans une relation où il y a trop d'insécurité. Comme pour un peu tout, il me semble qu'il faut un juste équilibre entre stabilité (absence de surprise) et mouvement (aventure/curiosité).
Tiao88
Et comment ne pas avoir d'attente? Si c'est une personne que je revois (et dont j'apprécie le contact) je m'attends au moins à discuter avec elle et à la connaître davantage, ne serait-ce que ça (et de partager du temps avec).
Je suis assez d'accord avec ça. Je ne pense pas que l'absence d'attente existe dans une rencontre quelle qu'elle soit. Au mieux elles sont juste inconscientes, ou suspendues, mises sur pause car la rencontre et l'excitation qui la caractérise les supplantent dans l'instant T.
Même un chat a des attentes.
Je crois vraiment que c'est un horizon peu désirable que de vouloir ne pas en avoir. Il me paraît beaucoup plus intéressant, et riche, d'apprendre à les nommer. Et une rencontre qui se poursuit, est pour moi une rencontre où ces attentes peuvent être dites, prises en compte, discutées.
Message modifié par son auteur il y a 11 mois.
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
Alabama
le vendredi 07 mars 2025 à 15h14
Pour revenir au changement de paradigme, ces derniers temps je me rends compte que je ne sais plus vraiment ce qui différencie pour moi la rencontre amoureuse de toute autre rencontre. J'ai eu un "crush" récemment sur une personne, qui m'a dit qu'elle ne souhaitait pas qu'on "sorte ensemble". Je n'ai pas osé lui demander quelle était sa définition toussa toussa, car j'aurais eu l'impression de vouloir la convaincre d'un truc qu'elle refusait et comme on se connaît peu, je ne voulais ps prendre le risque d'être mal comprise.
Mais en réalité, je trouvais que l'enthousiasme de la rencontre était très fort des deux côtés, et que pour ma part, je me sentais un peu amoureuse. Et sincèrement je me suis dit que "ne pas faire de sexe" (ce que j'entends dans "ne pas sortir ensemble") n'allait pas changer grand chose à l'enthousiasme et aux sensations fortes que je ressentais en sa présence. Je n'avais aucune envie de faire du sexe avec cette personne si tel n'était pas son souhait, et de toutes façson, avant d'avoir couché pour la première fois avec quelqu'un, j'ai rarement "envie de sexe", je sais juste que j'ai envie de "proximité physique", ce qui peut vouloir dire énormément de choses. Je ne sais pas ce qui sera possible avec la personne en question, mais on s'est d'ores et déjà dit qu'on avait envie d'être proches, de se toucher et de se faire des câlins.
La seule chose qui me fait peur, dans ces relations où je ressens des choses fortes sans qu'il y ait d'étiquette "relation amoureuse", c'est le manque d'engagement de l'autre. Je ne peux pas faire abstraction de la société dans laquelle on vit, qui dévalorise fortement l'amitié. J'ai nommé cette peur à cette personne, en disant que je voulais la rencontrer sans empressement, car souvent quand une relation amoureuse tierce arrive dans l'équation, la relation amicale se trouve mise de côté voire carrément délaissée, et j'en ai déjà souffert suffisamment de fois pour ne plus vouloir foncer tête baissée.
En cela, le mot "relation amoureuse" moi me sécurise, car pour la plupart des gens cela rime avec de l'engagement à travailler sur la relation, à discuter, et ça autorise à exprimer des émotions comme la jalousie, le manque... émotions qui sont peu admises dans les relations amicales plus classiques et cela me frustre pas mal. Il est difficile de dire dans une relation amicale "eh ça me frustre pas mal que tu me tiennes pas au courant de quand tu pars plus d'un semaine". Pour beaucoup de gens ce serait vu comme un débordement, alors que moi je trouve ça ok de se dire ces choses-là, et de trouver des manières de faire avec.
