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De la culture du viol à la culture du consentement

Culture
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(compte clôturé)

le samedi 05 octobre 2013 à 12h03

Ces derniers temps, j'ai souvent entendu parler de la "culture du viol": j'ai essayé d'en savoir plus et j'ai trouvé quelques principes qui en sont à la base. Je vais essayer de les résumer (si je me trompe, soyez libres de me corriger):

1) Les hommes veulent toujours du sexe, les femmes pas. Pour démarrer une relation, l'homme doit convaincre la femme pour qu'elle accepte de faire l'amour avec lui.
2) On ne demande pas d'embrasser ou de faire l'amour: normalement ça arrive tout seul. Un peu de résistance de part de la femme est tout à fait normale.
3) Pour un homme, demander à une femme si elle veut faire l'amour avec lui, équivaut à lui offrir une bonne occasion de refuser.
4) Mis dans la juste situation, l'homme a le devoir d'essayer d'embrasser/faire l'amour avec une femme. Un homme que ne le fait pas est pas à considérer comme un vrai homme et peut être traité de tous les noms.
5)Une femme que exprime son désir de faire l'amour avec un homme, exprime au même temps le désir de faire l'amour avec tous les hommes de la planète. Si elle refuse, elle peut être traitée de tous les noms.
6) Un OUI ou un NON sont définitifs et pour toujours. Les conditions contingentes ne comptent pas (si une personne refuse de faire l'amour avec toi pendant qu'elle est au lit avec 40° de fièvre, elle le fait parce que elle ne t'aime plus).
7) Un OUI ou un NON sont un jugement irrévocable sur la personne vers laquelle sont prononcés. (Ça vaut la peine/ça vaut pas la peine que je fasse l'amour avec toi).

Personnellement, j'essaie de sortir de cette culture, pour passer plutôt à la culture du consentement. Une culture où le choix de faire ou ne pas faire l'amour avec quelqu'un ici et maintenant ne devienne pas une manière de juger ce quelqu'un, ou le l'envie de faire l'amour avec quelqu'un ne soit prise comme une agression.

Pour une première lecture sur le sujet, voici un lien:
disruptingdinnerparties.com/2013/09/26/modeling-co...

Sauf que la culture du consentement est toute à créer! Comment fera-t-on pour demander à quelqu'un son consentement? On ne risque pas de tuer la passion et de transformer une histoire d'amour en une balade en montagne? Faudra-t-il reprendre les codes du BDSM et utiliser des safewords (en.wikipedia.org/wiki/Safeword) aussi dans l'amour ordinaire?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 05 octobre 2013 à 12h20

Je suis en parfait désaccord avec ces 7 points. N'importe quoi. Chacun doit être libre de consentir ou non, même à un baiser.

Si je prend un homme par la taille (je suis petite) et qu'il n'enlève pas mes mains mais les passe autour de mon cou, c'est qu'il y a un premier consentement réciproque. Si je me rapproche tout contre lui, que je plie mes bras pour lui caresser le dos et que lui me serre contre lui et me caresse le haut du dos, c'est qu'il y a un second consentement réciproque... Cela ne signifie pas que le consentement est définitif.

Et puis, je crois que si, on peut demander l'accord de l'autre. "est-ce que je peux..." en passant mon doigt sur ses lèvres...

J'ai un ami-amouritié à qui je demande régulièrement (ou plutôt on demande à l'autre suivant les envies) : "câlins ?" Si l'autre tend les bras, ça veut dire oui. Sinon, un simple "pas maintenant" suffit et il n'y a pas à se vexer. Il est libre, je suis libre, de donner ou de recevoir un câlin.

Je crois aussi que dans ces cas là, le regard a un sens important et peut exprimer beaucoup (attention aux interprétations, oups !!!).

Perso, j'aime demander, voir quémander, plutôt que d'imposer.

