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La, mes, ma relation amoureuse

Bases
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Profil

bouquetfleuri

le mercredi 28 août 2013 à 14h51

J'ouvre ce fil dans l'espoir que chacun vienne parler de sa relation amoureuse, pas de celle de l'autre, ni des relations amoureuses, mais de sa relation, de la vision de sa relation.
Un débat ne rimerait à rien mais laisser s'additionner chaque vision de la relation amoureuse peut permettre de faire émerger des questions personnelles.

La, mes, ma relation amoureuse. Le singulier n’est pas innocent, il vaut le pluriel.

L’amour, c’est le sentiment que je vis. La conscience que je suis animé d’une pulsion de vie et que je ne sais pas où ni comment elle prend racine en moi. C’est aussi la conscience que si je veux survivre, je dois m’allier à d’autres. Certains diront une autre ou un autre, moi je dis plusieurs autres.
L’amour prend naissance avec cette conscience que j’ai besoin des autres pour exister, au-delà de la conscience que je suis un individu et que je dois mobiliser seul les forces qui me permettent de construire mon projet d’individu. L’amour prend naissance quand je sais que je suis dépendant des autres.
Bon, de quels autres et comment ? Facile : d’autres que je ne connais pas et je ne sais pas comment.

Mais la dépendance dans une relation me paraît consubstantielle de la relation.

La relation n’existe pas en elle, elle ne comporte aucune obligation, elle ne dicte aucune procédure, aucune recette conduisant à un hypothétique succès. Il n’y a d’ailleurs pas lieu de parler de succès ou d’échec, il y a juste à dire s’il y a ou pas relation.

La relation est le produit de l’existence de deux personnes, parfois de trois ou de quatre personnes. Le support de la relation n’est pas un sentiment inconnu, c’est l’existence physique des êtres. Elle se construit à travers divers dialogues, elle peut stagner, évoluer, mais elle ne peut pas revenir en arrière. C’est le sens du temps et du progrès. Et je ne peux pas arrêter le temps, ni refuser de continuer à progresser, je n’ai pas ce choix-là.
Alors quels dialogues ?
Ceux qui me permettent de découvrir sans cesse qui est l’autre et d’apprendre, apprendre qui est l’autre et apprendre de l’autre qui je suis.
Il y a plusieurs dialogues, celui des corps d’abord où la découverte emploie plusieurs sens, principale cible des préoccupations et de la défaillance habituelle de la parole, dialogue à soutenir pendant longtemps et plus exactement jusqu’au bout de la vie, dialogue des pensées où la projection et l’intention, meilleurs repères parce que issus de soi peuvent devenir les obstacles les plus infranchissables, dialogue des sentiments constitué de tous les implicites ou dialogue des sollicitudes, dialogue social où la projection commune cèle le danger de l’exploitation des environnements familiaux, de travail et autre, etc.

Ma relation se construit donc, mot à mot, geste à geste, pensée à pensée et l’intrication de chaque élément d’échange conduit à transformer en permanence chacun des partenaires.

Ainsi, je suis réalisé en me réalisant.

Ma relation amoureuse est sa tautologie (au sens de l’ami de MetaZet, Wittgenstein). C’est la raison pour laquelle, aucune de mes, nos (je parle pour elles) relations amoureuses ne peut être défaite. Seule la disparition d’une partenaire, sa mort ou son éloignement brutal transforme la nature des apports et du rapport. J’ose l’image de la boule de neige qui roulant sur sa matière grossit de plus en plus. Sauf que cette fois, ce sont des soleils qui grandissent.
Mais, loin de ressembler à une condamnation ou un enfermement, cette conscience de l’avancée, de l’épanouissement permanent d’une relation ouvre à la liberté de faire, la liberté d’aimer sans entrave, la liberté de se penser en permanence en l’autre, en plusieurs autres. Toute ma richesse est là.
Cela demande du travail ? Oui, il faut exister en permanence…

J’ai longtemps cru que je pouvais fabriquer des relations amoureuses. Prétentieux, j’imaginais doter le monde de cet outil merveilleux pour le changer un peu. Mais ça ne fonctionne pas ainsi, pas tout à fait du moins et il faudrait parler des conditions de la relation, ou qui dois-je être pour entrer en relation ?
Il faudrait aussi parler du plaisir de la relation, ou pourquoi je peux préférer une relation à une autre.
Ce sera pour un autre fil. Si, si !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Profil

LuLutine

le mercredi 28 août 2013 à 19h47

Ouiiii, c'est quoi la question ???

