Polyamour.info



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Racontons-nous, un peu, beaucoup...

Témoignage
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(compte clôturé)

le mardi 23 décembre 2008 à 17h32

J'ai un souhait à émettre pour ce site: c'est que ceux qui expérimentent leur vie en polyamoureux fassent part de leur expérience du domaine.
J'aimerais lire des joies, des peurs, apprendre de vous - j'ai capté il n'y a pas si longtemps que le PA me convenait, me rassurait, me faisait grandir. Et de ce point de vue, je souhaite des échanges et des discussions plus ancrées dans la réalité.

Je reviendrai vous parler de ce que je vis depuis un an bientôt... là, j'ai un truc à faire de suite. Je reviens, promis!

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(compte clôturé)

le mardi 23 décembre 2008 à 19h02

Je me réponds donc à moi-même, car me voilà déjà revenue.

Arrivant à la fin de ma dernière formation, et constatant le vide sidéral que mes journées de 15 heures avaient causé autour de moi, je me suis inscrite à Pâques 2006 sur des sites de rencontre, sous des pseudos divers - autant que mes besoins! et sur le même site, ce qui m'aurait conduite à écrire un livre sur les relations amoureuses si j'en avais eu le temps. J'ai ri, me suis vexée, suis restée parfois interloquée, furieuse aussi, mais j'ai noué quelques super-contacts. Avec le temps, on affûte la technique: ouvrir le feu avec " je cherche un ou des amants", ou avec " relation amicale" en choix unique, ça ouvre des perpectives, heu, différentes?
Brèfle. Curieusement, j'ai connu le monsieur que j'évoquais précédemment, alors que j'apparaissais sous un profil clairement orienté vers les relations horizontales. Comme je sentais l'homme délicat et attentionné derrière les répliques, je l'ai mis devant mon souhait d'un échange épistolaire prolongé, mon besoin étant tout aussi amical... Il s'est plié à mes desiderata, il y a eu des périodes d'échanges, de silences, de malentendus... et quand je l'ai enfin rencontré quelques mois plus tard, son physique ne me transportait pas, a priori. Mais après un petit vin, un soir de février dernier, je me suis appuyée contre son flanc pour lui faire un bonsoir chaleureux, ce qui l'a ému. A la rencontre suivante, après une heure et demie de discussions "tout et rien", il m'a enlacée fermement, et depuis, nos relations ont bénéficié du réchauffement climatique.
On correspond par mails en-dehors de nos rencontres, mes projets professionnels l'intéressent, on cause de choses et d'autres aussi après la sieste crapuleuse... On se voit toutes les trois semaines peut-être, on a passé des caps d'incompréhension, de remises en question, de retrouvailles. Il a sa vie (de famille), j'ai la mienne, nous ne nous posons pas de questions, tout en sachant que nous ne sommes pas les seuls dans le lit de l'autre. Très clairement, nous n'en souffrons ni l'un ni l'autre, Ou alors il me cache quelque chose, mais ce n'est pas son genre (il pécherait par maladresse, rien d'autre). Je suis simplement un peu embêtée de ne connaître ni son nom de famille, ni son adresse; embêtée car cela veut dire qu'il n'a pas confiance (en moi, ou en lui... peu importe).

Et récemment, sans remettre en question notre histoire, j'ai retrouvé une connaissance avec laquelle j'avais ri, énormément. Et sans coup férir, il m'a semblé naturel et dans l'ordre de choses de renouer avec cet homme-là, et du coup de me laisser émouvoir de plus près par deux ou trois autres hommes qui me font frissonner. Que cela aboutisse ou non à un écosystème polyamoureux, je me sens enfin "raccord" avec mon moi profond.

