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Se protéger - le refrain à la mode (sous-titre: faites comme je dis, parce que comme je le fais, c'est parfois autre chose)

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lutevain

le jeudi 22 octobre 2009 à 14h56

Conflit de génération… je fais partie de ceux qui ont connu la liberté d'avant sida et qui ont de ce fait quelques problèmes avec le caoutchouc! La méthode de prévention que j'utilise est avant tout la fidélité à ma compagne, et le PA chaste! Mais il est vrai que si l'on peut prendre des risques pour soi-même, il est hors de question d'en faire prendre à ceux qui nous font confiance…
En revanche, et hors lésions, l'amour buccal protégé … c'est comme prendre l'avion, le risque existe mais est infime… de là à ne pas s'envoyer en l'air…
Et nous pouvons aussi en revenir au tantrisme… et à l'amour sans pénétration… ça marche aussi!

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JHGrenoblois

le jeudi 22 octobre 2009 à 15h00

Effectivement, il faut relativiser. Il y a un risque pour tout.

Une simple bise peut être contaminante pour beaucoup de maladies (dont l'herpès ou l'hépatite), et je ne vous parle pas d'une petite gâterie ! Néanmoins, je ne me vois pas faire ça à travers du latex (moi aussi je suis amateur de sécrétions), contrairement à la pénétration.

Puisqu'on en est aux statistiques, il me semble me souvenir qu'il y a dans nos pays riches plus de morts de l'hépatite B que du SIDA, alors qu'il existe un vaccin efficace contre l'hépatite. Paradoxal, non ?

Au niveau du vaccin contre l'HPV (responsable du cancer du col de l'utérus), un article assez caustique (et très juste, à mon avis !) est paru récemment sur Slate :
www.slate.fr/story/11727/papillomavirus-vaccin-can...

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(compte clôturé)

le jeudi 22 octobre 2009 à 15h07

PA chaste? Vasistas?

Bon, ce qui est plus en question pour moi, c'est comment dealer avec un rapport-qui-expose; les diverses méthodes permettant d'éviter le risque, on trouve ça partout. C'est plus inconfortable de se confronter soi-même honnêtement, quand on se fustige ensuite de n'avoir pas su résister, su être "raisonnable", etc...

C'est comme cette pub' infernale qui a été faite pour le vaccin HPV, justement, ça me faisait bouillonner de rage quand elle passait, tout comme les arguments "pour" des gens en blouse blanche, bien carrés, statisticiens, au-dessus de tout soupçon... de mes fesses, ouais.

Court-circuitage complet des possibilités de réfléchir calmement, de grandir un peu tout seul dans sa tête... au lieu d'être considéré comme des irresponsables.

Message modifié par son auteur il y a 11 ans.

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lutevain

le jeudi 22 octobre 2009 à 15h11

JHGrenoblois

Puisqu'on en est aux statistiques, il me semble me souvenir qu'il y a dans nos pays riches plus de morts de l'hépatite B que du SIDA, alors qu'il existe un vaccin efficace contre l'hépatite. Paradoxal, non ?

www.slate.fr/story/11727/papillomavirus-vaccin-can...

Danger de la vaccination contre l'hépatite B : il semblerait qu'il y ait une corrélation avec l'explosion des cas de sclérose en plaques!

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(compte clôturé)

le jeudi 22 octobre 2009 à 15h24

JHGrenoblois


Au niveau du vaccin contre l'HPV (responsable du cancer du col de l'utérus), un article assez caustique (et très juste, à mon avis !) est paru récemment sur Slate :

www.slate.fr/story/11727/papillomavirus-vaccin-can...

L'article est intéressant, mais un truc un peu indéfinissable me gêne, dans la glissade vers "Encore une fois c'est les filles qui protègent les garçons".

Je retiendrai juste que si la gynécojolie s'est à ce point développée en regard de l'andrologie, c'est que les filles ont la chance d'avoir une espèce de tableau sensible qui se met à clignoter très très vite en cas de malfonction; et que si, peut-être à rebours du bon sens, la contraception féminine est hâchement plus pointue que la masculine, c'est qu'au final, it's my concern!

