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En couple avec une fille polyamoureuse : je le vis très mal, comment faire ?

Engagement
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Unlike2016 (invité)

le jeudi 25 août 2016 à 08h33

Bonjour à tou-te-s,

Je viens sur ce forum afin d'avoir des témoignages, des avis, des retours d'expérience afin de me réconforter et de m'aider dans cette période difficile que je traverse dans mon couple. En espérant que certain-e-s puissent m'aider ... Merci d'avance.

Je suis un mec de 25 ans, en couple avec une fille du même âge depuis plus de 4 ans dans une relation monogame classique. Elle a eu une poignée d'ex avant moi, moi une, mais nous sommes pour chacun la plus longue relation et nous nous aimons réciproquement d'un amour sincère (toujours à être "niais" 4 ans après etc.). Nous vivons ensemble dans un appartement depuis quelques mois. Or, il y a une semaine, un soir tard, après avoir rongé son frein plusieurs jours, elle n'en peut plus et m'annonce tout de go : "as-tu confiance en notre couple ? Je crois que je suis polyamoureuse"... Pris de court, j'en ai d'abord le souffle coupé. Elle m'explique (car je ne connaissais pas) et discutons quasiment toute la nuit, moi en passant par tout le stade des émotions (colère, incompréhension, tristesse, compréhension, choc, tremblements, etc.). En fait, elle m'explique être "amoureuse" d'un autre garçon, un "pote" à elle, que je connais (avec qui nous sommes partis en week-end quelques fois, avons bu des verres, etc.). D'autant plus mal à avaler. Mais bon... tant bien que mal, je finis par reprendre la raison, et finalement nous finissons la nuit en passant un très bon moment "au lit".

Le lendemain matin, ça allait. Je m'étais renseigné sur ce site, ça m'avait rassuré car j'avais peur de m'engager dans quelque chose qui ne me conviendrait pas type "relation libre" ou autre. Nous avons convenu d'un commun accord (comme tout le reste) que nous resterions dans un mode "relation principale" et que nous déciderions de règles communes pour qu'elle puisse vivre ce qu'elle a à vivre avec cet autre garçon. Pour moi, c'est une preuve d'amour (et elle le ressent également comme ça) : je l'ai très rapidement "autorisée" en quelque sorte, à pouvoir toucher l'autre, l'embrasser, puis avoir une relation sexuelle avec lui (protégée bien sûr...). Ca allait tant bien que mal... Tant que je ne "visualisait" pas les 2 dans ma tête, le mec en train de faire des "choses" avec ma copine, car cela me rend assez fou intérieurement. Nous avons édicté des "règles", comme par exemple "pas de sms pendant qu'on sort ensemble", "tu peux coucher avec lui, mais protégé" etc. Comme préconisé sur ce site, en fin de compte.

Or, depuis un jour ou deux, j'ai décidé de m'en ouvrir à un ami. Je me suis mangé un mur d'incompréhension : "je n'y crois pas", "pour moi c'est pas possible" ... Vous voyez. Du coup, même si je ne suis absolument pas d'accord avec ses propos, cela a quand même provoqué quelque chose en moi. Depuis, je me mets à avoir une colère "froide". A chaque fois qu'elle part voir "l'autre" pour la soirée, je fais tout pour ne pas y penser en m'occupant, mais dès que j'ai un moment sans rien c'est horrible. Je redécouvre des sensations enfouies en moi que je croyais ne pas exister : la violence, la haine, les envies de se faire mal, de taper dans un mur, etc. Le pire étant quand je me couche seul : je me sens "émasculé" symboliquement que de penser que "un c** se tape ma copine alors que je fais sagement dodo à la maison comme une bonne poire"... En plus, je commence à avoir mal à la machoire car je pense que psychologiquement, je "serre les dents" et cela se répercute sur mon corps. J'ai peur de ne pas supporter, mais je veux en être capable par amour pour ma copine. C'est d'autant plus "bizarre" comme situation que ma copine m'aime tout autant, si ce n'est même que depuis tout s'est exacerbé : d'une part, je suis dans des états très négatifs (colère, haine, tristesse, tremblements, etc.) que je n'avais pas eu depuis très longtemps, mais d'autre part, j'ai l'impression que parfois nous passons des moments (surtout au lit) comme nous en avons vécu au début de notre relation. Comme si ça nous avait "rapproché". Nous avons toujours des projets (prendre un animal de compagnie, faire un voyage, etc.). Mais j'ai peur de, vulgairement, "péter un cable" ...