J'en suis venue à réfléchir, cherchant à recueillir des avis divers. Et les détracteurs du PA (parmi eux, des psychologues et psychiatres bien en vue!) me semblent impertinents, enclins aux jugements de valeur, véhiculant un message dénigrant nous ramenant à des profils immatures. Alors que je me sens plénifiée par cette difficile liberté, qui me fait repenser à mon précédent volet de vie comme à une prison que je me serais construite moi-même: la jalousie, la frustration; la peur de ne faire qu'aligner 50 monogamies factices dans ma vie. Les préventions et les trouilles des autres comme valeurs, qui me gênaient aux entournures; leur besoin de trouver, finalement, la personne qui les emmerdera le moins au quotidien? L'introuvable partenaire qui met ses chaussettes au panier de linge et s'en occupe sur son temps libre, tout en cultivant l'érotisme savant entre la fin du film et la sonnerie du réveil... Et me balançant leur modèle comme universel, le mien devenant déviant. Ou, au mieux, tolérable par des esprits éclairés!

Bof. J'ai la chance de ne pas avoir eu envie de faire des enfants à tout prix, donc quand on ne cherche pas de père pour sa progéniture, l'horizon est plus dégagé pour dessiner sa propre carte du Tendre. Il me restait à explorer la face moins éclairée, puis la plus dangereuse socialement... En effet, j'ai observé la tendance, m'étant hasardée à parler de mes idées, à recevoir des propositions tous azimuth, étant du coup confondue avec le coup facile et la hot play-boy girl. Ou d'être stigmatisée comme la célibataire séductrice qui s'attaquera en première ligne au mari de vos copines. Comme si je n'étais qu'un sexe. Et quand bien même?

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Profil

kalo

le dimanche 28 décembre 2008 à 11h25

Comme une évidence...
Les année 68 n'étaient pas si loin que cela,nous avions vingt ans tous les deux,nous nous plaisions et nous nous désirions mais ce qui nous rapprochaient c'est quelle adhérait à la critique radicale que je faisais, non seulement, du mariage mais aussi du couple.
Nous avions tout à inventer, nous serions amis , amants , complices et confidents, nous établirions nos propres règles que nous adapterions en fonction de notre évolution.....
ex: Les enfants porteraient le nom de la mère mais des prénoms qui les rattacheraient à moi ( artistes tous les deux ils ont pris comme nom de scène le mien)
Ils avaient et c'était su de tous plusieurs papas et plusieurs mamans en même temps. A l'école ils faisaient face aux questions des camarades et des instits en expliquant que chez nous les gitans c'était comme ça ( ce qui bien entendu est faux)etc....
Depuis plus de trente ans nul mensonges ni tromperies n'ont été nécessaires...
Mais nous avons toujours su que seule une extrême attentions aux autres rendrait viable ce joli pari.......

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françoise (invité)

le dimanche 28 décembre 2008 à 12h01

Zut, j'avais commencé un grand com' pour Clémentine et il a disparu! Juste lui dire que les psys nous considèrent comme "anormales" parce que nous ne sommes pas dans leurs normes, et que, tout psy qu'ils soient, ils ont été formatés à penser dans un certain style de société et de relations, qui ne remet pas en cause les certitudes de la majorité. Ceci pour la France. En Belgique, lors d'une émission à laquelle je participais, lorsque l'animateur s'est écrié: "Docteur, françoise Simpère est-elle normale?", le psy a souri: "Qu'elle soit hors-normes c'est indéniable, mais je la trouve tout à fait normale." Ouf!
L'intérêt de ce mode de vie est qu'il ouvre les possibles au lieu de les fermer. On peut traverser des périodes "poly", des périodes mono, des périodes solitaires, bref le Lutinage ou la diversité amoureuse (termes que je préfère à polyamour) s'adapte aux évolutions naturelles de la vie au lieu de la figer.
Certains s'étonnent que je sois mariée. C'est tout simplement parce qu'il y a 35 ans, après quatre ans de "vie dans le péché", le mariage s'imposait dans ma petite ville de province. Ce serait aujourd'hui, je serai sans doute célibataire ou pacsée. Mais à la réflexion, je trouve marrant d'avoir su conjuguer mariage et diversité amoureuse, surtout avec un compagnon d'esprit bien plus "mono", le challenge était encore plus intéressant et nous vaut toujours de passionnants échanges... base d'une entente où on ne s'ennuie pas.

