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Cham : retour d'expérience

Témoignage
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cham

le jeudi 19 mai 2011 à 16h37

Bonjour à tous

Alors déjà un grand merci pour m'avoir écoutée l'an passé.

Au final il y a eu beaucoup de mal et de souffrances et j'ai fini par rompre fin d 'année dernière, ma santé étant en danger et cela a brisé tout amour.
Et j'ai bien fait car mon ex compagnon au bout d'une année et demie est toujours aussi perdu.
En gros : il m'aime encore, il l’aime aussi l'autre demoiselle. La demoiselle se marie et maintenant que je ne suis plus de la partie, il s'avère que les deux ne sont pas capables de concrétiser une relation encore aujourd'hui.
De toute façon je pense que nous nous étions trop éloignés et qu'il y avait un gros défaut d'engagement en dépit de nos 9 ans de relations.

Je pense que c'est quelqu’un qui aime mal, qui me semble assez exclusif, et je n'ai jamais été rassurée sur l'amour qu'il pouvait me porter l'an passé, car ill avait tout mis de côté en me culpabilisant pour soupirer après elle.
Au point que quand j'ai découvert récemment qu'il la considérait comme la femme de sa vie, elle qu'il n'a connu que quelques mois et bien je le trouve franchement nul : il ne méritait vraiment pas l'énergie que j'ai déployée dans cette affaire à tel point que je doute de la sincérité de l'amour qu'il a pu me porter.

En conclusion, avec une personne très stable, aimante et rassurante, j'aurais pu franchir le cap.
Là à part après avoir été salement abîmée, j'avoue avoir très peur de nouer d'autres relations.
Heureusement, j'y ai surtout gagner ma liberté et je sais que c'est un mode de vie qui peut très vite me déséquilibrer si mon compagnon de vie ne prend pas soin de moi, ne manifeste pas son amour avec tendresse et gentillesse et surtout s'il agit comme si j'étais remplaçable, inférieure à une autre ou pire comme si je n'étais qu'une maman.

Bref, à tous ceux qui tentent de passer le cap, rassurez bien l'autre sur la qualité de l’amour que vous lui portez, faites des actes d'amour sincères et surtout que cela ne soit pas une fuite en avant d'un malaise perso ou autre.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Bambie (invité)

le jeudi 19 mai 2011 à 17h26

Bonjour Cham,
Tu as bien fait. Ils n'etait pas à la hauteur souhaitée.
Fais toi papillon comme moi, vie le printemps, les belles fleurs, les couleurs de la vie, et butine avant de trouver des hommes/femmes solides. Peut etre du site ;)
Courage, avec le temps on arrive à se reconstruire et à repartir encore plus forte qu'avant.

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Deville

le jeudi 19 mai 2011 à 23h49

cham
...

Au point que quand j'ai découvert récemment qu'il la considérait comme la femme de sa vie, elle qu'il n'a connu que quelques mois et bien je le trouve franchement nul : il ne méritait vraiment pas l'énergie que j'ai déployée dans cette affaire à tel point que je doute de la sincérité de l'amour qu'il a pu me porter.

... s'il agit comme si j'étais remplaçable, inférieure à une autre ou pire comme si je n'étais qu'une maman.

5 points a méditer que j'ai appris par expérience:

1) "La femme de ma vie" est un mythe puérile comme "le grand amour", "ils se marièrent. furent très heureux et eurent beaucoup d'enfants" etc. ce n'est pas une réalité adulte.

2) Nous sommes tous remplaçables, faut s'y habituer :-)

3) Tôt ou tard celui que l'on aime nous préféra quelqu'un d'autre, faut aussi s'y habituer :-)

4) L'amour n'est pas un échange d'énergie issu du commerce équitable, donc une femme F1 qui dépense une énergie E1 bien inférieur l'énergie E2 qu'un autre femme F2 dépense, peu très bien attirer, satisfaire et faire tomber amoureux un homme plus facilement que F2, faut égalemement s'y habituer :-)

5) Préférer quelqu'un F1 que l'on connaît que depuis quelques mois par rapport à quelqu'un d'autre F2 que l'on connaît depuis 9 ans peu très bien arriver si F1 nous donne précisément ce que F2 ne nous a jamais donné criant en nous une terrible carence enfin apaisée; il n'y a rien de nécessairement nul a cela :-).