C'est comme ma bibliothèque: je préfère ranger moi-même les bouquins, ça m'évite de charogner sur les erreurs des autres. Parce que ça me fait une belle jambe de râler tel le pou sur la fautaki si je me retrouve encloque: c'est quand même moi qui vais trinquer, quel que soit l'avenir du lardon en puissance.

Alors bon, si on veut renverser la vapeur sur pourquoi c'est plus mieux bien de faire vacciner les filles, faudra se lever un chouïa plus tôt. Si Pinkus s'est attelé à la tâche et a réussi, que je sache, c'est pas parce qu'il a décidé que c'était aux filles de se débrouiller avec ça, mais parce que la riche américaine qui a payé les travaux de recherche cherchait un moyen... pour que les femmes soient maîtresses de leur fécondité.

Après ça, si on a pris l'habitude de développer la recherche du côté des filles, c'est parce qu'on s'est rendu compte qu'avec un simple Pap' annuel, on évitait bien des emmerdes. (Essaie pour rire de proposer un p'tit sondage annuel de rien du tout aux gars, pour voir s'ils sont pas en train de faire quelques cellules atypiques qui pourraient leur faire un cancer de la prostate dans quelques dizaines d'années... et pourtant, c'est un peu la même chose que pour les filles, hein: on introduit un truc froid, métallique et rigide dans un conduit pas prévu pour cet usage, on gratte un peu et voilà c'est déjà fini - no problem :-) )

Et en effet, effet retors de ce bout d'histoire là, il semble que c'est bien plus souvent les filles qui aient à lutter pour faire respecter leurs peurs, leurs limites...

Message modifié par son auteur il y a 11 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 22 octobre 2009 à 15h26

lutevain
Danger de la vaccination contre l'hépatite B : il semblerait qu'il y ait une corrélation avec l'explosion des cas de sclérose en plaques!

On ouvre un autre fil? :-D

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K-roll

le jeudi 22 octobre 2009 à 15h30

Junon
Moi ce qui me défrise, c'est le mensonge systématique que je suis obligée de sortir lorsque je souhaite donner mon sang: "oui, oui, monsieur, je suis hétéro et monagame, pompez moi".

En Belgique, les questions sont peut-être moins "orientées", on demande seulement si on a un nouveau partenaire depuis moins de 3 mois ... Cela me semble plus respectueux des choix de vie de chacun.

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El.Nino

le jeudi 22 octobre 2009 à 16h20

Bon... Euh... D'abord, je dois dire que tous les discours, même bon, sont souvent loin de la réalité, en ce sens que quand on y est, c'est pas pareil.

Je fais de la prévention et de la réduction des risques, terme qui est là pour dire que le "tout capote" n'est pas appliqué par tout le monde - et donc certain font des choix de stratégie de prévention qui inclus la capote, mais pas que, et aussi que les comportements de prévention sont différents suivant les situations.

Deux exemples.

Un tract de Aides à Marseille qui faisait évidement la promotion de la capote, mais où un slogan était mis au verso :"si tu baises sans capote, mais au moins du gel" - en gros, pour une pénétration, avec les muqueuses niquelles et pas abimées (manque de lubrification pour la femme - absence pour le rapport annal) les risques sont moindres (pas d'inflammation, pas de fissures, pas de présence de sang, donc moins de risque). ça a évidement fait un scandale, Act-Up en tête pour tirer à vue.

Autre, qui concerne plus la situation du PA. Le partenaire aura des rapports non-protégé, protégé uniquement pour les pénétrations avec un partenaire sexuel moins "stable", mais avec une relation continue, et enfin 100 % protection pour les one-shot. Ce qui est ma prévention. J'y reviens plus bas.

