Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Est-ce que la tromperie existe chez les poly amoureux ?

Bases
#
Profil

bouquetfleuri

le mercredi 05 mars 2014 à 10h20

C’est une belle question, trouvée sur le groupe Polyamour de facebook, qui me permet d’approfondir une idée qui m’est chère et qui a du sens pour moi.

Est-ce que tromper est toujours l’expression d’un choix, d’une volonté de nuire ou de ne pas agir conformément à son éthique ? Tromper ne peut-il pas être le résultat d’un déni ou au moins d’un aveuglement sur ses limites et son incapacité à avancer avec la sérénité envisagée dans la construction de son projet relationnel ?
Ces deux questions liminaires encadrent bien l’espace de la tromperie, au moins de mon point de vue.

Je crois que pour vivre son expérience poly amoureuse, il est nécessaire de remettre en question quelques éléments importants de la construction personnelle considérés à tort ou à raison comme emprisonnant.
Il n’y a pas de débat sur l’idée que le poly amoureux est confronté à une morale qui le contraint par exemple ou que sa pratique sexuelle trouve une respiration nouvelle dès lors qu’il s’affranchit de ses propres empêchements.
Et on désigne couramment la société comme l’ennemi total, voire totalitaire. À juste titre à mon avis.

C’est là que le débat peut faire rage.
Quelle est l’exigence du poly amoureux par rapport à cet ennemi ? Peut-on se soucier de prendre de la distance avec des préceptes moraux sans réexaminer le discours qui les fait exister et peut-on les vilipender sans questionner notre habitus ?

Je dis souvent que le poly amour pourrait très bien être un pur produit de cette société qui permet toutes les revendications et qui s’organise pour permettre à chacun de ses membres de satisfaire au mieux ses envies ou besoins.
Choisir ses amours ressemblerait à de la consommation sentimentale, sans plus et le manque d’engagement revendiqué par certains accrédite cette vision des choses.
De la même façon se défaire de toute pression morale jusqu’à remettre en cause la nécessaire responsabilité entre deux acteurs d’une histoire d’amour ressemble à la créative contestation punk qui redonnait un souffle nouveau à la contestation sociale de mai 68.
Ou encore, qu'en est-il de cette injonction à "devenir quelqu'un" dans une vie de poly amoureux ?

Pourtant, il me semble que si l’expérience poly amoureuse est contestataire (anarchiste ?), elle s’articule sur d’autres ressorts qu’économiques ou sociaux. Elle se fait sur l’équilibre à trouver entre la personne et sa personnalité, c’est-à-dire entre la conscience de soi et ce qui est construit par la société dans une dialectique où la publicité comme la littérature, la culture comme le travail modèlent jusqu’à l’émergence du sentiment amoureux.
Et cette expérience intime ne peut pas être autre qu’universaliste, absolue et affranchie des règles sociales d’échange. Je reprends ici une phrase clé de Françoise Simpère : « il n’est pas nécessaire de parler du poly amour, mais il faut le vivre ». Je ne dis pas là que Françoise Simpère est d’accord avec ce que j’énonce, je n’en sais rien, mais cette phrase illustre bien la césure qu’il faut faire entre les relations normales et discursives de l’analyse et le fondement de cette analyse.

Je crois que beaucoup de poly amoureux ressentent profondément la séparation des pouvoirs, entre celui que l’on se donne et celui que la société conserve sur nos vies et jusqu’à des endroits insoupçonnés. Et s’il y a tromperie, c’est à cet endroit qu’elle se manifeste.

Mais s’il peut y avoir un sentiment de tromperie dans une relation poly amoureuse, un sentiment de tromperie nécessite-t-il une tromperie pour exister ?
La tromperie n’est pas forcément une histoire où la jalousie serait un levier réactif, elle peut être simplement la distorsion entre deux philosophies de vie, ou entre une volonté et son exercice pratique. Il se peut aussi que l’on n’ait pas conscience de cette distorsion, ou que l’on ne soit pas capable d’y faire face. Il y a sans doute également des degrés d’avancement dans cette voie et rompre avec des réflexes autour desquels nous sommes construits n’est pas chose aisée ou en tout cas pas aussi facile à faire pour tout le monde. La volonté ne suffit pas toujours.