Heu ! je ne comprends pas, moi j'adore les balade en montagne ! Faire l'amour c'est aussi se dépenser physiquement, non ? C'est s'aérer les neurones (ou plutôt faire le vide), non ? Enfin, moi je le vis souvent comme ça, et je dors aussi souvent profondément après :-D

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(compte clôturé)

le samedi 05 octobre 2013 à 12h26

Bien sûr, je suis aussi en désaccord sur ces points (je les trouve même carrément dégoutants)! Par contre, dans le monde "dehors" ça semble la manière classique de faire (manière classique que permet, entre autres, de vendre des grosses quantités d'alcool, de soutenir les campagnes de pub...).

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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(compte clôturé)

le samedi 05 octobre 2013 à 13h07

Je crois, cher Marco1003, que même dans le monde "dehors" il y a des gens qui seraient en désaccord avec les 7 points cités dans ton premier message et qui sont aussi en désaccord avec la vente d'alcool surtout aux jeunes, etc...

Tu sais, à chaque journée d'intégration, je suis mal car la loi me contraint à ne pas refuser de vendre aux étudiants, souvent 18 ans depuis peu, de l'alcool fort. Le pire c'est qu'ils achètent en même temps des boissons énergisantes et qu'ils parlent ouvertement de fumer, dans le même laps de temps des substances autres que la "cigarette classique" (qui est déjà à mes yeux une drogue)... et quand je leur demande ce qu'ils mangeront pour digérer tout ça, ils se foutent de ma gueule (ce dont je me moque royalement, c'est leur santé et ils sont majeurs). Bref ! je ne cautionne pas et je plains les urgentistes.

Moi aussi, il m'arrive de picoler un peu. J'ai aussi, étant jeune et conne, fumer la cigarette... mais jamais dans l'unique but de me rendre le plus malade possible. Je ne vois pas où est la maturité la-dedans... Toutefois, tous les ans il y a de nombreux problèmes liés à ce phénomène et d'une année sur l'autre, ça recommence.

De plus, beaucoup d'étudiants ne se contentent pas de ces journées réservées aux orgies mais renouvelle l'expérience tous les week end... Je suis bien placé pour le constater.

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rimba

le samedi 05 octobre 2013 à 19h22

Merci Marco d'avoir ouvert ce sujet. Même si c'est vrai que ces 7 points évoqués sont parfois caricaturaux, il y a un vrai fond de vérité, que personnellement, j'ai souvent ressenti...
Le fait que cela soit "théorisé" et de le lire, cela me soulage, et me donne envie d’œuvrer moi aussi pour créer et développer la culture du consentement !!!

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Anarchamory

le samedi 05 octobre 2013 à 21h21

J'ai remarqué que cette partie du point 2) : "On ne demande pas d'embrasser ou de faire l'amour : normalement ça arrive tout seul", est malheureusement extrêmement prégnante et répandue (au moins pour le fait d'embrasser), y compris parmi certains poly (non, je ne citerai pas de noms ;-) ). A tel point que demander peut parfois être jugé maladroit.

Or, j'ai remarqué un truc assez bizarre, c'est qu'une amie poly (non, j'ai dit que je ne citerai pas de noms ! ;-) ) a pu me soutenir à la fois (mais à deux moments éloignés dans le temps) que :
- demander à quelqu'un si on peut avoir un "hug", un câlin, c'est normal, ce n'est pas bizarre ou inconvenant ;
- demander à quelqu'un si on peut lui faire un baiser, c'est bizarre, étonnant, étrange... (même si ça ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe et qu'il y a eu un début de rapprochement)
(bon, je traduis l'idée, pas exactement les termes employés).
Comme si le baiser était nécessairement assimilé à quelque chose de romantique (avec toute la guimauve et l'univers symbolique associé...), et que le fait de demander, ça brisait le charme, la magie, etc. du truc...

Or, pour moi, cela relevait exactement de la même logique, et je ne voyais pas de raison de demander dans un cas et pas dans l'autre. A la limite, il me semblait même plus logique de demander l'autorisation pour un baiser que pour un "hug", vue que je perçois le baiser comme étant quelque chose de plus intime et connoté désir, amour... alors que le "hug" peut être tout à fait amical, voire moins (cf. les free hugs).
Or, passer outre le consentement est généralement perçu comme plus grave pour le sexe et l'amour que pour l'amitié. Personne ne s'est jamais plaint de viol pour une petite tape amicale sur l'épaule.

