Polyamour et asymétrie : comment ne pas perdre confiance en soi ?
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narsil
le samedi 30 mai 2026 à 19h56
Bonjour à toutes et tous,
Je me présente rapidement : j'ai 40 ans, je suis papa d'une petite fille et j'ai divorcé après une relation de neuf ans.
Cette séparation a été extrêmement difficile pour moi. Elle a laissé des traces suffisamment profondes pour que je passe plusieurs mois en hôpital afin de me reconstruire. Après cela, j'ai repris ma vie de célibataire, mais pendant près de deux ans, je n'ai souhaité rencontrer personne. Mon objectif était avant tout de reconstruire un équilibre familial et de montrer à ma fille que son papa l'aimait toujours autant et qu'elle n'était en rien responsable de ce qui s'était passé.
Après ces deux années, j'ai recommencé à faire quelques rencontres, toujours avec l'idée de construire une relation durable. J'ai toujours détesté l'idée des "relations pansement", ou celle d'utiliser quelqu'un pour combler un manque affectif.
C'est ainsi que j'ai rencontré une femme extraordinaire avec qui je suis aujourd'hui depuis plus de quatre ans. Nous vivons ensemble, nos enfants s'entendent bien, et nous sommes heureux.
Lorsque nous nous sommes rencontrés, elle avait déjà plusieurs relations. Elle cherchait cependant ce qu'elle appelait une relation socle. Avec le recul, et après m'être renseigné, je pense que cela correspond assez bien à ce qu'on appelle le polyamour hiérarchisé.
Au début, cela m'a un peu déstabilisé. Mais je suis quelqu'un d'assez ouvert à la discussion et j'ai accueilli cette façon de vivre les relations avec curiosité et bienveillance. Certaines de ses relations se sont terminées, d'autres continuent encore aujourd'hui, et je n'ai globalement aucun mal à les accepter.
Ce qui est parfois plus difficile pour moi, c'est lorsqu'elle rencontre de nouvelles personnes.
De son côté, elle m'a toujours dit qu'elle n'avait aucun problème à ce que je fasse de même. J'ai donc essayé. Par curiosité d'abord, puis parce que l'idée me plaisait aussi.
Et c'est là que j'ai découvert ce que beaucoup semblent déjà connaître : l'asymétrie des rencontres.
Je ne cherche pas à lancer un débat sur les raisons de cette asymétrie. Je constate simplement qu'elle existe.
Je suis sincèrement heureux lorsqu'elle fait de belles rencontres. Je crois même que la phrase qui me correspond le mieux est celle du personnage de "Pauvres Créatures" qui explique ne pas être jaloux des autres hommes, mais du temps qu'ils passent avec la femme qu'il aime. C'est assez proche de ce que je ressens.
Pourtant, cette asymétrie me pèse parfois.
Je me surprends à remettre beaucoup de choses en question : ce que je dis, la manière dont je me présente, ce que je dégage. Certains jours, je vais même jusqu'à me demander, avec humour mais pas seulement, si je ne ressemble pas à un ragondin pour recevoir aussi peu de réponses.
Je sais que cela touche probablement davantage à mon estime personnelle qu'à mes possibilités réelles de rencontre. Mais la souffrance est là malgré tout.
Ce qui m'inquiète surtout, c'est de laisser cette frustration abîmer quelque chose de précieux. Je ne veux pas que cela dégrade notre relation. Je ne veux pas non plus finir par me sentir médiocre ou moins désirable à force de comparaisons.
J'en parle avec ma compagne, bien sûr. Elle est à l'écoute et essaye de comprendre. Mais je me rends compte qu'il m'est parfois difficile d'entendre "je me mets à ta place", parce que, dans les faits, elle a rarement vécu cette situation de manière symétrique. Elle a souvent eu plusieurs relations alors que ses partenaires en avaient peu ou pas.
Je précise que je ne souhaite pas qu'elle change. Je suis tombé amoureux d'elle telle qu'elle est. Je ne souhaite ni limiter sa liberté ni remettre en cause notre fonctionnement.
J'aimerais simplement réussir à dénouer ce nœud que je sens parfois dans ma poitrine.
Je serais donc très intéressé par vos retours d'expérience :
- Avez-vous déjà vécu ce type d'asymétrie ?