Qui a déjà vécu ça ? Comment comprenez-vous ma situation ? Franchement, je vous appelle à l'aide... Je ne pense pas être moi-même un "polyamoureux" car je n'arrive pas à "aimer" d'autres que ma chérie. Comment gérer ses absences le soir ? Comment le vivre ?

Merci d'avance pour tout ...

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oO0

le jeudi 25 août 2016 à 11h03

Salut Unlike,

"Unlike" the ? Unlike you use to be ?

Pour ma part, je n'ai jamais connu le genre d'état dont tu parles, simplement parce que je n'imagine pas l'autre ou, du moins, toujours avec la distance qu'il est possible d'avoir avec le jardin privé d'un voisin. Vous êtes clairement plus que des voisins, c'est certain, mais justement, son jardin privé n'en mérite-t-il pas davantage de respect ? Cela ne veut pas dire pour autant qu'il s'agit d'un manque de respect au sens moral, d'une atteinte à sa vie privée. Cela se joue en deçà du bien et du mal, au niveau de l'imagination, soit de la manière dont tu imagines votre situation. L'imaginaire joue un rôle très important du point de vue de la vie affective des relations parce qu'il s'y joue une grande part de la vie émotionnelle, du sens qui est donnons à nos émotions et donc, du sens dans lequel nous les orientons. Ce qu'il y a de bien, c'est que ce n'est pas possible de tricher avec ses émotions même si cela peut être aussi déstabilisant que ce que tu vis au point de redouter de péter un câble.

La seule manière dont je m'explique pourquoi je n'ai pour ainsi dire jamais connu ce genre d'état ou alors, de très loin, c'est que l'amitié a toujours précédé la question de l'amour. L'une et l'autre dérive du même verbe, aimer. Très jeune, j'ai éprouvé une forte aversion pour le genre d'état que tu décris. Tu le décris toi-même d'ailleurs avec une certaine aversion. Cela aussi, c'est un état émotionnel qui ne triche pas. Enfin soit, pour ma part, j'ai donc toujours cherché l'amitié avant l'amour. Les ami(e)s ont toujours d'autres ami(e)s sans que cela ne provoque ce même genre d'état émotionnel et chaque amitié à toujours sa part d'intimité dont nous ne faisons pas partie. Chacun, chacune peut sentir avec des amis communs le moment où ce serait faire intrusion dans l'intimité de leur relation. Je pense qu'il s'agit de ce moment-là.

Sinon, ta situation est probablement plus polyamoureuse que la sienne. C'est avant tout accepter que l'autre puisse avoir d'autres relations plutôt que d'avoir plusieurs relations. C'est davantage la disposition à la liberté de l'autre plutôt que la revendication de sa propre liberté. Cela n'enlève rien au fait que la manière dont elle t'en a parlé pour arriver à cette liberté commune corresponde tout autant à une éthique polyamoureuse et que sa situation n'a rien de plus confortable que la tienne. Être dans la position de faire souffrir deux personnes n'a rien de confortable et, probablement, c'est ce qui te retient en partie d'en parler avec elle si tu ne l'as pas encore fait. Tu ne veux pas qu'elle souffre de te voir souffrir en même temps que tu as probablement peur que, si tu n'es pas polyamoureux, votre relation ne soit plus possible.

Pour ce qui est d'autres relations te concernant, tu sens bien que cela ne se choisit pas seul d'en avoir d'autre, que cela ne se choisit pas comme ça parce que le désir ne se choisit pas et que, même si une telle situation se présente, tu te rends également bien compte qu'elle n'est pas pour autant confortable. Bref, être à l'aise avec tout cela demande le plus souvent du temps, même en y étant naturellement prédisposé. Cela demande le plus souvent de redisposer son imaginaire intime dans les limites de ses réelles possibilités affectives.

C'est une possibilité que tu ne sois pas affectivement disponible à des relations polyamoureuses. Si tu arrives à être en paix avec cette éventualité, tu n'en discerneras que mieux ce qu'il en est réellement. Pour cela, tu peux déjà apprécier le fait de quatre ans de relation, tout ce que cela t'a apporté. Apprécier aussi le fait qu'elle a agi honnêtement avec toi, sans se cacher et la confiance qu'elle t'a faite pour cela, que vous vous êtes fait pour en arriver là. Même si cela n'avait pas été le cas, tu te rends bien compte que cela n'aurait pas changé pour autant la sincérité de vos sentiments. Bref, qu'en plus de cette sincérité, tu peux apprécier la prise de risque d'une honnêteté difficile. Nourrir l'imaginaire d'une relation peut se nourrir autrement qu'uniquement que dans un horizon de continuité sans fin. Ce que vous avez vécu jusqu'ici est ...

