Polyamour.info



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kerdekel

le jeudi 04 août 2011 à 20h51

Je suis polyamoureuse depuis aussi loin que je me souvienne, même si je ne connais ce mot que depuis quelques années.
J'ai pensé pendant bien plus de temps qu'il y avait quelque chose qui clochait chez moi, et je fermai ma gueule.
Même après avoir appris que je n'étais pas seule à en être capable, il n'y avait pas de forums, pas de rencontres, pas grand chose qui vienne me sortir de cet isolement (que j'étais certaine d'agrandir si je l'ouvrai, ma tronche).
Seulement voilà, je l'assumais pas.

Littlejohn, pour le cas présent, tu es binaire et ça me surprends.

La définition pourrai être effectivement meilleure et exclu de facto des gens qui se trouvent actuellement dans une situation vraiment pas évidente.
Le parallèle avec l'homosexualité n'est pas idiot. Imagine.
Tu es un homme qui vit avec un femme mais tu finis par découvrir que tu préfères largement les hommes. Dans ton entourage, dans ta famille, dans ton travail, tu n'a aucune autre personne qui ait cette préférence, et tu essaie d'être ce que tu n'es pas, pour pas décevoir, pour pas te retrouver isolé, pour être "normal". Tu viens vite à penser que quelque chose va pas chez toi, et tu ferme surtout bien ta mouille pour pas être rejeté.
Et un jour, tu trouve une communauté de gens, qui ont tes préférences, qui se battent même, pour qu'un jour plus aucun homosexuel ne soit vu comme un monstre, ce pourquoi tu es sur de passer si jamais tu le dis, dans ton milieu. Seulement, ces gens que tu as trouvé te disent qu'un homosexuel, c'est un homme qui vit une relation franche et assumée avec un homme ou qui au moins ne cache pas sa préférence. Et toi qui te sentais perdu et soudainement avait une lueur d'espoir de voir des gens qui pourraient enfin te comprendre, parce qu'ils ont la même nature que toi, on t'enfonce un peu plus en te disant que non, non, non, tu n'es pas homosexuel si tu n'es pas honnête avec ton entourage. Alors que tu as juste peur de le dire dans ton cercle parceque tu pourrai être isolé de gens avec qui tu as toujours vécu, avec qui tu as des liens que tu n'a pas le cœur à rompre, avec qui tu es proche quand même.

Et encore, je prends même pas en compte les dangers que cela peut représenter pour certains, "d'avouer", en dehors de la crainte d'être isolé et rejeté par la suite. Dans certains pays, ne serait-ce qu'un soupçon d'homosexualité peut te mener à l'échafaud. Tu imagines pour les polyamoureux, dont la nature est encore moins bien acceptée que l'homosexualité? Eux aussi sont obligés de mentir pour cacher leur nature, ça n'en fait pas moins des polyamoureux.
Tu vis seul, en Europe, sans comptes à rendre à personne et c'est cool pour toi. Vraiment, tant mieux. Peut-être as-tu toujours eu cette facilité déconcertante à dire Merde à la société et vivre ta vie en dehors de toute considération d'appartenance sociale et de jugement, c'est chouette. Et je vis d'ailleurs personnellement ma vie dans la même ambiance et je comprends qu'on puisse trouver absurde de vivre sa vie en fonction de ce que les gens pensent plutôt que de faire ce qu'on a envie tant que ça reste dans l'honnêteté et le respect.
Mais tu dois comprendre que la crainte du rejet et de l'abandon pour tout un tas de gens n'est pas une chose facile à affronter. Ça demande un grand courage et une grande force mentale. Toi tu l'as mais beaucoup ne l'ont pas et ça s'acquiert.

