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Discussion : [Vocabulaire] Relation ou pas ?
artichaut
le lundi 11 août 2025 à 10h55
Alabama
J'avais fait une réponse assez longue, et puis bon, elle s'est perdue dans les limbes de l'informatique au moment de l'envoi.
Zut alors !
Mais ok pour la concision.
Alabama
Mais je n'adhère pas à cette idée d'accumulation de micro-moments d'amour. Déjà parce que dans la vidéo en question, ça parle de sentiment d'amour mais pas d'aimer en action et que pour moi, l'un sans l'autre correspond encore à une vision Disney de ce qu'est l'amour et ça ne me parle pas (plus).
Sur ça, j'ai choisi de répondre dans le fil dédié.
Alabama
Aussi parce que la continuité, l'espoir de se revoir, sont pour moi des éléments importants pour construire de la confiance. Mais que veut dire continuité ? Je crois qu'on en a toustes une définition différente. Pour moi c'est simplement compter sur le fait que je vais revoir une personne dans un délai relativement régulier et qui diffère d'une relation à l'autre : certaines relations, je m'attends à les voir toutes les semaines, d'autres tous les 3 mois.
Peut-on dire que tu a besoin d'un sentiment de continuité ? (puisque tu plussoie qu'il n'y a pas réelle continuité) Et que ça passe pour toi, par une certaine régularité (variable selon les personnes et les liens que tu construit).
Et pour rester dans le sujet du fil, que c'est cette régularité qui entre-autre, fait relation pour toi ? (en plus des actes d'amour, etc)
Alabama
plutôt que chercher à diminuer ces besoins/attentes avec l'espoir de moins souffrir.
Perso ce n'est pas tant l'espoir de moins souffrir, qui m'inciterais à diminuer mes attentes, c'est que perso je les trouve infondées (ou en tout cas, ce sont elles mêmes des stratégies pour répondre à mes besoins) et que très concrétement je vis mieux avec moins d'attentes.
…mais au final j'en arrive à la même conclusion : m'éloigner quand certaines relations ne me corresponde pas (et accepter que l'autre s'éloigne idem).
J'ai l'impression que ta stratégie pour avoir moins de douleur est désormais de nommer/assumer tes attentes.
La mienne est de ne pas compter sur l'autre (avoir moins d'attentes) pour répondre à mes besoins, de ne pas attendre de l'autre (un autre en particulier) qu'il/elle réponde à mes besoins.
Et c'est là qu'on rejoint un truc genré. Les personnes AFAN (assigné·es féminin à la naissance) ont été sociailsé·es pour donner beaucoup (et au passage ignorer leurs besoins). Ce qui fait qu'en tant que mec (personne AMAN) en contexte hétéro on reçoit déjà beaucoup sans avoir à le demander. Donc on est de fait plus entraîné à avoir peu d'attentes (et généralement peu conscients de nos besoins).
Discussion : [Outil] micro-moments d'amour, l'amour amour comme une émotion passagère (Barbara Fredrickson et Marine Duvouldy)
artichaut
le lundi 11 août 2025 à 10h04
J'ai envie de ramener ici d'une part le lien vers ce fil : Dis...c'est quoi l'amour ? où, comme ici, il est question d'amour.
D'autre part cette réflexion d'@Alabama, issu du fil Relation ou pas ? :
Alabama
je n'adhère pas à cette idée d'accumulation de micro-moments d'amour. Déjà parce que dans la vidéo en question, ça parle de sentiment d'amour mais pas d'aimer en action et que pour moi, l'un sans l'autre correspond encore à une vision Disney de ce qu'est l'amour et ça ne me parle pas (plus).Aussi parce que la continuité, l'espoir de se revoir, sont pour moi des éléments importants pour construire de la confiance.
Source : #
Oui, la notion de micro-moments d'amour parle du sentiment d'amour.
J'ai l'impression que pour ce qui est d'aimer en acte, il est assez évident que ça ne dure pas, que c'est discontinu, que c'est une somme de moments.
Quelque part donc ce concept, c'est ramener cette évidence dans le sentiment.