Bonne chance pour les prochains amours, en ce rappelant que l'amour est beaucoup plus une question de chance que d'énergie, d'investissement, de sacrifices etc. Ne pas avoir d'expectatives aide aussi beaucoup à son apparition.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Bambie (invité)

le vendredi 20 mai 2011 à 08h12

Et pourquoi pas avec F3 qui degage E3 ? Alors làce sera le top.

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Dlight

le vendredi 20 mai 2011 à 09h59

@Devile
Se laisser submerger par un sentiment amoureux au point de voir quelqu'un comme son grand amour, l'amour de sa vie, je trouve cela beau ! Ne peut-on laisser ce sentiment s'exprimer sans rappeler la dure réalité de l'existence ?

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cham

le vendredi 20 mai 2011 à 10h04

Alors Deville, je ne suis pas tout à fait d'accord...en tout cas je ne fonctionne pas comme cela

1) Oui c'est un mythe mais on ne peut pas nier qu'il y a des personnes qui nous marquent plus que d'autres car elles nous font évoluer que ce soit en nous donnant ou en nous encourageant à nous révéler...

2) "Nous sommes tous remplaçables" : je ne suis pas un produit à consommer et je ne considère pas les personnes de mon entourage comme cela. Oui mon corps l'est, mon sourire, ma joie de vivre, ma façon de me mouvoir et tout ce qui fait ma personnalité, certainement pas. Par contre on peut cesser de vouloir me fréquenter.

3) Très sympa, je sais qu'on est tous en CDD sur tous les plans mais bon jusqu'où on s'engage alors si c'est le cas ? il faut bien faire comme si on partait sur du long terme non quand on construit ?

4) ok ça dépend aussi des priorités de chacun, euh quand tu vois que ton couple part en vrille, tu fais quoi ? tu fais rien ou tu te réinvestis un minimum ?

5) " terrible carence enfin apaisée" : waouhhh, si je suis mal dans mon couple, d'abord je cherche dans mon for intérieur si cette carence vient de mes propres insatisfactions et surtout je ne la projette pas sur l'autre car on est seul responsable de son bonheur.
Si la carence perdure et que je n'arrive pas à me réajuster dans mon couple, je préfère être seule et ne pas être dans le reproche mais ça c'est mon éthique personnelle, l'autre ne m'est pas une béquille.
Et puis en quelques mois que connait-t-on de l'autre à part des aspects qui nous renvoie un miroir flatteur à l'égo ? sait-on si on a de réelles affinités de vie ? s'intéresse t on vraiment à l'autre ? Ne faut-il pas une certaine distance pour pouvoir affirmer cela sans que cela soit de l'ordre de l'émotionnel pur ?
Euh en même temps je te rappelle qu'ils ne sont même pas capables de vivre leur relation....

Pour info il m'a dit qu'il s'était laissé allé parce qu'il avait peur de s'engager avec moi , de mon indépendance face à la vie.
Pour info il m'a tourné le dos et a commencé son histoire alors que j'étais en dépression et m'a laissée affronter cela toute seule.
Pour info il parait que je suis une fille gentille, jolie, craquante, sportive, lutine, avec un bon sens artistique et que ce n'est pas les candidats qui me manquent.
Pour info, lui il ne voulait pas que j'ai d'autres relations autre que celles du libertinage donc pas d'autres relations amoureuses pour moi mais que pour lui avec volonté d'un droit de regard !
Pour info pendant une année durant laquelle j’ai fait tout ce que j'ai pu, javais à peine droit à quelques baisers et à de gros mensonges