Et ces personnes qui viennent en disant qu'elles sont trompées ou trompent ou ont envie de tromper, la plupart demandent de l'aide, aide non fournie par la définition puisqu'elle les exclue de facto. Bien sur que dans le tas, c'est évident, il y en a qui cherche des excuses pour tromper davantage et au final n'aime pas vraiment leur conjoint-e-s.
Mais dans le doute, plutôt que de dire à une personne qu'elle n'est pas polyamoureuse parce qu'elle n'est pas honnête, il est préférable de lui dire qu'elle n'assume pas et chercher à savoir pourquoi elle a peur de le dire et lui apporter l'assurance que non, elle n'est pas seule, que oui, elle peut avoir raison d'avoir peur (car la peur n'éloigne pas le danger) mais que c'est ou rester paralysée dans son coin et voir la situation empirer ou affronter sa peur et avoir une chance de s'en sortir, que non ce sera pas facile, et non le polyamour n'est pas une poudre verte magique qui règle tous les problèmes. Qu'au final, la priorité doit être faite pour cette personne à développer sa personnalité afin qu'elle puisse avoir assez de force pour oser faire face à une société qui va l'exclure, soyons honnêtes.
Que si cette personne tombe, ou a trop peur, on sera là non pour lui rejeter une définition pas complète à la figure en lui disant que non elle n'est pas poly (tu veux savoir ce qu'il se passe dans la tête de quelqu'un à qui on dit ça? "Merde, je suis pas poly, mais je suis pas non plus comme les mono, personne me reconnait, je ne suis rien en fait? Je suis encore plus perdue qu'avant! A l'aide :,( " Qu'est-ce que tu veux, l'humain est un animal social, dans sa grande majorité) parceque hein vala, définition blablabla mais bien parce qu'elle a frappé à la bonne porte et pour lui faire comprendre qu'elle n'est pas seule et pour l'aider à assumer.

Offrir une aide à ceux qui en font la demande dans ce domaine, c'est pour ça que ce site a été crée.
Et tu n'aides pas quelqu'un qui se sent paumé en lui disant que non, s'il n'est pas honnête avec son entourage, c'est qu'il n'est pas poly (et que si on part là-dedans alors tout le monde est poly, ce qui, en dehors de représenter un des sophismes les plus ridicules qui m'ait été donné de lire, n'a pas de sens, puisque tout le monde ne l'est pas justement, de manière assumée ou non. C'est plutôt justement qu'il y en a qui l'assume et d'autres pas.)
La définition biologique d'une femme, c'est ses chromosomes. Pourtant, j'ai des amies qui ont des chromosomes masculins et qui sont bel et bien des femmes. Et ça me viendrai jamais à l'idée de penser le contraire.
C'est une définition standard celle qu'on a. Une pauvre définition bateau. Il arrive que parfois, on ne puisse s'en contenter. Pour le cas présent, elle occulte tous les gens qui n'assument pas, dans la grande majorité des cas par crainte, alors que cette couche est pourtant celle qui a le plus besoin d'être rassurée.
Quelle ironie, hein. :)

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LittleJohn

le jeudi 04 août 2011 à 21h14

Me voilà binaire, maintenant ! :D

Bon, quand-même, le parallèle avec l'homosexualité me semble complètement foireux. Je n'irai jamais dire à quelqu'un qu'il n'aime pas réellement deux (ou plus) personnes, de même que je ne dirais pas à un homosexuel qu'il ne ressent aucune attirance pour des personnes du même sexe.
Mon avis est - et uniquement ça - que se dire polyamoureux c'est quand on le vit dans l'honnêteté avec les partenaires. Dans ce sens là, c'est un "idéal" vers lequel tendre, comme celui de s'assumer et s'affirmer comme homosexuel (si on souhaite continuer le parallèle).
Et je ne vois pas commet, en disant cela, je suis excluant, binaire, ou inhospitalier...

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ladys

le jeudi 04 août 2011 à 21h36

Kerdekel, bonsoir et merci, ton intervention me conforte dans l'idée qu'ouvrir cette discussion dès mon arrivée n'était peut-être pas très polie, mais que visiblement, la question du lexique n'interpelle pas que moi.

Je crois qu'en grande partie, le désaccord avec LittleJohn se résume à cette définition, cette différence entre l'être et l'agir.
Encore que, LittleJohn, lorsque tu parles d'un idéal vers lequel tendre, tu nuances tes propos précédents.

