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Mauvais début

Témoignage
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marie-stuart (invité)

le samedi 17 février 2018 à 18h54

Bonjour à tous.

En couple depuis 6 années, je me savais théoriquement poly, lui mono. D’entrée de jeu, j’avais annoncé la couleur et lui la sienne. Il m’a toujours affirmé que mon poly ne le gênait pas tant que cela restait théorique. Mais étant mono dans l’âme, jamais il ne pourrait accepter cela.
Il me disait que chacun était libre de ses actes tout en demandant une transparence si je devais passer à la pratique. J’avais décidé d’être franche, il a été tout autant.

Nous avons vécu ainsi durant 6 ans jusqu’à ce que j’ai un énorme coup de cœur pour un homme. J’ai senti tout à coup, une envie profonde d’amorcer une relation avec ce célibataire.
Le hic, c’était mon compagnon et son exclusivité.
Me voulant honnête, j’ai remis le sujet sur la table et il a senti rapidement la raison de cette discussion.
Il a écouté mon envie de construire une relation avec cet autre homme, mon amour pour lui qui serait encore plus fort s’il acceptait, que je devais m’affirmer dans mes envies.

Oui mais lui aussi m’aimait exclusivement mais il m’aimait. Lui aussi se voulait plus de fort de cet amour unique qu’il me portait. Lui aussi voulait affirmer son exclusivité.
Il disait que j’étais libre, que je l’avais toujours été. Il ne me reproche rien mais ne peut accepter cette autre relation.
Cet autre homme est aussi attiré par moi, il connait ma situation de couple et l’idée du poly ne le gêne pas. Il se sent prêt à avancer avec moi.

En faisant quelques recherches, mon compagnon et moi sommes tombés sur ce forum et avons lu divers messages.
Il a retenu la souffrance des monos dans les couples monopolys, précisant que la vie est relativement difficile et qu’ajouter de la souffrance n’est pas sa vision de vie.
Nous nous séparons temporairement, il a besoin de réfléchir à la suite de notre couple. De mon côté, je voudrais continuer notre histoire sans renier qui je suis.

Voilà un exemple, encore un, d’une situation poly qui démarre mal.

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Caoline

le samedi 17 février 2018 à 19h10

Je pense très souvent que le témoignage de mon compagnon serait utile car la transition chez nous c'est faite en douceur sans souffrance. Le souci c'est qu'il n'aime pas du tout écrire. On a parlé récemment de le faire sous forme d'interview. Il faut qu'on prenne le temps. Si ton compagnon souhaite échanger avec lui par téléphone, je pense qu'il serait d'accord.
Bon courage à tous les 2.

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artichaut

le samedi 17 février 2018 à 20h19

Bienvenue ici marie-stuart.

Je ne suis pas d'accord avec toi. Je ne trouve pas que ce soit "une situation poly qui démarre mal", ni que ce soit un "mauvais début", bien au contraire.

Et j'espère ne pas te blesser en disant : Que vous vous sépariez en définitive ou non (ainsi va la vie), que tu continue ou pas cette histoire avec ce nouvel homme (la vie est faite de choix), je trouve, au contraire, votre histoire très belle et faite dans le respect de l'autre.

Et oui pour le site, un classement plus précis entre "Témoignages" (de polys assumés, conversion réussies, polys au long cours…) et "Bases" (ou une autre catégorie ?) pour les demandes d'aides, les couples poly/mono débutants, les difficultés spécifiques au début, etc, serait plus approprié. On peut avoir l'impression parfois en lisant ce site, que très peu d'histoires poly se passent bien.

Et le "but" du polyamour n'est certes pas d'ajouter de la souffrance dans les relations ! Plutôt d'apprendre à mieux se connaître, à connaître ses peurs et ses faiblesses, à s'entraider à les affronter, à souhaiter le bonheur de l'autre, et finalement partager un amour plus fort, plus lucide et possiblement plus sincère (même si dans votre cas la sincérité est déja là).

Message modifié par son auteur il y a un an.

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artichaut

le samedi 17 février 2018 à 20h34

@Caoline, si t'as le courage de faire l'enregistrement et le retranscrire c'est super. Sinon tu peux aussi peut-être contacter Polyphil sur polyamour.be où il y a plein de super émissions de radio.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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Caoline

le samedi 17 février 2018 à 21h56

artichaut
@Caoline, si t'as le courage de faire l'enregistrement et le retranscrire c'est super. Sinon tu peux aussi peut-être contacter Polyphil sur polyamour.be où il y a plein de super émissions de radio.


Message modifié par son auteur il y a une heure.