Je crois aussi que c’est ce qui fonde la relation amoureuse. Je parlai récemment d’asymétrie avec quelqu’un et je disais que l’asymétrie était somme toute obligatoirement relative et que tout le travail dans la relation consistait à réduire cette asymétrie tout en conservant intactes l’identité des personnes.

Enfin, je crois qu’entre poly amoureux, il n’y pas (plus) tromperie quand on est capable de l’examiner, de la comprendre et d’y remédier, sinon il n’y a plus d’histoire d’amour, juste du commerce.
Et c'est sans doute là qu'elle commence, cette tromperie...

#
Profil

bodhicitta

le mercredi 05 mars 2014 à 15h13

bouquetfleuri
La tromperie n’est pas forcément une histoire où la jalousie serait un levier réactif, elle peut être simplement la distorsion entre deux philosophies de vie, ou entre une volonté et son exercice pratique. Il se peut aussi que l’on n’ait pas conscience de cette distorsion, ou que l’on ne soit pas capable d’y faire face. Il y a sans doute également des degrés d’avancement dans cette voie et rompre avec des réflexes autour desquels nous sommes construits n’est pas chose aisée ou en tout cas pas aussi facile à faire pour tout le monde. La volonté ne suffit pas toujours.

(+) :-D <3 (+)

bouquetfleuri
Je crois que pour vivre son expérience poly amoureuse, il est nécessaire de remettre en question quelques éléments importants de la construction personnelle considérés à tort ou à raison comme emprisonnant.

"Il n’y a pas de débat sur l’idée que le poly amoureux est confronté à une morale qui le contraint par exemple ou que sa pratique sexuelle trouve une respiration nouvelle dès lors qu’il s’affranchit de ses propres empêchements.
Et on désigne couramment la société comme l’ennemi total, voire totalitaire. À juste titre à mon avis. "

Hum! à mon avis aussi! mais attention, faut préciser dans quel sens du térme,
parce que l’étymologie du mot, le sens premier c'est:
compagnie, relations entre des êtres humains.
En tant que amoureux aux pluriels, on "relationne" différemment, c'est tout,
donc c'est une des façons de vivre, de "relationner", différente à la norme, c'est un peu une forme de société
(Presque)à ce sujet, il y a quelques temps j'ai signé un commodat ou pret d'usage pour un appart avec un de mes chéris, (vous connaissez ce genre de contrats?)
et ça aussi c'est faire vivre une autre façon d'échanger "d'organiser" les relations entre les étres humains... <3 qui donne "des droits", et donc devoirs, qui est reconnu mais qui n'est régit par les régles de la société normée (capitaliste entre autres...) car il est question de gratuité...
Ca se marie trés bien, je trouve avec le polyamour, là aussi pour moi c'est des dons d'amours gratuits, qui ne demandent rien en retour, pas d'obligations, tout est discutable...

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

PolyEric

le mercredi 05 mars 2014 à 21h26

bouquetfleuri : Tu es un petit peu difficile à suivre, mais bon, je vais essayer de participer un petit peu.

Le sentiment de tromperie est ressentit par la personne censée être "la victime". Pour voir clair, elle ne peut pas vraiment espérer recevoir d'aide de la personne censée être "la trompeuse".

La personne qui se sent victime se retrouve seule pour juger. Si la suposée victime parle de sa situation à quelqu'un, elle orientera celui qui l'écoute pour obtenir la conclusion qu'elle souhaite entendre. Bref, tout prédispose au délire.

L'étude des malentendus étant une science relativement compliquée, il est plus facile à court terme de désigner un coupable que d'analyser les points de vue de chacun.

Dans une étude objective de la situation, on peut arriver à la conclusion qu'il n'y a pas de coupable et même parfois à la conlcusion qu'il n'y pas de solution pour éviter la souffrance. Ceci n'incite pas à étudier objectivement une situation, et pousse à désigner rapidement un coupable facile à trouver.