Je ne trouve pas le parallèle avec l'homosexualité si "foireux".
Tu n'irais pas dire à quelqu'un qu'il n'aime pas réellement plusieurs personnes mais tu lui diras qu'il n'est pas vraiment polyamoureux tant que ces relations ne sont pas transparentes.
Tu ne dira pas à un homosexuel qui n'a pas encore passé le pas qu'il ne ressent aucune attirance pour les personnes du même sexe, mais lui diras-tu que tant qu'il n'a pas eu d'expérience homo réelle, il n'est pas homo?
Car finalement, le distingo se pose encore une fois ici entre l'être et l'agir.

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oO0

le jeudi 04 août 2011 à 21h40

L'expérience d'un déchirement amoureux entre plusieurs personnes est fréquente. Reste que, pour ma part, cette expérience ne penche ni en faveur du polyamour ou du monoamour. Elle ouvre à un questionnement qui peut conduire à l'un, comme à l'autre ou un mixte des deux.

Reste que ce n'est pas la seule expérience qui peut être à l'origine de ce questionnement. Bien qu'ayant été et étant attiré non sans envie par plusieurs personnes à l'époque, même si je pouvais reconnaître tous les charmes que l'amour prête aux personnes qui nous attirent, l'amour m'em... et le sexe avec. Si c'était sensé être si bien pourquoi tant d'em... La questionnement à commencé le jour ou je me suis rendu compte que ce n'était pas que moi que je privais, mais que je pouvais priver les personnes qui pouvaient être attirée et avoir envie de moi, mais aussi... d'autres que moi. Cette dernière possibilité ne me gênais pas et je me sentais, au contraire, soudainement l'envie de s'accompagner dans ce sac d'em... qui promettait d'être haut en couleurs.

Enfin, bref, de par mon expérience personnelle, j'aurais plutôt tendance à dire que le polyamour s'apparente à la non-exclusivité, soit à une disposition affective à sortir les relations amoureuses d'une logique d'exclusion mutuelle. Ou encore, le désir de vivre une relation qui évite à l'autre comme à soi d'avoir à se priver d'autres relations, une relation ouvertes à d'autres relations comme une amitié est ouverte à d'autres amitiés.

Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'un point de vue où, finalement, je trouve qu'être non-exclusif est plus clair qu'être polyamoureux. D'ailleurs, je suis incapable de me dire polyamoureux. Polylike, oui, car, à part l'appellation, je me reconnais assez facilement dans le reste. Il y a d'autres variantes comme polycurieux, soit curieux de questionner la possibilité de plusieurs relations en même temps avec toute l'attraction et la répulsion que cela peut signifier : attraction de pouvoir aimer plusieurs personnes et répulsion de ne pas pouvoir être la seule personne aimée, par exemple.

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P.-S.: Je tiens à signaler que toutes les précisions apportées me semble avoir du sens et que la mienne me semble loin de les rassembler. Et, mince de mince, toutes me semblent dignes d'intérêts.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LittleJohn

le jeudi 04 août 2011 à 21h55

ladys
Tu ne dira pas à un homosexuel qui n'a pas encore passé le pas qu'il ne ressent aucune attirance pour les personnes du même sexe, mais lui diras-tu que tant qu'il n'a pas eu d'expérience homo réelle, il n'est pas homo ?

Disons plutôt que je voulais éviter les répétitions dans ma phrase ^^

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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oO0

le jeudi 04 août 2011 à 22h02

L'être et l'agir ?

J'aurais plutôt tendance à parler de disposition affective... tout autant que d'indisposition. Disposition, comme pour la disposition du mobilier d'un lieu, sinon qu'il s'agit plutôt que du mobilier d'une configuration de positions sur différentes questions relatives aux relations amoureuses. Disposition, pour ce que nous sommes disposés à consentir, par exemple. Disposition, comme la capacité d'être disponible ou non, disposé à. Disposition, comme les dispositions que l'on prend face à différentes éventualités. Disposition comme pouvant découler de prédisposition ou d'une redisposition.

