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Amours à sens unique

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Profil

titane

le lundi 31 août 2009 à 12h15

Je suis d'accord pour proposer à Walter que sa souffrance peut être l'occasion de se découvrir... ou plutot de remettre à plat sa façon d'aimer notamment en termes de "possessivité", "sécurité", "peur de rater" ou "peur de manquer"... afin éventuellement de redécouvrir l'essentiel de sa conception profonde de l'amour... une conception davantage centrée sur soi, plutot que sur les attentes envers l'autres : comment je veux être aimé et comment je veux aimer ?

Par exemple, peut-être voudrait-il être aimé librement sans obligation ? dans ce cas le fait que sa femme en aime un autre tout en continuant de l'aimer en serait une belle démonstration !... Il est plus "évident" qu'elle est "moins" obligée (même si elle ne l'a jamais été) de l'aimer et pourtant elle l'aime encore ! plutôt un bon signe non ?...

Elle "s'en va" et pourtant elle revient vers moi... non pas dans ma fonction de ou statut de "mari" ou "compagnon officiel" mais par pure envie !

...

Le choc est douleureux, mais je me demande si le "choc" n'est pas plus une opportunité que la longue et théorique "préparation" comme suggéré plus haut ?... ont réagit bien plus sincérement et profondément dans "l'expérience du choc"... la discussion peut rester au niveau des idées ou de l'éthique mais ce n'est pas évident que même "intellectuellement d'accord" le choc sera moins douloureux une fois que la compagne passe à l'acte...

la connection entre la tête et les tripes n'est pas évidente !!

On peut être sincèrement convaincu de la liberté d'aimer... mais quand on y est confronté nos peurs remontent et nous étouffent !

Comme dans le deuil, le "choc" est inévitable... tout en étant une réelle opportunité... Personnellement, les plus convaincus de cette liberté d'aimer (au pluriel) autour de moi sont des personnes qui ont affronté ce choc (moi inclus) avec nausées et mal aux plexus !

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Profil

kerdekel

le lundi 31 août 2009 à 13h45

Je poste pas beaucoup mais comme ton émotion me touche beaucoup, je vais faire un effort. :)

Pour commencer, j'ai la vague impression (ptet à tort) que tu vois les pa comme des gens te ressortant des définitions de bouquins, certes très bien écrits, mais que ça te dit pas tellement ce que dois faire.
Personnellement, je n'ai pas "appris" (j'aime pas ce mot dans cette phrase mais bon, allons-y alonzo) le polyamour dans un bouquin. Je n'ai pas lu un truc en me disant, tienstienstiens, intéressant ça, je pourrai vivre comme ça, quel mode de vie sympathique... Je précise que je ne juge pas ceux pour qui ça s'est passé ainsi hein, je parle que de mon xp et je pense que j'aurai préféré moi aussi cette méthode, elle est largement plus douce que celle que j'ai eu à vivre. Bref.

Ca fait 4/5 ans que je sais que je suis poly. Oui, j'ai lu un bouquin sur le polyamour (celui de Françoise) mais je ne l'ai fait que très récemment (genre je l'ai fini il y a deux/trois semaines) parce que tout le monde me le citait et que je comprenais pas les références. C'est vrai que c'est un bon bouquin et que je comprends qu'on puisse le citer, même si je partage pas le même point de vue sur absolument tout (bon ça c'est rarement pour tout le monde de toute façons).
Avant ma longue relation, je donnais comme à peu près chacun dans ce monde judéo-chrétien ici-bas dans ce qu'on appelle "la monogamie sérielle". Un jour, j'ai quitté un de mes copains pour un autre (en vrai c'est très rare, je quitte pas les gens c'est plutôt l'inverse). C'était pourtant un copain que j'aimai, et poly qui plus est (même si à l'époque, je n'avais pas de mots à mettre la dessus) mais voilà, c'est pas dans les bonnes petites mœurs de la société.
Pendant ma longue relation, j'ai eu des amants, que j'ai aimé profondément, avec autant d'intensité que mon "officiel". Et ce dernier l'a découvert et il y a eu une crise. Au final, il sera resté avec moi parce-qu'il m'aimait trop pour me quitter. Mais j'ai du choisir entre deux personnes (oui, à ce moment là ne subsistai plus qu'un seul amant de "concret", je trouve pas le mot pour dire que c'était pas juste platonique) que j'aimai, et c'est un choix que personne ne devrai avoir à faire. J'ai du renier ce que j'étais aussi.
J'aurai adoré qu'il fasse comme toi. Qu'il y ait un site, où il puisse poser des questions. Je ne pense pas que toi-même tu réalise ce que ta démarche représente. Je vois quelqu'un qui est bouleversé, mais qui arrive quand même à prendre assez de recul sur soi pour venir poser des questions, qui cherche à comprendre. C'est juste bien.
Jusqu'à ce qu'un ami me parle de pa il y a quelques années, je pensai que j'avais quelque chose qui clochait, que j'étais juste bonne à enfermer (mais sérieusement, c'est pas une expression en l'air). Que j'étais ptet schizo, je sais pas. Mettre des mots dessus, savoir que je n'étais pas seule, ça m'a beaucoup rassuré. Mais ma longue relation ne comprenai pas ça, et je doute qu'il veuille vraiment le comprendre.