Par exemple supposons que Paul considère qu'une personne qui aime vraiment, est forcément jalouse. Maintenant, supposons que la partenaire de Paul lui dit l'aimer vraiment. Paul déduira sans s'en rendre compte que sa partenaire est jalouse, et n'essayera même pas de vérifier ce qu'il prend pour une évidence. Puis, supposons que Paul trompe sa partenaire au sens 'couche avec une autre femme", puis qu'il l'avoue à sa partenaire. Supposons que .sa partenaire soit polyamoureuse et trouve celà normal et pas grave. Paul estimera facilement qu'il a été trompé par sa partenaire parce qu'il découvre soudainement qu'elle n'est pas jalouse, et en déduit qu'elle ne l'aime pas, et même qu'elle ne l'a jamais aimé. Dans ce cas, c'est la personne qui trompe son partenaire, qui se sent bizzarement trompée, alors qu'au final personne n'est vraiment trompé. Il n'y a que des malentendus, c'est une fausse tromperie. En outre, Paul s'estime victime alors que sa partenaire est en train d'écopper de son procès d'intention.

Donc oui, il est possible et même fréquent, que la tromperie soit ressentie, dans une situation ou il n'y a aucune tromperie.

Je ne pense pas que les polyamoureux échapent aux malentendus, donc ils n'échapent pas aux fausses tromperies. Et on sait aussi que les poly ont des points de vue très personnels , et donc qu'ils ont un peu plus de risques de mal se comprendre que les monos. Toutefois, dans la mesure ou les polys ne peuvent pas s'appuyer sur les stéréotypes ambiants pour interpréter leurs paroles, ils sont un peu plus obligés que les autres, de préciser leur pensée, et donc moins soumis aux malentendus. Mais enfin, soumis quand-mêmes.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 05 mars 2014 à 21h58

Rapidement, je reprend un truc que j'ai dit sur FB :
la tromperie, ça nous vient du cadre mono. En polyamour, découcher c'est pas tromper, mais justement : "PAS tromper", donc on utilise bien sur leur définition de tromper et ce qu'elle implique.

Que je résumerais ainsi : la tromperie, c'est coucher avec une autre personne, mentir à ce propos et, du point de vue de la personne trompée, s'en trouver blessé.
Donc, pour répondre à Eric, la situation se définit pas seulement du point de vue d'une "victime" et de son ressenti (car oui, dans ce cas le malentendu est très vite arrivé), mais aussi des actes et paroles des deux autres.

Bouquet, même si j'ai suivi, t'as beaucoup déroulé d'un coup, et aujourd'hui j'avais déjà planché par plus petits bouts sur le sujet :-) , moins facile de te répondre tout de suite.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

PolyEric

le mercredi 05 mars 2014 à 22h33

C'est sûr que si l'on s'en tient à la signification orientée "mono" du mot "tromper", on en conclu facilement qu'il n'y a pas de tromperie chez les polyamoureux, et même qu'un poly qui ne trompe pas, est quelqu'un qui couche réellement avec d'autres partenaires.

Il y a toutefois une petite exception chez les polys qui acceptent les partenaires déjà présents, mais qui ne supportent pas que leur partenaire continue à séduire de nouvelles personnes. Ils peuvent considérer qu'il y a tromperie sur la base d'un malentendu dans lequel une personne s'est présenté comme polyamoureuse et comme ayant deux autres partenaires, et qu'au bout de six mois, cette personne se mette à fréquenter dix huit partenaires.

Dans ce genre d'exemple, on voit bien que la notion de tromperie fait référence à des suppositions faites de part et d'autre. L'un considère qu'il a prévenu qu'il pouvait avoir d'autres partenaires, mais l'autre a entendu qu'il y avait juste deux partenaires à accepter.