J'aimerais connaître vos réactions par rapport à ça.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le dimanche 06 octobre 2013 à 02h17

MetaZet
Personne ne s'est jamais plaint de viol pour une petite tape amicale sur l'épaule.

C'est normal, ça ne répond pas à la définition du viol. :P

Bon, plus sérieusement :

gcd68
Je crois, cher Marco1003, que même dans le monde "dehors" il y a des gens qui seraient en désaccord avec les 7 points cités dans ton premier message

Le problème, c'est que tu peux montrer les sept points cités par Marco plus haut à certaines personnes, et elles seront horrifiées, te diront qu'elles sont en total désaccord avec, etc...
Et si tu pouvais observer comment ces personnes (souvent des hommes, je ne veux pas être sexiste mais je crois que c'est réaliste) se comportent, tu te rendrais compte qu'en fait elles appliquent pourtant exactement tout ou partie de ces sept "principes" !!!

Bien qu'elles s'en défendent quand ils sont formulés clairement !

Donc ce n'est pas aussi simple, au final. Mais bien sûr qu'il n'y a pas que chez les poly que le consentement est pris en compte ^^ !

marco1003
Comment fera-t-on pour demander à quelqu'un son consentement ? On ne risque pas de tuer la passion [...] ?

Je ne vois pas pourquoi...
Il y a quelque temps on m'a demandé la permission avant de me toucher et avant de m'embrasser...
Ca n'était pas "moins bien" parce qu'on a demandé mon consentement explicite avant !
J'ai même beaucoup apprécié la démarche je dois dire...ça ne m'a pas refroidie, bien au contraire :)

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Maia

le dimanche 06 octobre 2013 à 04h34

Clairement ce que je vais dire ne répond pas à la question principale posée par le très intéressant article de Marco, qui parle surtout des normes sexuelles imposées autant aux hommes qu'aux femmes dans la société actuelle.

Sur la question du "demander avant d'agir", je trouve que non seulement ça ne brise pas le charme quand c'est bien compris par les deux partenaires, mais en plus de cela ça créé une aura de respect incroyable dans la relation. C'est ce que j'ai l'occasion de vivre avec mon amoureux actuel, et c'est une attitude qui s'est imposée spontanément à nous. Alors même que nous sommes en couple depuis sept mois (oui, c'est le tout début!), nous voyant presque quotidiennement, cela m'arrive de lui demander si ça ne le dérange pas que je l'embrasse, que je le prenne dans mes bras, que je lui prenne la main, que je le touche, même. Car dans certaines situations, je ne suis pas certaine de ses envies, et ce n'est pas parce qu'on s'aime qu'on est télépathe! (peut-être qu'on certain romantisme dont vous parlez admet implicitement l'idée qu'on est justement télépathe avec l'être aimé, et qu'on ne fait qu'un avec lui, qu'on est en fusion. Ce qui nuit beaucoup à la communication, mais surtout est une vision assez irréaliste de l'amour!) Et je trouve que c'est très beau de reconnaitre que l'autre est justement autre, et qu'il peut avoir des envies différentes des nôtres, et donc ne pas vouloir de contact physique lorsque nous en voudrions. Pour moi cette attitude est la base du polyamour, et recoupe aussi l'idée de ne jamais prendre l'autre pour acquis -ce qui suppose paradoxalement une grande confiance.

Donc je pense que finalement, plus largement que simplement "supposer que l'autre veut faire l'amour" (ce qui est incroyablement violent, soit dit en passant), c'est arrêter de supposer quoi que ce soit des désirs de l'autre, en l'absence de signaux clairs. Et constamment interroger le désir de l'autre, mais également son propre désir. Ce qui peut être fait avec beaucoup de douceur, et ne pas être bizarre du tout.

