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Les jalousies du poly solitaire

Jalousie
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Siestacorta

le samedi 11 janvier 2014 à 15h32

Bien qu'on puisse parfois le croire en lisant les idées développées sur le forum, peu de polyamoureux sont exempts de jalousie.

Il y a quelques personnes qui ne ressentent JAMAIS ce sentiment. J'en ai entendu et lu ici.
Mais la jalousie, c'est pas une invention, un simple réflexe conditionné dont on pourrait se purifier.

Je voudrais raconter une petite anecdote, en partie par envie de me confier, en partie pour redire que sur ce domaine affectif, on est pas en opposition frontale avec la monogamie ; on est les mêmes personnes humaines, avec des réactions et des évolutions différentes. On vit des rutpures amoureuses, on a des tristesses, des craintes et des mélancolies. Sisi, je vous jure, nous ne sommes pas des petits farfadets sautillant sur des tapis de nuages, dansant et jouant du flûtiau alors que quelqu'un qui compte pour nous s'éloigne.

Une ex a retrouvé quelqu'un, depuis quelques temps.
Je suis jaloux, un peu.
Content pour elle, qu'elle vive bien, confiant qu'on continuera à se voir, s'apprécier, s'estimer, et plus ou moins, d'éprouver des sentiments aimants.
Mais comme poly, je la vois retrouver un cadre mono avec peine, jalousie.
Après une rupture, après le temps qu'il faut pour que les sentiments d'injustices (stafaute nanlatienne) s'apaisent, il y a un temps où on se retrouve à deux personnes avec de la disponibilité, des besoins affectifs, et en face, quelqu'un qui nous connait bien et nous apprécie. Un temps d'intimité, fragile mais riche.
Idéalement, j'aimerai avoir plein d'ex avec qui on aurait digéré notre passif, et avec qui nous aurions conservé une disponibilité intime.
Bon, c'est rarement aussi simple, même si on rencontre souvent cette partie de la réalité.

Je me retrouve dans ce cas jaloux parce que cette disponibilité, utilisée ou non, se ferme en grande partie chez l'autre. A partir de ce moment, je me dis que je ne compterai plus dans ce cadre là. Je deviens un pote, et tout une gamme de sentiments intimes, d'une certaine continuité d'attention à l'attirance sexuelle en passant par la tendresse, deviennent finalement non souhaités.

Je ne souhaite pas déterminer si c'est parce que la grande méchante norme m'empêche de vivre ce que je ressens, ou si c'est moi qui ai des attentes irréalistes avec des gens avec qui on a forcément vécu des choses assez douloureuses pour se quitter.

Simplement, à ce moment là, j'envie le nouveau partenaire, je me compare, et à mon empathie pour cette fille à qui je tiens, que j'adore voir heureuse, se mêlent des amertumes, des peurs, la crainte de me retrouver tout seul avec mes conneries.

Voilà, ça existe. Ca m'empêchera jamais de chercher un épanouissement qui dépasse ça, d'être moi-même disponible comme j'aimerai qu'on le soit pour moi, de considérer que pour autant chacun est libre et peut-être justifié de vivre sans cette disponibilité-là.
La jalousie fait partie de ce que j'éprouve, même comme poly, et quand j'en parle ici, quand je la regarde, c'est pas comme une abstraction, quelque chose que j'ai complètement laissé derrière moi. C'est en comprenant que nos cœurs battent pas comme il battent parce qu'on a une idée de quel rythme serait parfait pour eux.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 11 janvier 2014 à 16h02