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Profil

La_Brune

le dimanche 28 décembre 2008 à 23h15

Je suis en couple depuis 14 ans... Et il y a trois ans, virage à 180° : mon mari et moi sommes passés de la fusion à la fission après une séparation de quelques mois (et qui n'était pas liée à notre couple à proprement parlé). Aujourd'hui on tatonne encore un peu mais plus le temps passe et plus notre nouvel équilibre devient stable.
Je suis une polyamoureuse (mais brrr je n'aime pas ce mot), pas mon mari par contre, qui est surtout non-exclusif. Il comprend et accepte totalement ma manière de voir mais lui ne ressent pas forcément les mêmes envies (ou besoins ?) d'aimer d'autres femmes.
Nous acceptons l'autre tel qu'il est et c'est l'essentiel...
Maintenant tout n'est pas idyllique et parfois on peut éprouver des petits pics de jalousie. Elle reste malgré tout mais on la contrôle assez facilement en se rassurant mutuellement sur notre amour.
Notre entourage connait notre manière de vivre notre couple et... personne ne le comprend. Soit notre amour est remis en cause, soit on nous jalouse... C'est très difficile de faire comprendre aux autres que c'est justement parce que l'on s'aime que nous pouvons nous senir aussi libres...
Mais je ne désespère pas :)

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françoise (invité)

le lundi 29 décembre 2008 à 11h06

Qu'il y ait de temps à autre des pointes de jalousie, c'est logique, cela correspond à des périodes où on a moins confiance en soi et d'ailleurs heureusement qu'on n'est pas insensible! L'important est de savoir "faire avec", comme lorsqu'on a le vertige et qu'on apprend quand même à faire de la varappe, et que plus on en fait, moins on a le vertige. C'est vrai que les gens s'imaginent souvent que si on "accepte" cela, c'est qu'on n'aime pas vraiment, alors que, comme dit la Brune, c'est justement parce qu'on s'aime qu'on a envie avant tout que l'autre soit heureux. Il y a aussi une grosse part de jalousie, comme me le disait mon cher et tendre: "Les mecs qui viennent au bureau me demander un mot d'excuse- prétexte de réunion , de dîner de boulot- pour aller voir leur maîtresse, qu'est-ce qu'ils ont les boules de m'entendre t'appeler pour te dire tout simplement: "je sors ce soir, ne m'attends pas."

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(compte clôturé)

le lundi 29 décembre 2008 à 13h08

Quand nous nous séparons avec l'homme sur le pas de ma porte, jamais de "Quand se revoit-on?", pas plus que dans mon mail qui suit nos ébats, où je mets en poésie mes ressentis.
Un "Bye", "Porte-toi bien", au mieux un "A bientôt" quand nous sommes en période paisible. Au début, à chaque fois, je me disais "C'est peut-être la dernière". Et à chaque nouvelle demande de sa part pour qu'on se voie, mon coeur se réjouissait de s'être fait confiance, d'être assez fort pour supporter l'impermanence de ce lien somme toute assez curieux.

On est deux jusqu'au vertige, on ne fait que s'effleurer comme ces comètes qui passent à des milliers de kilomètres l'une de l'autre et qui pourtant infléchissent leurs trajectoires si peu que ce soit.

L'homme parle peu de lui-même, il faut lui tirer les vers du nez: on se connaît depuis un an et demi, et je n'ai compris que récemment que nous devions avoir fréquenté le même gymnase, et passé notre bac presque en même temps.

De ce qu'il considère comme une faiblesse physique, je bénéficie par retour de l'attention extrême qu'il me porte, il se met quelque part à mon service de femme qui a une sexualité si différente de la sienne, mais tous les deux nous semblons tirer le maximum de voir, sentir, goûter l'autre qui apprécie d'être bercé, ému, encoconné, malaxé, effleuré, pétri d'écoute au bout des doigts et arqué en offrant son plaisir comme un cadeau.