Interroger son propre désir, je pense que c'est un peu plus dans le vif du sujet. Parce que quand on fait quelque chose simplement parce qu'en tant qu'homme ou femme, la société nous fait tendre à le faire, c'est le contraire d'écouter son réel désir. Pour moi, il est impossible d'écouter le désir de l'autre si on n'écoute pas son désir propre. Parce que (petite piste pour Marco?) si un homme se retrouve à faire l'amour à une femme simplement parce que dans cette situation il en avait l'occasion, sans peut-être en avoir une envie profonde et autre que superficielle, il est tout aussi victime.
Et il n'est pas si compliqué que ça de dire d'une voix douce et sensuelle : "j'ai très envie de t'embrasser", ce qui laisse la possibilité à l'autre de refuser. Ou simplement : "De quoi as-tu envie?" dans une situation plus sexuelle, ce qui laisserait entendre que l'acte pourrait ne pas avoir lieu si l'envie n'est pas partagée. Voire "de quoi as-tu envie maintenant?" ce qui prend en compte le fait qu'on peut très bien ne pas être disposé à faire l'amour à un moment donné, même avec quelqu'un qu'on aime et désire.
Par ailleurs, toutes ces demandes sont clairement plus simples à faire dans le cadre d'une relation où une certaine confiance est déjà instaurée. C'est vrai que c'est beaucoup plus difficile de manière générale de communiquer avec des personnes que l'on connait depuis peu.

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Green-Man-Outside

le dimanche 06 octobre 2013 à 07h38

J'ai pas le temps de développer vu que j'aimerais me coucher (à 7h27 ça paraît raisonnable comme projet) alors je rebondis uniquement sur cette remarque :

Maia
Sur la question du "demander avant d'agir", je trouve que non seulement ça ne brise pas le charme quand c'est bien compris par les deux partenaires, mais en plus de cela ça créé une aura de respect incroyable dans la relation.

J'ai vraiment envie de dire "ça dépend". La forme est une chose, tout dépend du fond (comme dans les arts martiaux... comme dans la vie en fait). Demander parce qu'on n'ose pas embrasser, ce n'est pas très intéressant à mes yeux. C'est être en position de demander la permission (donc dans une position de hiérarchie inférieure alors qu'on est censé être égaux). Demander avec la confiance de celui qui ose, oserait et osera (mais qui est amené à demander pour X raisons, sensibilité de la personne en face, contexte particulier, que sais-je) et n'utilise pas la parole pour remplacer l'acte, ok.

Je rappelle quand même qu'à partir du moment où on ne "vole" pas les baisers, la personne vers les lèvres de laquelle vous dirigez (lentement!) les vôtres est une adulte - sinon c'est police-prison bande de petits coquins - qui dispose du droit de refuser/repousser/esquiver votre approche et du libre arbitre (hum...) lui permettant de prendre la décision de le faire.

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bouquetfleuri

le dimanche 06 octobre 2013 à 10h06

La culture du viol est le produit de l'organisation des statuts de femme et d'homme que construit la société. Domination masculine etc.

Je rejoins totalement Maia dans tout ce qu'elle dit. Je n'ai trouvé pour ma part qu'un moyen de passer à côté de l'agression systématique de la femme, c'est la verbalisation de tous les actes possibles et inimaginables. Et il ne s'agit pas que de génitalité, même si en l'occurrence je ne vais parler que de cela

Pour deux raisons
Premièrement, on ne se pose pas de question quand on entre en relation avec quelqu'un. Il est très rare que cela commence par une pénétration sauvage, et on se trouve civilisé de concrétiser le début de la relation par des mots qui accompagnent des sourires.
Pourquoi, au moment du contact, les mots devraient disparaître ? N'y a-t-il pas là une impossibilité à assumer, dire et donner du corps à son désir, n'essaie-t-on pas de passer outre la présence de l'autre qui nous ramènerait à une culpabilité ancrée bien au fond de nous et dont on ne s'est pas défait ?