Tromper : Berner, abuser, induire en erreur.
Synonyme : abuser

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

coquelicot

le mercredi 05 mars 2014 à 22h59

Pardonnez moi Polyeric et Joli bouquet si j essaie d etre claire:

Quand j etais Mono '( eh oui je suis poly ! ) Je "trompais "

Maintenant j additionne !!

#
Profil

bouquetfleuri

le mercredi 05 mars 2014 à 23h06

Tromper : présenter à l'esprit une idée trompeuse; provoquer une erreur de jugement, d'appréciation.

J'essaie d'appréhender ce que signifierait "tromper" pour quelqu'un qui conduirait une expérience poly amoureuse. Il en ressort que l'on peut se tromper soi-même et par là tromper son partenaire, par négligence, par paresse, par inconscience.

#
Profil

coquelicot

le mercredi 05 mars 2014 à 23h19

pour ne pas se tromper soi meme il faut etre sur de bien comprendre ce que l on est et ce que l on veut .

Ne pas se laisser derouter par l image qu ont les autres sur nous par rapport a celle qu on a de nous;

Il y aurait eventuellement tromperie ou plutot incomprehension mutuelle sur les bases de la relation;

Mais comme le dit si bien un grand maitre de la psychologie du coquelicot : on peut pas lire dans ta tete !

Alors la encore une fois si il n y a pas de dialogue construit et productif , il y en a toujours un sur les deux qui se croira trompé!

Pour moi le principal est que je ne me trompe pas moi meme !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

PolyEric

le mercredi 05 mars 2014 à 23h39

bouquetfleuri
....Il en ressort que l'on peut se tromper soi-même et par là tromper son partenaire, par négligence, par paresse, par inconscience.

par manque d'anlayse, par manque d'expérience, par excès de suppositions, par naïveté, mais aussi par méconnaissance de sa façon d'interpréter les choses, ou en disant quelque chose tout en croyant en dire une autre, et j'en passe

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 05 mars 2014 à 23h47

Parce qu'au départ, on se trompe aussi soi-même. C'est pas une excuse, mais ça fait réfléchir.

L'erreur que je pense très répandue, c'est "je suis comme ça, nous nous aimons comme ça, ça durera comme ça".
Vouloir que le polaroïd (le selfie, pour les gamins qui viennent de perdre leurs dents de lait) des débuts soit la vérité sur toute notre histoire (poly ou mono). Comme s'il pouvait nous arriver d'être et ne pas devenir autre chose ensuite.

On essaie de ressembler à ce qu'on était avant, et comme on y arrive pas, on ment.
Le poly qui te dit "t'inquiète je ressentirai JAMAIS quelque chose qui nous mette en danger", ou "bien sûr que je préfère être avec une brune qui crache et joue au billard que m'investir avec une blonde qui lit des bouquins de physique quantique", il crée une très bonne occasion où il va mentir pour pas avoir l'air de se renier, pour pas blesser, et puis paf, raté.

#
Profil

oO0

le jeudi 06 mars 2014 à 03h32

Ce qui fait la tromperie me semble effectivement être le sentiment d'être trompé, mais ce sentiment est effectivement aussi soumis aux malentendus de la subjectivité. (J'apprécie beaucoup la clarté de ton post, Éric, les miens en manque tellement.)

Après, la culpabilité de l'infidélité offre un puissant levier à la manipulation, d'où la tentation de ne pas prendre en considération le sentiment d'être trompé. Reste que même si la tentation d'instrumentaliser sa souffrance pour manipuler se présente à quiconque souffre, cela n'en reste pas moins de la souffrance même si la personne cède à la tentation. Donc, je ne vois pas de raison de ne pas prendre en considération le sentiment d'être trompé d'une personne comme raison suffisante pour parler de tromperie.

