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Communiquer avec un autiste ?

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(compte clôturé)

le vendredi 10 juillet 2009 à 09h29

LuLutine
Alors, des idées ?

Peut-être…
Il y a des personnes avec qui le dialogue passe plus ou moins facilement, ou bien c'est carrément généralisé ?

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Profil

LuLutine

le vendredi 10 juillet 2009 à 11h08

Euh je parlais d'une personne en particulier, mais il commence à reparler un peu depuis quelques heures, donc ça va mieux.

Et pour les sujets dont il ne veut pas parler, tant pis, je laisse tomber.

Mais il ne faudra plus qu'il me fasse la gueule à cause d'un truc dont il ne me parle pas !

Non mais !

Marre d'essayer de le ménager alors qu'il ne fait pas d'efforts pour communiquer...

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(compte clôturé)

le vendredi 10 juillet 2009 à 11h18

LuLutine
Euh je parlais d'une personne en particulier

Pardon, je me suis mal fait comprendre. Je reformule ma question, qui était : est-ce que LUI a du mal à communiquer avec tout le monde, ou bien est-ce que tu connais quand-même des personnes avec qui il parle plus facilement ?

Mais bon… il semble que ma question n'ai plus trop lieu d'être, maintenant. :P

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(compte clôturé)

le vendredi 10 juillet 2009 à 11h45

LuLutine
Mais il ne faudra plus qu'il me fasse la gueule à cause d'un truc dont il ne me parle pas !

mdr, ça me fait penser à ma mère quand elle fait sa gueule de tortue, comme je dis... Tu vois l'idée? Menton rentré dans le cou et bouche en boîte aux lettres comme un poupon qui va pleurer... :-)

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LuLutine

le vendredi 10 juillet 2009 à 11h49

BenjaminL
Pardon, je me suis mal fait comprendre. Je reformule ma question, qui était : est-ce que LUI a du mal à communiquer avec tout le monde, ou bien est-ce que tu connais quand-même des personnes avec qui il parle plus facilement ?

Ah, dans ce sens-là : ben quand ça ne va pas, c'est plutôt avec tout le monde...
Après, s'il y a un problème avec une personne en particulier, il va plutôt éviter cette personne-là.
Mais là, il s'était un peu coupé de tout le monde (sauf quand il n'a pas le choix de communiquer : pour le boulot par exemple).

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Leonidas

le lundi 13 juillet 2009 à 09h38

Sans trop savoir comment ça se passe (ou plutôt comment ça se passe pas) mais sentant que tu es un peu excédée par sa "non communication", la seule chose qui me semble possible est que tu essaie de l'aborder différemment ...

Loin de moi l'idée de dire que tu fais juste ou faux, mais je sais que j'ai été très surpris de me voir "sans voix" (ou autiste) face à une partenaire et son mode de communication. Le résultat a en effet été une séparation parce que malgré mes demandes, le mode d'échange verbal n'a pas trouvé son équilibre.
Bref, essaie peut-être de te "regarder" quand tu lui demande de s'exprimer pour voir si tu peux formuler tes demandes d'une autre manière, ou lui dire que c'est important pour toi de savoir ce qu'il pense et lui demander de t'en faire part par écrit p.ex. ... peut-être n'arrive-t-il pas à le sortir par oral ...
... ou commencer par dire ce qu'il apprécie pour arriver sur les sujets qu'ils n'apprécient pas ...

En général, si je veux mettre les gens à l'aise pour parler, je fais le choix de ne faire qu'écouter (prendre des notes parfois) et de ne pas "contre-carrer" les idées de l'autre, même si ça me fait mal, ou si je ne suis pas d'accord, juste écouter ... d'annoncer ça avant de discuter permet aussi à l'autre de ne pas avoir peur du jugement (mais il faut évidemment s'y tenir, sinon tu ne pourras pas promettre une deuxième fois ce que tu n'as pas tenu la première ... ;) ...)

Bon courage, miss ;)

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(compte clôturé)

le lundi 13 juillet 2009 à 09h58

Très juste: si la parole n'est pas son choix en matière de communication, ça peut être les attitudes, l'écriture, l'action... autre chose... Ce qui veut dire que ce n'est pas tant le reflet d'un refus de communiquer, que le fait que vous ne parlez pas le même langage.