Je m'administre la preuve que je suis bien arrivé à me connaître, que ma sexualité est l'ensemble de ma vie, et à appréhender l'autre dans toutes ses dimensions quand j'arrive à dire et à entendre comment nous allons continuer de commercer, jusqu'au fond du lit. (commercer dans le sens de vivre une relation)

Deuxièmement, c'est un plaisir incomparable, démultiplié, de verbaliser tous les actes, cela leur donne une importance intelligente et on saisit davantage comment tous les sens participent de l'échange.
Nous ne faisons rien, ma partenaire et moi, que nous ne soyons capables de verbaliser, tous les deux.

Parce que j'ai choisi de ne plus être agi dans ma sexualité et parce que j'ai choisi d'augmenter tous les plaisirs dans ma relation, j'énonce tout ce que je fais, mais ce n'est pas forcément un doublage. Des gestes peuvent se faire en silence, ils ont simplement été parlés avant.

J'ajoute un éclairage à ce que je dis : j'essaie autant que possible de ne rien demander à partir d'une envie personnelle. Demander pour moi est déjà quémander et met l'autre en position de pouvoir ou de défense, et je n'ai pas à imposer cela. Cela commence dès le premier regard.

Je préfère laisser s'imbriquer les mots qui portent en eux tout notre désir.
Je ne drague jamais, et a fortiori, je ne viole jamais et je m'en porte assez bien, ma foi.

Dernier point : j'ai une sexualité (une vie) épanouie...

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Geraldin-e

le dimanche 06 octobre 2013 à 11h48

Je plussoie Maia ci-dessus.

En tant que garçon, j'ai été imprégné de cette culture évoquée par Marco. Mais pas de manière aussi caricaturale, même quand j'étais jeune, et en fait j'étais plutôt "handicapé", n'arrivant pas (puis ne voulant pas) à entrer dans ce moule là. En plus j'avais du mal à communiquer classiquement (verbalement notamment), plus les questions de frustration, infériorisation...
Mais à présent, je comprends mieux l'importance de tout ça, de tendre vers ce qu'explique bien Maia (et aussi bouquetfleuri), que ce soit pour le respect de l'autre, des autres, et aussi pour moi (notamment sur le fait d'interroger son propre désir).
Quand deux personnes se connaissent, il y a des moyens de communications non-verbaux qui fonctionnent aussi, mais c'est vrai que la parole est souvent plus claire, et permet plus facilement un début de prise de distance (avec des stéréotypes ou réflexes, habitudes).

Et oui, effectivement, c'est plus difficile avec quelqu'un que l'on connaît peu, surtout si on a un caractère plus réservé, anxieux, et puis l'ambiance culturelle n'aide pas du tout. Mais c'est une question d'habitude aussi, d'entraînement.

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LuLutine

le dimanche 06 octobre 2013 à 14h49

Maia
on peut très bien ne pas être disposé à faire l'amour à un moment donné, même avec quelqu'un qu'on aime et désire.

Ah, si tout le monde pouvait comprendre ça !

Green-Man-Outside
j'aimerais me coucher (à 7h27 ça paraît raisonnable comme projet)

Ah ben non, c'est l'heure de te lever ! :P

En tout cas, je trouve ton point de vue très intéressant, tu mets le doigt sur quelque chose que je n'aurais pas su formuler mais qui me semble assez vrai :

Green-Man-Outside
La forme est une chose, tout dépend du fond (comme dans les arts martiaux... comme dans la vie en fait). Demander parce qu'on n'ose pas embrasser, ce n'est pas très intéressant à mes yeux. C'est être en position de demander la permission (donc dans une position de hiérarchie inférieure alors qu'on est censé être égaux). Demander avec la confiance de celui qui ose, oserait et osera (mais qui est amené à demander pour X raisons, sensibilité de la personne en face, contexte particulier, que sais-je) et n'utilise pas la parole pour remplacer l'acte, ok.

bouquetfleuri
Nous ne faisons rien, ma partenaire et moi, que nous ne soyons capables de verbaliser, tous les deux.