... réel, je t'invite à apprécier cette réalité du passé qui a bel et bien eu lieu sans te soucier de savoir s'il aura encore bien lieu, sans te soucier du futur.

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Minelli

le jeudi 25 août 2016 à 11h20

J'ai connu au bout de 10ans de mariage . donc pas la même situation . Et en fait faut "juste" (c'est la chose la plus difficile à comprendre ) que tu enregistres que malgré tout ce que tu as appris jusque la l'autre ne t appartient pas .
Pour me faire comprendre je prendrais l'image de la chenille que nous avons tous essayé de garder dans un bocal fermé ; parce que cette chenille était très belle et que nous voulions voir comment elle serait en papillon ; et puis au bout de quelques jours malgré tous tes soins ta chenille a l air en piteux état ....et la le verdict des parents tombent "faut la relâcher cette chenille même si tu t'y es attachée sinon elle risque de mourir malgré tes soins et que c'est nettement mieux de l'observer dans la nature"
En fait l'autre ne t'appartient pas , tu as l'immense chance , joie , bonheur de faire partie de sa vie de l'accompagner dans ce bout de vie , mais cet autre est libre . Que ,malgré la société dans laquelle on vit , tu peux vivre intensément l'amour que tu ressens sans que l'hypothèse "elle n'aime que moi "soit vérifiée.Ce qui est important c'est que tu l'aimes et que tu vives cet amour pas qu'elle n'aime QUE toi.
J'espère que mon témoignage t'a aidé . Belle journée à toi .

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(compte clôturé)

le jeudi 25 août 2016 à 12h36

Je ne répètes pas ce qui t'a déjà été dit, c'est-à-dire que l'autre ne t'appartient pas et que par contre vous semblez vous aimer sincèrement, ta compagne et toi. Je remarque surtout que, parti d'un accord assez serein, où vous discutiez de ce qu'elle pouvait faire, où tu établissais tes limites (se protéger, c'est évident, indispensable, et aussi que l'autre ne pollue as votre relation quand tu es avec ton amie, etc), tu es devenu en colère et mal après en avoir parlé à un copain. Qui t'as dit que lui, il ne supporterait pas. Que c'était impossible de vivre comme ça. Ce 'est pas impossible, de plus en plus de gens le font et s'en trouvent bien. Je le vis depuis plus de 40 ans et suis toujours avec le même homme, et d'autres amireux (amis/amants/amoureux, le lien est fluctuant mais solide).
En revanche, entendre les critiques des autres, leurs propres peurs, ça peut d'une part te faire peur, d'autre part te faire craindre qu'on te prenne pour "le cocu de service". S'entendre dire qu'on est "bien trop complaisant" ou "qu'on est une bonne poire", c'est extrêmement désagréable et ça peut faire perdre confiance en soi. Or, en polyamour, la confiance en soi et en l'autre, en les autres, est essentielle.
Bien souvent, ces réflexions reflètent la jalousie de personnes qui aimeraient être aussi libres que ça mais n'osent pas, n'y arrivent pas. Elles affirment donc que ce n'est pas possible pour justifier leur position. A toi de te dire "ce n'est pas possible pour lui, mais c'est possible pour nous". Et éventuellement de répondre aux personnes qui peuvent te critiquer ou te faire peur que tu comprends qu'elles n'y arrivent pas mais que ton choix de vie ne regarde que ta chérie et toi (et vos éventuelles autres amours, car toi aussi tu rencontreras peut-être des personnes avec qui tu auras envie d'une relation intime, quelle que soit le degré d'intimité). La crainte du regard des autres, c'est terrible...