Je n'ai pas de vision de la "relation amoureuse", enfin je ne crois pas.

Chaque relation se construit au fur et à mesure du temps en fonction de la (bonne) volonté des individus concernés...

Alors, je laisse les choses se construire, je n'ai pas de vision préconçue je crois. Et ça vaut aussi pour les relations dites amicales, car aujourd'hui je ne mets pas (plus) de frontière nette dans mes relations affectives. Une relation dite "amoureuse" peut devenir "amicale" et inversement, en fonction des désirs et limites de chacun....j'essaye de m'adapter au mieux.
Comme disait Clem, "On ne peut pas vouloir pour les autres". Avoir une vision arrêtée, définie me semblerait donc illusoire voire suicidaire.

Mais je ne suis pas sûre d'avoir compris ton message, simplement il m'a fait penser à ça...

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(compte clôturé)

le mercredi 28 août 2013 à 20h47

Lulutine
Et ça vaut aussi pour les relations dites amicales, car aujourd'hui je ne mets pas (plus) de frontière nette dans mes relations affectives. Une relation dite "amoureuse" peut devenir "amicale" et inversement, en fonction des désirs et limites de chacun....j'essaye de m'adapter au mieux.
Comme disait Clem, "On ne peut pas vouloir pour les autres". Avoir une vision arrêtée, définie me semblerait donc illusoire voire suicidaire.

Mais je ne suis pas sûre d'avoir compris ton message, simplement il m'a fait penser à ça...

Idem (+)

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(compte clôturé)

le mercredi 28 août 2013 à 20h57

Voici le début d'une nouvelle que j'ai commencé à écrire hier donc c'est un premier jet, il y a des fautes, c'est sans doute encore mal dit... alors je vous livre cela brut de brut car ça correspond, je pense, assez bien, avec les propos ci-dessus :

Il était une fois

Il était une fois, une histoire vraie… où les fées, les princesses n’existaient pas. Il était une fois ne se terminera pas par : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… » Mariée, elle l’était depuis plus de vingt ans et les enfants étaient grands… Non, il était une fois, une femme que les clichés du XXIème siècle dérangeaient.

Cette femme en avait marre d’entendre, « la différence entre l’amour et l’amitié, c’est le sexe ». Affirmation dont elle ne comprenait pas le sens, elle qui ressentait toute une palette de sentiments forts et d’émotions pour des personnes avec qui elle n’entretenait pas de relations sexuelles. En fait, elle avait tellement étendu la frontière sud par où l’on pouvait rentrer après avoir fait sa connaissance à la frontière nord où reposait son chez elle, avec mari, famille et sexe. Toute une variété de paysages différents s’y étaient formés, en toute simplicité, en toute autonomie, en toute liberté. Elle entretenait une telle harmonie que l’on ne s’apercevait plus des subtils changements.

C’est l’histoire de ces paysages que je vais vous narrer aujourd’hui. Rude tâche, puisque ceux-ci, comme les émotions et les sentiments, changent perpétuellement.

