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Les polyamoureux ne sont pas tous des hippies échevelés

Rédigé le lundi 28 septembre 2009 à 11h04

Je viens de voir dans ma boîte à images un reportage qui m'a fait bondir... Jugez un peu : un groupe américain de post-hippies qui lors de week-ends champêtres dansent la farandole en pagnes et colliers à fleurs et se masturbent collectivement dans la salle polyvalente du village. L'effet papillon pour ne pas la citer est habituellement une émission que j'affectionne, décalée, effrontée, et généralement plutôt fâchée avec les clichés. Pourquoi donc aller chercher si loin des polyamoureux caricaturaux qui ne peuvent qu'alimenter le mépris goguenard de la bienpensante société monogame?

Le polyamour n'est que le nom, découvert récemment, d'une réalité pour moi bien plus ancienne.. je dirais même originelle. Aussi loin que je me souvienne, mes relations amoureuses n'ont jamais souffert une exclusivité de principe. A quelques rares exceptions près, lorsque je vis une relation amoureuse, si stable et intense soit-elle, elle n'exclut jamais de pouvoir mener parallèlement d'autres relations, affectives, romantiques, sensuelles, passionnelles même, avec d'autres partenaires que mon amoureux principal et préféré.

« Fieffée s... ! » me direz vous... et pas très originale : qui n'as jamais « trompé » son mec ? Sauf que je ne trompe personne. Je ne me suis jamais cachée aux yeux de mes compagnons, principaux ou secondaires, de ma conception de la vie et du couple. Je ne me sens pas « lésée » en soi par la relation de mon amoureux avec une/un autre, pas plus que ma relation avec un/une autre ne le lèse en soi. Certes je peux souffrir de me sentir délaissée, lorsque dans l'excitation d'une rencontre ou les affres d'une séparation, je ne suis plus l'objet principal de ses pensées. Mais je suis consciente aussi que ces relations alimentent notre histoire en ce sens qu'elles le construisent et lui apportent un regard sur lui-même différent du mien.

Cette façon de vivre et d'aimer m'est aussi simple et naturelle qu'une monogamie exclusive (et souvent agrémentée de coups de canif dans le contrat) pour la plupart des gens. Le plus compliqué finalement, c'est cette incompréhension mêlée d'incrédulité dans l'œil de mes interlocuteurs « monoamoureux ». Les questions les plus fréquentes tournant évidemment autour de la jalousie, il leur semble inconcevable que je n'éprouve pas le besoin d'être la seule relation de mon partenaire pour m'en sentir aimée. Il leur paraît plus improbable encore que le partenaire en question se satisfasse de la situation et ne se sente pas dépossédée lorsque d'autres personnes partagent ma vie.

Quelques mises au point me semblent donc nécessaires.

Quand j'appelle mon amoureux et qu'il me demande de rappeler plus tard parce qu'il est en galante compagnie, je lui souhaite une bonne soirée et reprends mon bouquin, mon boulot ou toute autre activité, sans que cela me trouble le moins du monde. Il ne s'agit pas d'indifférence, je suis folle de mon amoureux, il s'agit de respecter son intimité et sa liberté. Par ailleurs, je n'ai aucune imagination et ne suis donc pas harcelée par l'image de ces mains aimées caressant un autre corps.

Je n'éprouve pas le besoin de nouer d'autres relations parce que mon chéri a quelqu'un dans sa vie. Chacun de nous mène ses histoires selon son propre rythme. Lorsque je rencontre quelqu'un qui me plaît et réciproquement, pas un instant cela ne remet en cause mon histoire principale. Et si, comme cela peut arriver, quoique rarement, le nouveau venu souffre de la situation, eh bien il vient d'apprendre qu'il n'était pas polyamoureux.

Je ne souffre d'aucune pathologie affective ou sexuelle qui me pousse à multiplier histoires et partenaires. Je me laisse guider au gré des flots par la vie et ses rencontres et donne à chaque relation que je noue la possibilité d'aller au bout de ses potentialités.

Enfin, je respecte et me sens respectée dans ma liberté, ma conscience de moi-même et de l'autre et dans les principes éthiques qui régissent ma vie lorsque personne ne prétend mieux que moi-même connaître la façon dont j'aspire au bonheur et à l'épanouissement.

Cela ne génère-t-il pas des conflits au sein de mon couple ?

Ce que cela génère, ce sont des discussion, des réflexions, des introspections, et si des conflits apparaissent ils portent sur la relation que nous vivons à deux, en aucun cas les relations extérieures ne doivent être un obstacle à notre histoire... et si c'était le cas, ce serait simplement le symptôme d'un dysfonctionnement interne du couple.

Pourquoi donc éprouvé-je le besoin d'une révélation publique?

Parce que je ne vois aucune raison de me cacher mais qu'en revanche le côté « freaky lovers » et hippies échevelés me paraît quelque peu réducteur. Le polyamour n'est ni plus ni moins qu'une alternative à la monogamie exclusive et possessive et j'estime que, comme toutes les alternatives aux comportements communément admis par notre belle société judéo-chrétienne, celle-ci mérite d'être exposée, démythifiée et débattue.

J'aime pleinement, passionnément, respectueusement mes amours, mes amants et mes amis. Et je ne danse pas la farandole en collier à fleurs, ni ne me masturbe en public, non mais !

Merci.

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