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Premiers pas en polyamour

Témoignage
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anonymoi (invité)

le lundi 10 octobre 2011 à 21h46

Depuis ma majorité, j'ai vécu tout un tas d'histoires, pas toutes belles, pas toutes pour de bonnes raisons. Mais j'ai également rencontré des hommes formidables. Que j'ai rapidement "usés". Enfin je dirais que nous nous sommes mutuellement "usés". Je reproduisais à l'infini, la même relation vouée à l'échec. En partie parce que je ne suis (étais ?) pas équilibrée, en partie parce que le modèle établi de couple monogame me lassait rapidement.
La vie commune, la fidélité, les projets d'avenir, l'exclusivité, l'élimination des ami-e-s : je les exigeais, je les obtenais ; et pour finir, le garçon m'ennuyait mortellement. Ainsi après l'avoir lessivé, je le jetais comme un malpropre, en lui servant le discours "c'est pas toi, c'est moi ; mais tu vois bien qu'il n'y a plus rien entre nous".

Il y a quelques années j'ai identifié ce modèle pervers et j'ai tenté de lutter en liant des relations "sans engagement". Pas d'exclusivités, pas de projets. Puis j'ai rencontré un homme en particulier, avec qui nous sommes partis sur ces mêmes bases. Quelques mois après, amoureuse, angoissée de le perdre, j'exigeai l'exclusivité et le "sérieux" : je les ai obtenus. Et je suis retombée dans mon schéma pervers.

J'ai été très mal, ensemble nous avons lutté. Il a été très patient et je lui en serai éternellement reconnaissante. Nous avons eu des soucis de baisse de libido, d'abord la mienne, puis la sienne, puis j'ai douté de mes sentiments. Aujourd'hui après deux années, je suis amoureuse de lui, mais je sens poindre la lassitude, qui me poussera bientôt à le détester si je ne fais rien.

Et puis je suis tombée amoureuse.
D'un autre.
Mais je suis toujours amoureuse.
Du précédent. De l'actuel. De l'officiel.

Je n'ai pas l'intention de le quitter. Mais je n'ai pas l'intention de renoncer à l'Autre.
Concrètement il ne s'est rien passé entre l'Autre et moi. Nous avons beaucoup parlé. Nous ne nous sommes pas touchés. Il n'y a eu aucun moment gênant, aucun moment torride, aucun moment intime. Seulement des conversations. Sur la vie, sur l'amour, sur le couple, sur la confiance en soi et en l'autre, sur la liberté de l'individu. Sur une autre façon de vivre un amour. Ou des amours. Plurielles et simultanées. Je l'ai encouragé à venir visiter ce site.

Cette conversation je l'ai également initiée avec l'Actuel. Il s'est montré ouvert, curieux, intéressé. Perdu, perturbé, également. On le serait à moins. Mais il ne s'est pas braqué. C'est une de ses belles et nombreuses qualités. Une des nombreuses raisons pour lesquelles je l'aime.

Rien n'a été décidé par personne. Il n'a même pas été question d'amour entre l'Autre et moi. Plus exactement j'ai déclaré le mien, il l'a "accepté" mais n'a pas exprimé de réciprocité, ni de refus. Mais les sentiments sont là.

Je ne ressens pas d'urgence. L'Autre est apparu dans ma vie il y a longtemps déjà. Il vivait une toute autre vie, je vivais la mienne. Nous nous connaissions et nous appréciions, mais dans un contexte bien différent. Nos vies respectives ont changé, nous avons tous deux fait des expériences. Et nous nous sommes croisés à nouveau. Et là j'ai compris que je l'aimais. Depuis longtemps déjà.
D'un amour qui n'exige rien. Qui se nourrit de ce qu'on lui donne. De conversations profondes. De plaisanteries stupides. De loin en loin.
S'il en aimait une autre, je ne crois pas que j'en souffrirais. Tant que nos conversations subsistent. Peut-être est-ce seulement un ami ? Un ami très cher ? Peu importe ce qu'il est finalement. Je l'aime.

