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Gérer sa colère en communication non violente

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Polok (invité)

le mardi 16 août 2022 à 18h57

Bonjour,

J'ai mal géré ma colère contre quelqu'un en lui envoyant des messages de colères, puis une lettre où je recadrais cette personne.

Il s'agit d'un homme qui m'a avoué avoir violé une femme, qui a attrapé sa femme actuelle au cou en début d'étranglement, aurait vu un psychologue quelques séances mais qu'il ne voyait pas l'intérêt parce qu'il se sentait plus intelligent que le psy et qu'il pouvait jouer au chat et à la souris avec lui.

J'acceptais ça pour 3 raisons :
1) je suis nul dans les amitiés donc j'étais bien content d'avoir un ami (lâcheté de ma part)
2) comme il m'en a parlé je pensais qu'il se remettait en question (espoir)
3) il a dit commencer à voir un psychiatre (confirmation de l'espoir)

Ensuite j'ai appris qu'il disait du mal de moi à un groupe de copains parce que j'avais une relation avec une fille du groupe.
Du coup, cela a été la goutte de trop et je l'ai envoyé chier. Je lui ai alors envoyé 2 messages pas sympas et 1 lettre où je reprenais point par point plein de choses.

Je culpabilise sur les points suivants :
1) gérer ma colère
2) garder contact par lâcheté jusqu'à ce que je fasse moi-même les frais de sa violence (il m'a même dit que si je le croisais dans la rue il me taperait dessus). Il s'agit d'un BAC+5 de 30 ans.

Auriez-vous coupé les ponts immédiatement avec lui après ses aveux ? Comment faites-vous pour ne pas exploser de colère ? Je fais pourtant de la communication non violente... et j'ai échoué là.
Le pire, c'est que je sens que je regrette son amitié alors que concrètement je suis en train de me demander s'il n'est pas irrécupérable.

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Polok (invité)

le mardi 16 août 2022 à 22h04

J'ai bien conscience que ma question n'a strictement rien à voir avec le polyamour mais comme je sais que c'est pas mal utilisé par la communauté, je la pose ici.

Désolé de faire un hors sujet : je n'aime pas ne pas maîtriser ma colère, ce qui fut le cas ici avec l'envoi de plusieurs messages pour l'engueuler.

Voilà, si vous avez des techniques pour continuer à progresser dans la CNV, je suis preneur ^^

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Profil

Siestacorta

le mardi 16 août 2022 à 23h51

Je dirais que la CNV de personne à personne ne sert pas à gérer ses émotions mais à communiquer malgré l'intensité des émotions quand on peut espérer une issue mutuellement bénéfique...

Et c'est pas trop le cas avec ce gars, non ?
Le mec est violent, sexiste, te dénigre et te menace. Pourquoi tu veux donner à boire à un âne qui n'a pas soif ?

T'es arrivé à un moment où t'avais bien le droit d'être en colère...
L'exprimer, dans ce cas, à qui ça faisait mal ?

Apparemment surtout à toi.
Si tu tiens à utiliser la cnv ici, c'est plutôt avec toi-même ! Là à la rigueur tu vas pouvoir faire avancer ta colère vers autre chose. Tu as décrit la situation/ta réaction et identifié ton émotion. Ce que te demande la cnv là, c'est de verbaliser (pour toi) ton besoin, et de trouver un moyen concret d'y répondre.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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Polok (invité)

le mercredi 17 août 2022 à 10h00

Merci pour ta réponse ! Oui avoir verbaliser les choses envers lui m'a fait mal à moi comme tu dis parce que je ne l'ai pas verbalisé de façon correcte.

En fait, j'aurais aimé verbaliser les choses à la manière de la CNV mais j'ai complètement échoué lorsque j'ai verbalisé les choses.
C'est en ce point là que je culpabilise.

Avoir une colère "juste" (hello Ségolène Royale), je trouve ça normal. Sortir de ses gonds, par contre après je culpabilise. Je n'ai pas réussi à contrôler la colère à travers mes messages en en envoyant plusieurs.
Un seul message aurait suffit, sauf que d'avoir accepté la noirceur de cette personne en espérant qu'elle change puis de me prendre sa noirceur dans la tronche, je n'ai pas réussi à le faire.

Cela faisait bien 2 ans que je ne m'étais pas mis à ce point en colère.

