Penser que sa partenaire flirte et qu’elle s’en rend pas compte : défis et solutions ?
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Alexia_Atesamours-podcast
le mardi 29 septembre 2026 à 10h18
Hello ! Je suis en relations non exclusives depuis 14 ans, polyamour depuis 10 ans. J’ai des métamours et ça se passe très bien, mais j’ai en tête une situation qui ne manquera pas d’arriver et qui m’agace déjà.
Imaginez : je suis en relation avec Justine, notre relation est stable et tout va bien. Mais je vois que Justine aime bien ma pote Noémie. On est en polyamour donc tout va bien, c’est ok !
Sauf que, quand on sort elles et moi j’ai un peu l’impression de tenir la chandelle. Et quand il y a d’autres gens, je me sens un peu mise à part. Éventuellement, si je demande à Justine ce qu’il se passe avec Noémie, elle me dit « rien, elle est cool ! ».
Et ça m’énerve ! Est-ce que cette situation raisonne avec vos vécus ?
C’est bizarre parce que je devrais être ok avec ce qui se passe, mais j’ai quand même l’impression qu’on me trompe, dans le sens où on me cacherait ce qui se passe.
Voici mes croyances :
- j’ai mes insécurités et c’est assez classique et pas inquiétant de ressentir un peu de jalousie, même quand on est polyamoureuxse
- c’est possible que je me monte la tête toute seule
- le flirt, c’est un concept aux frontières floues, on sait jamais trop quand ça commence, y compris (voire d’autant plus) quand on est dedans nous-même
- quand on aime bien quelqu’un, on peut avoir peur que la personne ne nous aime pas, et ça peut entrainer une sorte de déni de la situation
En plus, j’aime bien ces incertitudes quand moi j’aime bien quelqu’un ! Qu’est-ce qui me poserait problème dans le fait qu’une partenaire vive ça ?
Je crois que c’est une question de « elle peut le vivre, mais je préfère qu’elle me tienne au courant de ses émotions ». Est-ce que c’est ok ?
Je me demande si c’est pas une idée autour de « le fait qu’elle ne se rende pas compte de ce qui se joue me fait douter de sa capacité à gérer correctement ».
Voilà ! C’est un peu en vrac, et rien que d’avoir écrit ça m’éclaire.
Les solutions que je vois :
- en parler cash à ma partenaire Justine : « je pense que tu flirt avec Noémie et si c’est le cas c’est ok ! Mais j’aimerais que tu fasses preuve de lucidité sur ce qui se joue parce que j’ai peur que sinon tu négliges notre lien sans t’en rendre compte » (mais j’ai peur de créer un étiquetage et accoler un truc ""romantique"" là où il y avait qu’une complicité ""amicale"" ? et de créer du chaos toute seule)
- si je vois que c’est difficile pour moi, éviter d’être en présence de ma partenaire Justine et de ma pote Noémie en même temps
Je serais heureuse de lire vos témoignages et opinions sur ce type de situations !
Merci de m’avoir lue :)
Message modifié par son auteur il y a un mois.
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artichaut
le mardi 29 septembre 2026 à 15h24
moi ce que j'entends dans ce que tu décris, c'est : je veux être au courant.
beaucoup de choses sont possibles, et peuvent même être joyeuse, mais je veux être au courant.