Alors oui il y a une part de chance mais on la créée cette chance et on en prend soin.
Désolée mais je ne peux pas être d'accord avec ce que tu dis car cela heurte trop ma sensibilité et ce n'est pas comme cela que je souhaite vivre mes relations.
Enfin bref, en espérant rencontrer quelqu'un dont la personnalité me conviendra mieux et que je ne refasse pas les mêmes erreurs et surtout en restant fidèle à moi même.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le vendredi 20 mai 2011 à 10h59

@ cham

Bien que nous différions sur quelques bases éthiques, je crois que je réfléchis et surtout écris d'une façon assez similaire à celle de Deville. Enfin, parfois.

Tu te dis heurtée... Et je crois que les interventions de Deville cherchaient exactement cet effet. il met une certaine provoc' dans la forme, le côté un peu "carré", exprès pour voir un peu débattues les questions qu'il aborde.

Pour ce qui est du contenu, je suis en partie d'accord avec lui. En partie, parce que si je trouve ses observations justes, j'en tire quelques conclusions différentes... Plus orientées vers des questions d'épanouissement mutuel.

Mais il est aussi- je pense, c'est à vérifier - assez raccord avec ce que tu dis dans les "pour info".
Tu parles de ton indépendance, et je pense qu'il a construit quelque chose d'assez similaire pour lui. De son côté, il a évacué une partie de ce qui lui semble être "trop romantique pour être honnête", et mis une certaine franchise trivialo-provoc' et la recherche de confiance "brute" à la place. Mais au fond, c'est plutôt proche de l'attention que tu mets toi-même dans ta recherche de bien-être : une sensibilité au mensonge, au faux-fuyants, aux côtés invasifs des autres.

Mon hypothèse, tu me dis si je tombe totalement à côté, c'est que si tu es heurtée, c'est possiblement parce que ça recoupe certains côtés de cham. Disons qu'il pourrait arriver que certains pensent cela de toi.
Ca montre l'indépendance et la non-exclusivité sous des apparences un peu "calculées", qui pourraient donner à tout polyamoureux une image assez négative de lui-même : il y a une sorte de revendication de l'égoïsme, là.

Et... c'est vrai. Je pense qu'aimer les autres, essayer de leur donner de soi, vouloir qu'ils donnent d'eux-même... n'est pas incompatible avec un certain égoïsme.
Un égoïsme sain, dans le sens où on assume qu'on sait comment prendre soin de soi-même, et que se sentir bien est important pour pouvoir faire du bien à ceux qu'on aime.
Assumer ses désirs et besoins comme "heureusement" égoïstes , plus trivialement que la revendication en apparence plus éduquée "je veux qu'un amant me regarde comme ça parce que ça montre qu'il m'aime", c'est se donner des chances d'être satisfait...
Et on tire en partie de sa propre satisfaction une puissance de générosité. Avec le coeur joyeux, l'impression qu'on est au clair avec soi, qu'on est aimé exactement pour ce qu'on est, on se sent plus libre de prendre, évidemment, mais aussi plus libre de donner, partager, et construire sur des bases sûres.

Dans un sens, montrer son "matérialisme affectif", assumer qu'on a des besoins égoïste, c'est donner à l'autre le droit de dire aussi "ben moi de mon côté mes besoins c'est ça, ça et ça", et donc avoir l'occasion de pouvoir le satisfaire, de pouvoir montrer à quel point lui donner tout pour qu'il soit heureux est important pour nous.
En assumant notre égoïsme, on accepte celui de l'autre, donc on l'aime vraiment... pour ce qu'il est, comme il veut être aimé.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Clown_Triste

le vendredi 20 mai 2011 à 11h27

@Siestacorta :

Je m'intéresse beaucoup à cette question de l'égoïsme en ce moment. D'une part parce que plusieurs femmes ont qualifié ma vision des relations comme "égoïste" ou "terriblement égoïste" et d'autre part parce que lorsque l'on parle du polyamour, c'est un mot qui revient quasi systématiquement (y compris chez certains trolls/invités sur ce forum).