Rectificatif concernant les IST : l'hépatite B est théoriquement transmissible par la salive, mais les études relèvent presque aucun cas (ça relève presque de la légende urbaine ce truc. Comme la C par le verre d'eau, ce qui est tout aussi faut). Bon, vous trouverez plein de doc sur le web. En gros, les IST (syphilis, herpès,...) c'est assez chaud pour se prémunir, la capote suffit pas. Mais ça se soigne et un dépistage régulier (tous les 6 mois) évite les mésaventures de ce côté. En revanche, les vaccins contre l'hépatite B et la A sont conseillé pour les gay (la A, transmission par présence de matière fécale lors de rapports annaux). Je dirais que pour les PA, libertins et autres, je conseille ces deux là.

Les relations buccales, c'est assez chaud de répondre à l'affirmative. C'est un mode de contamination théorique, mais les personnes qui se sont fait contaminer comme ça (VIH) sont très peu, et enfin tout un tas de paramètre rentrent en compte (ex : la personne peut déclarer n'avoir que eu ça comme prise de risque, mais peu mentir, par peur du jugement de la personne en face). Enfin, la prévalence du VIH est très faible chez les femmes déclarant avoir des relations avec d'autres femmes. Les transmissions sont le fait d'une consommation de drogue (injectables) ou par une relation non-protégé avec un homme.

Sur le terrain de la prévention, en gros, y'a deux camps qui s'affrontent : les pour la RDR (asso Aides, Warning,...) et les contre (Act-Up,...). Le débat fait rage, encore aujourd'hui, notamment avec les dernières études concernant la charge viral du VIH, les trainements pré exposition,...

Mon cas... Perso, j'ai toujours cru en la Rdr, puisque c'est mon expérience de terrain. Les gay qui fréquentent et qui consomment sur les lieux de drague, très peu utilisent la Kpot pour les relations buccales. Idem dans le milieu libertin, où pour les fellations et cunnis, le latex est pas présent.

Après, y'a le fait que je peux prendre la responsabilité de prendre des risques, de mettre ma santé en jeux. Mes sentiments pour une personne, le fait que la Kapot des fois sa gache un peu (bien que j'en ai tellement l'habitude que je fais plus trop gaf des fois), le fait que merde, y'a des pratiques que j'aime sans plastique, tout ça joue... Mais lorsque justement, on a pris le principe que la relation principale était non-protégée, y'a un risque. Et là, ce n'est plus moi, c'est engager la responsabilité de quelqu'un d'autre, sans son consentement. De plus, avec la criminalisation de la transmission du VIH, on sait jamais.

Je me retrouve donc avec plusieurs partenaires, dont un qui a le VIH. Je fais quoi là ? J'lui dit que non, il doit passer son chemin ? C'est comme dire que l'on va pas lier une relation avec quelqu'un parce qu'elle est trop petite, handicapée,... Ce qui compte, c'est pas son statut, mais bien ce que j'éprouve pour elle.

Enfin, il y a quelques temps, j'ai eu un accident de Kapot. Et là, pas question de se défiler. J'ai donc pris une grosse claque dans la gueule, enfin je me suis pris une claque tout cours à cause du traitement d'urgence (en gros, une tri-thérapie pendant 4 semaines), ça ma foutu en l'air mon morale, ma sexualité,... Je vous parle pas des urgences à l'hôpital, où j'ai attendu 4 heures en plein bad, dans une ville où je connaissait personne (seul moment marant : quand l'infirmière m'a posé la question de ma partenaire, et que je lui ai répondu que non, c'est lui). Encore heureux que j'ai pu commencer le traitement avant, parce que normalement, faut le commencer avant 4 h après la prise de risque...

Heureusement, au jour d'aujourd'hui, le test à J et celui à J+15 sont négatifs. Avec une charge virale basse et les DC4 assez hauts de mon partenaire, un traitement d'urgence pris dans les 30 mn suivant l'exposition (celui de on partenaire), et le suivit rigoureux de ce truc qui vous défonce le bide, j'ai réussi à passer à côté. Je dois refaire un test, mais c'est quasi-sûr que y'a que dalle. Sans parler que la Kpot a refait apparition dans ma relation "primaire" et que le manque de confiance que j'avais écarté est revenu. Culpabilité, quand tu nous tiens.

