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Vos impasses de poly ?

Témoignage
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Siestacorta

le mardi 14 mai 2013 à 19h46

Le saviez-vous ? Le polyamour ne rend pas parfait, et on peut faire des conneries spécial-poly, que les monos ont même pas l'occasion de faire.
Même après avoir passé le pas, même tout consenti tout bien, on a chacun nos casseroles, on a encore du boulot.

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ? Comment expliquez-vous cette façon de faire ? A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ? Vous avez réussi à avancer, depuis ? Si oui comment vous avez fait ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Siestacorta

le mardi 14 mai 2013 à 20h01

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?

La compartimentation. Dire ce que chacune veut savoir, mais m'organiser pour qu'aucune ne sente l'autre se manifester dans sa vie. Pas prendre le téléphone devant, pas se croiser parce que c'est pratique, pas trop proposer de plans communs.

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?
Etre en interaction prolongée avec quelqu'un(amoureuse, ami, famille, collègue) me demande beaucoup d'attention. Plus je dois écouter de personnes "qui comptent" en même temps, moins je suis à l'aise.
Et puis, peur que l'autre, bien que "ouvert", me demande par compétition ce qu'il n'aurait pas demandé par besoin personnel.
Pis peur de pas être libre de décider seul de mes mouvements. Résultats, pour contenter tout le monde, je suis encore moins libre. Bien joué...
Pis envie de me ménager des temps seul et la peur que "à ce moment là, j'ai prévu d'être seul et ça n'est pas une marge de manœuvre pour nous organiser" ne passe pas.

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?
A force d'essayer de ménager chêvres et choux dans mon agenda, et d'essayer de pas imposer l'une à l'autre, je me retrouvais avec une représentation intérieure et autiste de pourquoi mes choix étaient équitables, respectueux mais tu t'en rends pas comptes hein, et "légitimes".
En n'accréditant pas assez les manifestations de l'autre, je ne laisse aucune prise.

Vous avez réussi à avancer, depuis ? Si oui comment vous avez fait ?

Work In Progress.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le mardi 14 mai 2013 à 20h42

Ce qui m'a fait ramer? Le principe de franchise (on ne se cache pas, on ne ment pas) qui peut aller du simple "je te dis quant j'ai une relation, il peut même arriver que tu la croises, mais je n'ai pas envie de détailler mes sentiments ni qu'on fasse plein de choses ensemble tous les trois (ou quatre, on plus...) parce que c'est mon jardin secret et qu'en plus ça a quelque chose d'exhibitionniste qui me gêne (un peu comme les couples qui se regardent baiser avec d'autre en clubs échangistes) au "Ecoute un peu que je te raconte mon week-end avec telle amoureuse et puis tiens je te montre des photos, t'as vu comme elle est belle, j'ai envie de l'inviter à la maison le week-end prochain, qu'en penses-tu?
Quand deux polys ont une conception aussi différente de la franchise, c'est parfois délicat à ajuster, et arrive une autre galère: on passe son temps à discuter de polyamour au lieu de mille autres sujets tout aussi importants et ça devient envahissant.
Comment j'ai avancé: en discutant, c'est sûr, en précisant ce que je ne voulais pas dire et pas entendre, et l'autre en me disant pourquoi il avait envie de transparence, etc...
A l'arrivée: on en parle infiniment moins, tout simplement parce qu'on se fait confiance et qu'on a envie, lorsqu'on est ensemble, de le vivre pleinement C'est pareil avec les autres hommes aimés: je ne leur raconte pas mes diverses relations, et d'ailleurs la plupart m'ont demandé de ne pas leur en parler.
Idem pour le coming-out: à partir du moment où on sort avec des personnes différentes et qu'on se montre avec, est-il besoin de faire un coming-out solennel devant collègues et amis, ou ne suffit-il pas de le vivre tout tranquillou, sans se cacher (voire d'écrire dessus ...) pour qu'ils soient au courant?
En gros c'est ce que j'ai trouvé le plus difficile: dire sans en dire trop ni que ça devienne obsessionnel.