L'Actuel a posé de nombreuses et pertinentes questions : "je ne comprends pas comment on fait concrètement" ; "et pour prendre des vacances ?" ; "que dire aux familles si tu as des amoureux et moi des amoureuses" ; "je ne me vois pas aimer tout le monde de la même façon", "faut-il hiérarchiser socialement les relations ?", etc...
Bref toutes les questions abordées ici. Je l'y ai donc envoyé. J'espère qu'il viendra lire et qu'il comprendra.

Et que je pourrai enfin commencer à vivre une vie amoureuse qui ne sombre pas dans l'ennui et la routine au bout de quelques petites années, quelles que soient les qualités humaines de mon amoureux du moment. Et que nous trouverons une "formule" qui nous satisfasse tous les deux.

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(compte clôturé)

le mardi 11 octobre 2011 à 00h00

Ça aurait presque l'air de s'améliorer, ton histoire, mais on est loin de la sérénité.
Quand on tourne en boucle, ce n’est pas forcément parce que la route tourne, c’est souvent parce qu'on tient le volant braqué à fond comme on nous a bien expliqué (parfois à l'insu de notre plein gré).
La solution alors est soit de trouver la route qui tourne en boucle, soit d'essayer d'acquérir un peu de liberté dans les mouvements du volant.
Pour ça il faut d'abord se rendre compte qu'on tourne en boucle.
Et parfois, il faut attendre d'avoir le mal de mer pour en avoir envie.

Bonne chance dans tes explorations!

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Profil

Paul-Eaglott

le mercredi 12 octobre 2011 à 14h49

En tout cas, Anonym'toi, les deux hommes que tu aimes et toi-même semblez aborder les choses d'une façon qui laisse la place au dialogue, aux découvertes et potentiellement à une transition réussie vers le polyamour.

Je n'irai pas dire que ce qui est valable pour moi le sera forcément pour toi, mais juste pour donner une note encourageante : sans qu'elle soit identique, ton histoire me fait beaucoup penser à la mienne. Moi aussi, pendant de nombreuses années (aussi longtemps que je me suis évertué à coller au "modèle normal"), j'ai "raté" mes histoires d'amour selon un schéma sans cesse répété. Le sentiment d'étouffer dans la relation me conduisait chaque fois à quitter ma compagne au bout de quelques mois, si elle ne m'avait pas quitté avant. J'en retirais un sentiment d'échec et d'angoisse de n'être décidément pas "normal", mêlé à la culpabilité de rendre mes amies malheureuses l'une après l'autre.

Mais depuis que j'ai découvert le polyamour (il y a 4 ans environ) et que je m'y suis reconnu, je me sens enfin épanoui dans mes relations, et aucun des schémas autrefois habituels ne s'est reproduit. Certes, tout n'est pas toujours rose ni facile, et des tas de problèmes surgissent, mais ce n'est rien en comparaison de l'impression de malédiction et du sentiment d'incapacité systématique qui m'envahissaient autrefois.

Je te souhaite que le polyamour soit la clé d'une libération, comme il l'a été pour moi, et qu'il t'offre une façon adéquate et durablement épanouissante de vivre ta vie amoureuse et/ou sexuelle.
(Ou que tu trouves ta voie si le polyamour ne te convient pas.)

Quoi qu'il en soit, bienvenue ici à toi et aux hommes que tu aimes ! :-)

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sylvie (invité)

le jeudi 13 octobre 2011 à 16h53

Le polyamour peut il se vivre seul(e) ? Je m'explique . Depuis que je me suis exprimée pour ce choix de vie amoureuse j'ai l'impression d'être très seule . Mon compagnon qui était pour au départ est devenu contre car l'autre l'a exigé . J'ai perdu donc son amour, du moins officiellement et j'ai perdu l'amitié de l'autre . Nos enfants qui sont adultes pensent que je devrais me détacher de leur père , au nom de quoi ? je n'ai toujours pas compris comment .Mes amies , ma famille me respectent mais ne me comprennent pas , vous lire m'a fait du bien . Je ne suis pas extraordinaire rien qu'une femme incapable d'entraver la liberté de ses amours qu'il soit amants , ami(e)s ou enfants .