Ma foi, vu comme ses réponses sont brèves, ce n'est pas ses réponses qui sont longues à retranscrire ;-) /discussion/-bEZ-/Temoignage-transition-relation-e...

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bonheur

le samedi 17 février 2018 à 22h05

Bonjour Marie-Stuart,

J'ai eu un choc émotionnel il y a 10 ans et j'ai réalisé mon amour pour un autre homme que mon mari. Nous étions très traditionnel, dans le sens où on vivait heureux sans se poser de questions. Avec mon mari, nous nous connaissons depuis petits et j'avais souvent des amours, successifs ou simultanés. Et puis, le bac en poche, trouver du boulot, payer le loyer et se marier. L'année d'après, un enfant, le quotidien à gérer puis deux autres enfants rapprochés et une entreprise à gérer (pour moi) puis une maison à construire, les travaux, les enfants, les écoles, mon entreprise (j'ai décroché), une période de chômage trop longue avec un encroutement évident, une formation de réorientation et cet évènement. J'ai eu peur pour la vie de cet homme dont j'étais si proche (tout le temps ensemble) et cette vérité qui m'a submergé "je l'aime". Cette annonce, à cet homme et trois jours d'intervalles sans dormir, à mon mari.

Le résultat, cet homme qui me tourne le dos (je suis mariée), mon mari paumé ayant toutes les peurs infondées et moi, là au milieu, avec ma volonté d'honnêteté et de franchise. Volonté vitale pour moi et qui me fait tenir. Je vis tout de même cette situation comme une injustice et je me considère comme un monstre. Et puis, le temps a passé, difficilement. Je prends la décision de faire mon deuil de cet homme. Décision horrible mais nécessaire, je dois avancer. Mon mari est à mes côtés, m'aide. Je suis à ses côtés, je l'aide... et nous avançons.

L'amour appelle l'amour. Je recontacte un ex-coup de foudre... que j'aime toujours et tellement. Je refuse sa proposition de divorcer pour lui. Je n'avais jamais eu cette intention. Mon mari évolue, il se connaisse et ils se parlent. Au final, cet homme oscille entre amour et amitié. Il rencontre une femme, avec laquelle il s'installe puis avec laquelle il se marie. Moi, je suis extérieure à sa vie. Elle ne me connait pas. Il ne veut pas "d'ennuis". Je finis par faire de nouveau mon deuil de cette relation en 2012. En 2011, j'apprends par le plus grand des hasard le terme "polyamour" et sa définition grossière. Wahoo ! Enfin, je m'identifie. Le brouillard se dissipe et j'assume. Curieusement en 2011-2012, je fais un vrai coming-out et m'assume vraiment.

Je m'aperçois que dans mon entourage, je dois désormais faire du tri. Je prends la distance indispensable avec ceux et celles qui ne m'acceptent pas telle que je suis. Je suis conviviale, je me fais un nouvel entourage. Mon mari est et restera certainement toute sa vie mono. L'amour est trop compliqué (c'est sa conclusion de l'histoire). Il se réjouit de mes bonheurs et de mon épanouissement, mon évolution, ma nouvelle philosophie générale de vie. Il me console à chaque séparation, cruelles injustices pour moi.

Comme je dis souvent, on est un couple mono-poly et on s'est acheté la précieuse Rue de la Paix. :-D .

Ca ne s'est pas fait en un jour. Il y a eu des hauts et des bas. J'ai beaucoup pris sur moi pour la communication sans claquages de portes et je ne fais plus la gueule (je pouvais ne plus dire un mot durant plusieurs jours). En polyamour, la qualité dans la communication est primordiale. J'ai fait un réel travail de développement personnel. Les polys doivent s'exprimer, notamment sur eux-mêmes. C'est ce qui m'a poussé à vouloir mieux me cerner. On croit souvent se connaitre et on constate que l'on connait essentiellement la construction que l'on a fait de nous. Déconstruire pour reconstruire, je dirais que c'est essentiel.

Sur les qualités des polys, je peux, en plus du judicieux conseil de artichaut, lire sur amours.pl

Si tu lis, je peux également t'adresser des références de livres liés au polyamour.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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hinatea24

le dimanche 18 février 2018 à 11h16

Bonjour,

Quand j'ai rencontré mon compagnon actuel en 2010, je n'arrivais pas à me laisser aller à l'aimer, alors qu'avec lui tout était simple mais j'étais toujours amoureuse en secret de mon ex, mais avec ce dernier c'était trop compliqué, il voulait une union libre, chacun chez soi, les avantages sans les inconvénients de la vie de couple. Moi, ayant été mariée pendant 17 ans auparavant, je ne connaissais que la vie de couple. Bref, en 2011 tout comme bonheur ;-), mon ex m'a fait lire un article sur le polyamour sur psychologie magazine, et je m'y suis retrouvée, mais comment en parler à mon compagnon, profondément mono et jaloux. Alors que notre relation battait de l'aile en 2013, j'étouffais dans cette relation monogame, c'est lui, à ma plus grande stupéfaction, qui m'a proposé de prendre un amant et pourquoi pas mon ex, dont il savait que j'étais toujours très proche. Et mon rêve est devenu réalité. Mais au bout de quelques temps, il a tourné au cauchemar ou presque, des jaloux, des envieux bref des emmerdeurs s'en sont mêlés, on a tout arrêté, à mon plus grand regret !