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lam

le mercredi 15 mai 2013 à 12h50

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?
(précision: pas de hiérarchie primaire-secondaire dans mes relations)
Nier mes besoins affectifs, faire comme si je gérais tout quoi qu'il arrive, que je pouvais tout encaisser. J'arrivais très bien à ce que si nécessaire le sexe soit mis de coté dans une amitié sexuelle, puisque que ce qui m'intéresse c'est le lien qu'on construit dans les relations, et que je considère plus simple de mettre le sexe entre parenthèses plutôt que l'amour et le lien.
Le souci ça a été de ne pas pouvoir dire ce qui était important pour moi: c'est à dire créer un environnement affectif stable et riche en montrant mes besoins affectifs, en posant des mots (j'ai besoin que tu m'appeles, que tu te soucies de moi,...). Problème donc dans le fait de laisser d'autres me traiter comme une relation 'secondaire' qui s'étiole dès qu'il y a problème ou besoin de d'énergie dans leur lien 'primaire'.

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?
Ben c'est pas facile de naviguer en poly anti hiérarchique dans un monde où quasi tout le monde fonctionne en termes de hiérarchie et de priorité dans ses relations.
La plupart des personnes ne valorisent pas, ou peu, ou différemment les liens platoniques par exemple. Qui n'a jamais entendu "on est proches avec bidule, mais il ne se passe rien" ou "on s'est vu avec trucmuche, mais on n'a rien fait"; je trouve ça pathétique et très triste de poser ses amours platoniques à des niveaux d'attention différents de quand on fait aussi du sexe dans une relation.

Et pour autant on est tou-te-s pétri-e-s de ces valeurs de hiérarchie des relations, ainsi que de 'tabou' ou 'spécificité' des relations qui comprennent du sexe. Moi aussi.

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?
En me rendant compte qu'avec cette image de "je gère mes relations d'amour platoniques ou non-platoniques de la même façon", je renvoyais aux autres que j'étais super forte face à l'attachement irrationnel qui peut être provoqué par le fait de partager du sexe ( tu sais le truc où il peut y avoir de la jalousie, où pour beaucoup il faudrait que ça dure, habiter ensemble, faire un crédit et des enfants...)
En me rendant compte donc, que quand j'avais besoin de soutien tout le monde fuyait le navire, sauf mes amours platoniques. Que deux trucs se passaient
> j'avais induit les autres ( et moi-même) en erreur sur le fait que je gérais tout quoi qu'il arrive, que j'allais pas trop morfler, que m'attacher trop fort ça ne pouvait pas m'arriver.
> les autres ne prenaient pas soin de moi comme illes l'auraient fait pour une relation primaire, prépondérante, ou amicale et platonique

Vous avez réussi à avancer, depuis ? Si oui comment vous avez fait ?
l'avancement c'est en cours, bien sur.
je travaille à dire mes besoins affectifs et émotionnels dans les différents types d'amours (platoniques et avec sexe) que je vis.
Je travaille à me méfier (si, si.), et donc à dire clairement quand une histoire se crée (et j'insiste d'autant plus si c'est avec quelqu'une qui est en couple: parce que de fait elle sera dans un fonctionnement hiérarchique primaire/secondaire) que je n'ai pas confiance par défaut dans la capacité de l'autre à être à l'écoute, que la confiance ça se construit.
Je travaille à encourager les autres à me partager clairement leurs attentes vis à vis de ces relations, parce que bien sur je me méfie de moi aussi (et de ma tendance à appliquer aux autres ce qui est vrai pour moi).
Et pour ces deux types d'amours j'essaie de me questionner, et qu'on se questionne à deux, sur ce qu'on veux faire du lien, où on voudrait aller, de quoi il a besoin pour le nourrir: quels actes en nature, à quelle genre de fréquence...

et je me sens mieux depuis que je comprends et que j'arrive à en parler.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Lili-Lutine

le mercredi 15 mai 2013 à 22h28

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?

Ne pas comprendre et donc avoir beaucoup de mal à accepter qu’ils soient si différents de moi dans leurs façons d’aimer = dans leurs façons de m'aimer, dans leurs façons de rechercher d'autres relations comme dans leurs façons d’aimer ces autres personnes, le plus dur ce fut d'arriver à ne pas me sentir "mal aimée" dans une relation qui ne ressemble pas à celle "idéale" que j'avais imaginée avec chacun d'eux ha ha ha la drôle de fille que voilà qui "voulait" être "comblée" avec chacun !