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Acajou

le jeudi 25 août 2016 à 12h44

A vrai dire moi je suis un peu ton opposé, je ne connais pas la jalousie, c'est même un jeu entre ma copine (qui est ma relation principale) et moi (on a plutôt la trentaine). Je rêve de la voir coucher avec ses amants devants moi. J'ai presque honte de le dire mais ça m'excite. J'aime tellement les voir prendre du plaisir. On a quand même une certaine pudeur, mais on se fait confiance à 100% pour la stabilité de notre couple. Et moi je tombe amoureux assez facilement, enfin j'ai des périodes où j'aime toutes les femmes, et d'autres plutôt solitaire où je suis bien tout seul. C'est arrivé que je sympathise même bien avec ses amours, qu'on discute ensemble, fasse des sorties, sans tabou.. J'aime bien regarder ses messages et elle aime bien faire ça aussi.

Je ne sais pas si ça t'aide mais c'est pour te dire dans quel monde peut vivre un polyamoureux (même si après chacun a sa manière de voir les choses), et ce que tu écris se rapproche davantage du point de vue des personnes qui se disent exclusives. C'est courageux de faire ça pour ta copine, mais j'ai envie de dire qu'il ne faut pas que tu t'oublies dans l'histoire.

Là où je te comprends, c'est qu'effectivement elle s'amuse pendant que toi tu restes à la maison comme une bonne poire, là il y a un problème car tu vis mal une situation et elle ne fait peut-être pas suffisamment pour que tu te sentes bien. Moi je ressens un peu la même chose du fait que c'est beaucoup plus difficile pour moi de nouer les relations dont j'ai envie que pour ma copine, et pour ça elle ne fait pas grand-chose pour me soutenir. Je n'ai pas de problèmes avec ce qu'elle fait avec les autres, j'ai un problème avec ce qu'elle ne fait pas pour moi.

Je n'ai pas de solution miracle mais j'ai trouvé qu'à chaque fois que j'étais capable d'exprimer ce dont j'avais vraiment envie, que je faisais ce qui me faisait vraiment plaisir, ça évoluait dans le bon sens.
C'est aussi en faisant ce qui te fait du bien à toi que les autres te donneront mieux ce dont tu as envie. Le soir quand elle est absente et que tu te sens mal, ne reste pas comme ça, fais ce dont tu rêves.
Et si ça te fait du bien de taper dans les murs, tape dans les murs, c'est pas encore interdit, que je sache. C'est débile, mais ça fait du bien.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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bonheur

le jeudi 25 août 2016 à 14h28

Je dénote que, tant que cet ami bienveillant ne t'a pas fait de remarques, tu vivais plutôt bien la situation. C'est les remarques d'autrui qui te mettent mal à l'aise.

Etre poly, c'est sortir d'un moule et donc susciter l'incompréhension. Il faut y être réellement confronté pour comprendre. Ce n'est pas le cas de ton entourage.

Deux options : ne plus en parler et garder cela pour toi ; assumer et faire le tri dans tes relations. La troisième option étant d'indiquer à ta copine qu'elle est hors normes et que par conséquent tu ne peux pas assumer sa découverte et son évolution... ce qui impliquera qu'elle fasse un choix (séparation d'un des hommes aimés ; enfermement dans une relation monogame à vie ; séparation et anéantissement de votre couple comme de vos projets)

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bonheur

le jeudi 25 août 2016 à 14h49


Unlike2016

Je redécouvre des sensations enfouies en moi que je croyais ne pas exister : la violence, la haine, les envies de se faire mal, de taper dans un mur,...

Dans le livre que je lis actuellement "que se passe-t-il en moi ?" de Isabelle Filliozat, l'auteur préconise de décharger seul sa colère sur... un coussin (ça fait moins mal) et de ne pas hésiter à crier, à hurler (ce qui règlera tes soucis de crispation de la mâchoire... je connais ça malheureusement)

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homme_partit

le jeudi 25 août 2016 à 17h29

Bonjour.

Il y a un certainement un décalage entre ta vitesse d'acceptation et ses RDV avec l'autre personne.

Le fait de ruminer alors qu'elle est avec l'autre homme, provoque un déséquilibre qu'il te faut absolument aborder avec elle.

Accepter le poly pour elle reste difficile. Accepter une situation doit être pour soi en premier, car te forcer à quelque chose n'est pas viable. Il faut aussi entendre que le poly n'est pas pour tout le monde. Il y a des personnes qui sont heureux ainsi, d'autres qui sont et resteront monos.

Je ne crois pas qu'une recette miracle existe afin de transformer ses ressentis, mais il est bien de pouvoir les comprendre.

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Winter

le jeudi 25 août 2016 à 18h15

Le plus rassurant c'est que tu veuille comprendre et faire marcher ta relation. C'est une chose qui n'est pas donnée à tout le monde, bravo !