Alors bon. Je crois que ça arrive à plein de monde. Qu'une relation avec une personne qui a le VIH n'est pas plus dangereuse que faire du libertinage avec des personnes dont on ne connait pas le statu serologique. Mais c'est difficilement gérable dans le cadre du PA. Pourtant, bizarrement, j'y pense pas trop. Parce que je suis plutôt à l'aise avec le sujet. Peut-être qu'inconsciement, je l'éjecte, alors que dans les faits, le virus est bien là, présent, et que je ne peux pas faire comme si il était pas là. Si c'était à refaire... J'en sais rien. Je pourrai faire la belle déclaration romantique digne d'un dandy (l'amour que j'éprouve est + fort). Mais la dure réalité est là, cette putain de barrière infranchissable. Qui joue évidement sur la qualité de mes relations sexuelles avec ce partenaire...

Bon.
C'est la première fois que je l'écris. Je sais pas si ça fait du bien là.:-D

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Junon

le jeudi 22 octobre 2009 à 16h30

El Nino, merci de ta très intéressante intervention.
Je soutiens à 100 % la politique d'évaluation des risques d'Aides, découverte avec des militants lors des Universités d'Eté Homosexuelles de Marseille, bien plus réaliste et proche des sexualités des unes te des autres!

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JHGrenoblois

le jeudi 22 octobre 2009 à 16h31

lutevain
Danger de la vaccination contre l'hépatite B : il semblerait qu'il y ait une corrélation avec l'explosion des cas de sclérose en plaques!

Il y a toute une polémique sur ce sujet.

D'une part, statistiquement, il semble y avoir plus de risque de mourir d'une hépatite que de choper une éventuelle sclérose en plaque induite par le vaccin.

D'autre part, d'aucuns prétendent que cette rumeur de sclérose en plaque serait venue fort à propos lors d'une opération boursière sur le principal fabricant du vaccin à l'époque.

A noter au moins un effet positif de ladite rumeur : le vaccin, qui devait être renouvelé tous les 5 ans d'après le fabricant, s'est retrouvé du jour au lendemain valable à vie. Etant vacciné depuis mon service en coopération, et ayant fait faire scrupuleusement mes rappels quinquennaux, j'ai pu pousser un ouf de soulagement et arrêter ceux-ci tout en continuant (théoriquement) à être protégé...

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(compte clôturé)

le jeudi 22 octobre 2009 à 23h15

El.Nino

C'est la première fois que je l'écris. Je sais pas si ça fait du bien là.:-D

A toi, je ne sais pas, mais à moi, oui. Ouf. Et merci à tous les autres pour les témoignages bien concrets, honnêtes et francs...
Je ne suis donc pas la seule à appliquer la RDR comme tu dis, ni à confronter des hiatus entre la parole et l'acte. Et décidément, le risque zéro n'existe pas, il faut risquer de vivre, juste ça.

Jamais pu gober les discours hyper-rigides... donc celui-là me rassure.

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bohwaz

le vendredi 23 octobre 2009 à 01h10

RDR ? République démocratique républicaine ?

Juste un truc qui me chiffonne @El.Nino, au niveau des types de rapports les plus risqués (pour HIV). Je pense qu'on peut faire un certain ordre d'ailleurs, du plus risqué au moins risqué : pénétration anale (hétéro ou homo, je pense pas que ça change grand chose) -> pénétration vaginale -> fellation -> cunni. Je ferais grâce de la masturbation à mon avis si ça arrive c'est que vous allez dévoré par une pieuvre géante dans les prochains jours (en gros vous avez vraiment pas de chance).

De toutes les études que j'ai lu sur le risque de contamination par fellation, elles mettaient toutes l'accent sur des cas particuliers (aphtes, lésions diverses), sans préciser quelle part des contaminations étudiées cela faisait. Du coup je trouve ça un peu flou... Enfin si qqun a des infos plus précises je suis intéressé.

