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Comment réagir face au manque de communication ?

Besoin d'aide
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Doub

le dimanche 12 décembre 2021 à 23h20

Bonsoir à tout le monde !

J'ai pas mal de questions qui me grignotent lentement mais sûrement la cervelle.

Je me présente rapidement pour placer le contexte : je suis polyamoureuse depuis 3 ans, depuis que je suis en couple avec mon copain, à vrai dire. Cette nouvelle façon de relationner, qui, à mon sens, implique une transparence entre les membres impliqués dans les relations, m'a poussée à davantage communiquer, au point où beaucoup de mes amis sont extrêmement (et agréablement) surpris de la communication fluide et totalement transparente qui existe entre mon compagnon et moi. J'en suis fière, je l'avoue ! :-D
La communication est de base assez naturelle chez lui comme chez moi, nous l'avons donc encore plus renforcée depuis 3 ans.

Un bémol se présente.
Au gré de mes rencontres, je réalise quelque chose qui me chagrine : je rencontre très peu de personnes qui communiquent (généralement lorsqu'il y a un problème) naturellement. Il me faut, dans la grande majorité des cas, amener moi-même cette ouverture pour que la personne en face se livre (ce qui est déjà bien, on est d'accord !).

Récemment, j'ai pas mal souffert face à la non-communication d'une personne avec qui j'avais engagé un tout petit début de relation amoureuse, pas encore amorcée pour être honnête. Beaucoup de non-dits, d'incertitudes, de fuite réflexionnelle par rapport à ses propres sentiments pour moi (elle n'avait pas envie de penser aux problèmes et hics de notre relation qui se présentaient, je l'ai su après) de sa part, que je sentais au fond de moi. Tout ça, malgré le fait qu'il était clair qu'on s'engageait dans autre chose que de l'amitié. De base, je lui ai beaucoup communiqué ce que je ressentais, mais face à son mutisme, j'ai joué cartes sur table et, après une longue période de silence et de nouveau les cartes sur table, la communication s'est débloquée, avec la confirmation de ce que je pensais : elle était bel et bien en fuite, de peur de se confronter aux problèmes et de parler. J'ai énormément souffert pendant cette période, parce que je m'étais énormément dévoilée pour qu'on appréhende mieux notre relation qui commençait déjà à buter contre pas mal d'obstacles.

Le problème ici est que je sature. Face aux efforts que je fournis et à la douleur que je ressens à chaque fois, je me sens très fragilisée.
J'ai mis le holà à la potentialité de cette relation car je me retrouve dans une situation de véritable intolérance (la mienne) face au mutisme alors que je me démène pour dévoiler mes émotions, pour essayer de régler des situations compliquées, pour amener la discussion. Cela m'est beaucoup arrivé (essayer de communiquer pour au final faire face au silence, à la fuite), et la communication avec mon compagnon est telle (à mon sens très saine et vraiment utile) que je souffre dès que je remarque qu'en face, avec d'autres personnes, il y a un mur. Et en réalisant la simplicité de la communication entre mon compagnon et moi, je m'attends à ce que ce soit aussi simple avec tout le monde, mais c'est illusoire... Et les attentes de ce niveau, c'est pas forcément bon.

Depuis 3 ans, j'ai énormément travaillé sur moi pour accepter l'amour multiple, pour accepter mes métamours, pour comprendre ma jalousie envers elles et la désenfler. Pour bien communiquer, pour ne pas laisser s'envenimer une situation, pour que chacun se sente bien, moi en priorité, je l'avoue ^^. Il est vrai qu'aujourd'hui, à la lumière de ce que je considère être des efforts colossaux qui m'ont demandé du temps, de l'énergie et beaucoup de larmes (mais qui m'ont apporté tellement de bonnes choses), j'ai réalisé une chose terrible pour moi : je suis intransigeante et limite cassante devant le manque de communication... Et je n'aime pas ça. Je n'aime pas manquer d'empathie à ce sujet. Je veux pouvoir aider ! Mais je n'y arrive pas.

Ma question est donc : comment calmer l'intolérance qui se réveille en moi ? Comment bien accompagner les personnes en difficulté de communication ? Comment cesser de les rejeter dès que je perçois ce mur de silence ?

Je souffre aussi d'avoir mis le holà à la relation évoquée plus haut, car mes sentiments perdurent, mais ce n'est plus le cas en ce qui concerne mon envie de m'engager, car la douche froide du silence de mon amie m'a fait réaliser à quel point je ne me sentais pas en sécurité émotionnelle avec elle. Pourtant, les erreurs, ça arrive... Mais je n'arrive pas à passer au-dessus, lorsqu'il s'agit de la communication...

Je m'excuse si mon texte est décousu, j'écris un peu à chaud !

Merci d'avance aux personnes qui me liront !

Message modifié par son auteur il y a 12 mois.