Captain Obvious speaking : Tu ne vis pas bien ta relation amoureuse.

N'oublions pas que la règle n°1 : la discussion.
Vous avez commencez à parler le soir où elle c'est ouverte à toi, super !
Continuez.
Il faut que tu lui dise ce que tu ressent. En gros ton post quoi. Moment dur à venir mais il faut le faire.

La jalousie en dit plus sur ta propre insécurité qu'elle n'en dit sur les actes de ta partenaire. (oui j'ai plagié un article du site :) )
Je suis dans ton cas : J'aime ma compagne plus que tout, j'ai eu peu d'ex et elle est aussi amoureuse d'un ami.
Et oui certain soirs c'est dur. Notre premier week-end avec des amis a été pénible.

Ce qui me rassure c'est qu'elle me montre de plusieurs façon qu'elle m'aime encore. Et je t'avoue que depuis cela va beaucoup mieux !

Essaye de prendre le temps de parler sérieusement de tes ressentis. Il faut donc que tu pose les mots sur ce que ressent, faire une liste des choses positives et négatives de votre relation poly.
Si j'ai bien compris les articles que j'ai pu lire sur le polyamour, la jalousie est souvent un marqueur d'insécurité.

Et décharger sa colère sur un pauvre coussin qui ne t'a rien fait est un super idée ! Je prend !

Et si malgré des signes d'amours et une remise à plat des choses tu souffre encore, ne serait-il pas que tu serais plus mono que poly ?

Dans tous les cas sache que y a type derrière son écran qui pense à toi et espère que vous iraient mieux vite.

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bonheur

le jeudi 25 août 2016 à 21h20

Je suis poly(affective), mon mari est mono.

Un couple mono-poly, ça existe et ça perdure, même si à la base nous étions un couple "standard". Par contre, la transition est difficile, délicate, et demande énormément d'énergie et de connaissance de soi. Le développement personnel et la compréhension d'autrui doit aller de paire.

Moi j'ai beaucoup lu... parfois je me suis reconnu, parfois ça m'a interpellé, parfois j'ai réussi à comprendre une personne de mon entourage... C'est je pense l'heure que toi, ta compagne, son amoureux, releviez vos manches... car c'est du boulot. Aucune simplicité, contrairement aux idées trop reçues, d'être, de vivre ou d'aimer un-e polyamoureux-se

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PiCatMi

le jeudi 25 août 2016 à 21h21

Bonsoir à Toutes & Tous,
Nous nous décidons enfin à vous écrire alors que depuis deux mois j'ai découvert votre site et le lit régulièrement... et en parle à ma compagne. Voilà notre "cas"...

Suite à un concours de circonstances je me suis rendu compte que mon épouse, je dirais plutôt la compagne qui partage ma vie, (j'essaye de ne pas être possessif comme certain de nos amis !) avait renoué avec son premier amant qui a 30 ans de plus qu'elle, mais cette histoire, antérieure à la nôtre, date de 38 ans ! Nous avons respectivement 55 ans et lui 85 ans. J'ai ressenti la déconvenue de la découverte et la période nécessaire pour moi à digérer la nouvelle de son manque de confiance en moi est ce que je pourrai lui reprocher.
Je comprends intellectuellement ce qu'elle me dit,qu'elle voulais terminer lzur histoire mais que de manière impromptue ils ont ravivé la flamme ancienne.
Intellectuellement, je trouve leur histoire merveilleuse, même si pour l'instant j'ai encore un peu de mal à l'intégrer viscéralement. Il faut sans doute laisser du temps passer...
Personnellement, je suis spontanément monogame, héritage de la société dans laquelle j'ai été élevé...
Elle aussi, sauf qu'elle revendique nous aimer tous les deux et de ne pas vouloir choisir entre nous, chacun lui apportant des choses différentes. Cependant elle affirme aussi que personne d'autre ne rentrera dans sa vie, outre nous deux. Et puis notre couple, depuis 34 ans, a aussi construit des choses. Nous avons fait ensemble deux filles qui maintenant volent de leurs propres ailes.
Comme monogame, je me suis posé la question de savoir ce qui m'importait le plus : la rejeter parce qu'elle a renoué avec son premier amour et à été infidèle? Ou bien rester avec elle parce que JE L'AIME toujours autant et que je me suis rendu compte qu'elle est radieuse depuis qu'elle a renoué avec lui. Et qu'elle est fidèle ... à elle-même et au même homme malgré le temps ?
Et à moi aussi ! Parce qu'elle me dit qu'ELLE M'AIME toujours autant... et me le prouve (la tendresse entre nous s'est rallumée et nous n'avons pas fait autant l'amour depuis notre première année de rencontre), comme le signale Unilike !
Ils ne peuvent se retrouver que 2-3 jours tous les 3 mois environ, lui étant tout simplement infidèle puisque son épouse n'est pas au courant (au fait il est dans les vieux schémas, normal vu son âge, ma compagne est SA chose, ce qu'elle n'apprécie pas).