La jalousie peut être le résultat d'un déséquilibre passager. Je m'explique : une situation était belle et harmonieuse, équilibrée. Tout d'un coup, il faut trouver un nouvel équilibre, une nouvelle harmonie et concrètement laisser de la place (en terme d'emploi du temps) à la nouveauté. Evidemment que c'est perturbant.
Je constate, au regard de mon expérience, qu'à chaque "nouveauté" (nouvelle personne, évolution d'une relation existante, réapparition d'une ancienne relation...), il faut encore, toujours et de nouveau rassurer et plus l'on entretient de relations plus c'est énergivore. Il existe alors un effet de "déjà vu" qui s'installe. Perso, je ne peux rien faire, sinon expliquer, rassurer, encore et encore car je considère ce sentiment de jalousie, très souvent dicté par l'effet de comparaison.
Pour ce qui est d'une ex relation, je ne suis pas vraiment d'accord. Une relation vraie peut être mal vécu à cause de facteurs extérieurs mais aussi à cause de nos propres démons. Parfois, laisser partir l'autre (et s'en aller..., voir autre sujet de discussion) ou partir, même pour une relation secondaire et seulement affective, ce qui ne veut pas dire non importante et non intense, est nécessaire. Y a t-il de la souffrance dans une séparation ? Pour moi la réponse est évidemment OUI. Le fait qu'une relation se soit interrompue ne signifie pas qu'elle est pris fin... Chez moi, l'amour ne prendra fin qu'avec ma vie réelle, ma mort et aucune souffrance ne peut remettra cela en cause.
Chaque humain a un ressenti particulier et aujourd'hui, je ne ressens que peu un éventuel déséquilibre dans mes relations, même en cas de nouveauté. Je ne m'offusquerai pas si l'on me répond "j'avais déjà programmer quelque chose avec ???". Je préfère que l'on me réponde cela plutôt que l'on me balance une excuse bidon. Je laisse l'autre libre de son emploi du temps et de sa disponibilité. C'est l'attente et la dépendance qui créent des sentiments négatifs comme la jalousie. Considéré que l'autre à ses raisons pour nous accorder plus ou moins d'attention et se réjouir que l'autre se sente libre. L'autre a le droit de trouver le bonheur avec qui il le désire, l'important étant qu'il le trouve et qu'il le vive, qu'il le savoure, etc...
Je sais, c'est du blabla, sauf que c'est pour moi une réalité.

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coquelicot

le samedi 11 janvier 2014 à 16h23

Je ne suis pas jalouse du temps qu il peut passer a s épanouir vu que j en récolte les bienfaits au retour!

JE peut etre jalouse du temps qu il passe avec une relation que je ne "partage" pas ;

J appelle meme pas ca de la jalousie d ailleurs mais du temps perdu par rapport aux choses interessantes a construire ensemble ou avec d autres personnes compatibles avec mes points de vue et de vie
.Mais ca c est special a moi et a mes visions du partage et de la possibilité de vie de groupe!!

Il vas falloir que je trouve un autre mot avec le gros robert !!

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le samedi 11 janvier 2014 à 16h23

Ressentir, aimer, c'est une réalité. On peut conserver ce sentiment jusqu'à sa mort, l'autre aussi, sous une forme plus ou moins différente, mais c'est là.

Mais c'est pas savoir ça ou l'oublier qui crée un manque. C'est une autre réalité. C'est projeter ce que je peux vivre avec l'autre. Se voir moins souvent, avoir moins d'occasions d'être disponibles l'un pour l'autre, plus de limites, donc la relation concrète s'exprime de moins de manières, donc finalement on s'éloigne ; même en pensant fort à l'autre, c'est de plus loin.
Les moments partagés où on se montrera notre lien, avec une grande variété de moyens pour ça, seront moins nombreux, et moins possibles peu à peu.
C'est même pas les gestes et rencontres concrètes, c'est un resserrement du domaine du possible.

Bien sûr, c'est mes attentes mes "démons". Je peux les réduire pour qu'elles me fassent pas souffrir, mais les réduire sans tenir compte de ce qui me fait plaisir dans les liens avec les gens, ce serait juste transformer mes attentes en regrets.
Je préfère espérer que, parfois, je suis assez bien dans mes pompes et assez conscient d'où en est l'autre pour pouvoir nous amener à vivre des instants où on sera satisfaits, rassurés sur l'ampleur de ce qu'on a.
Faire de mon démon mon meilleur ami...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 11 janvier 2014 à 17h19

Siestacorta
Faire de mon démon mon meilleur ami...