Oui, en CNV j'aurais du lui dire : "Benjamin, lorsque tu fais telle ou telle chose ou que tu me dis telle ou telle chose, cela me met en colère parce que mon besoin d'être respecté ou de respecter les autres n'est pas respecté. Tu m'as parlé à plusieurs reprises de tes actes de violences. Je préfère que notre relation d'amitié s'arrête là parce que je n'ai plus confiance en toi. J'ai peur que tu me fasses du mal et que tu fasses du mal à d'autres personnes".

Sauf que je suis sorti de mes gonds...

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Profil

bonheur

le mercredi 17 août 2022 à 10h20

Une émotion, quelque soit celle-ci, est éphémère.
https://www.youtube.com/watch?v=9LYAZhVXgNY

Parfois, ne pas réagir "à chaud" permet d'être plus en phase avec soi-même. Sauf si autrui ne nous laisse pas retomber la pression.

La colère ? Un coussin et un hurlement primaire suffisent à l'extraire pour certain-e-s. Moi, j'écris, pour l'extraire de moi.

La CNV ? On fait comme on le peut. Perso j'ai beaucoup lu Marshall B. Rosenberg et Thomas d'Ansembourg. La CNV ne consiste pas à contenir ses émotions, mais à les assumer de soi envers soi. Enfin, je le perçois ainsi. Ce n'est que lorsque la pression est descendue et que l'on a fait le point avec soi-même, que l'on peut réagir.

On peut aussi aller faire une longue marche en forêt, se connecter avec la nature et s'extraire de l'humain. Je crois que beaucoup d'options existent.

L'essentiel est je crois, dans ta situation, de ne pas endosser et faire tien la vie de cet autre individu. Quelque soit le lien, on ne doit pas assumer les actes des autres.

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Polok (invité)

le mercredi 17 août 2022 à 11h07

Oui Bonheur, je te rejoins complètement sur ce que tu dis. Le problème en fait c'est que j'ai écrit ce que j'avais sur le coeur et que je l'ai envoyé plutôt que de garder ça pour moi et d'envoyer la formulation CNV.
Merci de cet éclaircissement.

Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire par cette phrase : "L'essentiel est je crois, dans ta situation, de ne pas endosser et faire tien la vie de cet autre individu. Quelque soit le lien, on ne doit pas assumer les actes des autres. "

Est-ce que tu peux me préciser sur ce que tu veux me dire ?

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Profil

bonheur

le mercredi 17 août 2022 à 11h40

Par exemple, cette phrase :

Polok
garder contact par lâcheté jusqu'à ce que je fasse moi-même les frais de sa violence (il m'a même dit que si je le croisais dans la rue il me taperait dessus). Il s'agit d'un BAC+5 de 30 ans.

Pourquoi spécifier que c'est un "BAC+5 de 30 ans" ? Le fait d'avoir fait des "études" ne rend pas "intelligent". Au pire dans le cas de cet individu, ça le légitime dans son égo. Avoir un cerveau qui carbure, ce n'est pas être intelligent. Quant à son âge ? Qu'est-ce que ça signifie que tu l'indique, le précise ? Te sens tu en "infériorité" par rapport à cette personne que tu considères je suppose comme "supérieure". C'est juste une piste de réflexion. Mentionner des détails alors qu'il n'apporte rien, ce n'est jamais anodin.

Parfois, dans les cas extrême, la CNV peut consister à abandonner derrière soi. Ne rien répondre, ça peut être une forme de communication.

Concernant cette phrase, je crois que tu te sens avoir un rôle envers cette personne. Un rôle peut être qui te dépasse, comme une vocation, de "faire quelque chose". Je le ressens ainsi, peut être parce que je fais partie de ces personnes qui accompagnent les autres dans leurs difficultés, parce que je suis ainsi. Et parfois, il ne faut pas. Garde une réelle distance entre toi et cette personne. Ne te laisse pas imprégner et surtout ne pas chercher à aider quelqu'un qui ne le désire pas. Endosser ne résous rien et fait plus de mal à celui qui endosse qu'à celui qui est l'auteur des actes, mots... C'est ce que je voulais dire.

La situation te marque, sinon tu ne serais pas ici à échanger avec nous. Elle me marquerait également, je suppose. En fait, tu as reçu des confidences que tu ne désirais pas savoir. Que tu ne saches pas quoi en faire, c'est normal.