Personnellement je ne suis pas attiré par d'autres femmes. Un copain à qui nous en avons parlé nous a dit : A elle, quitte l'autre de suite et à moi quitte cette "salope"!
Aucun de nous deux n'a retenu cette solution !

Nous nous posons la question de savoir comment procéder lors de leurs rencontres : elle souhaite que la veille de son départ et le soir de son retour elle puisse dormir seule ailleurs -on a cette possibilité- avant de nous retrouver, manière pour nous d'augmenter nos désirs communs de nous retrouver.
Ma première réaction de rejet de l'idée ne me semble plus raisonnable, mais je ne sais pas encore comment vont ce dérouler ces journées pour moi, comment je vais réagir psychiquement, viscéralement.
Auriez-vous des conseils à nous donner dans le but de pérenniser cette situation aux bénéfices de chacun de nous ?

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bonheur

le jeudi 25 août 2016 à 21h32

Picatmi, je doute que vous ayez besoin de conseils car je pense que vous savez déjà et que votre histoire, unique, se suffit à elle même. Dommage que l'amoureux de ta compagne ne soit pas sur la même pensée que vous-deux.

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PiCatMi

le samedi 27 août 2016 à 17h21

Merci Bonheur de ta réponse (quel superbe pseudo, surtout dans ce blog!).
Nous analysons ta réponse de la façon suivante : lorsque nous discutons, échangeons et tombons d'accord c'est que la solution est bonne pour nous à ce moment là. Quitte à ce que plus tard on en trouve une meilleure.
Il est en effet dommage que la troisième partie de notre Vee (selon Franklin Veaux, on n'aime pas le mot "Trouple" !) ne participe pas. C'est en dehors de sa carte mentale, du moins pour l'instant. D'un autre côté comme nous sommes le couple primaire et comptons le rester c'est à nous de trouver Notre solution.
Les autres fils de discussion nous aident aussi beaucoup pour cela, on aurait envie de participer à tous...
Se rendre compte que ce que nous vivons peut être ressenti par d'autres est réconfortant.

Bientôt je vais être confronté au fait que notre poly va "officiellement" retrouver pendant 3 jours le troisième membre de notre Vee et que je vais "affronter" ce passage seul. J'ai déjà lu certaines de vos interventions à ce sujet, mais il n'est pas exclu que j'ai recours à vous à ce moment là.
A vous lire.

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bonheur

le samedi 27 août 2016 à 18h09

Je ne connais pas Franklin Veaux... et le mot trouple a un autre sens à mes yeux. En effet, je considère qu'un trouple fait une vie commune et que chaque membre aime réellement les deux autres. Je sais que ça existe mais je suppose que ça arrive peu souvent.

Le hic, c'est que considérer le couple de cet homme comme un facteur extérieur à la situation est peut être à réfléchir. Vous n'y pouvez rien, sauf que si la vérité s'apprend, ton épouse sera mise en cause. Elle est volontaire pour cette collaboration à la tromperie et à la trahison (peut être que ça la ronge déjà). Toujours est-il que l'on ne doit pas se déresponsabiliser de l'impact que nos actes peuvent créer sur autrui. Ce n'est pas pour culpabiliser que j'indique cela, au contraire.

3 jours, oui, il va falloir s'occuper. Votre couple semble solide et réfléchit... et surtout votre dynamique est commune... ensemble est importante pour s'épanouir, individuellement comme collectivement.

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Kryrids (invité)

le lundi 29 août 2016 à 14h19

«  chaque membre aime réellement les deux autres »

C'est quoi «  aimer réellement » ?

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bonheur

le lundi 29 août 2016 à 21h10

Il se trouve que parfois, certaines personnes aime par nécessité, pour le commun. Je reconnais, cette tournure peut sembler maladroite.

