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Sécurité/insécurité en présence/abscence de son/sa/ses partenaires

Engagement
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artichaut

le dimanche 10 novembre 2019 à 18h58

Le sujet que je vais aborder ici n'est pas spécifiquement poly (mais comme souvent, il est possible qu'un contexte poly apporte un éclairage particulier).


1.
Vous est-il déjà arrivé de ressentir particulièrement de la sécurité en présence de votre partenaire, et de l'insécurité quand il/elle est absent ?
Ou le contraire de ressentir particulièrement de l'insécurité en présence de votre partenaire, et inversement de la sécurité quand il/elle est absent ?

Déjà, comment interprétez-vous ça ? Qu'elles en sont pour vous les causes ? Faites-vous quelque chose de particulier quand vous sentez que c'est le cas ?

Se sentir en sécurité/insécurité en présence de votre partenaire ça signifie quoi ?
Se sentir en sécurité/insécurité en absence de votre partenaire ça signifie quoi ?


2.
En admettant que ce soit le cas, vous est-il déjà arrivé que ce soit asymétrique dans une relation :
Je ressent une grande sécurité en absence de ma partenaire (= j'ai confiance en cette relation, en ce qu'elle va continuer, en ce que je/elle/on a raison de faire exister cette relation, en ce que c'est bon pour chacun·e de nous, etc), mais en sa présence, de l'insécurité se fait jour (conflits, doutes, etc).
Elle, c'est le contraire : quand on est ensemble elle ressent de la sécurité, et dès qu'on est séparé, elle se mets à douter et/ou se sent en insécurité.

Du coup on est jamais synchrone (ou en tout cas rarement), et y'a tt le tps quelqu'un·e qui doute et/ou se sent en insécurité.

Je me dit que quand c'est synchrone au moins, on peut choisir de privilégier ou faire exister prioritairement ces moments là, mais quand on est asynchrone ou asymétrique, c'est galère… (bon au moins y'a toujours quelqu'un·e pour rassurer l'autre…)


*
Je me/vous pose aujourd'hui ces questions, car j'ai eu plusieurs relations où j'ai le sentiment que c'est cette présence/absence de l'autre qui configure pour une grande part les sentiments de sécurité/insécurité, parfois dans un sens, parfois dans l'autre, parfois symétriquement, parfois asymétriquement… Alors ça me donne envie de creuser, de comprendre… et aussi de voir si le contexte poly peut en partie provoquer ces sentiments, ou au contraire si le contexte poly peut les atténuer et/ou permettre de travailler dessus. Si tant est qu'il faille et/ou que ce soit possible de travailler dessus…


Qu'en pensez-vous ?

(J'espère que mon explication est claire. …sinon vous pouvez poser des questions.)

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artichaut

le dimanche 10 novembre 2019 à 19h20

Après quelques recherches sur le site, je viens de lire ça « Quelques réflexions sur la sécurité des relations » mais ça n'apporte pas grand chose à mes interrogations, car l'insécurité y est surtout considérée comme résultant du comportement de l'autre (alors que le sentiment de sécurité/insécurité peut être tout à fait lié à notre fonctionnement interne), et d'autre part il n'y est pas question de sentiment variable : il y aurais la personne qui se sent en insécurité et celle qui se sent en sécurité dans la relation, alors que moi je parle là d'un sentiment variable en fonction du contexte, et que chaque personne de la relation se sent parfois en sécurité, parfois en insécurité.

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artichaut

le dimanche 10 novembre 2019 à 19h29

En fait, ce qui est questionnant, c'est que je retrouve ça, dans quasi toutes mes relations.
Et ce qui est troublant c'est que ce n'est pas toujours de la même manière (= parfois c'est l'absence qui me rend sécure ou insécure, parfois la présence) donc ce n'est pas que je suis plutôt-ci ou plutôt-ça (comme pour la théorie de l'attachement par exemple).