Quelques incompréhensions parsèment notre chemin. Il n'a pas la liberté dont je dispose, étant marié et père de famille; et redoute que je ne demande trop. Il est devenu clair pour moi, que si j'ai besoin d'être en amitié avec lui, les diverses manifestations de ce besoin l'effraient, qu'il a tendance à les surinterpréter. Par exemple, j'ai perdu une compagne à 4 pattes très chère en mai dernier, mon chagrin a réveillé d'autres choses, et je lui ai demandé s'il pouvait faire en sorte que je sois avertie si quelque chose lui arrivait. Ce à quoi il a répondu qu'il réfléchirait, mais ne voyait pas comment faire. Quant à moi, cette réponse a été décisive pour me faire faire un pas de plus, pour grandir en somme: son honnêteté, malgré la peur que je ne mette fin à notre relation, m'a touchée et laissée songeuse. Et j'ai vu en même temps que je devrais sûrement lui rappeler de temps en temps que j'aime avoir de ses nouvelles entre nos rencontres.

Tout comme quelquefois je dois me mordre les lèvres pour ne pas montrer ma surprise: il insiste en novembre pour passer en coup de vent me remettre en mains propres un cadeau d'anniversaire. Je pense à un livre, un CD, me réjouis... et pour finir, je découvre un film classé X, comprenant juste à temps qu'il ne fait que répondre à l'une de mes demandes de découvertes...

Rien d'autre ne nous lie, mais avec lui j'ai eu accès à des envies assez surprenantes, je me suis découverte désirant autrement que comme je l'avais toujours fait, appréciant des pratiques que je croyais inintéressantes, et sentant mon corps de 50 ans qui a comme passé un étroit couloir pour émerger en territoire inconnu. Ce monde-là, où je peux m'éprouver différement, hors normes, c'est une page vers d'autres chapitres inattendus.

Avec l'homme, je trouve des chemins différents vers moi-même; et cela répond curieusement, mais admirablement à mon envie de vivre la seconde moitié de ma vie en étant plus près de la Clémentine originelle, puisque la première moitié m'aura servi à la dépouiller des sécurités mises en place auparavant. Voilà en quoi ce lien-là me renforce: il me permet de vérifier que tout est encore à faire, et me laisse libre d'explorer avec d'autres des endroits encore inconnus de ma petite planète.

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Profil

kler

le lundi 29 décembre 2008 à 19h16

je trouve la maturité de Clémentine si réconfortante. j'ai 31 ans, très proche et aimante de mon mari, avec qui je vis depuis 12 ans, mais me sens profondément polyamoureuse. pourtant j'ai du mal à vivre cette polyfidélité sans peur. je suis une amoureuse, une reveuse, je me sens libre, mai il m'est difficile de vivre pleinement ces histoires, ces amitiés amoureuses. du coup cela me rend fragile, instable, parfois frustrée, et envahie par des désirs et un amour immense en moi.

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(compte clôturé)

le lundi 29 décembre 2008 à 20h03

Ca n'a pas toujours été comme ça, tu sais... Ces 5 dernières années, j'ai vécu une douloureuse petite révolution interne.
Il faut s'apprivoiser, vraiment, essayer un petit bout de chemin, voir comment cela se digère, s'insère au quotidien, comment le voisinage tous azimuth vit la chose. Et si je parle de digérer, c'est que vraiment quelquefois il y a du nauséabond à encaisser, des renvois sonores. Pensée réconfortante: celui qui juge se juge d'abord, la réaction me vise en premier, mais je ne suis pas la vraie cible.