Discussion : Changer de paradigme (relationnel)
Alabama
le vendredi 07 mars 2025 à 15h02
artichaut
On nous apprend que le but ultime pour un homme c'est la sexualité hétéro (pour le dire crûment mettre sa bite dans un vagin). Et c'est fou tout ce qu'un homme est prêt à faire (même inconsciemment) pour obtenir ça. Et le pire c'est qu'une fois obtenu, une fois le graal atteind, ça n'a quasi plus de valeur (ou ça va la perdre très très vite). On ne cherchais pas à rencontrer l'autre, on cherchais à obtenir ça. À obtenir ce qui me semble être LA validation pour un homme cis. Si t'as pas ça t'es un râté, un moins que rien.
Il me semble y avoir dans la rencontre hétéro une vraie faille sociétale. On ne vient, instinctivement, pas y chercher la même chose.
Complètement en phase avec ce passage.
Dans ma vie, j'ai eu beaucoup de "coups d'un soir".
J'adorais l'idée de rencontrer une personne qui m'attire, de passer une nuit avec et de vivre ce qu'il y avait à vivre. Je me souviens d'un homme, qui m'avait dit "oh lala mais tu sais j'ai beaucoup bu je serai bon à rien". Et je lui ai dit que je m'en foutais. Même si il y avait une envie de ma part assez claire : être (très) proche de l'autre physiquement, je n'avais pas comme but ultime le coït, ou même aucune pratique sexuelle particulière. Ce qui me poussait, c'était la rencontre sexuelle/sensuelle. Ce n'est pas tout à fait une rencontre neutre, dans le sens où mon but était physique. Mais j'ai pu, à force, me rendre compte du gap qu'il y avait entre ce à quoi j'aspirais (une véritable rencontre, sans script, on aurait pu se caresser les mains juste, ou dormir ensemble en se touchant que ça m'aurait tout à fait convenu), et ce que recherchaient les hommes avec qui je passais ces nuits. La rencontre ne s'est pas toujours faite en réalité, voire même elle a été rejetée par l'autre, puisque nombre d'entre eux cherchaient juste à me faire "entrer dans leur script" hétérosexuel.
Je n'ai pas de gêne à ce qu'une rencontre ait une finalité : jouer au scrabble, aller à la pêche, faire des câlins ou faire du sexe.
Ce qui m'a toujours frustrée en revanche, et qui a mis un stop à mes envies d'aventures d'un soir (ou plus car si c'est chouette, pourquoi ne pas recommencer plus tard...), c'est de n'être pas rencontrée pour qui je suis, mais d'être rencontrée parce que je suis une femme et qu'avec moi on peut cocher la case "j'ai baisé une meuf". La nuance est de taille.
Dans la rencontre en tant que telle, ok on décide de plutôt faire du sexe ensemble, mais dans ce cadre tout est ouvert, on ne sait pas ce qu'on va faire. Et puis peut-être même qu'en cours de route, on va finalement faire autre chose que ce qu'on avait prévu.
Dans le script hétéro, la rencontre n'est pas possible et je deviens l'objet de la rencontre, non plus un sujet.
Message modifié par son auteur il y a 11 mois.
Discussion : Ohé les mecs
Alabama
le vendredi 07 mars 2025 à 14h45
Je suis une femme.
Globalement sur un site de rencontres si je vois "polyamour" sur le profil, je passe mon tour. Pourtant, je recherche des relations non-exclusives. Le terme "poly" est utilisé par beaucoup d'hommes qui en fait trompent leur femme, ou qui ne sont pas prêts à s'engager fortement dans une relation quelle qu'elle soit.