Mais il semble y avoir à chaque fois, tôt dans le processus de relation, un fonctionnement de ce genre qui se met en place, et qui semble ensuite assez durable.

Pour l'instant je ne comprends pas à quoi c'est dû.

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Loou

le dimanche 10 novembre 2019 à 21h00

artichaut
Et ce qui est troublant c'est que ce n'est pas toujours de la même manière (= parfois c'est l'absence qui me rend sécure ou insécure, parfois la présence) donc ce n'est pas que je suis plutôt-ci ou plutôt-ça (comme pour la théorie de l'attachement par exemple).

Mais pour la théorie de l'attachement rien n'est figé non plus, la personne que tu as en face peut changer les dynamiques...

Sinon pour ma part, je suis une grande insécure mais j'y travaille... En règle général je ressens de l'insécurité surtout en l'absence de la personne mais je peux être très sensible à tout signe d'indisponibilité en présence de la personne aussi. Mais je crois que ça va de pair pour moi... Un partenaire pas très rassurant, qui me met en insécurité quand il est absent va activer mon insécurité si je le sens distant quand on est ensemble (le genre qui n'arrête pas de checker son portable/son ordi par exemple quand on a rdv). Alors que si je me sens en sécurité ça va pas trop me gêner qu'il fasse ça. Mais je crois que l'insécurité est plutôt en moi en général et que c'est à moi de bosser là-dessus pour me sentir mieux (même si oui, bien sûr, on peut - doit? - travailler à deux pour construire de la sécurité dans la relation, c'est juste que j'étais dans une insécurité un peu extrême).

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Loou

le dimanche 10 novembre 2019 à 21h08

artichaut
Alors ça me donne envie de creuser, de comprendre… et aussi de voir si le contexte poly peut en partie provoquer ces sentiments, ou au contraire si le contexte poly peut les atténuer et/ou permettre de travailler dessus.

Alors, moi je crois que j'étais beaucoup plus insécure en monogamie et j'avoue qu'au départ l'ouverture de mon ancien couple c'était surtout une tentative de bosser là-dessus. Donc je crois que ç'a marché ?! Pour moi cette question est liée à plein d'autres éléments : l'estime qu'on a de soi, notre vision de l'amour/des relations, la place qu'on accorde aux relations amoureuses, notre réseau de soutien (amies, famille, etc). Au moins pour moi, c'est ce qui a marché pour me sentir plus en sécurité, en gros de ne pas concentrer tout mon besoin d'amour/d'appartenance/de validation sur une seule personne ou sur un seul type de relation. (Je dis ça mais j'ai encore du travail à faire là-dessus hein).

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artichaut

le lundi 11 novembre 2019 à 00h31

Loou
Mais pour la théorie de l'attachement rien n'est figé non plus, la personne que tu as en face peut changer les dynamiques...

Moi j'avais plutôt compris que la théorie de l'attachement retenait que l'on appartenait à un certain type, que certes ce type pouvait changer au cours du temps (notamment en y travaillant) mais pas que l'on puisse être sécure dans une relation, évitant avec une autre, anxieux avec une troisième, et encore moins anxieux en la présence d'une personne et sécure en l'absence de cette même personne.
Ou alors c'est cela le type "désorganisé" ??

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artichaut

le lundi 11 novembre 2019 à 00h44

Loou
En règle général je ressens de l'insécurité surtout en l'absence de la personne mais je peux être très sensible à tout signe d'indisponibilité en présence de la personne aussi. Mais je crois que ça va de pair pour moi... Un partenaire pas très rassurant, qui me met en insécurité quand il est absent va activer mon insécurité si je le sens distant quand on est ensemble (le genre qui n'arrête pas de checker son portable/son ordi par exemple quand on a rdv).

Du coup, dans ton cas, absence et présence semblent se rejoindre (même si tu dis que c'est surtout en l'absence de la personne que tu ressens de l'insécurité).