Sur le fond il y a deux choses à considérer : sa santé à soi, dont on peut se foutre éperdument (je suis d'avis qu'il faut quand même faire attention à soi, que ça soit se protéger avec une capote ou ne pas fumer, trop boire ou toucher aux drogues, mais c'est ma position personnelle), et la santé des autres, car on peut être un vecteur de transmission, et là c'est tout de suite plus gênant. Mettre en danger les autres, à fortiori les gens à qui ont tient, serait une grave erreur. Cela mène donc à se protéger mieux que si on était seul en jeu, ce qui n'est pas un mal à mon sens.

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lutevain

le vendredi 23 octobre 2009 à 09h36

bohwaz
RDR ? République démocratique républicaine ?

Juste un truc qui me chiffonne @El.Nino, au niveau des types de rapports les plus risqués (pour HIV). Je pense qu'on peut faire un certain ordre d'ailleurs, du plus risqué au moins risqué : pénétration anale (hétéro ou homo, je pense pas que ça change grand chose) → pénétration vaginale → fellation → cunni. Je ferais grâce de la masturbation à mon avis si ça arrive c'est que vous allez dévoré par une pieuvre géante dans les prochains jours (en gros vous avez vraiment pas de chance).

De toutes les études que j'ai lu sur le risque de contamination par fellation, elles mettaient toutes l'accent sur des cas particuliers (aphtes, lésions diverses), sans préciser quelle part des contaminations étudiées cela faisait. Du coup je trouve ça un peu flou... Enfin si qqun a des infos plus précises je suis intéressé.

Sur le fond il y a deux choses à considérer : sa santé à soi, dont on peut se foutre éperdument (je suis d'avis qu'il faut quand même faire attention à soi, que ça soit se protéger avec une capote ou ne pas fumer, trop boire ou toucher aux drogues, mais c'est ma position personnelle), et la santé des autres, car on peut être un vecteur de transmission, et là c'est tout de suite plus gênant. Mettre en danger les autres, à fortiori les gens à qui ont tient, serait une grave erreur. Cela mène donc à se protéger mieux que si on était seul en jeu, ce qui n'est pas un mal à mon sens.

La voix de la sagesse, sans considérations morales… en phase à 100%!

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(compte clôturé)

le vendredi 23 octobre 2009 à 10h33

RDR = Réduction des risques (c'est bien ça?)

Ce qui amène surtout à une franchise et une confiance en le fait que les partenaires vont nous dire s'ils ont eu un pépin, un risque de pépin, ou carrément tout le zeste...

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(compte clôturé)

le vendredi 23 octobre 2009 à 11h24

Bon... sinon, je vois mal la différence entre le message de Aides et celui de Act Up... à part quand El.Nino fait référence au tract litigieux.

Lequel est en effet bien plus réaliste, et respectueux de la multiplicité des situations vécues.
Ce que je trouve malhonnête dans les discours rigoristes, c'est de ne pas donner l'occasion de se responsabiliser aux personnes capables de le faire, d'agir comme si le peuple était une grosse tache sans jugement aucun.
Le rôle des soignants/aidants n'est pas de faire la police dans l'intimité, ni de faire de l'abus de pouvoir en caviardant les infos... mais d'être disponibles pour quiconque a envie de se poser certaines questions, et de prendre toutes les occasions de devenir responsable.

(Parenthèse: il y a trois ans, j'ai dénoncé auprès des consultantes de la Policlinique de notre CHU une pourrie de pharmacienne qui vendait des tampons contraceptifs en prétendant qu'ils ne l'étaient pas, mais juste faits pour avoir des rapports confortables pendant les règles... quand je l'ai confrontée en tant que sage-femme, elle m'a répondu que comme ça, les filles iraient moins baiser à droite à gauche de peur d'être enceintes!

Du coup, elle s'est fait rappeler à l'ordre par le collège paramédical de la Maternité, car apparemment elle était bien connue pour raconter ce genre de bobards pour satisfaire son petit ego.)