Et pour le coup la vision Disney me semble être de penser que le sentiment dure toujours. Le sentiment d'aimer, et aussi celui de se sentir aimé·e. Et le fait qu'il soit continu est comme un implicite.
Discussion : C'est quoi l'engagement ?
artichaut
le lundi 11 août 2025 à 00h28
Quelques liens vers d'autres fils du forum :
- Les "symptômes" avant la "révélation", janv 2010
- Signes d'engagement, nov 2012
- De l'engagement, juin 2013
- Manifesto pour un engagement minimaliste, mai 2014
- [Texte] L’amour au 21e siècle : Dépendance affective et peur de l’engagement, Gabriel Luneau, 2014, oct 2014
- Polyamoureuse, phobique de l'engagement ou difficulté à vivre une sexualité épanouie en dehors de la phase passionnelle ?, mai 2015
- Quel est le premier engagement dans vos relations ?, sept 2015
- L'engagement et la confiance, juillet 2016
- [Outil] Théorie de l'attachement chez l'adulte, nov 2019
- Sortir de la peur, nov 2022
- NRE destructrice, engagement + ERE (Energie de relation existante), mars 2023
- Se désengager d'une relation, mars 2023
-> voir aussi parmi les thèmes du site, la rubrique Engagement : /discussions/Engagement/
Discussion : Lexique
artichaut
le lundi 11 août 2025 à 00h19
Je signale avoir ouvert ce fil : C'est quoi l'engagement ?
Un peu dans l'esprit de Dis...c'est quoi l'amour ?
Discussion : Les traces de la monogamie dans tous nos liens : système, loyautés, attachements, et comment on compose avec
artichaut
le lundi 11 août 2025 à 00h19
Siestacorta
J'ai l'impression que tu confonds tes tiraillements sur l'engagement et la monogamie.
Avant de pouvoir éventuellement te répondre, j'ai besoin d'explorer : C'est quoi l'engagement ?
Discussion : C'est quoi l'engagement ?
artichaut
le lundi 11 août 2025 à 00h17
On parle beaucoup d'engagement, notamment sur ce forum, à propos des liens affectifs, amoureux, etc. Et j'ai parfois le sentiment qu'on confond cette notion avec celle de la disponibilité (à l'autre).
Alors : à quoi je m'engage quand l'on parle d'engagement ? (dans un contexte affectif)
S'agit-il d'un engagement de soi à soi, ou de soi à l'autre ? Et qui peut alors "juger" de cet engagement ? Soi-même ? Ou bien seul les autres peuvent-ils juger de notre engagement ? Et est-on toujours sur la selette quand à savoir si réellement l'on s'engage ? Ou si l'on respecte les engagements pris (quand ceux-ci ne sont pas juste tacites, ou escompté par l'autre indépendamment de nous-même).
Et si l'on se plante, si l'on a sur-estimé son engagement, ou sa capacité d'engagement, est-ce grave docteur ?
J'ai le sentiment d'être une personne qui s'engage, pourtant je ne me retrouve pas dans le sens qui semble être couramment utilisé.
Alors j'ai envie de vous demander : C'est quoi l'engagement pour vous ?
Je tâcherais de répondre moi-même à la question. Mais ça me donne envie de "vous" (qui voudra) laisser répondre d'abord à la question.
- Soit sous l'angle d'une définition censée être objective, proposer/partager une/des définition/s.
- Soit "c'est quoi l'engagement selon la Norme ?" (Norme monogame notamment).
- Soit plus spécifiquement, c'est quoi l'engagement pour vous, dans votre vie ? Comment l'incarnez vous ?
Bref, répondez comme vous voulez…
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
artichaut
le dimanche 10 août 2025 à 23h57
cactus
j'y pense tout simplement trop !
Voilà qui ressemble au titre d'un autre livre de Christel Petitcollin…
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
artichaut
le dimanche 10 août 2025 à 02h31
artichaut
Et je finis toujours par avoir besoin de me retrouver moi, sans l'autre. …ce qui en "amitié" est plus facilement considéré comme recevable.