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Polok (invité)

le mercredi 17 août 2022 à 14h45

Je suis plutôt content d'avoir eu ses confidences parce que cela m'a permis de cerner le personnage au fûr et à mesure de la relation. J'ai pensé qu'il faisait un travail sur lui-même et que donc cela irait mieux. Mais bon en 1 an et demi rien ne s'est produit.

Oui, tu as raison, d'une certaine façon j'ai voulu l'aider à aller mieux, à s'en sortir. Mais cela n'est pas dans mes compétences et je doute qu'il ai réellement conscience que ses actes ne sont pas "normaux".

J'ai précisé BAC+5 de 30 ans pour signifier qu'il ne s'agissait pas de quelqu'un qui a grandit dans un milieu violent. Je l'ai très mal exprimé avec en plus un réflexe de classe. Tu as raison, ni l'âge ni les diplômes ne donnent l'intelligence comportementale.

Je me suis senti en infériorité par rapport à lui pendant très longtemps effectivement : il a plein de groupes de copains, il s'insère très facilement, toujours à réussir parfaitement à nouer des liens avec les gens.
En même temps, je sais que des amitiés fortes, j'en ai davantage. C'est, je crois, cela qui m'a fait me mettre en position d'infériorité.

Ce qui me marque le plus en fait, c'est d'avoir perdu le contrôle de mes émotions : perdre quelqu'un que je considère comme violent et dangereux ne me fait pas plus de peine que cela.
Par contre, deux ans de travail à apprendre à communiquer autrement qui volent en éclat, cela me fait une douche froide par rapport à mon niveau de maîtrise de la CNV.

Cela me questionne également sur moi.
Normalement, quelqu'un qui m'avoue avoir violé quelqu'un, je lui tourne le dos et je ne lui reparle plus à moins d'être certain qu'il soit suivi par un spécialiste.
J'ai accepté que cela ne soit pas le cas de cette personne.
Idem pour la violence qu'il commet sur sa compagne : un début d'étranglement, est-ce que vraiment c'est anodin ? Sans parler du reste, comme le fait qu'il soit heureux de la faire pleurer parce que selon lui cela fait avancer sa compagne dans ses réflexions.
Pourquoi ai-je cru qu'il allait vraiment changer alors qu'il m'a spécifié qu'il s'était senti comme un chat qui joue avec une souris en étant allé voir un psy ?
J'ai les réponses à ces questions : le sentiment de solitude et croire qu'il était réellement dans un processus de changement. Mais cela me fait honte de ne pas avoir respecté mes valeurs et mes sensations.

Franchement désolé de parler de cela sur le forum polyamour. C'est complètement HS vu que cela ne concerne pas l'amour, mais honnêtement je ne sais pas trop où en parler sinon.

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Profil

bonheur

le mercredi 17 août 2022 à 15h00

J'admet que sur l'instant, ton arrivée un peu "comme un cheveux sur la soupe" avec des propos hors contexte m'ont éloigné de ce fil de discussion. Et bien tu vois, j'ai eu certainement une première impression malsaine. Pourquoi je suis revenu lire ici après l'intervention de Siestacorta (qui a fait le travail de remise à plat) ? Impulsion intérieure ?

Bref, après éclaircissement, je comprends bien que tes propos soient complètement hors contexte, même si la CNV est souvent évoquée ici. Les modérateurs et administrateurs (trices) sont seul(e)s habilités à décider si ce fil de discussion a sa place ici ou non.

Sur ce forum, les interventions sont rarement sanctionnées, je trouve. Bon après il y a les coulisses dont je ne sais rien.

Un travail n'est jamais inutile. En CNV, il existe la perception de l'imperfection. Logique d'être fasciné par quelqu'un qui fascine et qui attire. C'est aujourd'hui et demain qu'il faut envisager désormais. Le passé reste du passé.

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Polok (invité)

le mercredi 17 août 2022 à 16h09

Merci pour ta réponse Bonheur :) Tu as raison : aujourd'hui et demain !

Et cela ne sert à rien de donner à boire à un âne qui n'a pas soif.

Cela m'a remonté le moral de vous lire tous les deux.

Merci à vous

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Profil

bonheur

le mercredi 17 août 2022 à 17h18

(+) :-)

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