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?

Accepter en comprenant bien ce que l’autre vit et pourquoi il le vit ainsi n’allait pas de soi pour moi, je l’explique par le fait que cela me mettait en situation de doute à chaque fois sur le bien-fondé de la relation, comme si je demandais tout et plus encore à chacune de mes relations (vieux reste monogame il semblerait là ha ha ha ) parfois il me semble que je replonge un peu ... c'est très fugace aujourd'hui , je ne me noie plus aussi facilement !

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?

A chaque fois que je me suis confrontée à mes limites et aux leurs, qui n’étaient le plus souvent que les miennes en réalité, et donc qui m’éloignaient d'eux = en me parlant moins ou avec trop de précautions, j’ai donc très vite appris à les regarder autrement pour ne plus rien perdre d’eux ha ha ha

Vous avez réussi à avancer, depuis ? Si oui comment vous avez fait ?

Le lâcher prise, quelle liberté !

Ne plus vouloir tout comprendre, tout vouloir ou tout attendre, comme le souhait inconscient du contrôle de l’autre, alors là oui seulement là je vais bien mieux depuis et eux aussi je crois ha ha ha

D’ailleurs en changeant mon regard sur eux et sur leurs façons j’ai développé une tendresse toute particulière sur leurs singularités et j’adore ça les aimer tels qu’il sont !

Aujourd’hui de nouvelles limites parfois m’apparaissent encore, et je continue de travailler dur pour les surpasser, et à chaque fois ça marche! ( je croise les doigts (+) )

Comme quoi souvent il me semble que c’est en soi que se trouve l’impasse, le savoir m’a permis d’ouvrir de nouvelles portes et j’adore découvrir jusqu’où je vais pouvoir aller encore avec eux et avec d'autres !

Donc si plus d’impasse, cela veut dire pour moi désormais que ce ne sont que des tournants, et j’apprends à slalomer avec grâce avec bien plus de confiance en moi, et du coup en l’autre !

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bouquetfleuri

le jeudi 16 mai 2013 à 12h22

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?

Le principe de franchise comme l’écrit aimerplusieurshommes, combiné à un idéalisme peut-être désuet m’a conduit souvent à des situations qui ressemblaient à des échecs. Heureusement, il n’en est rien. La difficulté, voire la douleur de vivre une distribution particulière des rôles, à accepter des choix parfois incompréhensibles est souvent le signe d’une réussite humaine. J’ai longtemps été un prosélyte du maillage des relations amoureuses, persuadé qu’en étendant le plus possible cette vague amoureuse nous arriverions à changer le monde. Faire profiter et profiter le plus possible de ces rapports amoureux crée de la joie, intense dans sa vie, mais n’entraîne pas forcément tous les acteurs à changer définitivement de mode privilégié de relation. Nombreuses sont celles qui se sont éloignées de moi pour se recentrer sur une relation amoureuse apparemment moins complexe (moins compliquée à leurs yeux). Alors évidemment j’ai ramé afin de comprendre pourquoi ça ne fonctionnait pas aussi bien qu’en théorie

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?

Je me sentais un deus ex machina, créateur de bonheur, fabricant de relations amoureuses. « Faites l’amour pas la guerre » est un slogan qui m’a servi de tuteur dans tous les segments de ma vie. Comme j’étais perfectionniste et que j’avais un vieux fantasme de maîtrise, mon humanisme se confondait avec l’amour absolu, ce graal inaccessible qui ne m’apparaissait pourtant pas si lointain. En même temps, Je n’ai jamais sélectionné les femmes que j’approchais pour participer à cette grande farandole, je faisais au contraire très attention quand j’en avais la possibilité de prendre l’exact contrepied des principes sociologiques qui stipulent que les différentes couches sociales ne s’interpénètrent pas ou peu, ou de passer outre l’attrait initial nécessaire au dialogue. Aux deux « capital financier et capital culturel » chers à Bourdieu, j’ai vite ajouté le capital sexuel qui permet un amalgame fort entre des personnes bien différentes. J’ai juste oublié un temps, que « fabriquer une relation » n’est pas « construire une relation ».