je ne veux pas être celle qu'on délaisse, la laissée pour compte, je veux sentir qu'on prend soin de moi, et qu'on me prend en compte, je veux sentir que les choses se font un minimum avec moi plutôt que sans moi, même si c'est ok que plein de choses se vivent aussi sans moi, etc
et je pense que ce que tu nommes flirt a beaucoup à voir avec un début de quelque chose
et donc vouloir être au courant dès ce début de quelque chose
*
j'avoue, comme toi, j'ai beau être non-exclusif depuis trèèès longtemps, je peux être tout à fait dans ces schémas là
et j'hésite entre y voir un besoin d'être pris en compte, et un besoin de contrôle, donc quelque part de contrôler l'autre, les autres
évidemment, l'un me semble plus acceptable que l'autre
*
pour moi s'ajoute quelque chose de spécifique par rapport au flirt
je ne comprends pas le flirt, je ne maîtrise pas ses codes, je suis très lent en début de relation et j'ai besoin de beaucoup d'explicite
et du coup, voir quelqu'un flirter me renvoie à des mélanges d'émotions :
- un rappel de mes frustrations enfant/ado de voir l'autre, utiliser des codes que je ne comprends pas, et en tirer des bénéfices
- de voir l'autre aller très vite à un endroit où je suis très lent
- avoir le sentiment que les gens font vraiment n'importe quoi, et prennent des risques inutiles, en utilisant des codes non-explicites (être non-exclusif, et non-explicite en même temps, pour moi, c'est carrément casse-gueule. déjà que ça l'est en monogamie, mais là c'est souvent cata)
- le fait de devoir assister à ça, et de ne pas savoir quoi en faire (se sentir de trop parce que les deux autres vivent de l'intimité ; voir des choses pas très ok, et ne pas oser intervenir, justement pour respecter cette intimité, etc)
- ça me met mal à l'aise (n'ayant pas les codes, je me sens exclu de ce qu'il se passe)
en soi, je ne veux ni participer, ni assister à ça.
et aussi en lien avec ce que tu décris
- voir l'autre dans le déni d'un truc qui "se voit au milieu de la figure" (mais on sait bien, et surtout concernant les débuts de relation, que les autres voient souvent beaucoup mieux et beaucoup +rapidement ce qu'il se passe que les personnes concernées) et donc avoir le sentiment d'être trahi·e (et presque peu importe que ce soit conscient ou inconscient de sa part)
- et vu que l'autre est dans le déni, tout autant que dans l'euphorie, évidemment iel manque de soin, et pour peu que ce soit pas le grand amour 10/10 en ce moment entre nous, ça va venir appuyer sur des endroits de fragilités
*
je n'ai pas vraiment de solution toute faite
quand ça me traverse, ça reste souvent assez fugace
et ça disparaît dès qu'il est possible de remettre de la connaissance et du lien
ce que ton sujet me fait soulever, ce serait : comment faire ça sur le moment, avec les deux personnes impliquées
et de fait ça me semble très compliqué
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Alexia_Atesamours-podcast
le mercredi 07 octobre 2026 à 08h14
Merci beaucoup pour ta réponse @artichaut !
C'est un peu réconfortant de voir que je ne suis pas seule (même si en soi je préfèrerais que ça ne t'arrive pas !).
Dans les autres aspects que tu apportes, il y a l'aspect "se sentir en trop" que je n'avais pas conscientisé mais qui me parle beaucoup. Peut-être d'autant plus que j'étais initialement "le lien" entre ma pote et ma partenaire, donc j'étais habituée à être "au centre" et l'idée que d'un coup je deviens encombrante, c'est pas très agréable.
Et en même temps, faciliter la rencontre de gens qui développent un lien qui n'a plus besoin de moi, c'est complètement un idéal ! Un réseau relationnel en mailles et décentralisé.
Pour en revenir à ce qui est possible concrètement dans ma situation, j'imagine qu'il y a finalement un mélange de :
- serrer les dents si c'est juste un inconfort qui dure pas trop longtemps
- prendre un peu de distance si je me sens dépassée (mais pas de façon toxique/punitive, je précise car je me sais capable de faire ça)
- expliciter mon état et d'éventuelles demandes, surtout si mes insécurités prennent trop de place ou que le flirt devient évident
Et chercher du soutien ou des conseils auprès d'amis et sur les réseaux \o/ ça aide :)
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artichaut
le mercredi 07 octobre 2026 à 11h00
Alexia_Atesamours-podcast
Et en même temps, faciliter la rencontre de gens qui développent un lien qui n'a plus besoin de moi, c'est complètement un idéal !