Ce qui caractérise ces paysages, c’est la pérennité. En effet, toute personne entrant, contribuant à la création d’un paysage, qu’il soit stable ou changeant, restait gravée à jamais. Un peu comme ces fichiers informatiques dont on ne peut jamais se débarrasser. On les efface, les supprime, les mets à la corbeille, ils sont encore là. Et oui, l’humain, comme l’ordinateur a une mémoire complexe, un « système d’exploitation » et des logiciels de fonctionnement pas toujours adaptés sans compter les virus externes. Elle nommait ceux-ci, tabous, codes moraux, chaines, scories, religion, normes, institutionnalisation…

Les virus étaient nombreux et omniprésents. En fait, elle les combattait pour elle-même et ceux qui franchissaient la frontière pouvaient apporter ses virus avec lui, tant que ceux-ci s’engageaient à ne pas les répandre… la liberté était de mise, seule la contamination était exclue. Le respect des autres et de leurs idéaux était une base fondamentale : « tu as le droit d’être comme tu le désires à condition de respecter les autres tels qu’ils sont ». C’était lui semble-t-il un bon deal. Evidemment, cela ne signifiait pas que l’on ne puisse pas aborder le sujet des virus, mais la volonté de conversion était bannie. Libre à chacun d’aspirer positivement ou non aux différents discours. D’ailleurs, elle appréciait cette diversité de personnalités. Elle s’appropriait chez chacun ce qui lui semblait bon pour elle, reconnaissant les différences et essayant de les comprendre. Elle n’y arrivait pas toujours. On pouvait avoir des sentiments pour quelqu’un sans pour autant être toujours d’accord sur tout et sans vouloir à tout prix ressembler à l’autre. Elle tenait à ce que chacun préserve son caractère unique, son évolution propre, son histoire particulière. Aucune volonté de clonage, d’uniformatisation, surtout pas.

Son principal virus était l’institutionnalisation de son principal amour : le mariage. Toutefois, au fil du temps, celui-ci ne posait plus vraiment problème. Au fond, ce n’était pas le mariage lui-même qui la dérangeait puisque celui-ci ne lui avait toujours apporté que bonheur, stabilité, épanouissement et beauté. Evidemment, comme dans tous couples, des nuages venaient parfois assombrir cette beauté. La clarté revenait toujours suffisamment vite pour que la grisaille n’ait pas le loisir de s’installer durablement. C’était une force non négligeable. Une vie commune, mener à bien des projets, répondre aux besoins et aux attentes, être parent, être épouse, être amante tout en restant soi-même… Ils avaient aménagé à deux un microclimat où il faisait bon vivre.

Elle avait mis longtemps à se comprendre, au fil des années. Elle se définissait aujourd’hui tout en restant une énigme pour elle-même et encore plus pour les autres, surtout pour l’homme qui partageait sa vie. Le pauvre. Pour se définir, elle avait cherché à tout ranger, classer. Elle avait conçu des armoires, des étagères, des compartiments, des sous-compartiments, etc… Si bien qu’à chaque rangement nécessaire, le travail était colossal. Pour ne rien arranger, son rangement n’était compris que par elle. Ce n’était donc pas la meilleure solution. Elle décida donc d’établir un cadre général, de briser les armoires, les étagères, les compartiments et de laisser son contenu se ranger à sa guise, naturellement. Le résultat était stupéfiant. Exactement ce qui lui fallait. Ainsi, entre la porte de la frontière sud et sa vie de couple à la frontière nord, elle survolait souvent en pensée tous les paysages naturels qui s’étaient formés…

L’un d’eux, le plus ancien, était l’œuvre d’un fantôme. Toujours présent, il la hantait parfois agréablement, parfois sous forme de nuit blanche. Le fantôme apparaissait, créait des situations complexes auxquelles elle devait s’adapter, sans rien exiger en retour, et disparaissait au bout de quelques années, trois à quatre en général, sans autre forme d’explications. Une fois, il s’évapora même à l’autre bout du monde sans prévenir et en coupant tout lien. Elle ne cherchait plus à comprendre. Il lui faisait découvrir des feux d’artifice, magnifiques, surprenant, époustouflants. Ceux-ci apparaissaient parfois sans crier gare, dans l’inattendu ; ils étaient parfois minutieusement préparés. Toujours est-il qu’elle n’avait jamais assisté à un bouquet final. Bref, une histoire sans fin, en euphorie, en mal être, en émotions excessives comme l’était leur relation. L’équilibre, elle l’avait presque trouvé, instauré, après de nombreux efforts, et le fantôme s’était évaporé, à nouveau… Un fantôme reste un fantôme…

La suite lorsqu'elle sera écrite

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Profil

bouquetfleuri

le mercredi 28 août 2013 à 21h01

Comment peut-il être question de vision arrêtée ? Je parlai de la conscience que l'on a de ce que l'on vit...