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lam

le vendredi 23 octobre 2009 à 12h01

bohwaz
RDR ? République démocratique républicaine ?

au niveau des types de rapports les plus risqués (pour HIV). Je pense qu'on peut faire un certain ordre d'ailleurs, du plus risqué au moins risqué : pénétration anale (hétéro ou homo, je pense pas que ça change grand chose) → pénétration vaginale → fellation → cunni.

RDR? Je parierais pour Réduction Des Risques. Ca y ressemble ou c'est à coté de la plaque?

Sinon je me demande pourquoi la fellation serait + risquée qu'un cunni pour la transmission VIH??? La concentration du virus est si différente entre sperme et sécrétions vaginales? du coup je suis aussi intéressée par des infos + précises.

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(compte clôturé)

le vendredi 23 octobre 2009 à 12h10

Il semble, oui... (Corrigez-moi si je déconne!)

Le sperme est un liquide de charge virale forte, moins que le sang mais quand même... tandis que le danger "vaginal" est plutôt représenté par des lésions invisibles (éraillures par exemple) de la muqueuse, relativement fragile, et occasionnant des ruissellements discrets de lymphe et de sang. Le sang des règles étant également un vecteur potentiel - qu'on se le dise.

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(compte clôturé)

le samedi 24 octobre 2009 à 11h07

El.Nino, je me demandais pourquoi je me sentais si soulagée de te lire, là je sais...

Dès qu'on travaille dans le domaine de la santé, une espèce d'aura d'irréprochabilité se met à nous flotter autour.
Or il y a le discours professionnel, informatif et tenu à jour, d'un côté. Et la position personnelle, qui peut accidentellement complètement recouper le premier.

[Dans une autre vie, comme sage-femme travaillant dans un endroit prônant l'allaitement maternel, je devais appliquer la politique de l'établissement qui me payait pour mes compétences.
Or j'ai une position très mesurée en l'occurrence, et qui fait la part belle aux circonstances, événements autour de la grossesse et la naissance, histoire de vie... et je passais une bonne partie de mon temps à chercher comment concilier ceci et celà. En conflit de rôle, quoi.]

Le préjugé sur les personnes, en fonction de la corporation à laquelle ils appartiennent, est un carcan très lourd pour elles, d'abord; et ensuite, une espèce de muleta agitée sous le nez du taureau pour dévier son attention.
Oser prendre position personnelle, c'est descendre un peu du piédestal qui rend le dialogue inaccessible, redistribuer le pouvoir et la parole, encourager l'expression de certaines difficultés que ceux que nous soignons ne se sentent pas autorisés à ressentir, et confrontent du coup en secret et en culpabilité (comme la fameuse réponse biaisée à laquelle tu fais allusion, d'une personne qui n'oserait pas parler d'une prise de risque de peur d'être jugée).

Quand "Dieu" se met à faire des conneries, alors il redevient humain; et il est possible de parler d'égal à égal.

Message modifié par son auteur il y a 11 ans.

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(compte clôturé)

le dimanche 25 octobre 2009 à 02h15

Bonsoir à tous et toutes. Je passe chercher un peu de réconfort.
Clémentine merci d'avoir ouvert ce fil, c'est courageux ! C'est un sujet épineux, un poids pour toute notre société, et plus encore c'est quelque chose qui a créé des barrières entre les êtres. Je m'explique, enfin j'essaye, il est 3h du matin hein ! C'est à dire 2h mais ça ne change rien.
Je connais le discours moralisateur, parfois je le sors à un jeune qui me parait imprudent. Je connais aussi le discours je m'en foutiste des inconscients, je le désapprouve.
Mais je sais aussi le silence que je garde sur le sujet car je n'ai pas envie d'être rappelé à l'ordre et qu'on me dise des évidences sans essayer d'aller voir plus loin. D'où que vienne ce virus, je crois qu'il a fait autre chose que des morts : il a mis une barrière entre les êtres, un réflexe de protection qui n'est pas que celui des préservatifs. Il a aggravé cette phobie du contact physique que nous avons en Occident. Bref...c'est juste triste et glauque.