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lau93

le mercredi 15 décembre 2021 à 00h42

Bonsoir @Doub
Je fais partie de ces personnes qui ont du mal à dire les choses qu'elles ressentent, surtout a chaud parce qu'il m'est difficile d'identifier et de nommer vraiment mon ressenti ou mon émotion et que parler peut m'entrainer vers les larmes et les mots trop forts ou inadaptés. J'ai besoin de temps pour élaborer ce que je veux dire et le dire bien , sans animosité ou colère ou faux semblant. Devant une difficulté j'ai besoins de "métaboliser" ce que je vis et ressens avant de pouvoir en parler. Avec le temps et les efforts en effet j'ai l'impression que cette métabolisation est plus rapide; néanmoins c'est souvent que mon amoureux voudrait savoir ce que je pense et ressens et que je ne trouve pas les mots. Comme il est très à l'écoute il perçoit que je suis en difficulté mais ne sait pas pourquoi et il arrive que je n'ai pas envie d'en parler tout de suite. Je sens que ça peut être une frustration mais je fais de mon mieux. Donc si je résume j'aurais envie de te dire de leur laisser du temps. Et d'accepter que certains n'y arriveront pas et ce n'est pas contre toi. Tu peux offrir ton aide , pour autant ils ne sont pas obligés de la saisir
Bonne nuit
Lau

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bonheur

le mercredi 15 décembre 2021 à 11h43

Tout comme @lau93. On est ainsi et mono et on est ainsi et poly. L'un n'empêche pas l'autre.

Je me retrouve tellement dans ton dernier post @lau93

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Doub

le vendredi 17 décembre 2021 à 03h39

Merci pour vos réponses ! J'en prends note.

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PlumeDeVent

le vendredi 17 décembre 2021 à 22h50

Hello Doub,

J'ai un problème similaire, lorsque je fais de mon mieux pour communiquer avec pareil la sensation de faire d'énormes efforts (pour la bonne cause :-) ).

J'avoue que dans ces cas-là, tout ce que j'espère et attends de la part de l'autre est de m'indiquer qu'iel a besoin de temps, à minima...
Je sais que pour certains c'est aussi beaucoup demander, mais juste une courte réponse au lieu du silence, ça représente déjà beaucoup, non ? :/

Au lieu d'une réponse, je crois que je rebondis plutôt sur ta question Doub : est-ce également trop demander d'avoir au moins un "accusé de réception / en court de traitement" ?
(pardon pour la formulation un peu brute, je ne trouve pas de meilleurs mots à l'instant)

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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bonheur

le samedi 18 décembre 2021 à 13h02

@PlumeDeVent,

Ce n'est pas si simple, je crois.

Quand il y a un volume de charge mentale, auquel on additionne une charge émotionnelle supérieure à ce que l'organisme encaisse... Les "mots" s'entremêlent, deviennent impossible à trouver, que les larmes surviennent, qu'elles seront de toute façon mal interprétées (souvent), et surtout que la gorge se transforme en un entonnoir tellement réduit, qu'une barrière s'installe :-/ :-( .

Un accusé réception ? Dans mon cas, je dirais que ce serait les larmes, qui signifieraient dans mon cas que je ne suis pas en état de réagir sainement. Sauf que voilà, l'accusé réception est détourné de son office et redirigé sur une inexorable compassion et incompréhension de la part de notre interlocuteur (ou nos interlocuteurs). Comment ne pas susciter la "pitié" alors que je ne désire pas la susciter ?

Voilà ma façon d'être et elle ne renvoi pas à une position aisée. M'isoler est le mieux et le moins impactant pour mon ou mes interlocuteur(s).

J'envie les personnes qui n'ont jamais été dans cette situation. Ces personnes doivent lire ce que je viens d'écrire et faute de comprendre, en tenir compte est déjà énorme.

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Siestacorta

le mercredi 19 janvier 2022 à 14h17

Bonjour @Doub,

j'ai comme toi beaucoup d'anxiété, de perplexité, de fatigue et parfois de colère face au refus de communiquer et aux non-dits trop assumés.

J'essaie de me lier avec des gens qui se prêtent à ce genre de dialogues un peu clairs, mais... on aime pas que par ça, et les gens qui changent leurs fonctionnements pour nous sont pas assez majoritaires pour qu'on puisse compter que ça arrive facilement.

Ca nous empêche pas de faire nos efforts à nous, bien sûr. Il y aura forcément plus d'infos partagées si ya au moins un des deux qui tente de le faire et offre régulièrement à l'autre des occasions de le faire.

Mais il y a un autre aspect : faire le tri entre les informations dont on a besoin et le besoin de toutes les infos tout le temps.

Comme anxieux, idéalement, je veux toutes les infos disponibles tout le temps, et je vois moi-même ce qui compte.
Mais en fait, si je demande tout le temps de l'info, je participe à mon stress, à celui des autres e au final à des situations où l'autre a peur de communiquer, : comme j'ai mis l'enjeu de la transparence partout, ça finit par faire une de ces règles qui se transgresse tellement facilement qu'on peut la supposer mal pensée.

Donc avant de pouvoir espérer que les gens communiquent de leur mieux, on doit aussi être capable de leur dire quand c'est indispensable et, nous savoir quand, bon, au fond, si telle info nous est pas dite spontanément ça changera pas grand chose... Par exemple, être capable de faire la différence entre savoir si des partenaires nous protègent de MST et s'ils font l'amour avec ou sans lumière, histoire de mettre des sabots dans un plat fragile (mais évidemment plein d'autres domaines sont acceptables).
Et entre ces deux infos, il y a plein de choses plus ou moins importantes à savoir.

Bref...
Si tout dire tout le temps est la preuve qu'on peut faire confiance, il y a quelqu'un qui est tout le temps à l'épreuve. Et si c'est notre confiance qui est en permanence à l'épreuve, il faut savoir quand ça ne dépend pas du partenaire, mais de notre capacité à garder confiance sur l'essentiel, de ce qu'on peut faire soi pour que la relation fonctionne plus sur ce qui compte que sur tout ce qui peut compter pour nous.

Message modifié par son auteur il y a 10 mois.

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