La polysémie du terme disposition me plaît, tout à la fois dans l'être et dans l'agir, dans le possible ou non, dans le consentement ou non, dans l'anticipation.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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ladys

le jeudi 04 août 2011 à 22h13

Je sais LittleJohn, les répétitions, en français, c'est mal!
Mais il n'empêche que je n'ai, pour le coup, pas compris ce que tu as écrit.
Donc je ne vois toujours pas en quoi le parallèle est foireux, mais je sais que j'ai parfois tendance à comprendre vite... à condition qu'on m'explique lentement.

RIP, bonsoir et deux questions:
J'ai trouvé sur ce site des références à poly-friendly, poly-curieux, et je pense avoir compris ces termes. Qu'entends-tu par "poly-like"?
De même je pense avoir saisi l'essentiel de ton propos lorsque tu parles de disposition, à un bemol près: "disposés à consentir", je ne suis pas sûre de comprendre.

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oO0

le vendredi 05 août 2011 à 01h11

Polylike, c'est Siestacorta qui l'a utilisé pour la première fois. "like", soit "comme". Le polyamour est un néologisme plutôt récent par rapport à d'autres expression dont, finalement, le contenu revient au même. Il y en a des plus récentes aussi. (Je trop fatigué pour me les remémorer.) Bref, il s'agit d'équivalents qui prennent d'autres dénominations : "amours plurielles" est l'une de ces expressions, "lutin et lutines", aussi. Beaucoup de personnes, moi y compris, ont du mal avec le terme "polyamour", voire les étiquettes tout court, mais peuvent se reconnaître dans l'esprit. (En tous cas, c'est ce que j'avais cru comprendre lorsque Siesta l'a utilisé.) Quelque part, c'est se reconnaître dans l'esprit, mais pas dans la lettre.

"Disposé à consentir à ..." Effectivement, il y a probablement du pléonasme dans l'air. Enfin soit, exemple : "Pour ma part, il y a certains types de relations auxquelles je ne suis pas ou plus disposé à consentir ou, si tu préfères, prêt à consentir. Peu importe que la personne me plaise, etc."

Je dois utiliser des termes vieillots, "consentement" ou "disposition", ce qui doit gêner la compréhension.

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LuLutine

le vendredi 05 août 2011 à 01h13

ladys
Donc je ne vois toujours pas en quoi le parallèle est foireux,

Il ne pourra probablement pas te démontrer qu'il est foireux, puisqu'il ne l'est a priori pas.
Tu l'as d'ailleurs compris, comme le montre ton message :) .

Sur la définition de RIP, en supposant que je l'ai bien comprise (je n'en suis pas sûre...), elle me semble finalement assez proche de la mienne : les gens que j'ai rencontrés qui aimaient sincèrement plusieurs personnes étaient justement très bien disposés à des relations ouvertes. Ils avaient selon moi les dispositions dont parle RIP. Sauf que, craignant la réaction de leur partenaire/de leur entourage/de la société, ils ne l'assumaient pas toujours ouvertement.

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ladys

le vendredi 05 août 2011 à 02h17

RIP, merci pour les explications.
Pas de problème pour les termes ( c'est viellot disposition et consentement? Fichtre!)
J'avais besoin d'un exemple pour comprendre à quoi pouvait s'appliquer ce consentement, tu l'as donné.

Lulutine, bonsoir, ou bonjour.
Je ne trouve pas, pour ma part, le parallèle incohérent (j'aime pas foireux), mais j'aurais tout de même aimé comprendre pourquoi LittleJohn le qualifiait ainsi.

Concernant l'idée de disposition, je crois que ça rejoint ce que je disais sur l'être et je suis assez contente de lire à travers vos contributions que ma vision initiale du polyamour n'est pas totalement à coté de la plaque.