à plein d'endroit de la vie devenir inutile, est mon idéal.
pédagogie et parentalité, bien sûr. mais aussi dans la créativité. à quoi bon créer des livres, des podcasts ou autre, si ce n'est pour que d'autres s'en emparent…
et en effet aussi dans le relationnel au sens large (amitiés, non-exclusivité…), ça fait sens pour moi.
et ça me semble même l'un des coeurs du "poly-amour". trop souvent le poly est vécu comme une manière de multiplier l'amour… pour soi ("j'ai plusieurs relations", "je me découvre aimer plusieurs personnes à la fois", etc).
ce qui en soi est déjà une bonne chose : élargir ses possibilités d'aimer (et d'être aimé·e). mais on peut vite tomber dans un truc capitalo-égoïste, où il s'agit juste d'accumuler de la richesse pour soi, et de surtout pas la perdre (ça rejoint notre sujet de départ).
or la vraie multiplication d'amour, c'est quand ce qui se crée se développe ensuite de manière autonome. quand l'amour circule et pas juste s'additionne à un endroit donné.
et c'est quand ça se passe sans nous, que justement c'est le +prégnant.
c'est à l'aune de ce qui se passe sans moi que je peut voir l'amour que j'ai réellement donné (et pas juste reçu).
c'est quand un enfant prend son envol, quand des idées circulent et qu'on a oublié qui en était à l'origine, quand une asso continue après qu'on l'ai créé et quitté, quand un·e amour ose partir habiter loin de nous, ou vivre des choses excitantes sans nous, qu'on peut se dire que ce qu'on met en place est vraiment de l'amour.
c'est du moins comme ça que j'ai tendance à voir/ressentir les choses.
avec pour ma part, une confiance, que parmi tout ce que je donne, des choses me reviendront (pas forcément des même personnes). donner de l'amour, pour moi, est un acte gratuit.
mais ce qui peut être compliqué dans le fait de le voir sous nos yeux, c'est de gérer à la fois la joie de savoir quelque chose naître sans nous, et l'éventuelle petite mise à l'écart de nous-même.
on peut kiffer ça (c'est souvent le cas avec nos ami·es, nos enfants…). mais souvent au contraire, ça vient appuyer sur nos frustrations, nos fragilités, nos bails foireux, etc (c'est souvent le cas avec nos amours +dépendants…).
et à mon sens paradoxalement, c'est le signe que l'on reçoit, que l'on a beaucoup reçu, et à quel point ça nous fait, ça nous a fait, du bien de recevoir.
c'est quand l'être aimé va voir ailleurs que l'on peut mesurer tout à la fois, ce qu'il nous a donné, et ce qu'on lui a donné, pour que ceci puisse advenir.
ne pas focaliser sur ma dépendance (à l'autre), m'aide perso, à avoir de la joie pour ce que vit l'autre (même et surtout sans moi).
ce n'est pas tjs simple sur le moment, mais ce que ça apporte ensuite (un genre de calme, et de grande serrenité, le sentiment d'être vraiment au bon endroit, là où je veux être, etc), par contre, dépasse pour moi largement les éventuel petits pincements du chemin.
alors oui, des fois, je vois que des choses m'active encore, et c'est pas tjs agréable à vivre. mais je peux choisir —notamment au vu de l'expérience acquise—, de ne pas leur donner trop d'importance.
ou bien effectivement d'aller chercher de la rassurance et de quand même prendre en compte et nourrir mes besoins.
ce qui m'aide, c'est de voir que je suis faillible (encore et toujours), mais d'en comprendre globalement les ressorts. je sais notamment que ce qui m'active est plus lié à des traumas du passé que réellement aux enjeux d'aujourd'hui dans mes relations.
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Topper
le vendredi 09 octobre 2026 à 10h26
Bonjour Alexia,
(C'est marrant parce que j'ai lu ton récit avec ta voix dans le podcast. Bref.)