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?

Il y a deux formes d’impasse, celle dans laquelle on s’enferme par son comportement et l’impasse heuristique, celle qui permet à un non-sens (l’amour absolu) de donner du sens à sa vie
Et c’est un vrai bonheur de quitter la première pour s’engouffrer dans la deuxième. L’impasse devient une hypothèse, une espérance folle, quelque chose que l’on peut enfin toucher du doigt.

Vous avez réussi à avancer, depuis ? Si oui comment vous avez fait ?

Au fil de mon histoire, en même temps que j’abandonnais mon fantasme, je m’éloignais de la notion de performance, du rapport de force, je m’extrayais du jugement, j’allais vers de la confiance, de la reconnaissance, de l’abandon, vers l’acceptation de mes incapacités, la joie inattendue de l’imperfection, l’accueil de l’autre.
Comment ? Avec toutes celles qui m’ont emmené, avec de l’écoute et de la lecture, de la pensée et de l’humilité.
Je vous parle d’un temps ancien, je vous parle d’un temps qui dure, je vous parle d’une vie, je vous parle d’un apprentissage, et maintenant je peux vous parler d’une renaissance.
Il était temps, hihihi

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tentacara

le vendredi 17 mai 2013 à 12h23

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?

Ce qui m'a (me) fait ramer dans ma vie de poly, et dans ma vie tout court, c'est la rigidité de mes valeurs morales. Oui, je sais, dit comme ça, c'est flippant. Pourtant, je me suis toujours et quel que soit le domaine, comportée selon une idée précise de ce qui est bien ou pas ; accompagnée d'une idée tout aussi précise de la personne que je veux être et de comment j'admets ou non qu'on se comporte avec moi.
Par exemple, au niveau professionnel, j'ai quitté mon CDI à France Inter parce que leur ligne éditoriale me causait un conflit moral (ou éthique, en l'occurrence). Je ne supportais pas de participer à une certaine forme de conditionnement de l'inconscient collectif, alors que je savais, par mon poste de travail, quels choix étaient faits, pourquoi, et quelles en seraient les conséquences. Ils ont battu leur coulpe après l'accession de Le Pen au 2e tour de la présidentielle en 2002. J'ai décidé de ne pas refaire une campagne dans cette maison et j'ai démissionné en 2006.
J'ai le même genre d'intransigeance dans ma vie personnelle. Je considère que le respect repose sur des bases simples qui commencent par la courtoisie. Je fais mon possible pour être ponctuelle et quand je n'y parviens pas, je préviens, je fais attention à faire ce que je dis et à dire ce que je pense, etc. Cela peut sembler une évidence, mais en fait, pas tant que ça. Plus généralement, je suis à la fois d'une honnêteté scrupuleuse, par exemple, dire une chose dont je ne suis pas sûre me plonge dans des affres de culpabilité, et d'une empathie profonde qui me pousse à essayer d'anticiper les réactions des personnes qui pourraient être touchées par mes actes. Je suis évidemment faillible, mais c'est un peu mon moteur. Forcément, quand je suis confrontée à quelqu'un qui fonctionne selon un schéma moral différent, par exemple qui est systématiquement en retard et ne prend pas la peine de s'en excuser, je le vis comme un manque de respect manifeste.

Je dois partir en week end chez une des chéries d'un de mes chéris, donc je garde la suite des réponses pour la semaine prochaine.

Merci Siesta pour ce fil très riche en réflexions introspectives. Je me demande bien comment tu as fait pour sortir pile le sujet dont j'ai besoin en ce moment ;)
Bisous et bon week end.