Belle perspective. La quantité et la qualité sont deux choses différentes. Si l'un n'y est plus, l'autre peut, et je dirai, dois compenser.
L'on identifie mieux la valeur de ce l'on nous accorde lorsque l'on pense qu'on va le perdre. Redéfinir cette valeur différemment peut éventuellement être une solution. L'occasion de bonifier le lien, de le valoriser afin qu'il retrouve une juste et belle place en toi. C'est juste une source de réflexion...

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bodhicitta

le samedi 11 janvier 2014 à 18h28

Siestacorta
Se voir moins souvent, avoir moins d'occasions d'être disponibles l'un pour l'autre, plus de limites, donc finalement, la relation concrète s'expriment de moins de manières, donc finalement on s'éloigne, même en pensant fort à l'autre, c'est de plus loin.
Les moments partagés où on se montrera notre lien, avec une grande variété de moyens pour ça, seront moins nombreux, et moins possibles peu à peu.

Oui cette relation existe, est vivante, méme si ses formes vont changer, que la fréquence aussi.
Relation que tu sauras "soigner", garder en vie, tant que tu n'ignoreras pas ce démon, et le comprendras en le faisant ton meilleur ami

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 11 janvier 2014 à 22h19

Lorsqu'on arrive au point où on s'éloigne tellement, qu'on n'est plus assez conscient d'où en est l'autre, c'est difficile de "soigner" la relation.

Je ne me sens pas assez consciente d'où en est l'autre.
Il vaut mieux lui demander? Il y a une façon de faire pour ça? un bon moment pour ça? ou ça crève les yeux?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 11 janvier 2014 à 22h27

Je plussoie Ladyk, demander, s'exprimer, oui. S'il y a une façon : je dirai que nous avons tous un moyen d'expression où l'on se sent réellement à l'aise. Aussi faut il que l'autre y soit réceptif. Par expérience je dirai qu'il n'y a pas vraiment de "bon moment". Quant à "ce qui crève les yeux", c'est parfois ce que l'on interprète et là je dis attention.

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bodhicitta

le samedi 11 janvier 2014 à 22h31

Cet éloignement est p t etre que momentané, sans pour autant attendre, espérer, je préfére vivre ça en acceptant, sans perdre cette envie de voir l'autre, en laissant vivre ces sentiments qui sont si doux attendrissants en y pensant tendrement sans ce projeter dans le future incertain.
J'ai une immense capacité à laisser vivre des sentiments aprés méme des années d'éloignements... et il me font tjs du biens <3 (il se reconnaitra p t etre :-/ on sait jamais)

ladyk
Je ne me sens pas assez consciente d'où en est l'autre.
Il vaut mieux lui demander ? Il y a une façon de faire pour ça ? un bon moment pour ça ? ou ça crève les yeux ?

lui demander? ça oui! c'est le meilleur moyen d'avoir la réponse.
La meilleure façon de faire sera celle que tu choisis de toutes façons. le bon moment? hier... :-D
Non ça créve pas les yeux! ça faut jamais compter dessu, vaut mieux dire les choses...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 11 janvier 2014 à 22h36

merci gcd68, bodhicitta8, et merci à Siestacorta d'avoir lancé ce sujet.
(+)

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oO0

le dimanche 12 janvier 2014 à 02h13

S'agit-il de jalousie ou de deuil ?