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(compte clôturé)

le dimanche 18 janvier 2009 à 15h42

bonjour,
j'ai été très touché, ému par le témoignage de Clémentine.
Homme seul de 38 ans, je suis très émotif, sensible et aussi anxieus ,autant dire que j'ai été souvent exclu de la maison-des-hommes, depuis longtemps.
J'ai apprécie cette phrase de Clémentine:
" Pensée réconfortante : celui qui juge se juge d'abord, la réaction me vise en premier, mais je ne suis pas la vraie cible. "
J'ai une telle peur du regard, du jugement des autres, c'est pas croyable.
bonne continuation,
surtout prends soin de toi.

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(compte clôturé)

le dimanche 18 janvier 2009 à 16h13

je vais me raconter un peu...
Comme je le disais précédemment, je suis en pénurie relationnelle, depuis 2 ans.
j'ai la trouille du jugement des autres, du coup je passe à côté de pleins de relations et je suis souvent esseulé.
Quand une eprsonne me séduit, me drague ,je suis bloqué physiquement et hyper angoissé mentalement, mal à l'aise, comme perdu, comme si on me poussait d'un plongeoir sans que je sache nager.

Je ne vis pas le polyamour mais je me sens attiré par certains hommes et surtout par des femmes et je ne vois pas pourquoi je devrais vivre une relation exclusive, pourquoi ne pas désirer, rencontrer, partager plusieurs ressentis, amitiés, sensibilités, sensualités, corps ?
Je pense être bisexuel, mais ce terme m'ennuie , je me dis plutôt sexuel, j'en ai assez de ces catégories hétéro, homo ou bi, je pense que les tiroirs sont tjs trop étroits.
Il y a une quinzaine d'années j'ai eut une relation avec un ami (décédé depuis), nous étions très proche et nous nous sommes caressés plusieurs fois, pour moi, c'était une relation amoureuse et sexuelle, pour lui, une relation plus sexuelle qu'amoureuse même si nous étions vraiment amis.
Et plus tard j'ai eut une relation amicale-sexuelle avec une amie pendant plusieurs années, les amateurs d'étiquettes disent que nous avions une relation de frère et soeur avec du sexe plutôt qu'une relation de couple, c'est possible .
Aujourd'hui je cherche de nouvelles rencontres hommes ou femmes, de nouvelles amitiés, de l'érotisme aussi, du sexe avec ses mêmes personnes ou d'autres, pourquoi pas ?
J'essaye les sites de rencontres depuis peu...
Une précisoin: depuis 6 ans je fais une psychothérapie analytique, j'ai essayé le yoga/ relaxation mais j'ai du mal à me discipliner pour y aller régulièrement, je ne suis pas assez patient, persévérant pour ce travail intérieur; je trouve que ça ne va pas assez vite, mais je dois avoir tort .

Mais je sais aussi que "contre l'usure du quotidien, un sourire poussé jusqu'à ses ultimes conséquences peut changer le cours d'une vie" (in Texte à partager ici:
/discussion/-C-/texte-a-faire-partager/ )

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(compte clôturé)

le dimanche 18 janvier 2009 à 22h21

Merci de t'être raconté!

Ben oui, c'est jamais simple d'être différent ouvertement. Alors que nous le sommes tous, en fin de compte, différents! Toi aussi, prends bien soin de toi.