Je ressens le besoin de creuser cette question et ta dernière intervention apporte de l'eau à mon moulin réflexif. Merci !

C.T.

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cham

le vendredi 20 mai 2011 à 11h35

Bonjour Siesta

Je suis contente que tu parles d'épanouissement et de partage mutuel, de "l'impression qu'on est au clair avec soi, qu'on est aimé exactement pour ce qu'on est, on se sent plus libre de prendre, évidemment, mais aussi plus libre de donner, partager, et construire sur des bases sûres".
Tu mets des mots précis sur ce que j'exprime plus confusément.

Par contre je ne comprends pas tout sur ton hypothèse, pourrais tu m'en parler différemment ?

Pour ce qui est de la définition de l’égoïsme sain, je suis d'accord, c'est bien apprendre à se connaître soi et à faire ce qu'il y a de bon pour nous même et que personne ne peut faire à notre place.
C'est très différent de l’égoïsme d'enfant gâté.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le vendredi 20 mai 2011 à 11h53

@ C.T
Ben de rien, avec plaisir. Je parle d'égoïsme par provoc', mais c'est aussi un pragmatisme. Je me reconnais le droit de demander ce que je désire. Voilà.
Tout le monde le fait.
Les monogames aussi : parce que comme égoïsme, "tu ne vis tes sentiments et désirs qu'avec moi, sinon je te rejette", ça se pose un peu là...

Alors, je connais mes besoins, ils sont ni pires ni meilleurs, et je demande à ce qu'ils soient compris comme tels. Oui, il y a un égoïsme, mais pas plus qu'ailleurs. Peut-être même un peu moins, parce que je reconnais à la base que je ne pourrai pas tout faire, que l'autre peut tout à fait demander à quelqu'un d'autre que moi ses satisfactions... Je pars donc du principe que je ne suis pas le centre du monde, et que si je deviens central malgré tout, ça empêche pas le monde d'exister pour l'autre.

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Siestacorta

le vendredi 20 mai 2011 à 12h07

@ cham

content que ça corresponde aussi pour toi.
Mon hypothèse, c'est à propos du fait que tu sois "heurtée" par les propos de Deville.

Je crois que c'est pas parce que ta sensibilité est opposée à ce qu'il dit, mais que parce qu'au contraire, il dit des choses qui ressemblent à ce que tu penses, mais avec des mots un peu plus durs que ceux que tu emploierais.
Cette dureté, elle est à la fois une "provoc au débat" de sa part, mais, si le contenu est finalement pas si loin de nos ressentis, c'est une façon de se regarder sans fard.

C'est pas toujours agréable.

Je reconnais par exemple un égoïsme chez moi sur mon indépendance, sur mon refus d'être envahi... Ben je sais bien qu'il y a des trucs qui sont pas aussi altruiste que j'aimerai, là. Mais admettre que je fais autrement que l'altruisme idéal + que l'autre n'a pas de raison d'être meilleur que moi... c'est un peu se désanchanter, ça peut me heurter de l'entendre, mais ça me donne l'occasion d'aimer pour des raisons vraies.
Pas forcément "bonnes", louables, admirables.
Mais complètement vraies. Je les connais, je les comprends, je peux en parler à l'autre, lui faire ressentir à quel point il me fait VRAIMENT du bien avec ce que j'aime en lui, avec ce qu'il est, ses façons d'être et son égoïsme à lui.
Je veux pas qu'il me demande autre chose que ce que j'ai et que ce que je peux être, mais je ne lui demande pas non plus.