La première chose qui me semble importante est de bien définir ce qui te dérange dans la situation, en sachant que cela peut être plusieurs choses et que ça crée de la confusion.
Est-ce vraiment cette période de flirt le problème ? Tu dis que tu aimes bien ce moment là lorsque ça te concerne. Effectivement, c'est un moment où tout est possible et c'est stimulant (ou stressant, au choix). Cela crée de l'incertitude, mais c'est pas la même chose selon la perspective.
Si c'est toi qui est dans cette situation, tu n'a rien à perdre. Soit tu développes cette relation, soit il ne se passe rien et ça a juste été un petit crush éphémère. Si c'est ta partenaire, il est possible que ce flirt bouscule l'équilibre de ta vie affective/amoureuse.
En poussant plus loin, si tu la voyais flirter avec une personne que tu ne connais pas, est-ce que tu penses que tu réagirais de la même manière ?
Si oui, tu es probablement mal à l'aise avec le fait que ta partenaire puisse avoir une autre relation. Cela peut dire des choses de tes insécurités mais aussi de problèmes relatifs à tes attentes ou de temps de disponibilité insuffisant ou que tu ne veux pas voir réduire.
Sinon, cela peut être relatif à ton amie et ce que tu sais de cette personne. En ce qui me concerne, je suis bien davantage sur mes gardes quand je sais que mes partenaires relationnent avec des personnes qui ne me paraissent pas compatibles avec la vie polyamoureuse et qui n'ont rien déconstruit de la monogamie. Je sais que lorsqu'une personne monogame, qu'elle soit célibataire ou en situation d'adultère, qui relationne avec une personne polyamoureuse sans modifier radicalement sa perception des relations amoureuses, c'est du drama en perspective.
Sinon, cela peut être relatif à ta partenaire que tu vois entrer dans un flirt et qui ne semble pas mesurer les implications. Certaines personnes ne se projettent pas très loin, et peut-être que tu es différente d'elle à ce niveau là. Peut-être que toi tu vois tout un schéma se dérouler, alors qu'elle ne se pose même pas la question de ce qu'il se passe et profite juste de la connexion en cours. Comme elle ne réagit pas comme toi, cela te place dans une position inconfortable car la situation n'est pas prévisible et tu ne sais pas à quoi t'attendre.
Je comprends ton raisonnement sur le fait qu'elle ne se projetterait pas et donc n'anticiperait pas les difficultés potentielles qui pourraient survenir. Ce qui reviendrait à ne pas bien gérer les conséquences car ce ne serait que du "damage control".
Pourtant, rien ne dit que si la relation entre ta partenaire et ton amie prenait une autre tournure, elle serait traitée avec autant de insouciance.
Sinon, tu n'es peut-être pas à l'aise avec le fait que ta partenaire relationne avec une autre de tes connaissances. En ce qui me concerne, je n'apprécie pas que mes partenaires relationnent ensemble. Selon-moi ça crée un contexte à dramas. J'ai déjà vécu ce genre de situations et je tiens à éviter ça autant que possible en compartimentant au maximum. De mon côté, je ne veux pas relationner avec une un ou une métamour, justement pour éviter de foutre le bordel dans les relations de mes partenaires. Je sais me retenir et j'en attends la même chose des autres.
Si vraiment il y a une envie très forte d'aller plus loin, je veux qu'on m'en parle avant d'engager quoi que ce soit et que j'ai la pleine capacité de donner mon avis sans que ça implique de rétrograder une dynamique et déjà créer des problèmes alors que c'est juste le début de quelque chose.
En conclusion, je demanderais à ma partenaire sa position par rapport à cette amie. Et pas juste "elle est sympa" mais en se projetant un peu plus. "Et si elle voulait relationner avec toi, quelle décisions tu prendrais ?" Plus globalement, je demanderais aussi quelles sont ses envies actuelles de relationner ou non avec de nouvelles personnes. Peut-être que ce n'est pas du tout dans ses objectifs, et si c'est le cas, cela peut mener un bien d'autres questionnements sur votre relation dans ce contexte.