Sinon, personnellement, j'ai fait le choix de refuser le rôle de la victime. J'ai du mal à me sentir victime du fait qu'une personne aime une autre, même si c'est une autre que moi. Je n'aime pas ce jeux de rôle et si je peux en réduire de moitié les possibilités, c'est mon choix sans que cela me dispense pour autant de mes responsabilités face à une personne qui peut se sentir trompée. Cela ne suffit d'ailleurs pas à prévenir le risque que je me sentes trompé, mais alors ce sera davantage dans les termes de BF, quand je me sens entretenu dans de fausses idées le plus souvent sur l'ouverture d'esprit que pense avoir une personne, mais c'est là que je suis bien obligé de reconnaître que je suis tout autant susceptible de me tromper sur moi-même que de tromper dans le même temps d'autres personnes. L'erreur est humaine ? Apprendre de ses erreurs et de celles des autres, notamment apprendre à vivre avec ?

Pour ce que cela vaut, je pense que vous avez touché un point important, exception faite de la désignation de la société comme ennemi total ou totalitaire, faire société, c'est justement faire avec la perfectibilité humaine.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

bodhicitta

le jeudi 06 mars 2014 à 04h40

désolée j'étais presque hors sujet... (enfin y a plusieurs sujet dans cette discution) :-)

siestacorta
L'erreur que je pense très répandue, c'est "je suis comme ça, nous nous aimons comme ça, ça durera comme ça".
Vouloir que le polaroïd (le selfie, pour les gamins qui viennent de perdre leurs dents de lait) des débuts soit la vérité sur toute notre histoire (poly ou mono). Comme s'il pouvait nous arriver d'être et ne pas devenir autre chose ensuite.

On essaie de ressembler à ce qu'on était avant, et comme on y arrive pas, on ment.

C'est vrai que lorsqu'on oublie que toutes les choses évoluent, en permanence, on finit par se tromper et tromper l'autre, en voulant que les choses soit comme elles étaient, en oubliant d'étre attentif aux évolutions survenues.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Strega

le jeudi 06 mars 2014 à 11h43

Bouquetfleuri
Je crois que pour vivre son expérience poly amoureuse, il est nécessaire de remettre en question quelques éléments importants de la construction personnelle considérés à tort ou à raison comme emprisonnant.

Je me rappelle avoir parlé de "déconstruction" à ce sujet (déconstruction de certaines normes sociales que je considérais comme emprisonnantes) lors d'un café poly... et qu'une poly, architecte, avait tiqué sur l'utilisation du mot car pour elle la déconstruction mettait l'équilibre de la construction en péril. J'aime beaucoup ce que dit Yann Kerninon dans Vers une libération amoureuse car c’est ce que je ressens dans mes relations poly (j’avais d’ailleurs partagé ce sentiment avec un amoureux bien avant qu’il m’offre le livre de Kerninon): être (poly) amoureux c’est être sur un fil, sans cesse en recherche d’équilibre.
Je préfère depuis le terme désapprentissage que je pense plus juste et qui met moins en péril l'équilibre. Je note d'ailleurs que Bouquetfleuri ne parle de de questionner des éléments de construction personnelle et non pas de déconstruire...

Bouquetfleuri
Je crois que beaucoup de poly amoureux ressentent profondément la séparation des pouvoirs, entre celui que l’on se donne et celui que la société conserve sur nos vies et jusqu’à des endroits insoupçonnés. Et s’il y a tromperie, c’est à cet endroit qu’elle se manifeste.

Pour absconses qu’elles puissent paraître (coucou Vlad ;-), ces deux phrases me parlent beaucoup. La séparation entre mon pouvoir personnel et celui que la société conserve sur ma vie est effectivement quelque chose que je ressens profondément, à avoir l’impression d’être schizophrène. Et cet insoupçonné qui surgit et qui peut devenir le lieu d’une tromperie (de soi avant tout en ce qui me concerne).

Bouquetfleuri
tout le travail dans la relation consistait à réduire cette asymétrie tout en conservant intactes l’identité des personnes.

Totalement d’accord avec ça. Je mettrais asymétrie au pluriel cependant. Je crois que plus chaque personne se sent libre d’exprimer ses différentes facettes dans sa vie en général et dans ses relations amoureuses en particulier et plus il peut y avoir d’asymétries entre deux personnes. Le tout est de ne pas faire comme s’il n’y avait pas d’asymétrie au nom d’une égalité (uniformité ?) illusoire de chacun sur tous les plans de nos vies respectives.