Mon hypothèse, c'est qu'on peut être heurté par cette vision un peu matérialiste du sentiment amoureux (on aime pour des raisons identifiées, pas par hasard, destin, magie...). Parce qu'en disant, sur ses 5 points, "'l'amour, ce n'est que ça, pas plus", Deville touche à ce "on doit se reconnaître égoïste et accepter que l'autre l'est aussi un peu". Il dit donc "dans ton histoire, il y a une part de l'égoïsme de l'autre que tu ne dois pas lui reprocher, puisqu'on en vit tous un peu, autant se reconnaître ainsi dès le début".
Après, ça ne parle que de cet égoïsme sain ; bien sûr que dans toute les histoires, et celle de ton amant aussi, il y a des moments où l'autre passe les bornes pour un égoïsme moins sage...

Ce serait en partie pour ça que tu as eu du mal (ça et la formulation des idées) avec la réponse de Deville.

Assumer notre égoïsme de départ (disons individualisme, au sens de la personnalité qui veut être reconnue comme unique, pas au sens économique), ça désenchante un peu.
Mais on peut aussi en faire sa propre magie, sa puissance amoureuse, parce que si on ne peut pas offrir un truc miraculeux qui ne dépend pas de nous, on peut offrir quand même des choses belles, qu'on a en soi, qu'on trouve en l'autre. Des trucs grands, plus beau que ce qu'on est au jour le jour, mais qui viennent de nous quand même.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Deville

le samedi 21 mai 2011 à 01h57

cham
Alors Deville, je ne suis pas tout à fait d'accord...en tout cas je ne fonctionne pas comme cela

La réalité est ce qu'elle est, et c'est a nous a apprendre a fonctionner avec elle, car elle n'a que faire de "nos fonctionnement".

cham
1) Oui c'est un mythe mais on ne peut pas nier qu'il y a des personnes qui nous marquent plus que d'autres car elles nous font évoluer que ce soit en nous donnant ou en nous encourageant à nous révéler...

DES personnes oui. Mais LA (donc unique) femme/homme de ma vie non, a moins d'avoir une vie très courte ou extrêmement pauvre emotionnellement pendant laquelle une seule personne nous à touchée.

cham
2) "Nous sommes tous remplaçables" : je ne suis pas un produit à consommer et je ne considère pas les personnes de mon entourage comme cela. Oui mon corps l'est, mon sourire, ma joie de vivre, ma façon de me mouvoir et tout ce qui fait ma personnalité, certainement pas. Par contre on peut cesser de vouloir me fréquenter.

L'amour, le charme et la personnalité ne sont pas des produits, mais des services. Et plus il sont offerts de manière désintéressée, pour le plaisir de les offrir, plus ils sont satisfaisant et comblant. Mais cela ne les rends pas moins remplaçables. Chaque femme que j'ai aimé et a laquelle je me suis accroché parce que je la trouvai "irremplaçable" c'est ensuite révélée remplaçable beaucoup plus facilement que je ne le pensait quand j'étais avec elle. Cela a parfois duré des années avant de trouver quelqu'un d'autre me faisant ressentir des émotions, différentes certes, mais tous aussi ou souvent encore plus puissantes ou positives, mais en général c'est arrivé bien plus vite que je ne l'imaginait.

cham
3) Très sympa, je sais qu'on est tous en CDD sur tous les plans mais bon jusqu'où on s'engage alors si c'est le cas ? il faut bien faire comme si on partait sur du long terme non quand on construit ?

"L'engagement" amoureux est une illusion. L'amour n'est pas un jeu ou une entreprise de construction. C'est un sentiment fluctuant. Le long terme réel n'est que le résultat de l'accumulation d'instants fugaces de bonheur. Les plans sur la comètes, les expectatives sont des poisons anti-amour. L'amour se vit zen, au jour le jour, complètement dans l'instant présent. Faire des plans, c'est se projeter dans un futur imprévisible et passer à coté du seul bonheur réel, celui de l'instant présent. Comme une personne qui va a un concert et au lieu de savourer l'instant live, passe son temps à filmer le concert avec son téléphone portable.

cham
4) ok ça dépend aussi des priorités de chacun, euh quand tu vois que ton couple part en vrille, tu fais quoi ? tu fais rien ou tu te réinvestis un minimum ?