J'ai vécu quatre ans en couple monogame, on avait fait un test avant, à sa demande express à lui (j'étais vierge et lui aussi !!). Ensuite j'ai vécu des histoires diverses plus ou moins en mode PA, et là c'est devenu compliqué. Je me suis adaptée aux demandes des hommes avec lesquels j'ai été, tout simplement, puisque de toute façon la sélection consciente et inconsciente de mes relations ne m'a jamais fait rencontré un mec qui s'en fiche, si cela s'était produit j'aurai refusé le rapport et quoi que ce soit d'ailleurs. J'ai rencontré des hommes qui n'imaginaient pas se passer jamais de préservatifs, je n'ai pas eu de plaisir avec eux. C'est clair au moins. Pour moi ce truc de plastique est un tue-plaisir et un tue-émotion, c'est la négation parfaite de faire l'amour et ça devient faire du sexe, chose qui ne m'intéresse pas. Avec ces hommes cela n'a pas duré bien longtemps, pas forcément que pour cette raison, mais ça suffisait pour que je n'ai pas envie de m'investir.
J'ai rencontré des hommes qui souhaitaient se protéger la ou les premières fois, et qui en parlaient ensuite ou qui étaient soulagés que j'en parle : des tests réguliers, le mode de vie de chacun, la confiance qu'on porte à l'autre...Une fois évoqués ces sujets, plus de capotes avec eux. Alors oui, je reconnais que je ne suis pas dans le risque 0, qui d'ailleurs n'existe pas. Oui je prends un risque, oui parfois j'ai peur, pas parce que j'ai couché avec un inconnu, mais parce que je sais que je prends un risque, et cette putain d'enveloppe au labo c'est l'horreur de l'ouvrir. Oui je "fais confiance", c'est ringard, c'est dangereux. Mais je peux aussi me tuer sur l'autoroute ou tuer une famille sans avoir eu aucun comportement à risque. Dans cette société on veut des garanties pour tout et sur tout, des assurances sur la vie etc. Stop.
Quand aux distingos plus précis, je les connais aussi, plus de risque avec l'anal, une petite blessure dans la bouche on évite les caresses bucales etc. Je suis d'accord. Mais j'ai jamais fait une fellation (je déteste ce mot) avec une capote et c'est hors de question. J'ai toujours été claire durant cette période : "je fais des tests, je n'ai pas de conduite à risque, je sais qui tu es et je souhaite que nous soyons libéré de ce souci".
Maintenant je suis en couple stable, et si je fais un écart...je sais avec qui et j'ai tout à fait confiance. J'ai confiance aussi en mon conjoint, avec moi il a mis une capote la première fois, il avait eu droit à mon discours enflammé sur la question qq mois plus tôt parce qu'on était juste amis, il m'a dit "tu sais je vais en mettre une", j'ai dit oui pas de problème. Deux heures après il m'a fait l'amour sans capote et il n'en a plus jamais été question. Mais je sais que s'il fait une rencontre il fera attention. Et moi j'ai toujours une capote dans mon portefeuille, comme ça, au cas où...Si jamais je buvais un peu, que ça dérape qqn que je ne connais pas, au moins j'aurai de quoi pour gérer la situation.
Bon elle y est depuis deux ans dans mon portefeuille...ça se périme vous croyez ??
Preuve que le sexe pour rien ça m'intéresse pas du tout. Je rêverai plutôt de tantrisme et là c'est autre chose...le vrai tantrisme hein, pas celui des magazines.
Changer la constante qui est qu'un rapport se termine par une pénétration ou une fellation. Que l'homme doit jouir sinon il est hyper frustré. Parce que nous bien sûr on est pas frustrée noooooonnnnn...
Bon je devrais changer de fil là je crois !

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lutevain

le dimanche 25 octobre 2009 à 10h05

Toujours l'évidence entre nous, Marie, tu exprimes encore une fois très bien ce qui est mon propre ressenti… ma jumelle astrale… :-D

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