Est-ce que l'amitié est un type relationnel normé qui accepte mieux la discontinuité du lien ?
Et accepter cette discontinuité, qui probablement désintensifie le lien, le fait chuter de son piédestal idéalisé, et peut-être nous coupe dans nos élans de (toute) puissance …permet-il d'accéder à plus de calme et de sérénité ? Voire plus de douceur envers ce que l'on vit et ce que l'on ne vit pas ?
Qu'est-ce qui est triste dans le fond ? Ne pas nous laisser emporter dans nos élans de toute puissance qui nous émmènent droit dans le mur ? Que nos fantasmes de relation idéale ne puisse jamais se réaliser ? Se rendre compte qu'on n'en est pas soi-même capable ? Renoncer à nos anciens fantasmes de toute puissance ? Renoncer à la griserie du moment où on commence à foncer dans le mur ?
Et si on l'acceuillait cette tristesse ? Avec tendresse. Et si on la traversait…
Discussion : [Outil] micro-rupture (ou microrupture)
artichaut
le dimanche 10 août 2025 à 02h21
Discussion : [Vocabulaire] Relation ou pas ?
artichaut
le dimanche 10 août 2025 à 02h05
Alabama
J'ai du mal à comprendre ce que tu veux dire concrètement par là. J'ai la sensation que tu essaies d'exprimer quelque chose qui serait différent de la norme, et donc j'ai besoin que tu définisses cette norme pour mieux imaginer ce que tu veux dire par "micro-ruptures" ou "ne plus aimer l'autre" tout en ayant "des élans, des pensées" et même "des émotions"...
Ce serait quoi, l'inverse de ce que tu dis ?
Bon, je vais essayer de prendre le temps d'enfin répondre à cette question.
Mon concept de micro-ruptures s'inspire du concept des micro-moments d'amours (c'est bien de suivre les liens).
Disons qu'en gros, j'ai le sentiment que le concept de relation, ou l'idéal normé (donc que je nomme facilement "monogame") des relations — notamment amoureuses — est quelque chose d'intense, continu, durable, voire immuable (puisqu'idéalement parfait), etc.
Soit un long fleuve tranquille, soit un long fleuve intranquille, mais toujours un fleuve (quand c'est pas une autoroute).
Et rarement on parle de, et encore moins valorise, des relations discontinues, intermittentes, ponctuelles, irrégulières, imprévisibles, impermanentes, etc. Comme peut-être ce que toi même tu nomme comète (qui dit bien leur caractère étrange ou vu_comme_exceptionnel) et que tu caractérise comme "besoin de très peu d'engagement".
Perso j'associe ce "fleuve" au mythe d'aristophane, d'une relation fusionnelle, mais appliqué au temps, à la durée. La monogamie la pense unique, là où le "polyamour" sera tenté de la vivre dans chacune (en tout cas idéalement plusieurs) de ses relations. Mais dans les deux cas il y a l'idée et l'envie d'une continuité.
Ce mythe/fantasme/croyance de la continuité, de la permanence, se retrouve dans le concept d'amour censé être constant (voire parfois inconditionnel) et dans la plus_pure_monogamie : du coup de foudre jusqu'à la mort, voire même au delà.
Et perso, j'ai le sentiment — que l'on soit mono, poly, anarel… — qu'on a tendance à la recalquer dans la plupart, voire toutes nos relations. Une relation n'est pas un truc qui s'arrête, c'est un truc continu. On n'arrête pas d'être en relation, car ponctuellement on ne se voit plus. (alors qu'en réalité, on se voit probablement moins qu'on ne se voit_pas, donc la 'norme', la référence devrait être plutôt de ne pas se voir).
Et j'ai l'impression qu'en contexte poly, qui peut impliquer la déconjugalisation (ne pas habiter ensemble) ou en tout cas le partage du temps (entre plusieurs relations), il peut y avoir un fort enjeu sur ce qu'on fait de la relation, lorsqu'on n'est pas avec l'autre (les autres), ou pire lorsqu'on est avec un·e autre.