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Profil

Alys

le mardi 20 janvier 2009 à 22h45

Bonjour à tous. Voici mon premier message sur ce forum que je parcours depuis quelques jours. C'est vraiment réconfortant de découvrir à travers vos récits des questionnements qui sont venus me titiller ces derniers mois.
Me raconter, donc ... par où commencer ?
Je suis encore assez jeune (même pas 20 ans) mais j'ai eu mon lot "d'histoires de coeur compliquées", où toutes les raisons étaient bonnes pour me torturer l'esprit et les tripes. Puis je suis tombée sur un garçon avec qui tout semblait simple, pas prise de tête, avec qui je suis restée plus d'un an, au lieu des 2-3 mois maximum habituels. Je me rends compte après coup que la tranquillité était principalement due à l'absence presque totale de communication entre nous.
Bref. J'en viens au fait. L'été dernier - cela faisait presque un an que j'étais avec ce garçon - j'ai un peu vadrouillé dans la France. Durant mon périple j'ai rencontré un jeune homme, qui m'a énormément plu. Nous avons plus ou moins flirté ensemble. En fait, il ne cessait de m'envoyer des signaux contradictoires, et de mon côté, j'hésitais à aller plus loin à cause de mon petit ami.
Au final, il ne s'est rien passé entre nous. Mais cela m'a fait (encore plus) réfléchir à ce que j'attendais de mes relations avec les autres. Je réfrène toujours les gestes d'affection que je pourrais avoir vis-à-vis des gens à qui je tiens, de peur qu'ils ne soient mal interprétés et soient pris pour des avances. Après cet été, je me suis rendue compte de l'idiotie d'un tel comportement. Je ne voyais plus de raison à censurer mon comportement envers les autres. Et de manière très évidente je pouvais aimer, sincèrement et profondément, plusieurs personnes à la fois. J'ai donc décidé de l'assumer. Je ne me sentais pas d'attaque pour effectuer ce changement avec mon copain, que j'ai donc quitté (j'avais aussi peur de m'engager, cela faisait plus d'un an qu'on était ensemble et nous venions d'emménager avec 4 autres amis dans une collocation).
Ce n'est qu'une fois célibataire que j'ai entendu parler du Polyamour, dans lequel je me suis totalement retrouvée. Surtout parce que la sincérité et le dialogue, qui me sont chers depuis plusieurs années déjà, semblent être au coeur de cette philosophie de vie. J'avoue que pour l'instant je n'ai pas mis le Polyamour en pratique. Essentiellement parce qu'après ma rupture, j'ai du mal à retrouver quelqu'un qui me plaise vraiment. Alors je butine à droite à gauche, ramène chez moi des amants de passage. Même si ces relations sont plus sexuelles que sentimentales, je m'efforce d'être le plus honnête possible avec mes compagnons ainsi qu'avec moi-même.
Il reste toujours ce garçon rencontré cet été, qui hante de temps en temps mes rêves. Je crois bien n'avoir jamais aimé avec une telle intensité et surtout si soudainement (il me faut du temps d'habitude pour aimer sincèrement quelqu'un, le temps de découvrir et de connaitre la personne). Je ne sais pas si j'oserais le revoir. Je ne sais pas si j'aurais le courage de me heurter à un rejet de mon nouveau regard sur le monde.
Alors pour le moment, je me contente d'attendre, j'essaie de rencontrer de nouvelles personnes, qui me plairaient et qui sembleraient prêtes à se lancer à l'aventure avec moi.
Oula, je me suis bien étendue. J'espère que vous avez eu le courage de me lire jusqu'au bout. Et désolée, je ne suis pas aussi claire que je le voudrais. C'est que c'est la première fois que je parle réellement des changements opérés en moi. Je suis encore en plein questionnement, en plein travail sur moi-même (et cela jusqu'à ma mort, je pense !). Tout n'est pas très clair dans ma tête pour le moment.

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(compte clôturé)

le mardi 20 janvier 2009 à 23h05

On est tous là pour se clarifier les idées et se raconter... Bienvenue au club. Vive les réseaux de soutien!

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Profil

Siestacorta

le mercredi 21 janvier 2009 à 10h24

Bon bah moi j'ai mis un résumé dans mon profil...
je passerai au grand déballage plus tard :-)