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tentacara

le vendredi 05 août 2011 à 09h26

J'aurais tendance à suivre LittleJohn dans ses nuances sémantiques.
Pour moi, être polyamoureux ne se résume pas à "être capable d'aimer plusieurs personnes". Ce qui définit le PA en tant que "philosophie" ou même comme mode de vie, ce n'est pas juste une disposition affective. La définition placée en accueil du forum regroupe d'autre caractéristiques qui me semblent pertinentes. L'honnêteté d'une part, ça n'a l'air de rien, mais c'est l'aspect qui suscite le plus d'incompréhension (bien plus que l'aspect aimer plusieurs personnes) et ce à quoi nous encourageons celles et ceux qui arrivent ici avec leurs histoires personnelles. Il ne s'agit pas d'inclure ou d'exclure les gens d'un club très select de surhommes et femmes ni de distribuer les bons points, mais de leur rappeler que le mensonge les met dans une situation banale d'adultère qui a son propre fonctionnement : dissimulation, peur, clandestinité. S'ils s'en satisfont, grand bien leur fasse, s'ils s'y sentent mal à l'aise, nous essayons de les aider à se montrer plus honnêtes envers eux-mêmes et leurs partenaires.
L'autre chose qui me dérange, c'est que vous ne soulevez pas la notion de réciprocité. Dès lors que l'ont tait ses amours multiples, on ôte à l'autre non seulement la possibilité de choisir les termes de la relation dans laquelle il/ elle vit, mais on lui ôte aussi la possibilité de s'interroger sur sa propre capacité et liberté de choisir de vivre ainsi.
La transparence n'est pas juste une coquetterie destinée à se placer dans une posture de supériorité morale, elle est le truchement par lequel on s'assure d'aimer nos amours dans le respect de leur intégrité affective et de leur liberté. Et pour moi (amha ;) ), quel que soit le nombre de partenaires, c'est ça, le polyamour.

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LittleJohn

le vendredi 05 août 2011 à 11h26

Lulutine, on ma appris à l'école à ne pas comparer des choux et des navets et là c'est ce que tu fais en comparant une orientation sexuelle et un choix amoureux...

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Fleur

le vendredi 05 août 2011 à 11h40

(bonjour Ladys)

Dans la définition du polyamour, pour moi, aimer plusieurs personnes et relations honnêtes : les deux aspects ont la même importance. Il n'y a pas l'un qui prend le pas sur l'autre. En cela, je rejoins LittleJohn et les explications de Tentacara dans lesquelles je me retrouve complètement.

J'aimerais rajouter ceci :

LuLutine
les gens que j'ai rencontrés qui aimaient sincèrement plusieurs personnes étaient justement très bien disposés à des relations ouvertes. Ils avaient selon moi les dispositions dont parle RIP. Sauf que, craignant la réaction de leur partenaire/de leur entourage/de la société, ils ne l'assumaient pas toujours ouvertement.

Les hommes que je connais, qui sont en situation de "tromperie" sentimentale et/ou sexuelle idéalisent pouvoir vivre leurs relations ouvertement mais ne sont pas disposés à le faire (certainement par peur, en effet, de la réaction de leur conjoint, entourage, société, etc..).
Au regard de la société, tromper parait être normal, c'est en rapport avec l'honnêteté que les polyamoureux se "battent" et semblent être en marge. Sans cet élément, nous ne serions pas vraiment différents et de quoi nous plaignons nous alors?

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Envacances (invité)

le vendredi 05 août 2011 à 12h41

Si on est honnête, il faut le reconnaître : la définition du "polyamour" exclut d'emblée ceux qui aiment rouler à 180 sur les petites routes et qui pourtant ont un vrai problème parce que c'est interdit. En plus, il ne répond absolument pas à la question de savoir à quelle saison il vaut mieux semer les betteraves. :-P

Je propose de reprendre la question sous un angle différent. Le polyamour est un néologisme, qui a une définition à peu près précise. Relations sentimentales assumées et honnêtes avec plusieurs personnes simultanément.
La définition ne précise pas quelle dose de sentiments les relations doivent contenir. Elle n'exclut donc pas celles et ceux qui ont des relations "essentiellement" sexuelles avec diverses personnes, tant qu'ils ne mentent pas sur leur non-exclusivité. En revanche, elle n'inclut ni celles ni ceux qui sont profondément amoureux de plusieurs personnes, mais qui le cachent à leurs aimé(e)s. Ce n'est pas très grave : ils n'entrent pas non plus dans la définition de "cosmonaute solitaire", et ce n'est pas un jugement négatif que de ne pas entrer dans le cadre d'une définition.

