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[Livre] élaboration d'une Bibliographie, commentée, sur le polyamour

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artichaut

le samedi 28 décembre 2019 à 17h36

Je viens de lire Couple Ouvert À Deux Battants de Dario Fo et Franca Rame, Éd. de l'Arche 2018 (Coppia aperta, quasi spalancata, 1983, nouvelle version en 2010)… et non ce n'est pas poly.

Présentation de l'éditeur
Couple ouvert à deux battants est un des grands classiques de Dario Fo et Franca Rame, largement inspiré de l'histoire de leur propre relation.

Synopsis
Une femme menace de se suicider face aux tromperies répétées de son mari. Il lui propose alors un marché : l'union libre pour sauver leur couple. Antonia accepte tant bien que mal ces nouvelles règles du jeu, mais ne peut se résoudre à aller voir ailleurs. Cette situation devient peu à peu insoutenable, jusqu'au jour où elle aussi se décide à ouvrir un battant de porte de leur couple. Le mari, alors pris d'une jalousie maladive, lui fait une grande scène de ménage. Dès lors, manipulation affective ou culpabilisation, tous les moyens sont bons pour garder l'autre sous sa coupe.

Source : (1)


—SPOIL—
La pièce redessine une énième fois la figure du mari (L'Homme), sa femme (Antonia) et son amant (Le Professeur).

Alors oui ça parle de couple ouvert, et de manière assumé, et avec inspiration autobiographique et autodérision et déjà ça c'est plutôt rare, …mais on est rapidement prévenu que : « Le couple ouvert est une escroquerie ! Tout le monde s'y est cassé les dents… » (Antonia, p23) et la fin ne contredira pas cette assertion, le mari finissant pas —probablement— périr à cause de la relation de sa femme.

On retrouve ici la figure classique du mec (le mari) qui a plein de maîtresses, et qui après avoir demandé d'ouvrir leur couple (non par souci de réciprocité mais pour calmer la colère de sa femme), ne change rien à sa vie quand elle, elle galère à trouver un éventuel amant, et quand enfin elle finis par y parvenir… le mari est ultra-jaloux…

Alors certes c'est fait sur le ton de l'humour et on peut se dire que c'est une manière de s'en moquer. Le Professeur dans la pièce reçoit le prix Nobel de littérature (comme Dario Fo en 1997, …cela a-t-il été ajouté à la nouvelle édition ?), du coup je me suis demandé si dans le caractère +ou- autobiographique, Dario Fo n'était pas cet amant qui enleva cette femme à son mari jaloux. Mais ça ne change pas grand'chose au fait que la pièce ne parle quasi que de jalousie (et sans jamais envisager qu'il soit possible de la changer).

La pièce en effet ne comporte aucune empathie (rien que de la jalousie). De plus elle comporte de gros clichés sexiste (une femme pour séduire doit porter des talons et faire journellement des exercices pour affiner sa ligne), et puis c'est toujours la jeunesse et l'intelligence qui sont présentés comme la panacée.

Donc, bof.


Les seules répliques à retenir (peut-être) :

L'Homme : Ahaaaaaaah ! Quel con je suis ! Regarde-ça je suis tout en sueur !… Je me sens comme le prototype parfait du mâle de merde.

Antonia : Eh oui. Il faut avouer que le couple ouvert à ses inconvénients. Primo, pour qu'il fonctionne, il faut qu'il ne soit ouvert que d'un côté, celui du mâle. (Se retenant difficilement de rire.) Parce que s'il est ouvert des deux côtés, ça fait des courants d'air.

p. 44&45.

—Fin du SPOIL—


Décidément, ce n'est pas facile de trouver dans le registre de la fiction, des livres qui parle de polyamour, même écrits par des auteurs censés avoir expérimenté la chose.
Sartre/Fo/Rame : zéro pointé !

C'est tout de même sacrément décevant.

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