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Evavita

le jeudi 01 septembre 2016 à 23h21

C'est pas un grand secret mais les émotions c'est très communicatif (je m'autorise la généralité sur ce coups-ci parce que c'est un fait démontré) et tu as su identifier toi même que ton ami t'avait communiqué ses peurs.

Ceci étant dit, moi ça m'a l'air d'avoir servi de "déclencheur" et pas d'être la cause directe de tes craintes.

De ce que j'en comprends, c'est allé très vite pour toi. La supposition que je fais c'est qu'au début, tu t'es retrouvé "happé" par le référentiel (son point de vue) de ta copine puis par ceux découverts sur ce site et enfin par celui de ton ami. Comme ce ne sont pas tes référentiels mais ceux d'autres dans lesquels tu t'invites involontairement, et bien c'est fragile parce que ce n'est pas à toi. Je pense que c'était une très bonne chose, de voir les avis et les pensées des uns et des autres.
Mais j'ai maintenant la sensation que ce dont tu as besoin c'est de trouver ton propre avis, ton propre référentiel, ce faisant tu seras plus à même de le porter et il sera moins sujet à flancher quand il sera confronté à la critique. Sans nul doute, plus facile à dire qu'à faire.

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philipK

le vendredi 02 septembre 2016 à 08h12

Cette horreur en toi, cette rage, ne sont que la forme refoulée de ton excitation, de ton desir.

Pourquoi penses-tu qu'on regarde des films porno si ce n'est pas parce dans le fond on desire tous (nous les hommes) voir sa femme faire l'amour avec un autre?

Appellons-ça masochisme, ou part homosexuelle, ou.. autrement... peu importe!

Si tu refoules violemment tes pulsions tu vas devenir un homophobe, ou un misogyne.

Accepte-les. Retourne-les. Fais-en quelque chose de beau.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Tcheloviekskinoapparatom

le vendredi 02 septembre 2016 à 14h58

A propos du cas d'Unlike 2016, je note ce passage :

Unlike2016

Or, depuis un jour ou deux, j'ai décidé de m'en ouvrir à un ami. Je me suis mangé un mur d'incompréhension : "je n'y crois pas", "pour moi c'est pas possible" ... Vous voyez. Du coup, même si je ne suis absolument pas d'accord avec ses propos, cela a quand même provoqué quelque chose en moi. Depuis, je me mets à avoir une colère "froide". A chaque fois qu'elle part voir "l'autre" pour la soirée, je fais tout pour ne pas y penser en m'occupant, mais dès que j'ai un moment sans rien c'est horrible. Je redécouvre des sensations enfouies en moi que je croyais ne pas exister : la violence, la haine, les envies de se faire mal, de taper dans un mur, etc. Le pire étant quand je me couche seul : je me sens "émasculé" symboliquement que de penser que "un c** se tape ma copine alors que je fais sagement dodo à la maison comme une bonne poire"...

Tu utilises le mot "Emasculé", et sans faire de la psychanalyse de bazar, je pense qu'il y a quand même là un aspect clé. Les hommes dans notre société sont encore élevés dans l'idée que leur honneur passe par la fidélité de leur femme, entendue comme exclusivité sexuelle. On incorpore ça par l'éducation, les films, la télé, les chansons, etc. de telle sorte que ça imprègne notre corps même, et de fait tu parles de symptômes physiques de ton malaise.

Un peu comme pour des phénomènes comme le vertige ou la peur de l'avion, ce n'est pas parce qu'il y a des symptômes physiques qu'on n'y peut rien, qu'on ne peut pas faire le choix raisonné de combattre ces réflexes. Mais c'est vrai que ça demande un peu de temps, d'énergie, de détermination, et il vaut mieux le savoir.

Tu m'as l'air de faire des tas de choses très utiles dans ta situation (communiquer, s'occuper, etc.). Je pense que c'est utile aussi de réfléchir sur cette question de la "masculinité" et ce que ça veut dire. Quelles sont les qualités que tu souhaites véritablement développer plutôt que celles que la plupart des hommes suivent ? Pourquoi ça serait honteux que ta copine couche avec un autre ? Aime un autre ? Pourquoi ce serait honteux que tu veuilles lui laisser cette liberté, et aussi pouvoir explorer la tienne, tout en préservant et en cultivant votre relation ?
Pour ma part, c'est beaucoup la volonté de ne jamais être un obstacle aux bonheur des femmes que j'aime qui m'a poussé dans ce genre de questionnement.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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