Mais polyamoureuse un jour, polyamoureuse toujours ! Depuis 2 ans et demi, j'ai un nouveau polyamoureux, mon compagnon est toujours polyacceptant. Cette nouvelle relation est plus affective que sexuelle, je les aime tous les deux et je suis bien.

Je dirais pour conclure qu'après un divorce difficile, le polyamour m'a réconcilié avec l'amour :-) . Aimer deux personnes permet de ne pas être dépendante d'une seule !

Bonne journée.

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bonheur

le dimanche 18 février 2018 à 12h08

Y a-t-il de "bons" débuts ?

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bonheur

le dimanche 18 février 2018 à 12h10

hinatea24
Mais au bout de quelques temps, il a tourné au cauchemar ou presque, des jaloux, des envieux bref des emmerdeurs s'en sont mêlés, on a tout arrêté, à mon plus grand regret !

Je me rappelle de cette discussion. Je suis heureuse que tu sois restée toi-même et surtout vivante (+) .

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Caoline

le dimanche 18 février 2018 à 12h14

bonheur
Y a-t-il de "bons" débuts ?

Je ne trouve pas le notre que je suis en train de raconter mauvais. Je dirais ce que j’en pense quand j'aurais fini.

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artichaut

le dimanche 18 février 2018 à 14h21

hinatea24
polyamoureuse un jour, polyamoureuse toujours !

cette phrase, il faudrait l'écrire en grand, l'encadrer et la donner en cadeau à tous les monos en questionnements ou futures acceptant.e.s

on peut ralentir, prendre l'autre en compte, voire même s'empêcher de vivre des choses pendant plusieurs années, ça reviendra toujours sur le tapis, à un moment donné

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bonheur

le dimanche 18 février 2018 à 15h21

Tout à fait. C'est comme une seconde nature ! Enfin, je veux dire c'est comme dans notre ADN

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bonheur

le dimanche 18 février 2018 à 15h23

Pour Caoline : je voulais dire par là qu'il y avait juste un début et que son caractère n'a pas à être considéré comme bon ou comme mauvais. L'existence est !

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hinatea24

le dimanche 18 février 2018 à 17h48

Merci bonheur, oui je suis restée moi-même et vivante, malgré une certaine frustration, j'aimerai partager plus avec mon polyamoureux, plus d'activités, de temps, mais ce n'est pas simple. Même si mon compagnon accepte sur la forme, dans le fond, il y a encore des freins.

Oui, artichaut, le polyamour est pour moi la plus belle conception de l'amour. C'est du moins, aujourd'hui, ma philosophie de vie !

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bonheur

le dimanche 18 février 2018 à 18h42

Pour hinatea24 : frustration ou injustice / frustration et injustice. Personnellement, le fait que je sois mariée est un frein psychologique pour m'aimer. J'y ressens à la fois de la frustration ET de l'injustice.

Rien que pour cela, je participe ici et aussi, je reçois lors de rencontres, je réponds aux médias afin de faire un contre-pied à cette injustice. Les mentalités, c'est à nous, poly, de les instruire afin que l'injustice s'estompe. Il faut que ça avance en ce sens !

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Via7

le mardi 20 février 2018 à 08h13

Je n'ai connu que des mauvais début dans ma vie à vrai dire

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marie-stuart (invité)

le mardi 27 février 2018 à 20h57

Bonjour et merci pour vos réponses.

A la lecture de vos réponses, j'ai relevé deux possibilités, la transition de mono à poly ou la séparation.
Mon compagnon a rajouté la transition de poly à mono avec l'interrogation de pourquoi lui doit changer et non moi.

nous avons eu une grande discussion, chacun avance ses argumentations et il en ressort que personne a raison, personne n'a tord.

Pour faire court, il a décidé de partir. J'entends bien qu'il est seul responsable de ses actes, tout comme moi. Mais cette séparation est le résultat d'un changement de ma part, même si annoncée dès le début de notre histoire.

je ne sais pas trop quoi penser de notre couple qui s'éteint, cela me fait mal, c'est sur.