On peut vite se sentir abandonné, délaissé, etc. Et ce forum regorge de témoignages en ce sens.
Or réalistement, on n'est que peu ensemble, on ne pense que peu à l'autre (les autres), on n'aime pas de manière continue, etc, etc.
La vie est mouvement, elle est tout sauf permanente, et nos liens sont tout sauf continus.
C'est comme si il fallait compenser, sans cesse se rassurer mutuellement, palier à la discontinuité de nos liens, par un sur-investissement des vides, de ces moments, où l'on n'est pas ensemble, ou bien où l'on ne pense pas à l'autre (les autres), voire où très sincérement, soyons honnêtes, on n'est pas en connexion et on n'aime pas l'autre (les autres).
Car juste on est ailleurs… et pourquoi pas (en réel ou en pensée ou en amour) avec un·e autre. Mais aussi… pourquoi pas… avec soi-même, avec le vide, les fourmis, Dieu, ou ce que vous voulez.
Et je trouve qu'on se mets une pression de ouf à compenser. Où qu'on met une pression de ouf à l'autre pour que sans cesse il/elle nous rassure.
Perso, j'ai besoin de beaucoup de temps avec moi-même. J'ai besoin de couper avec l'autre (les autres). J'ai besoin parfois de ne pas être là pour l'autre. J'ai besoin aussi de ne pas être indispensable, voire d'être rassuré que si je meurs demain, l'autre ne va pas s'effondrer. J'ai besoin de savoir que l'autre (les autres) ne comptent pas que sur moi, et que d'autres sont là pour elle/lui (merci compersion).
Et j'ai aussi besoin de sentir qu'on apprivoise la grande rupture (la mort à venir et l'impermanence de toutes choses). Et que donc on aille vers essayer de vivres des ruptures de manière moins trash. Et que donc on s'entraîne à vivre des micro-ruptures de manière sereine. Et pas toujours reporter ça à la saint glin glin.
Nos liens sont éminemment faits de micro-ruptures, et sont fait de plus de vide que de plein. Peut-on aller vers une acceptation progressive de ce fait ? Et pourrait-on aussi y trouver de la joie ? Ou au moins de la paix ?
Se réjouir de ce qui est là, et cesser de se focaliser sur ce qui n'est pas là.
Le concept de relation me semble fonctionner comme un leurre, convoquer un idéal inatteignable, et nous maintenir dans une frustration, elle quasi permanente.
Accepter de regarder la mort et l'impermanence en face, accepter la discontinuité de nos liens et de nos amours, et donc accepter les ruptures (giga ou micro) et en attendant accepter qu'on ne sera jamais en relation avec quiconque, si ce n'est avec soi-même ; me semble sinon salvateur du moins ouvrir une autre façon de voir, penser et surtout vivre les liens qui nous unissent, nous séparent, nous réunissent et nous reséparent sans cesse.
Et comme m'a dit un jour une personne de ce forum, alors que je vivais une rupture : « Le bon côté c'est qu'une rupture n'est pas vouée à être éternelle non plus ! »
Ça m'avait tellement fait réfléchir…
Comme si on me retournait le cerveau, et que je voyais enfin ce que jusque-là je refusais de regarder.
Non pas espérer et attendre une réconciliation, mais juste prendre conscience qu'une rupture est le pendant de la relation, que ni l'une ni l'autre ne sont éternelle ou permanente en soi, que l'impermanence c'est la vie, et que la vie c'est la seule chose que l'on ai.
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
artichaut
le samedi 09 août 2025 à 14h59
MPB
J'ai l'impression que mes relations romantiques les plus intenses ont commencé par de l'amitié
J'ai l'impression sur ce sujet qu'il y a une typologie de fonctionnement (dans les liens) :
- des personnes qui vont presque toujours commencer par une interaction à caractère sexuelle (ou a minima se poser la question et l'évacuer) et/ou amoureux, avant d'aller éventuellement vers de l'amitié ;
- des personnes qui vont presque toujours commencer par des interactions amicales avant d'aller éventuellement vers de la sexualité et/ou de l'amourosité.
Et bien sûr d'autres types entre et autour de ces 2 catégories.
Je suis clairement plutôt de la 2ème catégorie (même si il y a eu quelques exceptions dans ma vie). J'ai besoin de lenteur et d'authenticité, de se rencontrer vraiment (pas juste dans la facade des faux semblants des débuts de rencontre), sans séduction ni maniérisme, sans tentative de plaire ou d'obtenir quelque chose de l'autre.
Et je préfère de très loin le sexe avec des ami·es qu'avec des inconnu·es.
MPB
La seule solution que je trouve en ce qui me concerne, c'est me passer de liens très intenses pour rester dans quelque chose de calme, stable, contrôlé. Mais lorsque j'écris ça, ça me semble assez triste.
Pourquoi triste ? Qu'est-ce qui te provoque cette tristesse ?
Et par ailleurs,
Ne peut-il y avoir des relations de basse intensité ? (sans qu'elles soient pour autant dévalorisées, ou marquées du sceau de l'infamie)
Perso j'en suis revenu de l'intensité.
J'ai même jadis organisé des événements pour vivre ça : de l'intensité.
Mais aujourd'hui je recherche plutôt la douceur, le calme et la sérénité.
L'intensité aujourd'hui ne me fait plus vibrer, et plutôt je m'en méfie.
Des petits pics d'intensité (comme une petite piqûre de jalousie) je dis pas, ça réveille, ça revigore, mais l'intensité en continue (comme dans une relation dite amoureuse) ça mépuise. Et je finis toujours par avoir besoin de me retrouver moi, sans l'autre. …ce qui en "amitié" est plus facilement considéré comme recevable.
Mon idéal amoureux, c'est l'amitié.
Mon amitié idéale, c'est la tendresse.
Ma sexualité idéale, je sais pas trop, je cherche encore (probablement quelque chose de l'ordre de la sensualité, avec du plaisir décomplexé et de la frustration assumée voire ludique).
Discussion : Revalorisons l'amitié, les amitiés, le lien dit amical.
artichaut
le samedi 09 août 2025 à 10h58
Je disais ici que : sortir l'amitié de ses ornières peut faire peur.
Et je peux en partie le comprendre : l'amitié est pour beaucoup un endroit de stabilité et de sécurité affective, puisque justement détaché des intensités amoureuse et sexuelles et des liens familiaux "obligatoires". Vouloir revaloriser l'amitié, c'est souvent en floûter les frontières, et potentiellement reconvoquer des zones de danger à l'intérieur de zones tranquilles.
La question pourrait être alors : non pas comment sortir de nos zones de confort, sortir l'amitié de sa zone de confort, mais comment élargir la zone de confort de l'amitié ?
Et plus généralement, comment rendre nos liens plus confortables ? …quelqu'en soient les termes ou les cases qui les désigne.
Comment mettre de l'amitié dans tous nos liens ?
Mai aussi : comment, petit à petit, élargir nos zones de confort affectif ?
Discussion : [Lexique] Votre terminologie perso (termes et étiquettes pour définir une relation, un·e partenaire)
artichaut
le samedi 09 août 2025 à 10h56
cactus
C'est mon gros souci du moment.
Comment mettre des mots sur mon vécu, mes aspirations, sans être mal comprise. Le concept semble tellement éloigné de la norme ambiante que quels que soient les mots que j'essaie d'y mettre, on ne me comprend pas.
(…)
La dernière fois que j'ai exprimé mes aspirations, la personne l'a compris comme "Tu veux qu'on aie une liaison amoureuse quoi, mais... t'es mon amie!", sur le ton du reproche, alors qu'elle sait que je suis ace
J'ai le même problème mais à un autre endroit. Non pas l'amitié fusionnelle mais la tendresse tactile en amitié.
La dernière fois que j'ai voulu partager de la tendresse tactile avec un ami homme (certes après lui avoir listé plein de choses que j'aime chez lui), il a pris ça pour de la drague, et a cru que… "j'en voulais à son cul".
Sortir l'amitié de ses ornières peut faire peur.
Discussion : Les traces de la monogamie dans tous nos liens : système, loyautés, attachements, et comment on compose avec
Discussion : Les traces de la monogamie dans tous nos liens : système, loyautés, attachements, et comment on compose avec
artichaut
le jeudi 07 août 2025 à 15h30
Siestacorta
J'ai l'impression que tu…
Et sinon, tel que tu le dis…
à qui tu parles ?
@Lili-Lutine qui a ouvert ce fil ?
ou à l'un·e de nous trois qui y avons répondu ?
Discussion : Les traces de la monogamie dans tous nos liens : système, loyautés, attachements, et comment on compose avec
artichaut
le jeudi 07 août 2025 à 12h06
Lili-Lutine
En ouvrant cette discussion, j’ai eu envie de partager quelques réflexions sur les traces invisibles mais puissantes que laisse en nous la monogamie comme système
(…)
Je serais heureuse de lire vos résonances, vos vécus, vos nuances
Il serait sans doute plus facile pour moi de répondre au passé, mais je vais tenter de répondre au présent. Même si c'est évidemment pas facile, puiqu'on parle de traces invisibles… peut-être alors que c'est la puissance qui permet de les déceler ?
Ça risque d'être un peu en vrac.
Beaucoup de mes liens sont duals et plusieurs fonctionnent encore sous l'égide de la relation.
J'ai encore du mal à faire confiance à la vie ou au rézo, alors je me fait surtout confiance à moi-même (et parfois je tourne en rond là-dedans).
Je suis tiraillé entre ma solitude aimée, et mon besoin d'être en lien.
Si l'on parle de sexualité je reste globalement très hétéro (par peur, par habitude, par facilité…). Et ça va au delà, puisque je vis et pense encore beaucoup comme un hétéro.
Je suis un homme et sur plein de plan je suis plus à l'aise avec des femmes. Et ma constellation affective est principalement remplie de femmes.
Les promesses du système monogame agissent en moi, sinon pleinement, en tout cas, et a minima, en creux : il m'arrive de douter des bonheurs que pourtant je vis.
J'ai souvent du mal à être pleinement présent à ce que je vis, nostalgisant le passé, ou projetant au futur, parfois même projetant et anticipant la séparation à venir, dès qu'on est sur la fin d'un moment ensemble.
Je me sens peu ouvert à la rencontre (limite on pourrait dire que je suis en couple monogame avec moi-même). Le monde du dehors existe peu. Et je me sens en définitive peu curieux, enfermé dans ma bulle affective rassurante et protectrice.
J'ai du mal à voir comment les scripts mono agissent en moi (faut dire qu'on ne les a pas vraiment énumérés ces scripts) mais ce serait illusoire de prétendre en être totalement débarassé.
J'ai globalement remplacé le couplé hétéro par l'amitié, mais j'ai le sentiment que se rejouent les même choses, juste un peu décalé. La continuation de la monogamie par d'autres moyens, en quelque sorte.
La durée reste encore une valeur qualité pour moi, et la rupture un drama, ou peut porter son lot de sentiment d'échec, voire de gâchis.
Je me laisse avoir par des obligations muettes, peine à conscientiser mes besoins, et suis souvent tenté par "la magie de l'entente sans mots", par la flemme de dire (la relation n'a qu'à fonctionner toute seule) ou la peur de dire (je vais m'en prendre plein la gueule, ou ça va être trop compliqué d'être compris et de se comprendre). Je voudrais qu'on m'accepte tel que je suis, sans avoir à m'expliquer, me justifier.
Je me tais beaucoup. J'ai même en un sens, appris à me taire. Et j'ai du mal à jauger si c'est plus utile que dommage ; apaisant que conflictualisant… etc.
Je peux avoir le sentiment de participer à des rôles figés ou des hiérarchies.
On a peu de modèles pour les liens en mouvement, et donc de fait je navigue plus en système monogame qu'en système en mouvement. Je n'échappe donc pas à l'inertie relationnelle. Et naviguant comme à vue, ça peut être assez foireux.
Je suis encore tenté par le lien "défini une fois pour toutes". Et je trimballe mes peurs, c'est certain.
Voilà en vrac ce que pour l'instant ça donne. Peut-être que je pourrais en tirer les grandes lignes.
Déso je n'explicite pas pourquoi tout ça, pour moi, émane de et révèle la monogamie comme système.
Discussion : Dis...c'est quoi l'amour ?
artichaut
le jeudi 07 août 2025 à 11h00
Siestacorta
Apparemment, la source de mon expression ce serait ça,
ou ça ? (Alabama faisant référence à Hooks, plus haut dans ce même fil)
Discussion : [Vocabulaire] Relation ou pas ?
artichaut
le jeudi 07 août 2025 à 10h52
Alabama
d'où mes questions pour que tu explicites certaines choses.
J'y répondrai, mais plus tard (là suis peu dispo, alors je me contente de laisser ricocher ma pensée).
Hier le mot Partenaire a popé. Je me suis dit « à la limite, je préfère le mot Partenaire à la charge symbolique du mot Relation ».
Dans Partenaire j'entends le avec sans la charge injonctive de LA-RE-LA-TION. On peut être partenaires de jeu, partenaire de tendresse, partenaire de travail, partenaires de camping. On peut certes aussi être partenaires de vie (ce que j'apellerais la version "mono") mais ça ne va pas de soi, c'est une possibilité parmi d'autres, et qui nécessite d'être explicitée.
Mais en réalité ce terme, si je l'ai aussi utilisé, ne me convient pas beaucoup plus. Je trouve qu'il contient ausi ce truc de dualité, d'élection, d'inaltérabilité.
Même si je trouve que ça fait sens (pour moi) de critiquer le mot « relation » tellement il me semble porteur de monogamie invisible et tacite (et sans doute je reviendrai encore et encore affiner ici ma critique), il est peut-être temps de décrire en positif comment je vis (ou aimerais vivre). Avec toutes les précautions de langage nécessaires pour ce faire.
Discussion : [Vocabulaire] Relation ou pas ?
artichaut
le mercredi 06 août 2025 à 10h31
Il est vrai que ce fil s'est initié sur : à partir de quand « Relation ou pas ? » (sous-entendant, et ne remettant pas en cause, l'emploi même du mot relation) ; ce que j'ai amené par la suite sous l'angle (de la pertinence) du vocabulaire.
Du coup aujourd'hui, presque je l'entends comme : à partir de quand devient-on (mono)game ?
Discussion : [Vocabulaire] Relation ou pas ?
artichaut
le mercredi 06 août 2025 à 10h21
Le titre de ce fil est « Relation ou pas ? ».
J'ai l'impression que tu cherche à démontrer qu'il y a forcément relation (sous-entendu duale). Et que donc on ne peut faire sans ce mot.
Moi je suis dans le questionnement du ou pas.
Voir à quel(s) endroit(s) ce mot me semble largement sur-investit, éventuellement emprunt de monogamie réflexe, et sert de prétexte à d'autres choses.
Là on parle du mot relation (et de ce qu'il implique), mais on pourrait de même parler des mots couple, amour, etc.
J'ai l'impression qu'en me mettant il y a quelques années à utiliser le mot relation à tout va (pour justement remplacer/simplifier les mots couple, amoureux, ami…) j'ai sans m'en rendre compte, embarqué un bon gros fond de monogamie : hiérarchisé ce qui mérite d'être appelé relation et ce(ux) qui ne le mérite pas, établi comme une pseudo évidence ou un non-dit un lien d'engagement réciproque (d'engagement à quoi ?, l'implicite ne le dit pas), hiérachisé le dual (même si c'est deux à deux dans des liens multiples) sur tout autre figure de lien, ne pas m'être rendu que ce mot transporte avec lui et sous-entend presque toujours la notion de relation amoureuse et sexuelle (même chez les poly) donc rajoute une couche d'implicite et d'incompréhension, quelque part étend le champ de la monogamie, au lieu de le déconstruire, etc.