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(compte clôturé)

le mercredi 28 août 2013 à 21h19

Peut être n'en n'ai je pas de vision arrêtée, bien au contraire. Autrement, j'ai conscience de ce que je vis.

J'ai pas du comprendre la question... ou c'est trop intello pour moi

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Profil

bouquetfleuri

le mercredi 28 août 2013 à 21h55

Hihihi gcd68, nos posts se sont affichés dans le mauvais ordre... j'intervenais après vos deux premières réactions, pas après ton texte

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(compte clôturé)

le mercredi 28 août 2013 à 23h53

Oui, ça arrive en effet et parfois ça met la pagaille. Pas de soucis. Il n'empêche que pour moi, ce que tu dis est souvent intello (ce n'est pas une critique, juste que pas l'impression d'être au niveau ou de parler la mm langue, après ça m'oblige à évoluer (+) ).

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Profil

LuLutine

le jeudi 29 août 2013 à 00h15

Comme je le disais bouquetfleuri je n'ai absolument rien compris à ton message mais ça m'a fait penser à ce que j'ai écrit plus haut...

Je n'ai pas dit que c'était une réponse à ton post initial... ;)

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Profil

Goldmund

le vendredi 30 août 2013 à 00h30

J’ai le sentiment que je peux aimer les autres parce que je me sens entier.
Pour moi, J’existe sans les autres mais je n’ai conscience d’être JE que face à eux. Dans ce sens parler de l’autre amoureux(se) comme d’une moitié où comme celui ou celle qui viendrait combler un manque ne me paraît pas acceptable sans amoindrir ce que je suis et ce qu’il ou elle est. Je vis l’autre comme un plus à ma réalité, comme une richesse supplémentaire qui me nourrit et me fait grandir dans mon humanité. Je vis l’autre comme celui qui vient me révéler, m’ouvrir à la conscience de ce que je suis comme j’espère lui permettre la réciproque. Nous nous apportons la richesse de ce que nous sommes que l’acte d’amour vient réunir, mais pas confondre, dans une magnifique harmonie. Dans ce sens, la relation amoureuse, pour moi, ne peut être fusion, ou confusion sans risquer que les êtres unis se perdent en l’autre et donc nient leur identité propre. La relation amoureuse me fait prendre conscience de l’être unique et plein que je suis et que mon partenaire est. La relation amoureuse permet cela parce que le regard amoureux est un regard bienveillant, positif, magnifiant. La relation amoureuse me dynamise, elle suscite le désir d’offrir le meilleur de moi. Elle valorise et engendre la confiance en moi nécessaire à l’acceptation de ce que je suis dans mes forces et mes fragilités.
La relation amoureuse ne me rend pas aveugle, elle ouvre mes sens, éveille mon esprit et ma conscience d’être au monde pour aimer. Et cette amour par lequel je reconnaît que je suis et pour lequel je vis , c’est avec bonheur que je le partage avec celle et ceux qui m’aiment aujourd’hui.

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Profil

Len

le vendredi 30 août 2013 à 00h33

Jolie (+) <3

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(compte clôturé)

le vendredi 30 août 2013 à 15h05

Jolie (+) <3 également Goldmund

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Profil

bouquetfleuri

le vendredi 30 août 2013 à 15h45

Tout va bien, LuLutine, je conçois bien que mon message soit peu compréhensible.
J'essaie d'aller au fondement de ma relation amoureuse et de l'expliquer, presque au stade biologique, ce stade ou naît ma conscience et toutes les informations que je peux obtenir de ma nature. Je suis d'ordinaire plus poétique... hihihi

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