J'essaye de comprendre pourquoi et je dialogue. Si le dialogue se révèle impossible ou destructif ou révèle un désaccord fondamental, une incompatibilité profonde ou une simple lassitude terminale, je tourne la page et essaye de rester ami. Si il aboutit à la résolution d'un malentendu, une compréhension meilleur et un compromis acceptable, je continue. Mais je "'n'investis" rien.

Le mot "investir" dans une relation (et non un couple NDLR :)) m'horripile encore plus que celui "d'engagement". Qui dit "investissement" dit espérance de "RETOUR sur investissement".
C'est la la source de tonnes de frustrations et déceptions "amoureuses", complètement inutiles.
Tu te sens lésée car tu as "investi" et tu n'as pas obtenu ta "plus value" ou tout de moins pas au tarif que tu avais imaginée. Une rivale a fait un OPA sur ton "investissement" et raflée la mise. Dur dur.
Bienvenue aux aléas et au monde cruel du boursicotage très chère.

D'un coté, tu ne veux pas que ton amour soit un produit mais tu le conçois néanmoins comme une action boursière, i.e., un produit financier.
Cherches l'erreur.

cham
5) " terrible carence enfin apaisée" : waouhhh, si je suis mal dans mon couple, d'abord je cherche dans mon for intérieur si cette carence vient de mes propres insatisfactions et surtout je ne la projette pas sur l'autre car on est seul responsable de son bonheur. Si la carence perdure et que je n'arrive pas à me réajuster dans mon couple, je préfère être seule et ne pas être dans le reproche mais ça c'est mon éthique personnelle, l'autre ne m'est pas une béquille. Et puis en quelques mois que connait-t-on de l'autre à part des aspects qui nous renvoie un miroir flatteur à l'égo ? sait-on si on a de réelles affinités de vie ? s'intéresse t on vraiment à l'autre ? Ne faut-il pas une certaine distance pour pouvoir affirmer cela sans que cela soit de l'ordre de l'émotionnel pur ?

Les femmes que j'ai aimé très profondément furent, en général, celles qui m'ont apporté quelque chose d'extrêmement satisfaisant, que toutes les autres avant elles, n'avaient pas su m'apporter. Elles ont donc comblé une terrible carence, dont je n'avais la plupart du temps pas conscience, ou pas conscience de l'intensité, ou à laquelle je m'étais résignée. Quand on fait une telle rencontre, cela chamboule tout, même en quelques mois. Soudain, tout devient facile. Soudain, l'espoir dans la vie renaît. Soudain, on ne veut plus se soumettre à ce a quoi on se soumettait avant quand l'on pensait a tort que c'était incontournable. Soudain on ne veut plus de placer de cette chose délicieuse que l'on croyait inaccessible.

cham
Euh en même temps je te rappelle qu'ils ne sont même pas capables de vivre leur relation....
Pour info il m'a dit qu'il s'était laissé allé parce qu'il avait peur de s'engager avec moi , de mon indépendance face à la vie.

Les exigences d'engagement-engagement-engagement cela épuise. Les chansons d'amour sont rarement des chansons engagées. Une femme mariée présente l'avantage de ne pas avoir en général une telle exigence.

cham
Pour info il m'a tourné le dos et a commencé son histoire alors que j'étais en dépression et m'a laissée affronter cela toute seule.

Moi je suis resté avec une femme déprimée que j'aimais. Mais quand elle est sortie de la dépression, je ne l'aimai plus. Je l'aimai encore beaucoup mais je ne l'aimai plus tout court comme avant. Le nihilisme dépressif avait tué mon amour. Mon amour qui était née de la joie de Dr. Jekyll, est mort d'épuisement impuissant à l'aider à affronter Miss Hyde. Choix différents, mêmes effets apparemment. L'amour n'est pas une béquille comme tu le dis toi même. Il n'est pas non plus un remède pour la dépression hélas.

cham
Pour info il parait que je suis une fille gentille, jolie, craquante, sportive, lutine, avec un bon sens artistique et que ce n'est pas les candidats qui me manquent.