Ah, et puis entendre son/sa partenaire dire "J'ai envie de...", moi ça ne me refroidit pas, bien au contraire !
Surtout quand j'en ai envie aussi, et lorsque je n'en ai pas envie, et bien j'apprécie que la personne ait verbalisé la chose plutôt que d'essayer de "me l'imposer" pour voir si "ça passe ou ça casse" !

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Lunar

le mercredi 09 octobre 2013 à 19h31

Une traduction d'un texte issu de Pervocracy sur la question. Ou comment passer du consentement «  à pile ou face » à des pratiques actives d'écoutes et de demandes :
https://lillydarma.wordpress.com/2012/03/05/rescen...

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Anarchamory

le mercredi 09 octobre 2013 à 22h23

Green-Man-Outside
J'ai vraiment envie de dire "ça dépend". La forme est une chose, tout dépend du fond (comme dans les arts martiaux... comme dans la vie en fait). Demander parce qu'on n'ose pas embrasser, ce n'est pas très intéressant à mes yeux.

Ben oui mais... si on n'ose vraiment pas ?

Green-Man-Outside C'est être en position de demander la permission (donc dans une position de hiérarchie inférieure alors qu'on est censé être égaux).

Mmmh... je ne suis pas sûr. Après tout, si ta voiture est en rade et que tu veux que je te prête la mienne, j'imagine que tu vas me demander la permission avant... Ça ne veut pas dire que je suis ton supérieur hiérarchique...

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Siestacorta

le mercredi 09 octobre 2013 à 23h46

Non, pas hiérarchique, mais le fait de posséder quelque chose dont l'autre a besoin te met dans une position dominante : tu peux refuser, ça ne change rien pour toi, et tu peux imposer des conditions quand l'autre n'est pas en mesure de les refuser.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le jeudi 10 octobre 2013 à 00h55

Siestacorta
Non, pas hiérarchique, mais le fait de posséder quelque chose dont l'autre a besoin te met dans une position dominante : tu peux refuser, ça ne change rien pour toi, et tu peux imposer des conditions quand l'autre n'est pas en mesure de les refuser.

En somme, c'est ptet une histoire de différence entre "envie" et "besoin".

Celui qui te dit "J'aurais bien envie de ceci", si tu lui dis non, il ne va pas se formaliser, parce que c'est un adulte, ok il a envie, mais il peut supporter la frustration (des frustrations, on en vit tous les jours, à longueur de temps, dès que quelque chose ne se passe pas comme on l'aurait voulu "dans l'idéal", et souvent on y est même tellement habitué qu'on gère la frustration sans même s'en rendre compte...du moins c'est mon opinion).

Par contre, celui qui te demande ça un peu comme une permission, de la façon dont Green-Man-Outside l'envisageait, c'est peut-être plus quelqu'un qui est dans une posture de besoin, non ?
"J'ai besoin de ça, allez steplaît je peux ?"

On a plutôt l'impression qu'il quémande quelque chose.

Et là, quand tu lui dis non, en effet tu peux te retrouver (même malgré toi) dans une position de pouvoir.

Hmmm je ne sais pas si j'ai bien formulé ce que je voulais dire ?

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Green-Man-Outside

le jeudi 10 octobre 2013 à 07h20

LuLutine
En somme, c'est ptet une histoire de différence entre "envie" et "besoin".

En termes de communication non-violente, on dirait demande (que tu appelles"envie") et exigence (que tu appelles "besoin"). En CNV le mot "besoin" désigne quelque chose de plus général : par exemple "besoin d'amour", l'amour pouvant prendre des formes autres qu'un baiser (un plat de lasagnes par exemple). Le besoin engendre les demandes. ;-)

LuLutine
"J'ai besoin de ça, allez steplaît je peux ?"

On a plutôt l'impression qu'il quémande quelque chose.