Le forum a été créé pour permettre à ceux qui s'intéressent au polyamour-avec-sa-composante-d'honnêteté d'échanger sur la question, d'aborder les joies et les problèmes spécifiques que ça pose, et de se faire bénéficier les uns les autres de leur expérience.

Maintenant, on ne peut que le constater : le mot "polyamour" prête à confusion, et de nombreux adultères croient s'y reconnaître parce qu'ils aiment leur conjoint(e) ET leur amant(e). Et du coup, c'est vrai, une part importante des échanges sur ce forum est consacrée à la remise de pendules à l'heure sur le sens du mot.
Si on ajoute que "polyamour" est la francisation de "polyamory", mais que la définition anglaise du mot "polyamory" n'est pas exactement la même que celle de polyamour... on comprend la difficulté de se mettre d'accord sur le lexique.
(Pour ne pas laisser les choses en l'air : en anglais sur Wikipedia, il n'est pas question de "relations sentimentales", mais de "intimate relationships" ; et il est précisé que le "polyamory" est le fait, OU le désir OU la tolérance qu'il y ait non-exclusivité dans les relations "intimes", chacune des personnes impliquées étant informée et consentante.)

Selon cette définition anglaise, un homme qui n'aime QUE sa femme, mais qui accepte qu'elle ait des amants serait donc absolument polyamorous.

Le forum sert à aborder tous les problèmes liés à la pratique étrange de l'honnêteté dans la non-exclusivité, et n'a initialement pas pour but de répondre à toutes les problématiques liées aux sentiments, fussent-ils multiples et magnifiquement sincères.

Et il est important, si on veut aborder des questions spécifiques, de savoir de quoi on parle. Par exemple, si je dis "grâce au polyamour, on peut même arriver à se passer de préservatifs avec tous nos partenaires", ça peut faire de sérieux dégâts chez ceux qui trompent leur conjoint avec amour et qui croient donc pratiquer le polyamour...

Je ne sais pas si j'ai contribué à l'effort de précision lexicale, mais j'ai essayé. En essayant de faire comprendre pourquoi le polyamour-avec-honnêteté a besoin d'un forum qui lui soit consacré.

Les non-polyamoureux, les adultères, les opposants, etc. sont parfaitement bienvenus sur le forum, mais il faut maintenir la compréhension claire de ce qu'est le polyamour.

Et si certains veulent parler des problèmes qui naissent de leur capacité à aimer plusieurs personnes mais qui préfèrent (ou ne peuvent pas faire autrement que) le cacher aux intéressé(e)s, c'est fort légitime, mais il faudrait vraiment trouver un autre nom que polyamour.

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Fleur

le vendredi 05 août 2011 à 13h14

Ce qui me gène, c'est quand on me dit : "j'aime plusieurs personnes, moi aussi, je suis donc polyamoureux (à cela j'entends, accepte moi comme polyamoureux) mais par contre non, je ne veux pas que mon conjoint le sache (même si dans le principe ça serait super !) parce qu'il ou elle ne le comprendrait pas et que ça pourrait faire trop de dégâts.(cette vision des choses s'apparente plus à de la polygamie à mon sens). C'est oublié une valeur (ce n'est pas une histoire de préservatifs ou de betteraves) qui est essentielle pour moi : l'honnêteté (et en l'occurrence la liberté et la réciprocité aussi).

Le forum peut accueillir les poly, les non poly ou les aspirants poly, ... ce n'est pas le problème. La discussion est ouverte. Mais j'ai du mal avec ceux qui veulent se définir comme poly sans en avoir les mêmes valeurs (qui sont finalement pas si nombreuses).