Donc ton ex est très facilement remplaçable lui aussi :-D Pourquoi dès lors rester sur l'amertume du passé au lieu de vivre les opportunités abondantes du présent?

cham
Pour info, lui il ne voulait pas que j'ai d'autres relations autre que celles du libertinage donc pas d'autres relations amoureuses pour moi mais que pour lui avec volonté d'un droit de regard !
Pour info pendant une année durant laquelle j’ai fait tout ce que j'ai pu, javais à peine droit à quelques baisers et à de gros mensonges
Alors oui il y a une part de chance mais on la créée cette chance et on en prend soin.
Désolée mais je ne peux pas être d'accord avec ce que tu dis car cela heurte trop ma sensibilité et ce n'est pas comme cela que je souhaite vivre mes relations.
Enfin bref, en espérant rencontrer quelqu'un dont la personnalité me conviendra mieux et que je ne refasse pas les mêmes erreurs et surtout en restant fidèle à moi même.

Excellente conclusion! Tu sembles avoir appris que:
1) Il ne faut pas se soumettre a ce qui ne nous rends pas heureux dans les buts illusoires de "construire", "d'investir" pour obtenir en retour un "engagement" et devenir "la femme de la vie" de quelqu'un a force de sacrifices, d'avaler des couleuvres pour "sauver une relation";

2) On a rien a "faire" dans une relation, on a juste a "être" (soi-même) et "sentir" (du bonheur partagé);

3) Les mensonges sont inacceptables.

Pour ne pas refaire les mêmes erreurs, il serait utile d'analyser ce qui t'a amené à les faire.
Éliminer des fausses croyances en des mythes comme "l'homme de ma vie" et un vocabulaire piège plein de sous-entendus empoisonnants pour l'amour comme "engagement", "construction", "investissement", fait partie a mon avis du programme de prévention.

Bonne chance.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Deville

le samedi 21 mai 2011 à 02h31

Clown_Triste
Je m'intéresse beaucoup à cette question de l'égoïsme en ce moment. D'une part parce que plusieurs femmes ont qualifié ma vision des relations comme "égoïste" ou "terriblement égoïste" et d'autre part parce que lorsque l'on parle du polyamour, c'est un mot qui revient quasi systématiquement (y compris chez certains trolls/invités sur ce forum).

Je te conseilles cette lecture: La vertu d'égoisme d'Ayn Rand.

Moi aussi j'ai reçu ce reproche pendant des décénies.
Ce qu'elles voulaient dire c'était:
- ne pas vouloir être mon homme objet, ma propriété exclusive est égoiste;
- ne pas te comporter comme l'homme idéal (l'homme de ma vie) tiré des contes de fées et des series TV à deux balles est égoiste.

Jusqu'a temps de rencontrer des femmes qui m'acceptent égoiste, poly et pas idéal comme je suis.

PS: A relevant Zimmy classic for the old school guard:

You say you’re lookin’ for someone Never weak but always strong To protect you an’ defend you Whether you are right or wrong Someone to open each and every door

You say you’re lookin’ for someone Who will promise never to part Someone to close his eyes for you Someone to close his heart Someone who will die for you an’ more

You say you’re lookin' for someone Who’ll pick you up each time you fall To gather flowers constantly An’ to come each time you call A lover for your life an’ nothing more

But it ain’t me, babe No, no, no, it ain’t me, babe It ain’t me you’re lookin’ for, babe

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Siestacorta

le samedi 21 mai 2011 à 13h26

@ Clown Triste et Deville

Deville
Je te conseilles cette lecture : La vertu d'égoisme d'Ayn Rand.