- Comment avez-vous travaillé sur les sentiments de comparaison ou d'inadéquation ?
- Auriez-vous des livres, podcasts ou ressources à me conseiller ?
- Existe-t-il sur Paris des groupes de parole, cafés polyamoureux ou événements permettant d'échanger avec des personnes vivant des situations similaires ?
Je crois que ce qui me manque le plus aujourd'hui, c'est de pouvoir parler de tout cela avec des personnes qui le vivent réellement. Dans mon entourage, je ne connais personne concerné par le polyamour, et je n'ai pas forcément envie d'être catalogué ou incompris par des proches qui assimileraient cela à tout autre chose.
Merci d'avance à celles et ceux qui prendront le temps de me lire et de me répondre.
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YannIK123
le samedi 30 mai 2026 à 23h48
Je n'ai pas forcément beaucoup de choses à dire si ce n'est que je te comprends. Et tu as raison de chercher des témoignages et des infos. Tout en se rappelant que ce n'est pas très glorieux, les observations blessées concernant celles et ceux qui ont plus d'opportunités que nous, c'est vrai que cela fait ressentir quelque chose.
Je me fais la remarque que même quand tu étais mono, tu as dû constater de l'asymétrie dans des relations. Dans le nombres d'ex, le nombre d'opportunités qui se présentent... (Pas très glorieux non plus de comparer, je sais.) Comment tu avais vécu cela ?
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YannIK123
le dimanche 31 mai 2026 à 08h18
Je fais de la pub pour un témoignage, celui de Jack : /discussion/-czA-/Experience-recente-d-ouverture-m...
La situation n'est pas exactement semblable à la tienne, mais il y a des similitudes, dans le déséquilibre entre les deux partenaires. Tu y trouveras peut-être quelques éléments de réponse.
L'auteur de ce long témoignage a dit dans un autre post : "dans les trucs importants pour minimer la jalousie, ne jamais se comparer. ne jamais se mettre en compétition, ce demander ce que l'autre a de mieux, de moins bien. Ca m'a fait grand bien."
(À voir dans les réponses de ce post, qui était mon témoignage : /discussion/-dhH-/Cherche-temoignages-sur-l-ouvert... )
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Jack Haddy (invité)
le dimanche 31 mai 2026 à 08h39
Bonjour,
je réagis car c'est un sujet qui m'a touché à un moment donné. Avec un sentiment d'injustice, l'impression de jouer la partie avec de moins bonnes cartes, uniquement du fait du bagage génétique. Saleté de chromosome Y.
(Ce qui, avec un peu de recul, peut donner des pistes pour comprendre ce que peuvent vivre les femmes sur le marché du travail par exemple, mais c'est pas le sujet mais la parenthèse était trop tentante, bref.)
Doncques, j'ai eu le privilège de discuter ce sujet d'asymétrie avec quelques femmes et hommes, et il semble statistiquement faire consensus. J'ai décidé que, dans mon monde, c'est une vérité établie, un fait.
Je me suis donc retrouvé à devoir gérer cela, il y a quelques années. J'ai vécu quelques mois accompagné par ce sentiment d'injustice, ne sachant qu'en faire. J'ai identifié que je ne devais pas essayer de lutter contre cela, mais de vivre avec, et surtout de faire le deuil de la symétrie qui m'aurait semblé juste. La confiance en soi se construit, l'amour de soi également, à chaque personne de trouver sa recette.
Mes définitions à l'heure où j'écris:
- le deuil: accepter intimement que ce que l'on voulait / ne voulait pas (ne) sera (pas). Show must go on.
- la confiance en soi: être convaincu que l'on pourra gérer toute mauvaise situation, tout en gardant un esprit autocritique et humble; la vanité et l'arrogance ne sont guère séduisantes, la confiance en soi doit permettre de vivre sereinement les choses et non de gagner des compétitions. La confiance en soi doit émaner de soi-même, non du regard des autres.
En souhaitant que ces maigres réflexions te parlent. Les outils dont je me sers ne sont pas universels.
J.
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YannIK123
le dimanche 31 mai 2026 à 08h56
Une autre chose me vient en tête. Décidément, les pensées me viennent par petits bouts ce matin.