Maintenant, je ne suis plus avec lui, et ça m'a fait très mal. Ça me fait encore mal. Mais quoiqu'il se passe, la relation que j'avais avec lui est morte. Comme la tienne. C'est pour ça que tu vis les étapes du deuil ( fr.wikipedia.org/wiki/Deuil ). Parce que c'en est un. Même si tu continue avec ta femme, qu'un jour, vous parvenez à avoir une relation polyamoureuse saine et équilibrée (pour le meilleur des cas), la relation d'exclusivité que tu avais avec elle est morte. Elle ne reviendra plus. Et si tu n'es pas déjà en train de la passer, tu vas la vivre l'étape de déni. Ou tu pensera que j'ai tort et que vous, vous pouvez revenir comme avant, quand vous n'étiez que deux. Que tu peux parvenir à marchander et la faire devenir exclusive pour toi. Et ptet même que tu y parviendrai. Ma longue relation y est parvenu avec moi. Mais tu ne vivra plus qu'avec une ombre, quelqu'un d'heureux avec toi parce qu'il t'aime assez pour aller contre sa nature mais pas tout à fait. Pas entier. Et je suis sûre que tu l'aime assez pour lui éviter ça.
Quand j'y repense, j'aurai du discuter, poser des questions, "choquer". J'aurai du les confronter tous les deux, je sais pas. Mais je n'aurai jamais du choisir. Mais à l'époque, y'avais pas de sites pour m'aider ou l'aider lui ou aider mon amant.
C'est vraiment bien que tu demande de l'aide ici.

La société a parfois des règles tout bonnement stupides, car obsolètes ou ignorantes. Et certaines doivent juste être transgressées, c'est ainsi qu'une société peut avancer. Oui. Aujourd'hui, dans notre société occidentale, c'est vrai, la règle est au couple. Et quand tu la transgresse, tu as à en subir les conséquences.
Par exemple, certains ici commencent malgré eux je pense à dénigrer un peu ta femme. Si tu as beaucoup de courage en venant poser des questions, malgré le choc, malgré la colère, elle en a aussi, tu peux me croire. Il en faut de la force mentale, de nos jours, pour avouer ce genre de chose, quitte à devoir affronter les mauvais regards, le rejet et le bannissement direct, etc. Oser transgresser une règle contraignante car non adaptée à la plupart (mais que la plupart gobe sans sourciller, parce-que voilà "c'est comme ça et pas autrement") et ce, "publiquement", c'est quelque chose d'éprouvant aussi. Dans ce cas précis, c'est encore plus dur à faire pour les femmes car le jugement qu'on reçoit derrière est bien moins laxiste que pour les hommes.

Aujourd'hui, (ça aura été le point positif de ma rupture) je peux assumer mon polyamour. Mes amoureux sont poly et ils comprennent mieux, c'est vrai. J'ai un peu l'impression des fois que j'ai un peu de cette tranquillité et de cette sérénité, auxquelles j'aspire depuis si longtemps et que je mérite, parce que tout le monde a le droit d'être heureux et/ou de chercher à l'être, même moi. En plus, la société m'a fait tellement de mal, maintenant c'est un peu comme si j'étais immunisée (Si elle est pas contente, elle peut aller se faire foutre, je lui demande, moi, comment elle coupe son fromage? Elle pouvait aller se faire foutre avant mais ça me touchai beaucoup plus, maintenant, j'en ai plus rien à carrer, la vie est courte hein...)
En plus, ils sont prévenus dès le départ, donc les relations sont plus saines. Pour en arriver là, j'en ai fait du chemin. Je me retourne et je me demande comment j'ai fait pour affronter la douleur entre autre. Et ça a mis du temps, et ça en mettra encore, avant que j'arrête de vouloir pleurer quand je repense à ma longue relation (arrêterai-je un jour?).
Ce n'est pas quelque chose sur laquelle tu as un contrôle, tu le sais bien. Prends ton temps. C'est le seul remède à ta douleur.