Par rapport à ce qui ressort de cette discussion, je prendrais le temps d'y réfléchir et d'analyser ce que ça me fait ressentir. Est-ce que ça me convient ou non, et si c'est pas le cas, qu'est-ce qui me dérange.
Enfin, j'exprimerais mes inquiétudes si j'en ai. Pas pour que l'autre change quoi que ce soit. L'idée n'est pas de lui forcer la main, la culpabiliser ou modifier sa façon de faire. Le but est qu'elle sache ce que j'ai dans la tête car elle ne peut pas le deviner. J'ai une tendance à laisser la place et m'éloigner, ce qui pourrait être compris comme du désintérêt. Ce n'est absolument pas le cas et communiquer sur ce qu'on ressent évite les mauvaises interprétations.
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artichaut
le vendredi 09 octobre 2026 à 12h17
Topper
Si vraiment il y a une envie très forte d'aller plus loin, je veux qu'on m'en parle avant d'engager quoi que ce soit et que j'ai la pleine capacité de donner mon avis sans que ça implique de rétrograder une dynamique et déjà créer des problèmes alors que c'est juste le début de quelque chose.
C'est ce que j'appelle une volonté de contrôle (de l'autre ou sur l'autre)
— tout en reprécisant que j'y suis moi-même sujet —
Par ailleurs (avec aussi ce que tu dis sur la compartimentation @Topper ) ça me semble créer un genre de hiérarchie chronologique : j'étais là avant, donc je suis prioritaire. Et ça rejoint l'urgence et la propriété en monogamie capitaliste .
L'urgence : quand tu as une occasion, il faut tout de suite, sauter dessus, pour ne pas risquer de la rater, et que quelqu'un d'autre puisse l'avoir en premier, donc à ta place.
La propriété (ou le protectionnisme) : une fois que tu as obtenu quelque chose, il faut tout faire pour le conserver.
Je ne dis pas que je ne comprends pas, et que je ne suis pas moi-même pris dans ces shémas, mais ça me donne quand même envie de le visibiliser. (vouloir à tout prix éviter les dramas, ça peut être aussi vouloir conserver bien au chaud ses privilèges).
*
Ça me fait penser à une autre situation que j'ai vécue, qui n'est pas celle que tu décris @Alexia_Atesamours-podcast mais qui partiellement me semble concerner les mêmes ressorts ou les même peurs.
J'aurais pu créer un autre fil pour en parler, mais je choisis de le faire ici.
Un jour, deux de mes "partenaires" ont décidé de devenir colocs, sans m'en parler.
* j'utilise ici le mot partenaire avec des guillemets, par souci de simplification, j'avais une relation très différente, mais impliquante avec chacune, qui entre elles ne se connaissaient alors que très peu
Ça m'a fait ressentir quelque chose de désagréable, un peu comme ce que vous décrivez. Et du coup j'ai râlé.
Mes peurs étaient multiples
- déjà, ça me donnait l'impression de ne pas avoir été pris en compte (non pas que j'estime devoir forcément être consulté pour une telle décision, mais au moins considérer que ça aura un impact dans ma vie) et du coup ça me créait de la peur de ne pas être pris en compte par la suite
- ça me créait de la crainte que si l'une d'elle se fâchait avec moi, l'autre se fâcherait potentiellement aussi avec moi (par solidarité, féministe par solidarité de coloc, ou juste par effet domino exacerbé par le fait d'être coloc)
- ça me créait de la crainte de devoir faire de la gestion d'espace dans un habitat intime (si je me fâche avec l'une, pourrais-je encore venir voir l'autre chez elle, c'est-à-dire aussi chez celle avec qui je me suis fâché)
- ça me créait de la crainte de savoir ce qui se passerait si les deux finissent par s'engueuler (vu qu'habiter ensemble, on le sait, fabrique de la promiscuité donc mille sources de conflits potentiels) — ce qui a finit par arriver — : crainte que ça me mette en porte-à-faux, que ça me crée des conflits de loyauté avec l'une ou avec l'autre, que ça engendre une séparation avec l'une, l'autre, ou les deux, etc.