Tu es dans une phase de tâtonnements, tes débuts en poly, tu es débutant. Et tu te compares à une personne expérimentée, à qui les années voire les décennies de pratique ont donné une grande aisance pour naviguer les relations poly. Tu ne peux pas sauter directement là ou elle en est. Tu dois faire ta route, pas à pas, avec les tâtonnements, les cafouillages et les échecs du débutant. Être patient. Prendre confiance en toi petit à petit. Cela nécessite beaucoup de temps. Des années sans doute. Prends ce temps, et bonne route à toi.
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narsil
le dimanche 31 mai 2026 à 12h18
Tout d'abord merci pour vos réponses.
J'imagine bien qu'elle a plus d'expérience mais pour moi il y a déjà une réelle difficulté a en avoir ce qui me pèse.
Et quand on me dit je sais, je me mets a ta place...ces phrases m'agace.
Je dirais jamais a un SDF par exemple que je comprends ce qu'il vit.
De l'empathie et de la tristesse, que ça me touche oui. Mais comprendre non.
Actuellement j'ai un vide dans le ventre et un mauvaise estime de ce que je suis.
Et parfois quand j'arrive a m'ouvrir pour en parler je trouve qu'elle a tendance a minoré mon ressenti et que de toute façon qu'est ce qu'elle peut y faire
Ça me blèsse..
En tout cas encore merci pour ces réponses, si vous avez des livres je suis preneur comme des lieux où l'on puisse en parler (même chez ma psy je ne suis pas sûr d'être compris)
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YannIK123
le dimanche 31 mai 2026 à 14h18
Si si, bien sûr, parle en à ta psy.
À te lire, mon impression : tu as des difficultés à faire une rencontre, c'est très frustrant pour toi. Tu as du mal à vivre que d'autres y arrivent.
Fait abstraction du fait que ta compagne y arrive, et occupe toi de toi. Est-ce qu'être dans l'énervement "pourquoi elle, elle y arrive, et moi pas !" va te mener quelque part ? Elle a un savoir faire pour faire des rencontres, crée toi le tien. Oui, il y a une asymétrie homme femme, aussi, on ne peut rien y faire. C'est leur lot d'être très sollicitées, et c'est un lot dur à vivre quand ça devient trop. C'est le nôtre de ne l'être presque jamais. Soit dit en passant, certaines révèlent n'être jamais sollicitées elles non plus.
Ta compagne peut te donner son écoute jusqu'à un certain point, mais ne peut pas vivre le truc à ta place. Parle en à d'autres personnes, à ta psy, dans des forums comme ici... Ce n'est pas à elle d'en porter tout le poids.
En ce qui concerne les rencontres via appli, j'ai personnellement décroché assez vite des appli après n'y avoir fait aucune rencontre en plusieurs mois d'essai. Que des messages qui ne mènent à rien. L'appli peuplée à 95% d'hommes... Nul. Peut-être que ce n'était pas la bonne appli ?
Mon histoire perso, après l'échec des applis, j'ai choisi d'aller voir dans des lieux libertins. Ce n'était pas exactement ce que je voulais dans l'idéal, mais ça sort, au moins. (Et là aussi, rien ne se fait en un jour, et on passe par une phase pourquoi ils y arrivent et pas moi.) Si ce n'est pas ton truc, trouve d'autres façons de sortir, qui te conviennent mieux. Et encore une fois, partout, tu verras des gens qui arrivent à faire des rencontres là où tu n'y arrives pas. On en passe tous par là. Et prends la question "pourquoi il/elle y arrive et pas moi ?" de façon constructive, en "qu'est-ce qui me manque, de quoi j'ai besoin pour y arriver aussi." Il faut être honnête avec soi-même, et avoir de la patience parce que c'est long. Vouloir tout tout de suite ne mène nul part.
Donc oui, parle en à ta psy, continue de faire des recherches sur les forums... Et si c'est "juste" être compris que tu veux, crois-moi quasi tous les hommes te comprennent. Tu peux trouver des tas de groupes d'hommes où tu seras compris et où tout le monde passe son temps à râler sur les femmes, si c'est ce que tu veux. À toi de voir quelle attitude tu veux avoir dans ta situation.
Message modifié par son auteur il y a une heure.