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Profil

amorgen

le dimanche 01 février 2009 à 11h44

Bonjour à tous, c'est mon premier message sur ce forum et autant commencer par se raconter un peu.
C'est l'amour de la liberté (la mienne et celle des autres) qui m'a conduit à orienter ma vie affective sur des relations non exclusives. Une question de cohérence aussi vis à vis de mes convictions philosophiques voire politiques.
Je connais le terme Polyamour depuis plusieurs années mais il me semblait qu'il impliquait une relation amoureuse partagée entre plus de deux personnes (sans nécessairement une vie commune), j'ai donc pris l'habitude de me nommer "non-exclusif" plutôt que polyamoureux, n'ayant pas connu une situation d'amour partagé à 3, 4 voire plus.
En ce qui me concerne concrètement après des années de travail sur soi pour essayer de lutter contre la possessivité et la jalousie j'ai fini par rencontrer une jeune femme partageant mes convictions. Nous sommes donc depuis trois ans en relation amoureuse non exclusive : elle a deux autres amoureux réguliers et quant à moi j'entretiens aussi une relation amoureuse complexe et tumultueuse avec une jeune femme lesbienne qui vit en couple. Bien sûr tout le monde est au courant et cela se passe plutôt bien.
La non exclusivité oblige à tant de questionnements sur soi et de communication avec les autres parties prenantes que j'en suis même venu à considérer les relations exclusives comme des preuves d'immaturité affective. Je pense que petit à petit l'abandon de la possessivité pousse à l'amour inconditionnel, et j'y ai même trouvé des nourritures spirituelles.
Au vu des réactions que suscite mon mode de vie auprès de la plupart de mes connaissances je suis heureux de me sentir moins "alien" en parcourant vos témoignages et opinions, merci pour cela.

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Profil

Siestacorta

le dimanche 01 février 2009 à 14h42

Amorgen ?
Rien à voir avec l'ours, par hasard ?

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Profil

oO0

le samedi 14 février 2009 à 14h33

...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 23 février 2009 à 17h32

Notre histoire est peu compliquée, mais je vais essayer de faire court, quand nous nous sommes rencontrés, nous avions 16 ans (elle) et 24 ans.
J’ai tout de suite su que notre amour ne serai pas une simple aventure, je sortais d’ un amour de 3 ans, et découvrais les plaisirs de la séduction.
Je la raccompagnai tous les soirs a 18 h 30 a l’autobus pour rentrer chez elle, de mon coté, je retrouvai mon meilleur ami célibataire et gros dragueur, j’ai donc connu plus d’une trentaine de filles en un an et demi, j’ai eu des sentiments pour 3 d’entres-elles, mais je n’ai jamais douté de mon choix, c’était Sandrine que j’aimais sans limite. Par amour, j’ai arrêté mes «  conneries », ce qui ne fut pas si facile, avec un long effet de manque, la séduction est si grisante. Je dois préciser qu’elle a toujours été au courant, mais qu’elle acceptait cela parce elle ne pouvait envisager que je la quitte, cet amour pour moi, je n’avais pas le droit de m’en servir pour lui faire du mal. A dix-huit ans, elle est venue vivre avec moi, une année ensuite, vint la naissance de notre fille, et quelques mois après, lors d’ une gaffe de sa part, j’apprends qu’elle a eu un amant vers dix-sept ans et demi, elle a vite compris que cet homme ne lui apportais rien et a mis fin a leur relation, lui l’aimait !. Malgré tous mes écarts, j’ai eu beaucoup de mal à accepter cette trahison, mais je n’avais pas le droit de lui en vouloir, je me suis donc servi de cet accroc pour exiger de nouvelles règles: nous devions tout nous dire sur nos fantasmes, développer une complicité sexuelle,bien sur, elle avait encore droit a un jardin secret, mais pas si celui-ci mettait en péril notre couple. Nous avons donc d’ abord pratiqué l’amour à trois, avec un ami, puis a quatre avec sa femme, une de mes ex! enfin l’échangisme en club, je découvrirai mon coté voyeur, et avec sa complicité développerai ce plaisir, notre évolution a peut-être pris un chemin trop dangereux, puisque les derniers temps, je ne l’accompagnais plus dans les rencontres.
Ces rencontres étaient de deux genres différents, elle voyait des hommes seuls, qu’elle choisissait virils et très actifs, elle revoyait périodiquement tous ceux qui la comblaient le plus sans chercher a compliquer notre vie.
Je la sentait très épanouie dans ce libertinage, l’autre genre lui plaisait moins, mais je me disais que c’était comme un accord tacite .
Elle voyait plusieurs 2 à 5 hommes à la fois, en hôtel ou appartement, pour se faire prendre en gang-bang, avec un souhait de ma part, que la rencontre soit filmée. Mais ,ces derniers temps, les rencontres étaient moins rapprochées, elle ne savait plus si elle voulait continuer a me faire plaisir, elle ajoutait aussi qu‘elle ne voulait plus être libertine, désirant revenir a une vie saine.
Il y a un mois, elle m’a avouée avoir rencontrer un autre homme, le ton qu’elle a pris m’a tout de suite fais comprendre que ce n’était pas du sexe, qui était la limite de son libertinage et une exigence de ma part: «  jamais de sentiments ». Elle aimait cet homme, et il voulait qu’elle me quitte pour vivre avec lui. Je découvrais un sentiment oublié depuis longtemps, la jalousie et surtout la douleur de la trahison. Aujourd’hui, nous sommes toujours ensemble, elle a, d’après ses dires, compris qu’elle m’aimait toujours, elle a succombé aux sentiments de cet homme qui a eu un coup de foudre pour ma femme. Nous avons beaucoup parlé, j’ai pris en pleine figure certains faits qui m’ont causés de nouvelles cicatrices.
Je dois dire qu’elle est très facile à faire jouir, très cérébrale, parmi ses orgasmes, il y en a un qui est plus puissant que les autres. Je lui ai bien sur procuré très souvent en 23 années, mais j’ai su qu’elle le connaissait presque à chaque rapport avec lui, excitation due a la situation ?. Elle a eu du mal aussi a m’avouer qu’elle aimait avaler son sperme a chaque fellation, alors qu’elle rejetait toujours le mien, prétextant qu’elle n’y arrivait pas. Dernier détail qui n’est pas pour me rassurer, étant plus grand que moi, cet amant est donc doté d’ un sexe plus long et plus large, qui la comble donc plus facilement.
Voila, aujourd’hui, j’ai perdu toutes mes certitudes, je me sens comme une serpillère sur laquelle cet homme s’est essuyé, on me dit très intelligent et un peu philosophe, mais moi je me trouve con tout simplement, C’est vrai, elle est toujours avec moi, et m’aime a nouveau, mais notre amour que je croyais indestructible, n’a pas résister au premier coup de pied, il y a plusieurs ciments dans le couple, et la foi dans les sentiments de l’autre en est un pour moi, et je n’ai plus foi en elle, désormais.

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(compte clôturé)

le lundi 23 février 2009 à 17h47

J'imagine que tu es extrêmement secoué, un mois ce n'est rien, quand il faut faire face aux autres obligations.

Et qu'est-ce qui est vraiment ébranlé? Ta foi en elle, ou en votre relation? La foi en ton pénis, différent de celui de l'autre? Ou est le vrai problème? Pour toi, pour elle, pour vous deux? Pour elle et l'autre, pour elle et toi, elle et sa relation avec lui? Ca fait beaucoup de choses à gérer à la fois! Tu arriverais à répondre à toutes ces questions en les séparant bien? C'est ma petite méthode perso pour remettre de l'ordre, quand je suis désemparée.

Tu nous fais toucher une fois de plus le fait que le polyamour n'est pas le libertinage, qu'ils peuvent coexister chez la même personne ou dans des situations données, mais qu'il ne faut pas les confondre.

Si je résume, tu voudrais qu'elle le quitte, il voudrait qu'elle te quitte... et elle... elle serait OK avec deux hommes? Le choix est-il inévitable? La rencontre avec ton "rival" est-elle envisageable? Le triolisme si vous vous entendez bien? C'est une affaire de sentiments que vous touchez, à travers le sexe; mais pas seulement.
Ecoute, je vais peut-être te rentrer un peu dedans... mais pour avoir foi en quelqu'un, il faut avoir autant de foi en soi d'abord, je crois...

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