Le plus blessant, au-delà du fait de n'avoir pas été mis au courant avant que ça se fasse (d'avoir été "oublié"), c'est qu'une fois mes peurs nommées (après-coup donc) elles ont été relativement non-considérées, et rapidement balayées comme infondées.
À défaut d'être mis au courant en temps utile (utile pour moi), il me semblait qu'une telle décision nécessitait des discussions, deux à deux, et/ou à trois, pour anticiper les choses. Ces discussions n'ont pas eu lieu (ou seulement avec l'une d'elle, briévement, et juste à deux).
*
Aujourd'hui, avec le recul, je trouve toujours dommage de ne pas avoir un minimum été pris en compte, et que mes peurs n'aient pu être entendues à leur juste mesure.
En revanche, il m'aurait semblé inconcevable de dire : je ne veux pas que vous habitiez ensemble (ou "je ne veux pas que vous entamiez une relation", ce qui pour moi revient au même).
Entre le besoin d'autonomie des un·es, et la volonté de contrôle des autres, il n'est pas toujours simple de savoir se situer.
Qui a raison ? Difficile de trancher.
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Toujours est-il, et ça rejoint la discussion, que l'important à mon sens n'est pas tant ce qui est fait ou n'est pas fait (flirter ou pas, relationner ou pas, se mettre en coloc ou pas) mais la manière de le faire.
Et concernant cette manière, je pense que j'en resterai aujourd'hui à ce qui a été ma position à l'époque, à savoir, être déçu que l'autre n'ai pas envie de me prendre en compte, mais ne pas exiger que ce soit fait.
Prendre acte, et laisser faire.
Je ne sais pas si c'est de la résignation, ou du non-amour de moi-même, ou de la non-force de lutter… ou au contraire, si c'est une volonté de laisser sa liberté à l'autre, de le/la respecter et de l'accepter telle qu'ielle est.
Mais ça fait longtemps que j'ai cessé de vouloir changer les autres.
En revanche, quand c'est possible et entendable, nommer les choses me semble toujours utile.
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Groggylov
le vendredi 09 octobre 2026 à 13h40
Serait il possible, souhaitable, de décentrer ton observation (j’emprunte "l’outil" à Krishnamurti)?
Contempler la jolie situation qui se déroule là dans l’instant, cette complicité, ce moment de partage.
Est ce un flirt ? Ce flirt se prolongera-t-il dans autre chose ? Est-il dans leur conscience ? etc.. Ce n’est peut être pas grave de ne pas savoir, cela sort déjà de ce tout beau instant partagé, qui existe, et c’est chouette.
À mon sens, si tu te dis, pour toi, dans ta tête, en les observant "vous êtes belles, dans votre complicité" c’est une observation décentrée, si tu verbalise à haute voix, la même pensée, (ce qui est possible pour ne pas faire que de "tenir la chandelle" ), tu replaces un centre à ton observation.
J’ai ressenti (de manière fugace) cette observation sans centre, sans observateur, j’en avait éprouvé de la gratitude et une sorte d’expansion joyeuse. Une piste parmi d’autres ?
edit (ajout)
Pour la discussion avec elle(s) je partirai plus sur un "je me sens jalouse/isolée.. peux tu m’aider a me rassurer" que sur la recherche de si oui ou non flirt etc
Message modifié par son auteur il y a 11 jours.