Actuellement je suis en relation hétéro non-exclusive depuis presque 3 ans, et ça a mis vraiment longtemps avant que mon amoureux soit en capacité de réaliser pleinement ce que ça implique en terme d'engagement émotionnel, de soin des unes et des autres. Nous n'avons pas d'autres relations sexo-affectives pour l'instant, lui parce qu'il s'est rendu compte qu'il n'avait pas l'énergie et le temps suffisant, en plus de ses problèmes perso, pour faire les choses correctement, et moi parce quasiment les mêmes raisons, mais aussi parce que je ne souhaite pas avoir d'autre relation hétéro, vu comme les hommes avec un bon niveau d'introspection et de prise en compte des besoins de l'autre sont de vraies licornes. Donc je ne serais pas contre avoir une amoureuse un jour, mais je n'ai pas eu de rencontre de ce type dans les 3 dernières années.
Donc tout ça pour te dire, qu'il y a à la fois la norme exclusive qui n'aide pas, mais aussi la réalité des relations hétéros, qui peuvent faire fuir même des femmes "poly".
Ceci n'est que mon point de vue, basé sur mon vécu, j'espère qu'il te donnera des éléments pour ton questionnement.
Message modifié par son auteur il y a 11 mois.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 17h31
artichaut
Est-ce un attrait pour la différence, justement ?
Est-ce que ça te tombe dessus (comme on dit du sentiment amoureux) ?
As-tu la sensation de choisir ?
Un attrait pour la différence, oui, c'est une évidence. J'avais une envie d'ailleurs. D'être chamboulée dans mes croyances. Ce qui m'a aussi poussée à aller habiter dans des pays très différents de ce que je connais.
Oui ça me tombait dessus. Aucun choix là-dedans.
artichaut
La personne a quelque chose que l'on a pas, la personne est quelqu'un·e que l'on aimerait devenir.
Mais j'ai l'impression que tu parle d'autre chose, puisque tu parle de monde totalement différent. Et non pas de ton monde, en version idéalisée.
Effectivement ce n'était pas vraiment de cet ordre-là.
Je pense que je cherchais à rencontrer une part de moi à laquelle je n'avais pas accès, et que je trouvais chez ces personnes, mais ce n'était pas de l'ordre de l'aura ou du statu social. Et je pense que l'idéal que je recherchais (inconsciemment), c'est le pont entre des mondes séparés. En l'écrivant je crois sentir à quoi ça fait référence dans mon histoire notamment transgénérationnelle. Et à un niveau plus présent, une envie d'aventure. C'est une sacrée aventure émotionnelle que de rencontrer l'autre dans son altérité la plus "brute". Certains aiment le saut en parachute, moi j'ai aimé être amoureuse de gens à l'opposé de moi (sur certains points opposés, pas tous).
Aujourd'hui, je ne sais pas si je pourrais encore tomber amoureuse de cette manière. Je suppose que non, car cela a été douloureux, et à un moment donné je me suis dit stop. Mais je suis un peu nostalgique de cette capacité que j'ai eue à me lancer avec courage dans ces aventures. Aujourd'hui je choisis des aventures plus tranquilles, l'âge sans doute XD
Discussion : S'habitue-t-on aux ruptures/séparations ?
Alabama
le mercredi 22 janvier 2025 à 17h22
Alors oui c'est vrai, mais attention quand même car c'est loin, très loin d'être systématique. Toute personne agressée ne devient pas agresseuse. Et c'est important de le rappeler, car on vit dans un monde ou 100% des gens, ou presque, ont été agressés (dans l'enfance et plus tard, je pense notamment aux violences éducatives ordinaires, et aux violences plus graves), et pourtant ce n'est pas 100% des gens qui deviennent agresseurs. Il y a vraiment une différence entre déborder les autres = ne pas respecter certaines limites sans qu'il y ait de gravité, et agresser = commettre un acte de violence.
Je le remets ici car je sais que les personnes victimes d'inceste ou autre violences d'enfance ont très peur de devenir à leur tour des abuseur·euse·s et non ce n'est pas systématique. C'est beaucoup conditionné par le genre (même si pas seulement), et donc par l'autorisation voire l'encouragement que donne la société à le faire, + que par un vécu d'abus passé.
Message modifié par son auteur il y a un an.