Je pose la question parce que tu parles d'ex. Comme avec la mort d'un proche, l'envie de voir revivre une relation morte me semble inévitable. À partir du moment où l'envie est là, qu'il y a l'envie d'avoir quelque chose qu'il n'est plus possible d'avoir, cette envie peut facilement se confondre avec l'envie avec laquelle compose la jalousie. Je traduirais la sensation de cet état par cette expression du sens commun, avoir un "pincement au coeur" et c'est normal, le "coeur" est en quelque sorte coupé dans son élan. Il me semble d'autant plus facile d'éprouver ce genre de pincement dans la situation que tu décris que cette situation se prête à se mettre à la place de l'autre, à se réjouir pour l'autre et, dans cet élan, se rendre compte cette joie n'appartient qu'à l'autre et quelqu'un d'autre ... que soi. C'est d'autant plus facile de se réjouir du début d'une nouvelle relation d'un(e) ex que l'on a connu de tels débuts avec, mais le souvenir même qui potentialise cette accroissement d'empathie est aussi l'occasion d'un tel pincement.

Bref, ma question est de savoir si tu ne confonds pas une sensation de "pincement au coeur" avec de la jalousie ou encore, ce qui pourrait devenir de la jalousie avec la jalousie proprement dite.

Siestacorta
Après une rupture, après le temps qu'il faut pour que les sentiments d'injustices (stafaute nanlatienne) s'apaisent, il y a un temps où on se retrouve à deux personnes avec de la disponibilité, des besoins affectifs, et en face, quelqu'un qui nous connait bien et nous apprécie. Un temps d'intimité, fragile mais riche.

Idéalement, j'aimerai avoir plein d'ex avec qui on aurait digéré notre passif, et avec qui nous aurions conservé une disponibilité intime.

Même si je l'exprimerais autrement, je pense que tu abordes une étape commune à de nombreuses relations où, souvent, c'est à ce moment là que me semble se faire jour la possibilité d'un réel engagement. Ce n'est qu'une impression parce que c'est le plus souvent l'étape où toute forme de liens affectifs se trouve progressivement abandonnée. C'est pourtant à ce moment là qu'il est possible de s'engager dans une relation en connaissance de cause du prix que peut coûter une relation ensemble et de ce qui peut en valoir la peine. Et comme tu le fais très bien remarquer, il y a cependant un certain nécessaire à digérer le passif du prix à payer pour cette relation, mais je pense justement qu'il s'agit probablement dans le même temps d'une période de lucidité importante. Effectivement, passé les accents de vengeance, c'est le plus souvent une fois perdue qu'il est possible de prendre conscience de la valeur d'une personne. Dès ma première relation, je profitais de ses absences pour sonder l'importance qu'elle avait pour moi et digérer en même temps le passif qui tout doucement s'accumulait. Oui, elle ne serait pas indolore et sans peines, ce qui ne l'empêcherait pas d'en valoir la peine.

Je me demande dans quelle mesure une part des amours plurielles ne se nourrissent pas d'un fantasme ou encore, d'un désir simple : retrouver des personnes connues qui, normalement, s'appellent des ex. Il s'agit d'une autre manière de durer dans le temps, de traverser le temps de ce qui est souvent considéré comme un temps de séparation. Reste qu'il y a de telles confusions entre la mémoire affective et l'obsession que je craints qu'il ne faille tout simplement être amnésique pour ne pas être dit obsessionnel. Et là, c'est une autre forme de pincement beaucoup plus aiguë qui peut prendre place, comme une lame enfoncée en pleine poitrine. Cela peut lancer aussi violemment que ce qu'il est possible de redouter de la jalousie, mais il me semble qu'il s'agit davantage de sentiments blessés. Un(e) ex a bien souvent moins le droit d'éprouver quoi que ce soit qu'une autre personne au point qu'un(e) mort(e) aurait probablement droit à plus. Je caricature à peine, un(e) ex n'a parfois droit à aucun signe d'existence si ce n'est pas le devoir de faire comme si il/elle n'avait jamais existé. Soit, plus mort que mort, ne jamais être né ... et cela fait partie de la phase de déni d'un deuil. Reste que ce genre de déni n'est pas sans blesser un certain droit à la mémoire et à s'éprouver tel quel alors que ces droit n'impose pourtant aucun devoir à l'autre sinon leur respect. Ainsi, ce pincement, ce peut être aussi la peur de vivre un jour cette mise à mort social qui condamne autant la mémoire que l'affection qu'elle garde à devoir disparaître. Au final, ce n'est qu'un jeu, jouer au mort, celui qui n'a pas existé, voire n'a jamais existé.