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Topper
le samedi 10 octobre 2026 à 11h27
artichaut
C'est ce que j'appelle une volonté de contrôle (de l'autre ou sur l'autre)
— tout en reprécisant que j'y suis moi-même sujet —
Par ailleurs (avec aussi ce que tu dis sur la compartimentation @Topper ) ça me semble créer un genre de hiérarchie chronologique : j'étais là avant, donc je suis prioritaire. Et ça rejoint l'urgence et la propriété en monogamie capitaliste .
L'urgence : quand tu as une occasion, il faut tout de suite, sauter dessus, pour ne pas risquer de la rater, et que quelqu'un d'autre puisse l'avoir en premier, donc à ta place.
La propriété (ou le protectionnisme) : une fois que tu as obtenu quelque chose, il faut tout faire pour le conserver.
Je ne dis pas que je ne comprends pas, et que je ne suis pas moi-même pris dans ces shémas, mais ça me donne quand même envie de le visibiliser. (vouloir à tout prix éviter les dramas, ça peut être aussi vouloir conserver bien au chaud ses privilèges).
Je comprends tout à fait ton ton raisonnement mais ce n'est pas ainsi que je l'articule dans mon esprit.
Je ne cherche pas à avoir du contrôle sur qui que ce soit, j'attends des autres qu'ils contrôlent leurs propres pulsions pour ne pas nuire aux autres, en d'autres termes qu'ils fassent preuve de discernement et respectent les relations déjà établies et les personnes impliquées.
Si j'ai une relation qui est très importante pour moi, je ne tiens pas à ce qu'une de mes partenaires crée plein de complications juste parce qu'elle a envie de suivre une envie sans se poser de questions. Pour elle, il n'y a aucun enjeu, pour moi il y en a beaucoup.
Ce n'est pas une question de propriété (car la tierce personne a aussi son libre arbitre et je suis tout à fait à l'aise avec les choix de chacun) mais il y a effectivement un protectionnisme de la relation et je suis conscient qu'il y a une sensibilité genrée.
Je prends l'exemple d'une relation que j'avais une femme et ma compagne a commencé à flirter avec elle sans m'avertir de ses intentions et si sans ce soucier de si ça me posait problème ou non. En l'occurrence, je suis un homme de plus de 40 ans et affiché polyamoureux, donc avec de grosses difficultés à rencontrer. Si bien que chaque rencontre est précieuse et il est encore plus rare si il y a une connexion et complicité réciproque. A l'inverse, ma compagne n'a aucune difficulté à multiplier les rencontres et partenaires (plus compliqué pour les femmes néanmoins).
Elle n'avait pas compris ma réaction particulièrement hostile à ce moment là et était très contrariée de ne pas avoir pu suivre son envie du moment. Jusqu'à ce que la situation inverse se présente quelques années plus tard. A ce moment là ma compagne est avec une partenaire depuis 3 mois. Cette dernière ne cachait pas son attirance et son envie de passer du temps seule avec moi. Là, ma compagne a compris à quel point cette relation qui était précieuse pour elle à ce moment là était soudainement mise en péril. Moi n'étant pas plus intéressé que ça par cette perspective au-delà d'une certaine curiosité, j'ai décliné car en regard de l'importance de la relation pour elle, ça ne valait carrément pas le coup.
C'est pourquoi, je tiens à ce que préalablement on en discute ne serait-ce que pour savoir où chacun se situe et dans quelle mesure il est pertinent de prendre des risques à tout saboter. Car tant que tout va bien, tout va bien, mais lorsque ça commence à être conflictuel c'est la grosse merde avec des dégâts collatéraux dans tous les sens. Et tout ça ne vaut peut-être pas le coup si c'est juste pour avoir les doigts dans la culotte de l'autre.
Je suis polyamoureux hiérarchique et c'est un fonctionnement que j'assume complètement. Je ne parlerais pas d'une hiérarchie chronologique mais d'une hiérarchie d'importance dans la vie de chacun. J'ai eu des relations où ça ne m'a pas posé de problème que ma compagne relationne avec. Déjà, nous en avions parlé ensemble et il n'y avait pas beaucoup d'enjeu pour moi.