Aaaaah, attend, ya des trucs très solides et très lisibles sur le même thème avant de lire Rand... qui est pas nulle mais qui a tendance à pas dire où elle emprunte des très gros morceaux ( Stirner, notamment, et Nietzsche, qu'elle casse alors qu'elle lui pique beaucoup, tout en faisant passer sa propre tendance mystique pour du rationalisme)

Sinon, chouette chanson de dylan.

Alors, comme référence, pour "penser" l'égoïsme en constructif, bien mieux que Rand qui est moins conne qu'on le dit mais moins intelligente qu'elle ne le croit, il y a L'unique et sa propriété de Max Stirner. C'est l'anti Rousseau. Très simple à lire.

C'est un absolutisme du moi, mais principalement une sorte de contre-attaque aux vertus d'opression de la vie en société, le côté "tout peut être gouverné par la raison et le raisonnable" des Lumières. Il a inspiré Schopenhauer et Nietzsche... Non, je t'assure, c'est pas chiant du tout, Stirner, ça se lit super bien, ça date du temps où les philosophes ne s'adressaient pas qu'aux autres philosophes, mais à tous, comme les autres écrivains.

Une façon aussi de penser un individualisme vertueux (ma favorite en fait), c'est La sensibilité individualiste de Palante. Parce que ça parle exactement du titre, une sensibilité.
C'est encore plus court que l'essai de Stirner... Tu peux le trouver dans le commerce dans une collection à 2 €, ou tu peux le lire en intégrale sur ce site, t'imprime et t'agrafes, c'est libre de droits.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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Clown_Triste

le mardi 24 mai 2011 à 11h47

Merci Siestacorta et Deville pour vos recommandations de lecture.

(Deville, n'aurais-tu pas lu aussi "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer ? ;))

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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galimba (invité)

le jeudi 13 novembre 2014 à 11h10

"La réalité est ce qu'elle est" dit Deville, je sais pas s'il est encore dans le coin, c'est juste. Mais c'est juste aussi qu'on en sait rien de la réalité, elle n'est justement qu'une perception personnelle. Isabelle Padovani parle souvent des 3 cercles de la relation, il y en a 3, a - la relation de soi à Soi, b - la relation 1/1 et c - le cercle relationnel large. La relation 1/1 est un type de relation qu'aucun autre ne peut remplacer. Le polyamour passe du b au c et par conséquent n'est plus une relation 1/1. Tout dépend du besoin de partage et d'évolution que l'on a. Mais d'un point de vue "métabolique" de la relation de soi à Soi, ce que permet tout type de relation, la relation 1/1 est celle qui l'approfondira le plus jusqu'aux limites possibles. Quoiqu'il en soit voter pour le polyamour c'est sortir de ce mode de relation. Si on est sincère avec soi il ne faudra pas seulement reconnaitre "de toute façon on est remplaçable, on nous aime ou pas etc....", mauis aussi reconnaitre les blessures que le mode 1/1 a pu réveiller de notre relation soi à Soi. Si le polyamour est influencé par la moindre souffrance 1/1 ou soi à Soi, alors il pourrira comme tous les autres types de relations car à la base il ne sera pas pur. Et par expérience je dirai qu'il ne l'est certainement pas plus que nous le sommes. Que veut dire pur? Nu, sain, vrai, coeur, responsabilité universelle. A mon avis, sous convert d'une amplification amoureuse, c'est aussi une amplification de souffrance potentielle...

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(compte clôturé)

le jeudi 13 novembre 2014 à 16h41

galimba
Isabelle Padovani parle souvent des 3 cercles de la relation, il y en a 3, a - la relation de soi à Soi, b - la relation 1/1 et c - le cercle relationnel large. La relation 1/1 est un type de relation qu'aucun autre ne peut remplacer. Le polyamour passe du b au c et par conséquent n'est plus une relation 1/1.

Non.

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