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Jena

le vendredi 05 août 2011 à 17h21

Pour troller juste un peu, et faire réfléchir aussi : comment peut-on prétendre aimer vraiment quelqu'un qu'on ne respecte pas assez pour ne pas lui mentir ? On n'aime alors qu'une idéalisation de quelqu'un qui ne sait pas vraiment avec qui il/elle vit.

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Jena

le vendredi 05 août 2011 à 17h41

Pour être plus sérieux une seconde : l'incompréhension entre Tentacara-LittleJohn d'un coté, et Lulutine-Kerdekel de l'autre, revient à mon avis à une différence de point de vue sur la définition du polyamour. Les uns y voient une définition précise des relations que nous construisons, honnêtement, avec nos partenaires — les autres y voient une orientation sexuelle, intrinsèque à chacun-e, indépendante de toute relation intime. Tranchons ce nœud, et trinquons.

Je me retrouve un peu entre les deux : moi aussi, je peux dire que je me sais poly depuis que j'ai 12 ans; je suis tombé amoureux, silencieusement, de plein de monde en même temps. J'ai rencontré mes premiers polys en 2005, je me suis ouvertement assumé poly en 2006, et ce n'est qu'en 2009 que j'ai commencé, réellement, à vivre de vraies relations polyamoureuses — avec Kerdekel et Tentacara, vous voyez le conflit d'intérêt ? ;)
Mon coming out poly, je l'ai vécu comme mon coming out bisexuel, quelques années plus tôt : je n'ai donc pas de mal à faire le parallèle avec une orientation sexuelle, d'autant plus que je sais, maintenant, que je ne pourrais plus me passer de l'honnêteté et la liberté qui accompagnent le polyamour. Ce choix que j'ai fait, au moment de ma renaissance, c'est ce qui distingue pour moi "je me sens poly" de "je suis poly" ! Ce choix, et le travail sur les relations polys qui ont suivi, perdrait la beauté sa définition si les premiers adultères venu-e-s s'affublaient du vocable de "polyamoureux", alors qu'on ne parle que de tromperie... pour l'instant.
Faut-il vraiment un nouveau mot pour désigner ceux qui savent qu'ils peuvent tomber amoureux de plusieurs personnes ? Polyaimant, polylike, c'est pas mal.

Je ne veux pas disputer à Ladys son sentiment polyamoureux, et je l'accueillerai bien volontiers aux prochaines rencontres. Mais ce sera avec le but affiché de l'aider à faire le choix nécessaire à une vie polyamoureuse.

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LittleJohn

le vendredi 05 août 2011 à 17h51

Aurelien
Faut-il vraiment un nouveau mot pour désigner ceux qui savent qu'ils peuvent tomber amoureux de plusieurs personnes ? Polyaimant, polylike, c'est pas mal.

Wannabepoly ? ^^

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LuLutine

le vendredi 05 août 2011 à 18h04

Aurelien
Pour troller juste un peu, et faire réfléchir aussi : comment peut-on prétendre aimer vraiment quelqu'un qu'on ne respecte pas assez pour ne pas lui mentir ?

Oui, on peut troller si tu veux ^^ : il a été admis depuis longtemps sur ce forum (et probablement ailleurs) que tout le monde n'a pas nécessairement la même définition d' "aimer".
Donc, quelqu'un peut très bien aimer une personne en lui mentant et sans considérer que c'est un signe d'irrespect ^^
Tu ne pourras prétendre que tu sais qu'il ne l'aime pas, parce que :
1 - tu n'es pas dans sa tête,
2 - si tu le fais tu autorises n'importe qui, de façon symétrique, à "juger" tes amours et à te dire, par exemple, que si tu aimes plusieurs personnes, c'est que tu ne les aimes pas vraiment, que si tu n'es pas jaloux, c'est que tu n'aimes pas vraiment, etc.