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demeter

le vendredi 17 mai 2013 à 21h12

Depuis que je lis cette question, je ne parviens pas à y donner de réponse et pourtant j'aimerais bien. Je ne peux m'empêcher d'y voir quelque chose de biaisé, d'en dehors du sens : je ne peux trouver de réponse à quelque chose qui me renvoie à une seule responsabilité interne. Il faudrait pour cela que j'aie défini au préalable une consistance morale qui me ferait me reconnaître dans le polyamour, d'y voir quelque chose de véritablement éthique. Je ne peux que constater que mes sens dans leur ensemble sont une source d'information plus significative que mes constructions mentales et/ou morale et/ou émotionnelles et que les explications en ce sens sont pour la plupart,( voire en totalité ?) une mise en conformité de la pensée à l'obéissance de notre comportement à des normes ou des réponses extérieures. Dans ce que j'ai vécu, ce que je vis, la fuite semblerait être un moyen raisonnable, ou bien encore m'inventer un Dieu ou une théorie pour tout me pardonner, mais ma raison ne me dit rien et ne me convertit pas plus. Du coup, n'écoutant que mon courage qui ne me dit rien lui non plus, je ne suis pas sûr d'avancer quelque part. Le travail se fera peut-être donc en douce, sans moi, (enfin sans ce "moi" dont je pourrais me réclamer), peut-être dans un "nous" chargé de sens et de multiples sens, ou ne se fera pas. En définitive, il faut bien croire à quelque chose. Mais bon, cela encore est un discours. J'aime bien les discours, ça repose. Voilà résumé le comportement qui me fait ramer. Impossible de rester là sans penser ni ressentir, juste traversé. Il est sûrement de bon ton d'internaliser les choses, mais voilà, il faut reconnaître que les autres et/ou les circonstances sont quand même parfois un peu contrariants. :)
Cela dit, ça ne m'empêche pas de vivre, mais ça vide un peu (beaucoup) d'énergie.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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demeter

le vendredi 17 mai 2013 à 22h52

Fabuleux cette "impro" d'Edouard Baer dans Astérix & Obélix: Mission Cléopâtre, non ? :)

Edouard Baer
Vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonnes ou de mauvaises situations. Moi si je devais résumer ma vie, aujourd'hui, avec vous, je dirais que c'est d'abord des rencontres, des gens qui m'ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seul chez moi, et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée, parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face, je dirais le miroir qui vous aide à avancer ; alors ce n'est pas mon cas comme je le disais là, puisque moi au contraire j'ai pu et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu'amour, et finalement quand beaucoup de gens aujourd'hui me disent : Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? Et bah je leur réponds très simplement, je leur dis : c'est ce goût de l'amour, ce goût donc qui m'a poussé, aujourd'hui, à entreprendre une construction mécanique mais demain, qui sait, peut-être, simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi...

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Anarchamory

le vendredi 17 mai 2013 à 23h34

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?

Avoir épousé une monogame exclusive :-(

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?

Peur de la solitude, manque d'expérience de la vie, précipitation anxieuse et manque de prise de conscience de la profondeur de mes aspirations.

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?

Depuis le début, quasiment, je le sentais, mais j'ai continué quand même comme un con, parce que je ne voyais pas d'alternative.

Vous avez réussi à avancer, depuis ?

Oui, j'ai décidé de reprendre ma vie en main.

Si oui comment vous avez fait ?

Une crise de jalousie excessive de ma femme envers une amie a été le déclic, après ce n'est qu'une question de volonté et de détermination. Il faut que je résiste à la souffrance passagère que ça induit en pensant à ce que sera ma vie après. (Bon, y'a pas que le polyamour dans l'histoire, quelque part ça aide paradoxalement à se dire que c'est la bonne décision)

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Siestacorta

le vendredi 17 mai 2013 à 23h37

demeter
Fabuleux cette "impro" d'Edouard Baer dans Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre, non ? :)
....

Oui, mais c'est un second degré complet, du poncif en roue libre, non ?

J'essaie péniblement - et avec un succès mitigé - d'éviter les poncifs, "aide-toi le ciel t'aidera", "la vie est précieuse", "l'amour sauve le monde"...
C'est pour ça que je cherche la force dans la "responsabilité interne", comme tu dis.
Avec un succès mitigé là aussi, menfin au moins si je trouve quelque chose ce sera pas un conseil donné par un compositeur de variétoche, mais par quelqu'un qui compte pour moi : moi.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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demeter