J'ai l'impression aussi que l'insécurité dont je veux parler n'est pas que de la peur (l'autre m'aime t-il ? va-t-il me quitter ?), mais est aussi lié au doute (as-t-on raison d'être ensemble ?, suis-je amoureux ?).
Peut-être qu'en plus de la question de l'estime de soi, il y a celle de l'estime de l'autre, je ne sais pas…

Et peut-être qu'il y a quelque chose à chercher de ce côté là : selon si l'estime de soi ou l'estime de l'autre prend le dessus, ce pourrait faire que l'on soit +confiant en son absence ou en sa présence… et cela pourrait en effet varier d'une relation à l'autre…
…car le reste (notre vision de l'amour/des relations, la place qu'on accorde aux relations amoureuses, notre réseau de soutien…) ne dépend peut-être pas différemment de chacune de nos relations.

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Cerise_Sauvage

le lundi 11 novembre 2019 à 10h07

Coucou !
Je pense que la présence/absence de l'autre joue avec le fait qu'on soit sécure/insécure mais je pense que «  l'avancée » dans la relation joue beaucoup aussi. Je m'explique :

Dans les relations commencées depuis «  longtemps » il y a déjà eu beaucoup de communication, on connait bien l'autre, ses réactions, ses attendus etc, donc personnellement je me sens sécure en sa présence (pas de peur de jugement, je sais que je peux être moi-même à 1000%) et également en son absence (aucune appréhension d'abandon/ de comparaison etc)

«  L'insécurité » (entre guillemets parce que le sentiment n'est pas aussi poussé) arrive au niveau des néo-relations : Généralement je ne m'engage pas dans une relation sur un coup de tête, même si il y a une petite «  étincelle » particulière qui dit dès les prémices si ça sera possible ou pas, j'attends de voir comment ça évolue pour savoir si on va sauter le pas ou pas justement. L'insécurité «  maximale » en présence de l'autre arrive au moment où on est assez engagés (où je suis assez en confiance, où je le considère comme un partenaire) pour que j'explique que je suis poly, mais «  trop » engagés pour que cette révélation ne «  blesse » pas l'autre en cas de désaccord profond sur ce point (et ne me blesse pas par la même occasion en cas de réaction violente/très négative).
Pas vraiment d'insécurité en son absence au niveau de ma «  place » mais de l'insécurité vis à vis de «  qu'est ce qu'il va raconter de moi aux autres ? (que je connais ou non) » puisque proportionnellement parlant une majorité de la population est très réticente à ce type de relation de prime abord, et je sais qu'il faut que la personne soit dans le bon mood de discussion et que l'explication soit bien rodée pour ne pas provoquer un sentiment de dégoût dès les premières secondes et braquer la personne, donc le fait d'imaginer un autre que moi parler à ma place sur ce sujet personnel ne me rassure pas du tout. Personnellement, un nombre très restreint de mon entourage est au courant de ma «  nature » poly, non que j'aie honte, mais que je sais qu'il y aura probablement jugement et désapprobation même chez des personnes que j'apprécie, or cet état ne nécessite nullement un avis/une approbation puisque lesdites personnes ne sont concernées en rien par mon polyamour/ma façon d'appréhender mes relations amoureuses ; et que je trouverais cela débile de créer ce genre de tension, donc l'insécurité en absence de l'autre est due à l'appréhension qu'il brise le petit équilibre de ma vie (pas forcément intentionnellement hein).

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artichaut

le lundi 11 novembre 2019 à 13h59

Cerise_Sauvage
L'insécurité « maximale » en présence de l'autre arrive au moment où on est assez engagés (où je suis assez en confiance, où je le considère comme un partenaire) pour que j'explique que je suis poly,
(…)
l'insécurité vis à vis de « qu'est ce qu'il va raconter de moi aux autres

Moi, désormais, je dis très très vite que je suis poly. Je pense que c'est pour ça que je ne vis pas trop (ou plus trop) cette insécurité là.
Ce qui ne veut pas dire que je le dit à la terre entière, mais à toute personne avec qui je relationne un tant soit peu …et tant tout cas à la moindre prémisse d'étincelle (quelque soit la nature de l'étincelle : amicale, amoureuse, etc). Et je tente de le dire comme une donnée, pas comme une déclaration ou un aveu.