Bref, la jalousie dont tu me parles me semble prises dans un tel complexe d'émotions et de sentiments qu'elle peut facilement se confondre avec différentes configurations sans pour autant en être. La fin d'une relation est ce moment où va le plus souvent converger tout ce qu'elle à donner à éprouver avec, forcément, un état de confusion important pour ne pas dire parfois effrayant dans les scènes qu'elle peut occasionner ou encore, de désirs impossibles.

Blabla intello compliqué et complexé, bonjour, bonsoir et au revoir.

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Profil

Marie-Georges

le dimanche 12 janvier 2014 à 11h22

Siestacorta
Simplement, à ce moment là, j'envie le nouveau partenaire, je me compare, et à mon empathie pour cette fille à qui je tiens, que j'adore voir heureuse, se mêlent des amertumes, des peurs, la crainte de me retrouver tout seul avec mes conneries.

En tant que poly ça m'arrive aussi. Je peux aller jusqu'à souhaiter que mon ex se plante et me regrette (j'ai bien conscience que ce n'est pas poly-éthiquement correct mais si je veux parler franchement...) ; et puis deux heures après c'est l'inverse, je retrouve la paix de l'esprit en pensant que c'est chouette qu'il soit avec quelqu'un qui lui correspond. Ce doit être une oscillation classique face à une nouvelle situation qu'on n'avait pas du tout sonnée.

Je suis d'accord avec RIP, y'a un deuil (de votre relation d'ex assez dispo pour se revoir) à faire. En premier lieu : voir ce qui est vraiment terminé, apprendre à simplement le savoir. Ça demande du temps, mais l'avantage du deuil c'est qu'il n'empêche aucunement que vous puissiez vous retrouver plus tard et être à nouveau en contact plus rapproché. Je suppose que dans l'idéal il faut arriver à se dire que c'est mort pour garder la relation et qu'en même temps la réalité et l'avenir sont plus chouettes et pleins de possibilité que ce qu'on veut bien voir en période de deuil. Là je suis en période "comment passer les jours qui vont suivre en étant le moins mal possible" et une idée me vient : me souvenir d'un deuil plus ancien et voir qu'après ledit mauvais coup de mou j'ai réussi à vivre des super trucs. Ce sera ma minute positive du jour (c'est mieux que zéro ! Ouééé !).

RIP
La fin d'une relation est ce moment où va le plus souvent converger tout ce qu'elle à donner à éprouver avec, forcément, un état de confusion important pour ne pas dire parfois effrayant dans les scènes qu'elle peut occasionner ou encore, de désirs impossibles.

Blabla intello compliqué et complexé, bonjour, bonsoir et au revoir.

C'est pas du blabla et ça me fait du bien de lire ça : des mots de quelqu'un qui n'est pas dans ma tête mais qui en parle bien. (+)

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(compte clôturé)

le dimanche 12 janvier 2014 à 13h30

Je repense Siestacorta au livre de Y.A. Thalmann " Gérer ses ex ". Il pourrait t'aider à comprendre ce que vit ta relation. Ayant un "ex" qui est revenu par épisode dans ma vie (mon fantôme), ce livre m'a aidé à comprendre notre comportement réciproque. Je conseille aussi un excellent livre "l'amour impossible" (la folie nécessaire du coeur) de Jan Bauer qui peut aider à comprendre les relations à épisodes. Aussi l'excellent et le pertinent ouvrage de Susan Baur "aimer" (coup de foudre, passion et grand amour). Ses trois ouvrages se complètent à merveille et sont tellement riches d'enseignement.

