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Compte-rendu du café poly du 27 janvier 2015 à La Cantada

Bases
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Vaniel

le samedi 31 janvier 2015 à 17h29

Deux sujets ont été abordés. Beaucoup de questions hors-sujets ont été posées ; elles ne sont pas retranscrites ici.

1. Polyamour : en parler à son entourage professionnel ?

L’autocensure, par peur d’être jugé-e ou stigmatisé-e, est fréquente. La difficulté réside, en partie, dans la nécessité de produire de longues explications pour que notre position soit correctement comprise.

Le fait de parler de son polyamour à ses collègues peut être perçue comme une volonté de transparence de notre part, ce qui peut effectivement être le cas. Cependant, il arrive régulièrement que les collègues soient mis au courant non parce que nous voulons à tout prix leur en parler mais parce que nous ne désirons pas (leur) mentir.

Si nous disons à nos collègues que nous sommes poly, certain-e-s répondent qu’ils/elles sont OK avec ça (même si ce n’est pas une validation de leur part qui était recherchée) mais nous constatons parfois que nous leur avons donné « trop » d’informations, que nous avons partagé avec eux des morceaux de notre intimité auxquels ils/elles ne souhaitaient pas être confronté-e-s. Cette réaction n’est en rien propre au milieu professionnel ; elle se rencontre souvent avec nos parents.

La réception va, dans une large part, dépendre du milieu professionnel en question, de la manière d’en parler, de notre sexe et du sexe de l’interlocuteur/interlocutrice. Les réactions dépendent beaucoup de l’écho que nos paroles trouvent chez la personne en face de nous. Cette dernière réagira en fonction de son milieu sociogéographique, de son histoire et de sa situation actuelle ; cas fréquent de jalousie d’une personne seule ou d’une personne dans une situation mono se passant mal ou peu épanouissante : en d’autres termes, ce qui dérange, c’est l’étalage de (trop) de bonheur… quand on part du principe qu’il faut mieux éviter de parler de son polyamour dans un moment où nous le vivons mal, ce qui reviendrait à tendre le bâton pour nous faire battre.
S’inquiétons-nous trop de la réception ? Peut-être que « nous sous-estimons la capacité des gens à s’en foutre ».

Il est souvent plus difficile de communiquer sur le polyamour sur un plan théorique que sur un mode anecdotique. Parler de soi, de sa manière de vivre le polyamour, est aussi une approche qui évite « d’écraser » la personne en face de nous sous des concepts (perçus comme) abscons (ex : NRE, compersion, escalator relationnel, etc.).

Nous insistons souvent sur la nécessité de ne pas nous mettre dans une position de justification. J’ai l’impression que nous ne mettons pas suffisamment en lumière le travers inverse qui consiste, consciemment ou non, à se poser comme supérieur ou à présenter le polyamour comme un mode relationnel plus évolué. Peu importe ici nos considérations personnelles sur la question. Ce qu’il importe est d’éviter de braquer la personne en face qui pourrait bien accepter nos paroles si elle ne se sentait pas agressée, décrite comme inférieure par le choix d’un mode relationnel différent du notre.

Il a été décidé d’élargir la question à l’ensemble de la sphère sociale. Le débat s’en est trouvé recentré sur le choix et la manière de parler du polyamour aux enfants en général et à ses enfants en particulier, ce qui nous a amené à aborder, dans une moindre mesure, les différentes manières de communiquer sur notre mode de vie poly avec nos parents.

Dans la majorité des cas, ce n’est pas les enfants qui doivent être prêt à entendre mais les parents qui doivent être prêts à en parler quand ils ont accepté leurs choix, quand ils sont au clair avec eux-mêmes (sinon, ils prennent le risque que leurs paroles sonnent comme des aveux ou une demande de validation).
Généralement, plus les enfants sont jeunes, plus ils vont être réceptifs.

Les parents ont-ils la responsabilité de casser les normes ?

Le désir que nos parents connaissent notre manière de vivre peut manifester le souhait qu’ils nous aiment pour ce que nous sommes et non pour l’image qu’ils se sont fait de nous.

2. Polyamour et relation(s) à distance

Par « relation à distance », il est souvent sous-entendu « distance géographique » alors qu’un éloignement géographique ne signifie pas nécessairement une fréquence de rendez-vous plus faible que celle avec une personne habitant à faible de distance de nous. La relation à distance peut donc se caractériser non seulement par la distance géographique mais aussi par la distance temporelle.

Beaucoup de personnes ont mentionné que le polyamour leur avait permis d’envisager de vivre une relation à distance, qu’elles n’auraient pas souhaitée ou qu’elles ne se seraient pas senties capables de vivre dans un cadre mono.
Dans un couple exclusif, une relation à distance peut être perçue comme « une manière d’entrer au couvent tout en étant en couple ».
Le polyamour n’est pas une solution miracle pour vivre une relation à distance mais il peut être un cadre qui, pour certain-e-s, fonctionne (mieux).

L’importance d’une correspondance régulière, voire quotidienne, a été plusieurs fois notée.
L’obligation d’une régularité stricte des contacts peut être à l’origine de tensions, surtout si les attentes sont asymétriques.

Pour certain-e-s, une relation à distance nécessite une confiance plus importante en raison du contrôle moindre.

Une relation à distance, dans les premières phases de développement de cette nouvelle relation, peut facilement engendrer un effet de halo, une perception biaisée, idéalisée de la personne en face de nous qui devient, en partie, un support pour nos projections.

Il peut être difficile de s’investir émotionnellement dans une relation à distance. La seule pensée de la distance peut mettre un frein à l’investissement émotionnel. Des effets de yoyo peuvent se produire : la force des sentiments amoureux varie, dans ce cas, au gré des mises en présence et des éloignements successifs. Les sentiments sont ici à géo-métrie/graphie variable.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Siestacorta

le samedi 31 janvier 2015 à 17h53

Merci Vaniel, comme toujours, bon boulot, bien écrit et montrant bien la diversité des idées discutées

Sur la relation à distance, j'avais aussi pointé l'importance des "échéances concrètes", c'est ça qui définit qu'on est dans une relation.
En gros, la relation à distance c'est : l'espace entre les moments où on se voit en vrai.
- donc définir quand. Même dans plus d'un an, quand on se voit. Comment ça sera possible. C'est un horizon. Il s'agit pas d'investir à fond en disant qu'on passera les meilleurs jours de sa vie à ce moment là ou rien... Mais ce bout là de relation classique, ces jours éphémères qu'on passera ensemble en vrai, c'est aussi la matière première du temps à distance (bien sûr, il y a des amours essentiellement platoniques par correspondance... Simone de Beauvoir, je crois, en a vécu un).
- se débarasser d'une attente trop "un jour on vivra ensemble" des échéances à long-terme, qui peut être le cadre accidenteur des relations à distance, et surtout dans le cadre mono.

Quand j'ai pris mon dernier tour de parole, j'avais pointé un truc un peu abstrait, mais qui me semble fort dans la relation à distance : ce genre de relation, ce qu'on investit dedans (combien de fois par jour, ce qu'on y dit) correspondrait plus à l'expression de notre pur libre arbitre qu'une relaiton où on se voit parce qu'on est ensemble et qu'on habite près. Effectivement, chaque fois qu'on est en contact dans une relation à distance, c'est qu'on a pris la décision de le faire.

Ca peut mettre, artificiellement, la barre des attentes super haut, parce que le jour où l'autre répond pas, ou quand on prend connaissance trop en décalé de choses qui n'étaient pas dites, la "responsabiltité" du correspondant est encore plus forte. Puisqu'il ne peut QUE faire exprès de communiquer avec nous (c'est pas forcé par habiter ensemble), il ne peut QUE faire exprès quand ça marche pas, pourrait-on imaginer.
Je crois qu'on devrait avoir conscience de ça, surtout dans un mode de vie poly où les évènements extérieurs peuvent être plus nombreux, par définition (mais comme évoqué dans le CR, ça peut aussi être une condition constructive, ça).

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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ScottBuckley

le mardi 03 février 2015 à 15h55

Bonjour,

et Merci Vaniel et Siesta pour vos partages et notes bien riches & complémentaires !!

Ayant proposé ce thème, mais étant peu intervenu au final (sauf à la fin du café mais trop tard, 22h arrive si vite... ) , je serai ravi de poursuivre cette discussion avec vous sur les ' relations affectives à distance '
par exemple ici dans ce fil de discussion : /discussion/-eA-/Polyamour-a-distance/
( car j'ai encore pas mal de questions que cette ouverture de coeur & géographique porte en elle ! )

ça vous tente ? (+)

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Evavita

le jeudi 05 février 2015 à 06h25

Je n'avais pas vu ton compte rendu Vaniel. Je suis très objectivement sous le charme de tes capacités à faire le compte - rendu. ;)

A samedi <3

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Strega

le jeudi 05 février 2015 à 15h40

Merci beaucoup Vaniel pour le compte-rendu ! C'est vraiment super que tu fasses cet exercice, et aussi régulièrement.
Et merci aussi Siesta pour l'ajout, évidemment. Je suis très objectivement sous le charme de tes analyses toujours si justes et pointues ;-)

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Junon

le vendredi 06 février 2015 à 11h54

Merci Vaniel. c'est appréciable quand on est "à distance", justement!
(oui bon je suis aussi sous le charme du duo, voilà :D)
(Evavita qui met des coeurs dans ses posts non mais où va le monde? :D)

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Kallista

le vendredi 06 février 2015 à 11h59

Merci beaucoup pour ce compte rendu et pour l'ajout !

Pratique aussi quand on arrive tellement en retard qu'on loupe presque tout x).

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LuLutine

le samedi 07 février 2015 à 00h58

Junon
(Evavita qui met des coeurs dans ses posts non mais où va le monde  ? :D)

Ah, toi aussi t'as remarqué ? :P

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Junon

le lundi 09 février 2015 à 15h02

Oui :D
Et c'est adorable (oui j'aime les cœurs, les chatons, les licornes, toussa...)

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Evavita

le jeudi 12 février 2015 à 21h30

Ghooo,
Bein c'est pour ça que je met pas de coeurs : parce qu'après on m'embêteeeeeeuh. Vous zetes juste zalouses parce que c'est à Vaniel que j'ai posté un coeur, na.

Plus sérieusement, comme tout le monde, j'ai mes phases. Selon la théorie des compañeros (comprendre, la société secrète des amoureux d'Evavita), l'hiver est ma saison des amours, c'est peut-être liés...
"Plus sérieusement " : je vous ai bien eu hein ? :P

Plus, plus sérieusement : mes oreilles ont captés lors du goûter qu'avoir des comptes rendus ici était une très bonne idée...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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LuLutine

le lundi 16 février 2015 à 14h21

Evavita
Vous zetes juste zalouses

Moi ? Jalouse ?!

(Hum. Attends, je recommence...)

Moi ???! Jalouse ????!!...

Tu es sûre de me connaître :P ?!

;)

(Mais oui, je sais que tu plaisantes hein.)

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