Ou toute l'importance de la communication non-verbale, la même phrase pouvant avoir x significations différentes selon le non-verbal qui l'accompagne.
Par exemple "je peux t'embrasser ?" en mode :
1/ tu as l'air un peu flippé(e), je ne voudrais pas te brusquer, je demande par empathie
2/ je suis super flippé, je préfère entendre "non" que me ridiculiser en avançant mes lèvres vers toi
3/ j'exige que tu m'embrasses, et au cas où ça ne serait pas réciproque je prends un air suppliant pour te culpabiliser et obtenir un oui de charité

Ce qui m'amène aux remarques de MetaZet :

MetaZet
Ben oui mais... si on n'ose vraiment pas ?

Pourquoi n'oses-tu pas ? :-)

MetaZet
Après tout, si ta voiture est en rade et que tu veux que je te prête la mienne, j'imagine que tu vas me demander la permission avant... Ça ne veut pas dire que je suis ton supérieur hiérarchique...

Même réponse que Siestacorta, avec une nuance en bonus : techniquement parlant, si j'emprunte la voiture de quelqu'un sans rien de matériel en échange (argent, cadeau, dîner...) la personne ne gagne rien à l'échange (en plus de ne rien perdre si elle refuse, ce qui lui assure cette position "dominante"). Bien sûr, elle peut gagner plein de choses symboliquement : renforcement de la relation, gratitude, prestige éventuel de la générosité, contre-don à venir.

Or, dans le cas du baiser, je rappelle une fois de plus que le "bénéfice" est censé être mutuel et immédiat : tu n'empruntes pas les lèvres de la personne pour te servir égoïstement, tu lui offres les tiennes! C'est un échange mutuellement vertueux, par la verge de Jupiter!

Bien sûr, le désir peut ne pas être réciproque, mais ça on est quand même censé le sentir à travers la qualité d'échange qu'on a avec la personne. Reste donc la possibilité en cas de doute, mais je le répète encore, dans ce cas pourquoi ne pas choisir la solution "slow motion" en inaugurant un baiser d'une manière qui permettre à l'autre de se dérober ? Demander avec la voix ou proposer avec le corps, tant que ça laisse la place au refus (verbal ou physique) de l'autre, ce n'est pas du viol ou quoi que ce soit de ce genre : c'est l'expression d'un élan spontané qui tient compte de la subjectivité de l'autre et de sa liberté de choisir. (+)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Anarchamory

le jeudi 10 octobre 2013 à 18h31

Green-Man-Outside
Ou toute l'importance de la communication non-verbale, la même phrase pouvant avoir x significations différentes selon le non-verbal qui l'accompagne.
Par exemple "je peux t'embrasser ?" en mode :
1/ tu as l'air un peu flippé(e), je ne voudrais pas te brusquer, je demande par empathie
2/ je suis super flippé, je préfère entendre "non" que me ridiculiser en avançant mes lèvres vers toi
3/ j'exige que tu m'embrasses, et au cas où ça ne serait pas réciproque je prends un air suppliant pour te culpabiliser et obtenir un oui de charité

Ce qui m'amène aux remarques de MetaZet :

Pourquoi n'oses-tu pas ? :-)

Un mélange variable d'un peu de 1/ et de beaucoup de 2/. C'est grave docteur ? :-)

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Green-Man-Outside

le dimanche 13 octobre 2013 à 03h42

Je ne sais pas si c'est "grave". La question serait plutôt de savoir si tu as envie que ça change ou si cette situation te convient ? ;-)

Je peux te conseiller un livre de poche (pas cher et qui se lit vite) qui, à défaut de révolutionner ton existence si tu le souhaites, t'apportera sans doute un éclairage intéressant : "Trop gentil pour être heureux, le syndrome du chic type" de Robert A. Glover.

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BobMorloch

le lundi 14 octobre 2013 à 15h55

Sur la culture du viol, il y a pas mal de réflexions intéressantes sur le blog www.lesquestionscomposent.fr, dont l'article "Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder ». Les commentaires après l'article valent également parfois la peine.

A propos de la communication et de la CNV, je vous recommande l'excellent livre de Thomas d'Ansembourg "Cessez d'être gentil, soyez vrai", qui est une vraie mine d'or d'infos accessibles et lisibles.

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