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Marie-Georges

le dimanche 12 janvier 2014 à 13h55

Merci pour ces références, gcd68. (+) Je ne pensais pas à ça mais c'est ptet bien ça qu'il me faut moi en ce moment...

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(compte clôturé)

le dimanche 12 janvier 2014 à 18h06

si j'ai pu te rendre service :-D

A savoir que le livre de Jan Bauer est très compliqué, ennuyeux et laborieux à lire mais une fois au bout on se dit qu'il vallait le coup. Perso, l'amour impossible me touche de près alors j'ai réellement décortiqué cet ouvrage.

Le livre de Susan Baur est génial, elle décrit l'amour, en donnant des exemples et sa propre expérience d'une manière magnifique et tellement juste. J'avais cité récemment des début d'histoire de "déclics intérieurs". Dans ce livre il y a encore d'autres.

Marie-Georges je te contacte en MP. J'ai peut être un écrit "maison" qui peut t'aider.

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oO0

le lundi 13 janvier 2014 à 02h54

1) Il se dégage de ce fil autre chose que la simple question de la jalousie dont, pour ma part, les contours ne sont pas clairs.

2) Ensuite, il y a cette question très intéressante du sentiment de vulnérabilité ou de faillibilité dans une situation où se présentent deux relations en même temps ou encore, une situation où elles se suivent en peu de temps. Ce qui est intéressant, c'est de bien se rendre compte qu'une personne non-exclusive est tout aussi vulnérable et faillible qu'une personne exclusive. Pour rappel, très souvent, ici ou ailleurs, le fin fond de la jalousie s'avère se nourrir principalement d'un sentiment d'insécurité. Cela ne fait que justifier pour moi le fait qu'il n'est pas clair, ici, qu'il s'agisse de la jalousie proprement dite.

3) Ce qui se dégage d'autre, c'est que la question des "ex". Même si cette question peut se traiter de la même manière que les relations exclusives, entre personnes non-exclusives, elle peu s'aborder autrement comme vous le faites remarquer, gcd68 et Marie-Georges. J'ai effectivement aussi le sentiment qu'il faut être capable de mettre fin à une relation pour la vivre plus librement après, soit être capable de vivre sans pour pouvoir la vivre sans dépendance. Je ne peux pas m'empêcher d'envisager des temps de séparation, voire de rupture dans une relation libre, mais ...

... quand je dis blabla machin, j'ai beau écrire ce que je pense et ne pas en démordre, je ne le vis pas moins comme du blabla et ce n'est pas sans colère. Socialement, j'ai été habitué à être traité comme tel et donc, conditionné à le vivre comme tel.

4) Bref, Siesta est-ce de la jalousie ou la peur d'être jaloux ?

Tu sembles associer, ici, la question de différentes formes de jalousies au fait d'être solitaire, c'est peut-être cela qui me parle sans faire attention à ce dont tu parles. Le fait d'être solitaire, actuellement, suscite plutôt de la colère chez moi, justement la colère évoquée ci-dessus car le fait d'être solitaire est l'une des manières dont je le paie socialement. Donc, mon point de vue est sûrement biaisé, même si le fait que je ne suis pas enclin à la jalousie me semble venir du fait que le sentiment de faillibilité domine celui de vulnérabilité. Par exemple, je redoute plus cette colère qu'autre chose.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 13 janvier 2014 à 19h41

Il faut croire que les ressentis et les paramètres de ceux-ci sont fluctuant surtout lors d'une sensation d'insécurité. Donc, la jalousie est en effet mouvante.
C'est sans doute pour cela qu'à chaque nouveauté (nouvelle personne, nouvelle situation, ou autre nouveauté...) l'équilibre est à recréer et la personne à rassurer.

