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La frustration sexuelle masculine

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Superpoussin

le lundi 31 décembre 2018 à 05h20

Janis
J'ajouterais juste une petite chose qui souligne ce qui me gêne dans la formulation des termes du problème : il me semble que la sexualité n'est ni un droit ni un besoin vital.

Elle n'est pas un droit au sens où la société n'a pas le devoir de procurer une sexualité à ses membres - c'est par définition une activité privée et intime.
Elle n'est pas un besoin au sens où on ne meurt pas si on n'a pas de vie sexuelle.

On peut s'abstenir de respirer quelques secondes, si on veut tenir plusieurs minutes c'est plus compliqué.
On peut s'abstenir de boire quelques heures, par contre le faire plusieurs jours est un peu différent.
Pour ce qui est de manger on peut tenir généralement plusieurs semaines avant de mourrir.

Respirer, boire et manger sont connus comme étant des besoins vitaux, pourtant il est possible de ne pas les satisfaire sur des périodes pas trop longues.

Il n'est pas certain qu'une longue abstinence sexuelle non désirée n'engendre pas une souffrance pouvant amener à une altération de la santé et à une vie écourtée. En tout cas j'ai le sentiment que la souffrance engendrée par cette abstinence est généralement largement sous-estimée.

L'acte sexuel peut prendre divers aspects, apporter diverses choses et, pour ce qui est des hommes, n'est pas toujours réductible à un dégorgement de poireau. D'ailleurs une des plus grandes souffrances des individus durablement abstinents involontaires semble moins être le pur acte sexuel que ce qui l'accompagne souvent, à savoir un contact bienveillant de la part d'un autre humain, une interaction sans limites, pleine.
Sans connaitre ces interactions sur de longues périodes il peut être difficile de se sentir exister pleinement. L'acte sexuel peut aussi aider à ressentir que l'on a sa place parmi notre espèce (qui est grégaire ne l'oublions pas). Enfin donner du plaisir peut aussi donner inconsciemment une raison de vivre à des gens qui n'en trouvent pas d'autre.

Il est certes délicat de vouloir créer un droit à la sexualité mais on pourrait cependant imaginer des sociétés où moins de gens en soient exclus.

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Superpoussin

le lundi 31 décembre 2018 à 05h43

Janis
Je vais essayer un autre biais pour tenter de signaler le côté absurde à mes yeux de cette discussion.

Tout le monde part d'un implicite gros comme l'éléphant au milieu du salon qui est que la sexualité est hétérosexuelle.

Dans le cadre de sexualités non hétérosexuelles, est-ce que ça a encore du sens de parler de frustration sexuelle masculine ou féminine ?

Certes les choses auraient peut-être pu être exposées un peu plus clairement mais il m'a semblé que le sujet de ce fil était d'évoquer une asymétrie hommes-femmes quant à la façon dont la société actuelle les incite à vivre et gérer la question sexuelle, asymétrie débouchant lors d'un commerce (intéressant ce mot n'est-il pas?) entre une femme et un homme à ce que souvent ce dernier doive apporter quelque chose en plus pour compenser la meilleure valorisation de l'apport sexuel de la femme.

Deux personnes de même sexe se retrouvent à égalité sur le plan de leur part de valorisation sexuelle induite par leur seul genre puisqu'elles ont le même.

Marcela Lacub a très bien évoqué selon moi cette problématique du commerce des sexes dans la citation rappelée peu avant par Hypergame dont je redonne un court extrait:

Marcela Lacub
Ainsi, pourrait-on définir le principe de restriction sexuelle comme la création par les femmes d'une situation de pénurie sexuelle pour les hommes dont les désirs ne peuvent pas être satisfaits immédiatement sur le marché érotique à cause du refus de principe que leur opposent les femmes. Le but d'un tel refus est de transformer la satisfaction de ces désirs en un objet de négociation et d'échange contre des positions sociales, des biens matériels et symboliques. Pour elles, leurs désirs sont moins à satisfaire qu'à contrôler et à maîtriser afin de leur donner de la valeur dans les échanges avec les hommes.

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le début de cette citation dans la mesure où je ne suis pas convaincu qu'il s'agisse d'une situation instaurée en conscience par "les" femmes mais plutôt l'héritage de l'histoire passée des rapports hommes-femmes. Mais ce serait un autre débat.

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