Quant à répondre à ta question sur l'échangisme, je me sentirai presque vexée que tu puisse confondre des poly, comme je le suis, avec des échangistes, mais je ne t'en tiendrai pas rigueur, vu la tornade dans laquelle tu te trouve.
Deux couples d'échangistes vont s'échanger leur conjoint-e-s. Il peut y avoir de l'amour, ou pas. Mais il y a volonté d'échanger, et il y a implicitement une idée de personne objet. Si je rencontre un couple d'amis (poly ou non) quand je suis avec mon amoureux, si je peux plaisanter sur le sujet, ça me viendrai en vrai pas à l'idée d'échanger les partenaires. Je commande pas le fait de tomber amoureuse d'une personne, mais je couche qu'avec celles qui me plaisent. Je n'ai pas de volonté d'échanger mes amoureux (en plus voilà, ils font ce qu'ils veulent), ça me percuterai même pas l'esprit.
Si certains s'épanouissent dans l'échangisme, tant mieux. Mais je sais que si par exemple, je me retrouvai dans une soirée clés (le classique de l'échangisme), je me sentirai hyper mal à l'aise et je partirai (même si je blague beaucoup là dessus aussi).

Désolée pour ce long pamphlet, j'écris vraiment comme ça vient, je devrai regarder ça de plus prêt un jour. Ou pas. :)

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(compte clôturé)

le lundi 31 août 2009 à 14h04

titane
dans ce cas le fait que sa femme en aime un autre tout en continuant de l'aimer en serait une belle démonstration !...

Ca , on n'en sait rien, hein... Et Walter, tu es au clair avec ça, toi, déjà, personnellement?

Avant de parler plus loin, je pense que c'est le premier truc à clarifier!

Où en sont vos sentiments l'un pour l'autre?

Là, embarquer en polyamour sous le signe de l'adultère, je vois ça comme un symptôme de quelque chose d'autre.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Profil

polyrateau

le lundi 31 août 2009 à 15h01

..

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Profil

Siestacorta

le lundi 31 août 2009 à 15h12

He ben, kerdek... tu devrais poster plus souvent, tu écris vachmon bien.
(je sais. Tu as un blog. Oui. Mais les forums ça bouge plus, voilà.)

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Profil

titane

le lundi 31 août 2009 à 15h36

Oui Clémentine tu as raison et j'ai bien voulu utiliser le conditionnel... comme le témoigne Kerdek, c'est bon aussi d'aider à voir le "positif" dans la douleur.. ou le revers de la même souffrance vu d'un autre angle...

c'est fou comme amour et deuil se rejoingne si souvent...

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(compte clôturé)

le lundi 31 août 2009 à 16h17

Moi je crois vraiment qu'on touche là le point de contact entre fusion et fission, dans le sens qu'on est constamment ballottés entre des besoins qui prennent le dessus tour-à-tour: être en sécurité, au chaud, à deux... et ouvrir le cœur et la vie aux multiples possibles. Quand c'est simultané dans un couple, viva la vida!

Mais quand, comme dans "Un homme amoureux" de Diane Kurys, ce n'est pas le cas...

Dans une séquence, Vincent Lindon, malheureux comme une pierre, s'entend dire par sa copine qui vit un autre amour

"Je croyais qu'on était un couple libre".

Il lui répond:

"Oui mais tu vois l'embêtant , c'est qu'en ce moment je me sens très couple, et toi tu te sens très libre..."

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Profil

titane

le lundi 31 août 2009 à 18h45

Jolie formule... et joli film... mais je crois qu'il est essentiel de ne pas opposer "sécurité" et "ouverture"... c'est là que je réagis systématiquement... l'opposition n'est qu'illusion et effet d'optique... l'ouverture et la liberté sont plus sécurisantes que la "fermeture" ou "l'engagement' qui ne sont qu'illusoires on le sait maintenant... une vraie sensation est plus rassurante qu'une fausse !!