#
Profil

chrno

le jeudi 06 mars 2014 à 15h49

Pour reprendre un peu ce qui a été dis, je pense qu'effectivement il faut faire la distinction entre :
- La tromperie "objective": je fais des promesses/engagements que je ne tiendrais pas, c'est concret.
- La tromperie "suggestive": celle qui va se baser sur le non dit et donc les attentes qu'on a d'une situation ou d'une personne.

Je pense que et s'il y a un type de tromperie qui attends le plus les polyamoureux faisant l'effort d'être sincère c'est bien la deuxième.
Sachant que dans ce cas nous pouvons nous retrouver dans le cas:
- de la personne trompé (l'autre ou la situation n'est pas ce que j'en attendais implicitement).
- dans la position ou on prends conscience "d’être celui qui trompe". Celle ci n'est pas une reprise de la première forme de tromperie dont je parlais mais comme le disait siesta du fait qu'on se rends compte qu'on se trompe soi même, que l'on est pas à la hauteur de nos propres attentes et qu'on ne l'accepte pas, ou bien qu'on ne respecte pas une attente supposée de l'autre.

Après la déconstruction dont parle strega est surement importante pour limiter ce genre de cas. Si on déconstruit, on fait mieux la distinction entre ce qui nous ait imposé et qu'on a gobé sans poser de question et ce qui est vraiment important pour nous. En sachant cela, on peut plus facilement le verbaliser et mettre au centre d'une discussion.

Après pour le personne qui ne tienne pas leur engagements soit on prend acte et on fait avec étant prévenu, soit on les fui.

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 06 mars 2014 à 16h02

Sinon, il ya le poly qui dit qu'il est poly à l'un, lui assure que tout le monde est au courant, mais en fait à l'autre il dit qu'il est mono.

On est d'accord, c'est pas du polyamour au sens premier, mais c'est une tromperie qui utilise le polyamour.
Et on en a eu quelques exemples racontés sur le forum, je crois.

#
Profil

PolyEric

le jeudi 06 mars 2014 à 16h06

RIP
...les miens en manque tellement...

Mais non, mais non

RIP
Donc, je ne vois pas de raison de ne pas prendre en considération le sentiment d'être trompé d'une personne comme raison suffisante pour parler de tromperie

Euh, en fait, si, j'avoue
Tu as droit à trois essais, attention tu n'en n'a plus que deux, vas-y essaie encore.
J'essaye de t'aider, ok ? Alors, voyons....

Pierre a le sentiment d'être trompé, il souffre
Jacqueline ne prend pas en considération le sentiment de Pierre

Tu dis que ce manque de considération n'est pas une raison suffisante pour établir que Jacqueline trompe Pierre. C'est ça ? (Jsuis perdu !)

#
Profil

Siestacorta

le jeudi 06 mars 2014 à 16h16

Enfin, c'est connexe, je me dis que quelqu'un qui dirait "boh et puis merde on a dit qu'on était libre" et qui du coup escamote les infos sur ce qu'il se passe à partir de là, ou ne tient pas compte de la demande de son partenaire d'être un peu plus tenu au courant va amener une situation comparable au cocufiage traditionnel.

Le partenaire ne saura plus à quoi se fier dans la parole donnée, il se demandera "qu'est-ce que cette nouvelle relation a de si important pour que j'en sois tenu à l'écart" et "qu'est-ce que j'ai fait pour ne pas mériter qu'on me dise la vérité".
On a volontairement refusé de lui décrire la situation, il y a une découverte "imprévue" d'une vérité , et il se sent blessé... Ce qui définit la tromperie est là.

Je soutiens pas pour autant une transparence permanente, live, contrôleuse, mais quand le dialogue n'a pas lieu, que personne ne propose de compromis qui permette l'action, il y a une potentielle vérité officielle et des comportements qu'on cherche à découvrir, qu'on cache.