Le fait qu'on ne puisse aimer quelqu'un si on lui ment, c'est ton interprétation et cela n'a rien d'universel. :)
Je précise au passage que je partage cette analyse, mais je sais que ce n'est pas celle de tout le monde.

Envacances
Et si certains veulent parler des problèmes qui naissent de leur capacité à aimer plusieurs personnes mais qui préfèrent (ou ne peuvent pas faire autrement que) le cacher aux intéressé(e)s, c'est fort légitime, mais il faudrait vraiment trouver un autre nom que polyamour.

Ca rejoint ce que je répète depuis un bail.
Il y a trop souvent une confusion entre "aimer plusieurs personnes" et "avoir des relations polyamoureuses".

Ce que kerdekel et moi proposons, c'est de dire qu'on est polyamoureux quand on est capable d'éprouver des sentiments amoureux pour plus d'une personne, et d'envisager des relations ouvertes, mais de préciser, si l'on n'est pas honnête, que nos relations ne sont pas polyamoureuses.

L'autre solution, que tu proposes, est de garder "polyamoureux" pour "celui/celle qui a des relations polyamoureuses", mais de trouver un autre mot pour le fait d'éprouver des sentiments pour plusieurs personnes. C'est une solution tout aussi valable que la notre. Par contre, il va falloir le trouver ce mot, sinon comme dit kerdekel, il va y avoir un paquet de gens paumés qui risquent de se sentir très très mal :

kerdekel
"Merde, je suis pas poly, mais je suis pas non plus comme les mono, personne me reconnait, je ne suis rien en fait ? Je suis encore plus perdue qu'avant ! A l'aide :,( "

Fleur
Les hommes que je connais, qui sont en situation de "tromperie" sentimentale et/ou sexuelle idéalisent pouvoir vivre leurs relations ouvertement mais ne sont pas disposés à le faire (certainement par peur, en effet, de la réaction de leur conjoint, entourage, société, etc..).

Les gens que j'ai connu qui souhaitaient des relations ouvertes pour leur couple avaient "tâté le terrain" chez leur partenaire, qui leur avait dit clairement qu'il/elle n'envisageait pas la non-exclusivité.
Ils ont donc laissé tomber, alors qu'ils étaient tout-à-fait disposés à ces relations ouvertes : en effet, ces gens auraient été ravis de voir leur partenaire heureux avec d'autres (en même temps qu'eux auraient pu vivre plus librement).

On n'a pas eu la même expérience, et comme je le disais aucune expérience n'est universelle, mais j'ai préféré préciser la mienne car ce sont entre autres à ces gens-là que je pense dans ma démarche.

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LuLutine

le vendredi 05 août 2011 à 18h10

Aurelien
Polyaimant, polylike, c'est pas mal.

Polylike : euh c'est quoi la racine française de "like" :P ?
Polyaimant : j'aime plusieurs amis, cela suffit-il pour que je sois polyaimante ? ^^

Le moins qu'on puisse dire c'est que "polyaimant" prête à confusion...pour le coup, on pourrait dire que l'immense majorité des gens est polyaimante (ceux qui aiment plusieurs enfants, ceux qui aiment leur chien et leur grand-mère, etc), ce qui est moins sûr pour le fait d'avoir des sentiments amoureux pour plusieurs personnes.

LittleJohn
Wannabepoly ? ^^

Euh, polyaspirant plutôt ?

Sinon, dans l'option kerdekel/LuLutine, on garde "polyamoureux" pour le fait d'éprouver des sentiments pour plusieurs personnes, et d'être disposé à le vivre honnêtement (sans forcément l'avoir fait en raison des obstacles évoqués plus tôt), et on prend "polypratiquant" pour celui qui pratique l'honnêteté dans ses relations.

Par contre, j'ai une petite question encore : si je suis honnête avec tou(te)s mes amoureux(ses), mais que l'un de mes amoureux trompe sa femme (elle n'est pas au courant qu'il sort avec moi), suis-je polyamoureuse (dans la définition Littlejohn and co), ou pas ?

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