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bouquetfleuri

le mardi 14 janvier 2014 à 21h11

Jalousie du poly solitaire, vraiment ?

J’aime bien ton fil, Siestacorta, il m’emberlificote dans une réflexion que je mène depuis quelques années maintenant et qui resurgit au hasard d’événements plus ou moins graves, plus ou moins douloureux. La question qui les résume assez bien serait : suis-je jaloux ?

Je crois savoir que je ne le suis pas. Je crois le savoir parce que j’ai entrevu le moment où ma jalousie s’est éteinte. Et pourtant, de temps en temps, c’est ce mot qui sert d’index dans mon cadran amoureux pour expliquer ou pour réduire une attitude à une souffrance.
Mais ce n’est pas le cas, voici pourquoi ou plutôt, voici comment je comprends ce que beaucoup vivent comme une faute.

Cette soi-disant « jalousie » refait surface quand il y a déficit de dialogue, mais ce déficit de dialogue n’est pas forcément une rupture mécanique des mots ou de la communication, non, le déficit de dialogue vient de la différence d’intensité dans les signes habituels.
Ce déficit est perceptible quand on n’opère pas bien la distinction entre la rencontre amoureuse et l’histoire d’amour. C’est comme si on comparait un bleu Klein découvert dans une galerie à un bleu du ciel quotidien. Le concept de NRE, bleu Klein, est juste une litote, une euphémisation, aussi timide qu’actuelle, et nécessaire du coup de foudre, lui-même hyperbole romantique du mécanisme animal de l’excitation.
Une nouvelle rencontre n’est qu’une affaire d’excitation, sexuelle, intellectuelle, mentale, sentimentale. Ensuite peut se développer une histoire d’amour ou pas. Mais voilà, c’est une drogue et comme avec une drogue, l’on peut se retrouver dépendant de ces moments au point de ne plus rechercher que cela au détriment de la profondeur sublime de l’histoire d’amour, bleu ciel permanent.
On peut aussi courir après cette drogue parallèlement à ses histoires d’amour. Mais si on peut faire soixante-dix belles rencontres, on ne peut pas vivre soixante-dix belles histoires d’amour.

À ce moment-là, cette « jalousie » pourrait bien être une excitation qui remplace dans le dialogue les éléments qui viennent à manquer. Effectivement quand l’un des deux amoureux rencontre une autre personne et se laisse gagner par cette excitation si délicieuse, le dialogue entre les deux laisse place au discours. Le discours est : je me réjouis pour toi d’un côté, je t’emmène avec moi de l’autre. Mais si vraies, sincères, honnêtes et assumées que soient ces paroles, elles ne se répondent pas et rendent mal compte d’une réalité bien différente. L’un n’est pas emmené dans cette excitation, et la réjouissance de l’autre ne construit pas plus cette excitation.
Il y a d’autres cas de figure plus courants et plus douloureux, l’un peut se sentir abandonné quand l’autre se sent des ailes, l’un peut se sentir trompé quand l’autre se sent libéré. Mais dans aucun de ces cas, le discours ne dit vrai. L’équilibre se fait en posant dans la balance du discours tronqué une excitation qui se constitue de l’énergie de l’autre, qui se nourrit de la vivacité de ses sensations.

Les protagonistes renouent alors le dialogue entre leurs deux excitations. Ils peuvent ressentir de l’incompréhension, comme de l’empathie, et c’est à ce moment-là qu’ils peuvent chercher comment faire pour inscrire dans leur histoire d’amour cette nouvelle rencontre. Sans cette excitation, peut-être que l’indifférence se serait installée.

Vraiment, ton fil de discussion me plaît bien, parce qu’il me permet de poser simplement quelques mots sur un mécanisme compliqué. Bon, je te l’accorde, ce sont encore des mots simplistes. J’affinerai plus tard.
Ce n’est bien sûr que mon regard, et je ne veux le transformer ni en vérité, ni en conseil, encore moins en sentence.

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