Pour mon autre, il me rassure, me porte et me soutien. Il comprend ma situation mais sans pouvoir m'aider réellement. je tiens à lui, mais je me déteste de faire souffrir mon compagnon.

je ressens une drôle de sensation, contente de la présence de mon autre tout en la détestant, la rendant responsable de ma séparation.

Désolé de ce fil décousu, j'ai un peu de mal actuellement à me recentrer sur mes réelles priorités.

Merci.

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hinatea24

le mercredi 28 février 2018 à 09h16

Bonjour,

Désolé pour l'issue de votre relation.

bonheur
Personnellement, le fait que je sois mariée est un frein psychologique pour m'aimer. J'y ressens à la fois de la frustration ET de l'injustice.

Je crois que pour moi, il est bien là le problème, mon couple est un frein pour m'aimer. En fait, je m'aime que si l'autre m'aime et encore ! J'ai besoin de plaire et d'aimer au-delà de mon couple pour me sentir vivante, mais c'est moi qu'il faut que j'apprenne à aimer.

Je me demande parfois si moi aussi, je ne devrai pas penser à la rupture :-( .

Marie-Stuart
je ne sais pas trop quoi penser de notre couple qui s'éteint, cela me fait mal, c'est sur.

Bon courage à vous.

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Siestacorta

le mercredi 28 février 2018 à 10h53

hinatea24
J'ai besoin de plaire et d'aimer au-delà de mon couple pour me sentir vivante, mais c'est moi qu'il faut que j'apprenne à aimer.

Je me demande parfois si moi aussi, je ne devrai pas penser à la rupture :-( .

Ben dans l'ordre, faire le chemin pour s'aimer soi-même (je conseille notamment la méthodes 3 kifs de ce livre pour commencer à cultiver des parts de soi et aimer sa propre vie, et chercher un thérapeute si ya du gros-œuvre (quitte à en essayer plusieurs jusqu'à tomber sur le bon contact, la première séance où on demande "comment ça va se passer, comment vous dialoguez avec un patient, est parfois gratuite, je trouve que c'est un signe de probité)), c'est la priorité.

Par rapport à une éventuelle rupture, ça te laissera avec deux options : soit t'as compris plus de trucs sur comment satisfaire tes besoins, et si ça se trouve ton amoureux actuel peut très bien te satisfaire sans que tu craignes de manques, soi tu te comprendras assez bien pour ne pas lui en vouloir de ne pas être la personne qui peut t'accompagner...

Les rencontres et les ruptures sont des évènements importants, les attachements sont importants, mais on est aussi la matière première de notre histoire. On peut déjà s'influencer soi-même, découvrir nos possibilités à telle ou telle époque de notre vie, puis voir comment ça se mélange avec d'autres (ou quand la mayonnaise ne prend plus)...

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bonheur

le mercredi 28 février 2018 à 12h19

Le fait est qu'il ne faut jamais contraindre quelqu'un. Ce qu'autrui trouve inacceptable, c'est à nous de l'accepter.

Une rupture est une fracture. Lorsqu'elle a lieue, elle revient souvent de fait aux deux protagonistes. Chacun préserve son espace pour soi. Dans un espace de préservation, l'un peut s'attacher à demander à l'autre de faire attention à la flore (chère à ses yeux) ; et l'autre peut demander au premier à faire attention à la faune (chère à ses yeux). Je définirai un peu un couple mono-poly ainsi. Après, en observant un lys, on peut par mégarde déranger une marmotte ( :-D ). Aussi, en observant une marmotte, on écrasera par inadvertance un rhododendron... On fait de son mieux. Toutefois, on s'attachera à une préservation commune, qui est le couple, même si on introduit de nouvelles espèces (ouh ! le loup ! :-D : non non, j'ai rien bu, juste envie de décompresser).

Bref, lorsque l'un quitte cet espace de préservation, pour quelque raison que ce soit, il quitte en effet une espace commun qui était cher aux deux. Il restera cette faculté à faire plus attention aux plantes et à la faune. La rancoeur n'a de sens que pour le détachement nécessaire à passer le cap de la souffrance de la séparation. Si elle persiste, elle gangrène celui qui la ressent mais n'aura aucun autre effet.

Simone Barbaras exprime bien dans son livre "la rupture pour vivre" le rôle de la rupture dans nos vies et son caractère à la fois de souffrance, à la fois de bienfaits. Quand la tension rend la situation invivable, il faut quitter. Le soulagement sera la clé. Non pas le soulagement de la rupture, mais le soulagement par rapport à la situation sans issue. On ne quitte pas de gaité de coeur, jamais.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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