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Profil

LuLutine

le vendredi 14 octobre 2011 à 22h05

Bonjour Sylvie,

Oui être polyamoureux(se) c'est très souvent se retrouver seul(e) !
Tu n'es donc pas un cas isolé !

Entre ceux qui font face à des refus car les personnes qu'ils rencontrent sont exclusives, et ceux qui, bien qu'en relations multiples, sont souvent seuls de fait, à des moments donnés, parce que leurs amoureux(ses) sont ailleurs....je pense que tu devrais rencontrer pas mal de gens comme toi ici ! :)

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(compte clôturé)

le mercredi 19 octobre 2011 à 17h07

j'ai un jour entendu un "radio trottoir" sur l'amour, et j'ai été totalement conquise par le temoignage d'une jeune indonésienne (elle semblait à peine sortie de l'adolescence) : "l'amour, c'est comme un oeuf : si on le tient mal, il tombe et se casse, si on le serre trop fort, on le brise, l'amour : il faut en prendre soin",

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 20 octobre 2011 à 06h59

Je ne ressens pas d'urgence. L'Autre est apparu dans ma vie il y a longtemps déjà. Il vivait une toute autre vie, je vivais la mienne. Nous nous connaissions et nous appréciions, mais dans un contexte bien différent. Nos vies respectives ont changé, nous avons tous deux fait des expériences. Et nous nous sommes croisés à nouveau. Et là j'ai compris que je l'aimais. Depuis longtemps déjà.
décidement, c'est fou comme ce site nous permet de sortir de l'isolement !
j'ai retrouvé mon premier amour après l'avoir totalement perdu de vue pendant presque 30 ans ! A l'epoque, cela ne pouvait pas aller entre nous parce que son amour m'ettouffait. J'ai ensuite rencontré, aimé et épousé un homme dont le moins qu'on puisse dire est qu'il ne m'ettouffait pas du tout!!!, et j'en ai beaucoup souffert.
Le premier et moi même avons eu l'idée de nous retrouver via internet le même mois de la même année!!!, et très vite au fil d'intenses echanges de mails (20/jour en moyenne!), des sentiments sont réapparus. Nous avons décidé de nous revoir et sommes devenus amants.
Mais je restais partagée car mes sentiments pour mon compagnon étaient toujours là. je n'étais pas vraiment heureuse avec lui, je me doutais qu'il était parfois volage, mais quelque chose de puissant me retenait auprès de lui.

Mon amour d'enfance ne pouvait alors envisager de me "partager" et a donc lui même décidé d'interrompre notre relation le temps pour moi d'y voir clair, et de choisir...
J'ai quitté mon compagnon, et la separation s'est faite de manière très inattendue (cf temoignage dilemme!).
J'ai revu mon ami d'enfance 18 mois plus tard et lui ai expliqué la situation, qu'il a enfin comprise. aujourd'hui, je vis seule et trouve mon equilibre entre les amours de deux hommes fondamentalement differents : l'un dont la fougue joyeuse peut parfois en effet s'averer un peu etouffante, mais il vit à l'etranger et et je ne le reverrais sans doute pas avant des mois, voire un an.
L'autre plus proche , qui a egalement une autre relation amoureuse, et avec qui je peux partager des moments pleins de délice, surtout depuis que je comprends mieux la notion de polyamour (qui est j'avoue plus facile à accepter pour soi même que pour l'autre...mais j'y travaille et bien!!!).
Mon amant lointain me parle ausi d'une femme qui lui fait "tourner la tête" et je m'en réjouis pour lui, d'autant plus facilement qu'il sait me rassurer sur ses sentiments pour moi.
Ce n'est pas toujours le cas de "mon proche amant" qui n'a pas changé de nature pour autant : réservé et secret comme depuis toujours, et comme sans doute je l'aime...même si c'est parfois difficile!

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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