Cerise_Sauvage
Coucou !
Je pense que la présence/absence de l'autre joue avec le fait qu'on soit sécure/insécure mais je pense que « l'avancée » dans la relation joue beaucoup aussi. Je m'explique :

Dans les relations commencées depuis « longtemps » il y a déjà eu beaucoup de communication, on connait bien l'autre, ses réactions, ses attendus etc, donc personnellement je me sens sécure en sa présence (pas de peur de jugement, je sais que je peux être moi-même à 1000%) et également en son absence (aucune appréhension d'abandon/ de comparaison etc)

Ah oui ça me parle bien ça (de prendre en compte « l'avancée » dans la relation !).
Et c'est peut-être pour ça que perso je préfère des relations qui durent à des relations éphémères…

Merci @Cerise_Sauvage, ça m'ouvre des pistes de réflexions.


D'ailleurs cet attrait pour la durée des relations à sans doute à voir avec les styles anxieux ou évitant de la théorie de l'attachement.

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Loou

le lundi 11 novembre 2019 à 20h39

artichaut
Moi j'avais plutôt compris que la théorie de l'attachement retenait que l'on appartenait à un certain type, que certes ce type pouvait changer au cours du temps (notamment en y travaillant) mais pas que l'on puisse être sécure dans une relation, évitant avec une autre, anxieux avec une troisième, et encore moins anxieux en la présence d'une personne et sécure en l'absence de cette même personne.
Ou alors c'est cela le type "désorganisé" ??

Tu as peut-être raison. Mais dans mes lectures sur le sujet j'ai souvent vu des gens faire la différence entre l'attachement qu'illes ont avec la famille, les ami.e.s et les partenaires amoureux... Donc c'est peut-être possible ? Ou alors c'est pas tant qu'on change de style mais que dans l'interaction de chaque style avec les autres il y a des dynamiques différentes ? C'est très visible pour une personne de style désorganisé qui en face d'une personne anxieuse va agir en tant qu'évitante et en relation avec une évitante va devenir anxieuse... Pareil pour l'anxieux qui l'est tant qu'il y a indisponibilité (donc en relation avec des évitants ou désorganisés) mais dès qu'ille est en relation avec une personne disponible perd l'intérêt.

artichaut
J'ai l'impression aussi que l'insécurité dont je veux parler n'est pas que de la peur (l'autre m'aime t-il ? va-t-il me quitter ?), mais est aussi lié au doute (as-t-on raison d'être ensemble ?, suis-je amoureux ?).
Peut-être qu'en plus de la question de l'estime de soi, il y a celle de l'estime de l'autre, je ne sais pas…
Et peut-être qu'il y a quelque chose à chercher de ce côté là : selon si l'estime de soi ou l'estime de l'autre prend le dessus, ce pourrait faire que l'on soit +confiant en son absence ou en sa présence… et cela pourrait en effet varier d'une relation à l'autre…

Oui, regarde le lien que j'ai posté dans ton autre fil sur les styles d'attachement. Il y a normalement deux graphiques pour penser l'attachement. 1) Le croisement de l'axe évitement avec l'axe anxiété et 2) Axes estime de soi et estime des autres.

Peut-être réfléchir aussi aux langages de l'amour ? L'insécurité/sécurité peut peut-être venir des (in)compatibilités là dessus aussi ?

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artichaut

le lundi 11 novembre 2019 à 23h54

Oh la la, tout ça m'ouvre plein de nouvelles pistes. Merci @Loou. Je vais me pencher sur tout ça d'un peu +près.

(et je reviendrai vous raconter)

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