Le dialogue qui établit la confiance peut être solide, la confiance en soi du partenaire également solide, et peuvent supporter qu'ensuite on puisse ne pas informer, annoncer, rabâcher ; mais le dialogue, quitte à ce qu'il n'ait presque jamais lieu, doit quand même être prêt à être repris très vite, sur une demande.
Si on reste sur "on est libre depuis tant d'années et rien n'a changé depuis", qu'on en refuse le questionnement, on crée les conditions de devoir agir à l'insu de l'autre, et le ressentiment sur un idéal à la hauteur duquel on s'est pas maintenu.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

bouquetfleuri

le jeudi 06 mars 2014 à 16h33

Et je vois aussi des conditions de tromperie quand le travail de libération n'est pas fini, quand on fait rimer poly-amour avec poly-baise en substituant l'un à l'autre, (vous savez les histoires qui ne durent que deux mois, à répétition) quand on parle de NRE pour ne plus parler de découverte d'un nouveau corps, bref quand on n'est pas clair avec soi-même et que l'on se prive à la fois d'une envie de baiser assumée et d'une NRE dévaluée et par là-même d'un joli début d'histoire d'amour, alors que tout peut coexister sans dommage... Tromperie aussi dans le "ça dépend" qui traduit une forme de désespoir devant la difficulté relationnelle que le poly-amoureux s'impose.

En fait je ne parle pas de la tromperie valant infidélité, je suis d'accord avec toi Siestacorta, cela ressort de la structure mono amoureuse. Et le problème de la tromperie pourrait bien être qu'il existe plus que des passerelles entre les deux schémas.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

hanachan

le jeudi 06 mars 2014 à 16h37

pour moi il y a tromperie dès que l'ont sort du cadre/règle qui a été établie avec l'accord de chacun..
donc la tromperie peut exister tout a fait chez les polys.

encore faut -il que dans le cas des polys, les partenaires comprennent dans un même sens les règles qui ont été imposer dans leur differents couple.

et enfin si la seule règle chez dans des couples de polys est qu'il y en a pas... du coup la il ne peu pas y avoir tromperie je pense...non?

#
Profil

bodhicitta

le jeudi 06 mars 2014 à 16h55

siestacorta
je me dis que quelqu'un qui dirait "boh et puis merde on a dit qu'on était libre" et qui du coup escamote les infos sur ce qu'il se passe à partir de là, ou ne tient pas compte de la demande de son partenaire d'être un peu plus tenu au courant va amener une situation comparable au cocufiage traditionnel.

Justement c'est ce que m'a dit un chéri(t) hier
Il se trouve que j'avais un autre chéri à la maison pendant 1 semaine, j'l'avais dit à chéri(t) et pour moi il était évidant que méme si j'avais un autre chéri qui dormait à la maison cheri(t) pouvait me tel est passer quand il voulait ou me demander de venir chez lui.
Mais c'est vrai que je ne l'avais pas précisé et que l'histoire avec le chéri à la maison demandait pas mal d'énergie et mises au point, donc au finale on ne s'est pas contacté de la semaine.
Le wend qui suivait cheri(t) me dit qu'il préfére arréter notre relation car il ne sent pas vraiment que j'ai envie d'etre avec lui. (en résumé)
J'avais l'impression qu'il me faisait une sorte de chantage, qu'il voulait que je lui dise "ho non...! me quitte pas!" l'impression aussi que ça ne lui convenait pas car j'avais pas assez de temps pour lui. Sur le coup sans trop réfléchir donc, j'lui dis simplement "bin ok si tu le sens comme ça on arrête"
Mais hier justement il est venu chez moi, pour qu'on en reparle, et en fait c'est vrai que je n'avais pas étais trés attentive, il ne savait pas ce qui me semblait logique, que dans tout les cas je suis là pour lui (aussi). Il m'a "si je suis un de tes chéris, bin tiens moi au courant, c'est tout" et il a aussi compris qu'il suffit de me demander des renseignements aux quels je ne pense pas forcément

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion