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Polyamour : un ghetto sentimental ?

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Clown_Triste

le dimanche 18 octobre 2009 à 17h35

Bonjour à tous,

Il existe déjà plusieurs sujets riches qui évoquent les avantages et les difficultés que l'on peut avoir à rencontrer des gens et nouer des relations amoureuses lorsque l'on est polyamoureux.
J'y reviens toutefois pour essayer de rassembler vos idées, vos visions, vos expériences en la matière, avec l'accent sur le point suivant :

Lors d'une rencontre sentimentale, quelle importance revêt pour vous le fait qu'une personne soit polyamoureuse ?

Beaucoup témoignent ici (et j'ai moi-même connu le problème) de la difficulté de nouer une liaison amoureuse durables et enrichissante avec des personnes monogames. Souvent, cette différence de vision du domaine sentimental tue l'histoire dans l'oeuf, ou après quelques temps.
Le polyamour se transforme alors en une suite d'histoires amoureuses courtes, qui se succèdent et/ou se chevauchent un peu, ou en liaisons avec des personnes en couple par ailleurs, qui empêchent souvent d'assumer pleinement la relation, ou de partager de longues périodes ensemble.

Le polyamoureux est souvent quelqu'un qui a appris à vivre le moment présent, à ne pas se projeter et à ne pas demander d'assurance sur l'avenir (ou sur l'amour, pour citer Clémentine). Mais ces histoires qui meurent à peine esquissées ou qui finissent tôt, ces ruptures à répétitions ou ces moments "en cachette" d'une société majoritairement monogame sont exigeants, fatigants. Paradoxalement, j'ai le sentiment que nombre de polyamoureux traversent souvent des périodes de solitudes (certains le vivent mieux que d'autres).

Dans cette situation, quelle réaction avoir ?

* Faut-il baisser les bras, abandonner et "rentrer dans le rang" en optant pour une histoire moins mouvementée mais plus stable auprès d'un unique conjoint (qui changera peut-être avec le temps et/ou sera complété par une histoire adultérine secrète) ?

* Faut-il accepter d'être un "paria", revoir ses critères et renoncer à l'idée de relations avec les monogames qui nous attirent pour se satisfaire de ceux et celles que le destin aura mis sur notre route et qui voudront bien de nous et de nos convictions minoritaires ?

* Faut-il oeuvrer sans relâche à devenir quelqu'un de tellement formidable, brillant, attirant, convaincant et fascinant (liste non-exhaustive) que les monogames accepteront de remettre en cause leurs convictions pour avoir la chance de nous voir éclairer leur existence de notre éclat unique ?

* Faut-il oublier les 99% de ceux qui nous entourent pour se tourner en priorité vers la petite communauté des polyamoureux et chercher parmi eux les perles rares qui sauront et nous plaire et nous permettre de vivre une histoire en accord avec nos convictions sentimentales ?

(Évidemment, ces réactions sont schématiques, c'est pour illustrer le propos. Gardez les tomates pourries dans leurs cageots !).
Je m'interroge : le côté minoritaire de la communauté polyamoureuse ne ressemble-t-elle pas à la situation des gays autrefois (et sans doute aujourd'hui encore) ?
Et vous ?
Souffrez-vous de difficultés à trouver des partenaires vous permettant de vivre vos convictions amoureuses ? Comment faites-vous, comme le vivez-vous ?
Cela vous incite-t-il à faire du critère "est-il/elle polyamoureux(se) ?" un critère essentiel avant d'envisager une histoire ?
À quel point celui-ci prend-il de l'importance ?
Vous trouvez-vous parfois à écourter ou laisser tomber des histoires de ce fait (un peu comme certains personnes n'envisagent pas de vivre une histoire amoureuse avec quelqu'un d'une autre confession religieuse - même si je ne dis pas que la polyamour est une religion) ?
Vos commentaires, réactions et expériences m'intéressent !

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le dimanche 18 octobre 2009 à 17h59

Je travaille à être moi-même pour être sûre de ne pas attirer des gens avec un leurre en forme de bristol semé de brillants :-)

J'ai mis beaucoup d'énergie à être bien toute seule.

Je polyamoure sans sexe avec bôôôcoup de gens.

Je n'espère rien, je m'attends à tout.

Et y'a des partenaires de vie adorables même pour les tronches de cake comme moi - c'est parce qu'ils en sont eux-mêmes d'ailleurs - pas de souci!

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Clown_Triste

le dimanche 18 octobre 2009 à 18h27

Clementine
[...]
Je polyamoure sans sexe avec bôôôcoup de gens.
[...]
Et y'a des partenaires de vie adorables même pour les tronches de cake comme moi - c'est parce qu'ils en sont eux-mêmes d'ailleurs - pas de souci!

Merci Clémentine. Tu ne réponds pas directement à la question, mais d'après ce que tu disais sur un autre thread, tu n'accordes pas d'importance particulière au fait qu'une personne qui te plaît soit polyamoureuse ou pas.

Sinon, les gens avec qui tu "polyamoures sans sexe"... c'est aussi ce qu'on appelle des "amis", non ? (Ou des proches).

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le dimanche 18 octobre 2009 à 19h04

Non non... Par exemple, le réseautage est une forme sociale du polyamour, à mes yeux.

J'aime pas répondre aux questions qui imposent une certaine forme de réponse... ;-)
donc je rectifie encore:

"tu n'accordes pas d'importance particulière au fait qu'une personne qui te plaît soit polyamoureuse ou pas"

ça, c'est une interprétation de ce que je dis.

La manière dont tu formules ta question ne m'interpelle pas, il m'est donc tout bonnement impossible d'y répondre comme tu le souhaites. J'ai de la peine avec le ghetto des définitions, de tout ce qui tend à enfermer dans des concepts des choses et des individus très différents.

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amorgen

le dimanche 18 octobre 2009 à 19h32

Paria forever !
Je ne transige pas avec mes convictions.
Le critère "non exclusif" plutôt que polyamoureux est un pré requis indispensable.
Mais c'est aussi par goût de la solitude et de la liberté que je suis devenu poly, non pas parce qu'il m'était vital d'aimer plusieurs personnes. Je vis très bien en n'aimant que moi ^^

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kerdekel

le dimanche 18 octobre 2009 à 20h23

Clown_Triste

* Faut-il oeuvrer sans relâche à devenir quelqu'un de tellement formidable, brillant, attirant, convaincant et fascinant (liste non-exhaustive) que les monogames accepteront de remettre en cause leurs convictions pour avoir la chance de nous voir éclairer leur existence de notre éclat unique ?

Aahahah :D
Tu tue les ours, clown triste. :)

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oO0

le lundi 19 octobre 2009 à 05h19

Je me suis posé les mêmes questions que toi Clown Triste, mais j'en ajouterais une sixième en espérant que d'autres en ajoute une septième :

6) Si j'avais l'énergie, j'opterais pour beaucoup plus d'humour sur la question de l'amour, soit plus d'humanité si tant est que le rire est le propre du genre humain.

Mono ou poly, alors que les situations où les personnes ne s'entendent pas sont les plus fréquentes, ces situations sont complètement abandonnées pour focaliser sur les situations où les personnes s'entendent. Autrement dit, l'attention est focalisée sur l'acte de séduire et l'acte de s'éconduire est délaissé, ce qui fait qu'aller les uns vers les autres a lieu la majeur partie du temps dans une atmosphère sordide comme les lieu délaisser.

Aimer, c'est aussi ne pas aimer et franchement, tant qu'il y a le respect, ne pas être aimé n'est pas si difficile que cela.

Sinon, j'avais essayé d'esquisser une question plus ou moins similaire de la manière suivante sur poly.be J'arrivais à cette conclusion, que si nous avions plus d'art à se mettre des râteaux avec humour, il y aurait de toute façon, le plaisir d'en rire et comme le rire est le propre du genre humain, un peu d'humanité ne ferait pas de tort. Reste qu'un tel rire, la convivialité d'un tel rire relève de l'utopie.

La difficulté ne vient pas de ne pas être aimé, mais du manque de respect avec lequel on te fait sentir que tu n'es pas aimé.

Voilà, c'était ma sixième proposition, mais je ne sais pas comment la formuler de manière plus courte.

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oO0

le lundi 19 octobre 2009 à 05h23

Ghetto/Promiscuité...

... voilà comment je traduis l'effet ghetto. Note que pour moi, c'est l'amour quel qu'il soit - mono ou poly - qui ressemble à un ghetto tant il manque d'humour, Clown...

... triste.

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Clown_Triste

le lundi 19 octobre 2009 à 11h27

Merci pour vos premières réactions.

@Clementine :
Tu as répondu à ta manière. Pour ma part, même si j'ai lancé des pistes pour alimenter la réflexion, j'ai surtout voulu terminer mon post par des questions ouvertes (la série de ? à la fin de l'article). Sans doute pourrait-on être plus ouvert en disant quelque chose du genre :
"La grande majorité des polyamoureux qui témoignent sur ce site semble évoluer au sein d'une société largement monogame. Comment le vivez-vous et cela vous incite-t-il à rechercher particulièrement la compagnie d'autres polyamoureux pour vivre des histoires amoureuses qui ne soit pas contrariées par le modèle monogame dominant ?".
Mais tu as raison, il y a certainement des gens pour qui cette question n'a pas de sens. Et je ne force personne à répondre, heureusement !

@Amorgen :
Paria, je l'aurais parié ! Tu fais bien de mettre l'accent sur "non-exclusif", qui est un terme que je préfère finalement à "polyamoureux". Mais bon, le site s'appelle polyamour.info et tout le monde parle de "PA", alors je m'adapte ;-)
Tu as très bien résumé ta situation, ta démarche, qui illustre sans doute celle d'un certain nombres d'autres "non-exclusifs".

@Kerdekel :
Oui. Et à mains nues, si possible, pour impressionner les filles...

@Sam / RIP :
J'apprécie beaucoup ta vision des choses, sous un angle différent (mais c'est l'une de tes spécialités, non ?). Il est vrai qu'il faut souvent lutter contre cette tendance à vivre comme un échec et une souffrance des expériences qui finalement devraient être attendues, voire formatrices. Je crois que le polyamour incite à prendre du recul face aux fameux "rateaux", mais nous ne sommes sans doute pas tous des maîtres de la zénitude.
Malgré mon pseudo, je ne peux que te rejoindre quant à ton propos de l'importance du rire et de l'humour dans l'amour, même si face à la puissance des émotions générées par l'amour, le désir, l'admiration de l'autre a tendance à tirer vers d'autres extrêmes.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Profil

wotan

le lundi 19 octobre 2009 à 12h15

Le PA, on le sens avec ses tripes alors aucune raison de faire des compromis mous. Être et rester soi-même, voilà ce qu'il faut pour être heureux. Il faut aussi en assumer toute les conséquences.

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Profil

Clown_Triste

le lundi 19 octobre 2009 à 12h38

tonylebuzz
Le PA, on le sens avec ses tripes alors aucune raison de faire des compromis mous. Être et rester soi-même, voilà ce qu'il faut pour être heureux. Il faut aussi en assumer toute les conséquences.

Et si tu nous en disait un peu plus sur ta façon de faire et les conséquences associées, sur le thème des questions posées à la fin du post d'origine ?

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(compte clôturé)

le lundi 19 octobre 2009 à 12h57

T'as pas de succès avec la formule, décidément, C.T. :-/

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Profil

titane

le lundi 19 octobre 2009 à 21h14

wow... être heureux à tous prix me semble déjà un idéal plus intello que "trippes"... être heureux sous toutes ses formes molles ou dures... qu'importe ! pesonne n'a à juger du bonheur ds autres... on est heureux où on l'est pas point... dur ou mou... c'est un peu culcul ça non?

Vois pas pourquoi les PA auraient pls de trippes que les autres... j'ai souvent rencontré dans des fora de PA des "mous" qui se contentaient de photocopier du MA dans le care d'un cercle restreint en repoussant à pein un peu plus loin l'exclusivité et en étandant leur possessivité... afin de se rassurer davantage ? Certainement...

Alors...

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Profil

Gin

le lundi 19 octobre 2009 à 23h32

Clown_Triste

Lors d'une rencontre sentimentale, quelle importance revêt pour vous le fait qu'une personne soit polyamoureuse ?

ça m'est égal qu'un grand brun ou un joli rouquin soit polyamoureux ou pas, tant qu'il accepte qui je suis et ce que je fais sans souffrir

on rencontre peu de polyamoureux conscients, mais parfois les gens se découvrent ainsi quand on leur explique ce que c'est.

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Profil

Siestacorta

le mardi 20 octobre 2009 à 01h19

Tiens. Me vlà à être un peu d'accord avec titane. Qui aime souvent ne pas être d'accord, si je peux me permettre.
Je dois couver un truc.

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rike

le mardi 20 octobre 2009 à 02h17

Salut tous,

Intéressante discussion, et je me demande justement pour les ultras convaincus comme amorgen comment se résoud ce dilemne entre vouloir plein (plus ?) d'amour que la moyenne et finir par en avoir moins, ou plus passager, en dehors des belles histoires ailleurs sur ce forum de couples qui s'ouvrent et de polys/polys qui se croisent et se décroisent...

Clementine, je me permets un MP en public, est-ce possible de te parler en privé ? (non, ce n'est pas une accroche un peu branque, c'est une vraie question)

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(compte clôturé)

le mardi 20 octobre 2009 à 09h05

Ah ben mon cher si tu n'acceptes pas les MP toi-même, on est mal... :-)

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(compte clôturé)

le mardi 20 octobre 2009 à 09h08

Titane, Siesta, viendez, on va soigner ensemble ce bel esprit de discussion!

Ouias, je suis aussi d'accord, on ne s'improvise pas PA ou on n'excuse pas ses frasques ou ses adolescences avec ce vocable..., on le travaille et on le devient un peu plus tous les jours, si c'est vraiment ça qu'on est.

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rike

le mardi 20 octobre 2009 à 09h30

Ayest, c'est réparé. dsl

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Siestacorta

le mardi 20 octobre 2009 à 10h42

je suis pas sûr que le PA demande toujours plus... Disons qu'il eut qu'on lui laisse la liberté de plus.
Donc il demande "mieux"...

Moi, derrière ma demande de PA, il y a aussi une demande concernant la solitude, l'intimité. Ces demandes ne me semblent pas assez respectées dans le couple classique.

Donc, finalement, obtenir des histoires moins durables, ou des engagement longs mais discontinus, ça peut être déjà très bien. Imparfait, mais cent fois mieux qu'un célibat complet, ou qu'un couple cloisonnant.

(après, je répète, je crois pas que les rencontres endogènes soient obligatoires. Plus simples, sûrement, mais quand on se sent assez fort pour résoudre les problèmes au fur et à mesure... Le faire est enthousiasmant).

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