le samedi 18 mai 2013 à 08h41

Je trouve son discours fabuleux parce qu'il est à la fois parfaitement ridicule et à la fois parfaitement attendu : devenir ''en toute liberté'' un être en harmonie avec la société est aujourd'hui un impératif. Je me demande ce qu'aurait pu en dire un homme de la fin du XIX siecle né dans un milieu populaire. C'est la soumission à ce précepte qui rend la vie d'autant plus problématique car elle oblige à trouver en soi des causes à ce qu'on fait alors qu'on ne fait qu'y obéir, et que les raisons sont probablement à chercher dans l'interaction du comportement avec la réponse ou la contrainte de l'environnement. J'ai bien compris la question, et le fait que je la détourne, mais je ne suis probablement pas capable d'identifier dans mon comportement passé ce qui me fait tourner en rond si ce n'est le refus conscient de prendre position sur la question de la liberté. Reconnaître que parfois on n'a pas le choix est une manière d'avancer et donc d'être plus libre.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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demeter

le samedi 18 mai 2013 à 09h41

Il faudra un jour que j'abandonne "la gamberge et les airs profonds", ça me rendra service...

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bouquetfleuri

le samedi 18 mai 2013 à 10h09

Ben non, pourquoi abandonner la gamberge et les airs profonds, alors que c'est le seul chemin pour arriver premièrement à voir ce qui nous tombe dessus et ensuite à faire avec ?
J'ai pris un raccourci, c'est trop bon de passer par dessus les montagnes...

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tentacara

le samedi 18 mai 2013 à 10h53

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?

Je suppose qu'il y a avant tout une empreinte très forte de mon éducation. L'honnêteté, l'intégrité sont les valeurs les plus fondamentales aux yeux de mes parents, celles qu'ils nous ont transmises avec le plus d'application.
C'est une "grille de lecture" du comportement des gens et une ligne de conduite personnelle assez claire quoique pas toujours facile à suivre.

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?

Lorsque je me suis trouvée confrontée dans ma vie amoureuse à des schémas moraux différents du mien. Il s'agit d'une construction très forte et même en faisant preuve de souplesse de mon côté, même si l'autre fait de son mieux pour répondre à cette attente, s'il ne s'agit pas d'un caractère essentiel de sa ligne de conduite, les compromis possibles sont vite limités.

Vous avez réussi à avancer, depuis ?

Je pense que je suis précisément en ce moment même dans ce genre d'impasse. Le désir réel de voir continuer une belle histoire d'amour bute régulièrement contre un schéma moral très différent du mien et qui, quels que soient les efforts que mon partenaire tente de faire pour répondre à mes exigences, ne me permet pas d'envisager sereinement l'avenir dont nous rêvions.
Cela crée des conflits très violents et épuisants émotionnellement et physiquement. Nous cherchons la sortie de l'impasse en essayant de retrouver le plaisir d'être ensemble mais nous ne parvenons pas à trouver de solution durable au iatus.

Si vous avez des suggestions, n'hésitez pas!

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Junon

le samedi 18 mai 2013 à 11h41

Très intéressant sujet, Siesta, merci à Tentacara de me l'avoir signalé!

Quel comportement passé vous a fait ramer dans votre vie poly ?

Ma propre maladresse envers les sentiments de premier amoureux lorsque j'ai rencontré celui qui est désormais mon ex. J'ai piétiné par aveuglement et égoïsme ce qu'il ressentait, j'ai nié sa souffrance comme ses efforts et je m'en veux encore terriblement d'avoir mis à mal notre relation.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Junon

le samedi 18 mai 2013 à 11h43

Comment expliquez-vous cette façon de faire ?
Je crains malheureusement que la passion des débuts avec cet homme ne soit pas la seule explication mais que ma croyance en la force de notre amour m’aie fait oublié à quel point il faut être attentif et bienveillant avec l'autre.

A quel moment vous avez vu que continuer vous menait dans une impasse ?
Je ne l'ai pas vu, malheureusement. Ma rupture a été l'occasion d'un passage très douloureux avec mon 1er amoureux et j'ai seulement pris conscience de sa souffrance à ce moment-là, soit 2 ans après.

Vous avez réussi à avancer, depuis ? Si oui comment vous avez fait ?
J'espère vivement ne pas avoir reproduit les mêmes erreurs lorsque j'ai rencontré celui qui est aujourd'hui mon second amour. J'essaie au maximum d'en discuter avec mon compagnon de tous les jours.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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