Accepter sa liberté et celle de l'autre, sincèrement et "naturellement"... appaise, paradoxalement...

comme tu dis c'est l'hésitation, le manque de "foi" ou de confiance face à cette réalité qui nous fait souffrir... le doute fondamental devant l'abîme de sa propre vérité !

De la philo ?... non ! le doute devant sa propre existence est du vécu quotidien et un choc de jalousie ou une confrontation ou un mal-être nous le rappelle... on peut le rejeter d'un revers de la main...

ça me rappelle la chanson de Souchon : "ultramoderne solitude"...

ça nous prend comme ça... une larme qui coule sur la joue sans "véritable raison"...

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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Profil

titane

le lundi 31 août 2009 à 18h50

Dans la réplique de Vincent on y retrouve la résistance face à une réalité qu'on avait imaginée et acceptée intellectuellement mais pas encore vécue vraiment... le choc est inévitable... et reste une opportunité pour celui et celle qui arrivent à faire face...

quelqu'en soit l'issue

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Vava (invité)

le mardi 06 mars 2018 à 21h48

Si je suis venue vous lire, c'est pour essayer de comprendre ce qui m'arrive, et pour ne pas perdre, surtout pas, ce si beau lien qui nous unit...
Après un quart de siècle de désir, de regards, de caresses furtives, et de quelques baisers cachés, nous faisons l'amour. Et découvrons avec tant de surprise que ce n'était pas un simple désir physique à assouvir. Nous partageons bien plus que nos corps. Après quelques mois de cette étrange relation, très forte, dans laquelle sans cesse je me demande si je l'aime, je veux dire amoureusement, il retrouve celle qu'il aime, lui, amoureusement. Je romps quand il me l'apprend. "Tu m'as laissé tomber. Je n'avais pas choisi, moi" me dira-t-il plus tard. Mais nos corps se retrouvent,(ou plus exactement, c'est lui qui ouvre cette voie, la maintient, la referme, la réouvre...) Au-delà de nos corps, ce lien étrange nous rattrape. Ca le tourmente, lui pour qui la fidélité est un principe essentiel. Parce que j'ai trompé mon mari pour aller dans ses bras, qu'il m'a trompée pour retourner dans ses bras à elle, et qu'il ne veut pas la tromper mais qu'il vient quand même me retrouver. Alors il lui dit, à elle. Elle accepte que nos corps se retrouvent parfois, beaucoup moins le lien. Après encore quelques mois, cette histoire entre eux qui n'en finissait pas de finir depuis déjà 2 ou 3 ans se termine. Elle part. Entre temps, j'ai eu aussi une histoire, une jolie, alors j'ai voulu ne pas lui mentir. Mais il n'a pas compris, il est parti...
Nous continuons de nous voir, mais, célibataires tous les deux, plus souvent. J'ai peur parce que je vois bien que je l'aime, que lui non, enfin pas comme ça. Le désir physique si fort entre nous n'est plus là pour lui depuis que nous nous revoyons souvent. Il me dit qu'il voit bien que je l'aime. Que lui ne peut pas me rendre cela et que c'est pour cette raison qu'il remet de la distance. Et aussi, bien sûr, qu'il ne va pas bien, parce qu'il l'aime, elle.
Je n'ai aucune envie de partager une vie de couple avec lui. Mais j'ai ce désir de lui, toujours si fort, et il y a ce lien, cette osmose entre nous, toujours si belle. Je lui ai dit tout à l'heure, alors qu'il me serrait dans ses bras en m'expliquant encore qu'il ne pouvait pas me donner l'amour que je demandais que je ne me mettrais jamais à distance. Parce que je l'aime. Mais pas comme il le croit. Parce qu'il est mon ami. Et que je n'attends pas d'amour en retour. Je veux juste continuer de pouvoir partager cette si belle fluidité qu'il existe entre nous. Et qu'il me fasse l'amour, aussi.
Je me dis que peut-être, il me faut un autre homme dans ma vie, avec qui je fasse l'amour, et qu'avec lui je puisse continuer de parler, de rire, de refaire le monde, et dormir tout contre lui juste parce qu'il est celui avec qui toutes les barrières et les cadres peuvent tomber. Je me dis que lorsque j'aurai quelqu'un d'autre, il aura moins peur de me blesser et pourra à nouveau se laisser aller... Qu'il ne m'aime amoureusement je le sais. Mais il m'aime ailleurs, lui aussi. Je sais ça tout autant. Sinon pourquoi tout ça ?

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