L'écoute c'est d'abord se taire, c'est vrai aussi; et une quittance de ce qui s'exprime, ce n'est jamais du luxe.
Quelqu'un qui voit son propos reformulé enregistre en premier lieu que son interlocuteur cherche à comprendre sa manière d'envisager les choses, à entrer dans sa logique.
Souvent, des choses toutes nouvelles sortent, qu'on n'aurait pas soupçonnées si on était resté sur ses a priori. Chacun a ses propres évidences, son propre vocabulaire, ses filtres, des mots-clés avec un profil particulier.
Je dis ça parce qu'à l'occasion de la crise avec mon doudou, on se réexplique des choses, on ouvre des portes dont on n'avait pas besoin jusque là, on lève une foule de malentendus; et c'est pas fini.

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 13 juillet 2009 à 11h18

ClementineJe dis ça parce qu'à l'occasion de la crise avec mon doudou, on se réexplique des choses, on ouvre des portes dont on n'avait pas besoin jusque là, on lève une foule de malentendus; et c'est pas fini.

Et en général c'est fou le bien que ça fait, hum ? :-)

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LuLutine

le lundi 13 juillet 2009 à 12h14

Il reparle, mais ce n'est pas forcément évident d'aborder les "sujets qui fâchent".
Alors je ne les aborde pas, il en parle au compte-goutte, lorsqu'il en a envie.

J'ai le sentiment c'est une sorte de crise existentielle et je ne suis pas sûre de pouvoir faire quelque chose pour l'aider (à part juste être là, bien sûr, ce que je fais déjà).

Il ne veut plus sortir, il tolère ma présence visiblement, mais il n'a plus envie de voir du monde. Après tout, ça arrive, alors je le laisse tranquille, je lui propose quand même de sortir avec nos amis, mais lorsqu'il répond non, je n'insiste pas.

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(compte clôturé)

le lundi 13 juillet 2009 à 12h16

BenjaminL
Et en général c'est fou le bien que ça fait, hum ? :-)

Oui!

On souffre, lui que je le tienne à distance, moi de devoir en passer par là... mais du coup, d'autres canaux s'ouvrent. Je dois beaucoup le rassurer sur le fait qu'il ne va pas sortir de ma vie, bien que nous ayions déjà traversé des moments de séparation; mais jusque là, à cause de trucs extérieurs, matériels... ce qu'il y a de nouveau cette fois-ci, c'est que c'est la relation-même qui lui semble menacée. Alors que pour moi, le fait de ne pas aborder certains thèmes, tabous à tort ou à raison! était un facteur de surconsommation d'énergie.

On ajuste pas mal de trucs! :-)

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 13 juillet 2009 à 12h47

LuLutine
J'ai le sentiment c'est une sorte de crise existentielle et je ne suis pas sûre de pouvoir faire quelque chose pour l'aider (à part juste être là, bien sûr, ce que je fais déjà).

L'année dernière, j'ai fait baisser une tension de ce genre pour moi-même en allant marcher « seul » pendant un mois dans les Cévennes.
Tu me diras peut-être que c'est l'aboutissement de ce genre d'autisme, mais en même temps non.
La parole n'étant plus obligatoire, ni même demandée par qui que ce soit, elle vient plus spontanément quand elle est possible, et en général d'autant plus facilement avec des inconnus.
Ça m'a d'ailleurs permis de créer ainsi quelques nouveaux liens assez forts avec des personnes que je n'aurais sinon jamais connu. D'ailleurs, j'en ai revu quelques-uns la semaine dernière (et je retourne les voir la semaine prochaine, en plus).

Alors certes, j'admets que maintenant je ne parle pas plus facilement avec les personnes qui réclamaient de la parole de ma part, mais j'y ai gagné en paisibilité, et ça m'a permis de partir peu à peu vers autre chose. Et même s'il y a des hauts et des bas sur ce nouveau chemin… Il y a des trucs que j'ai pu faire sortir de moi, et ça c'est vraiment bien. :)

Au fait, je tiens à rebondir en partie sur ces phrases de Léonidas que j'appuie de toutes mes forces.

Leonidas
Loin de moi l'idée de dire que tu fais juste ou faux, mais je sais que j'ai été très surpris de me voir "sans voix" (ou autiste) face à une partenaire et son mode de communication. Le résultat a en effet été une séparation parce que malgré mes demandes, le mode d'échange verbal n'a pas trouvé son équilibre.

Bref, essaie peut-être de te "regarder" quand tu lui demande de s'exprimer pour voir si tu peux formuler tes demandes d'une autre manière, ou lui dire que c'est important pour toi de savoir ce qu'il pense et lui demander de t'en faire part par écrit p.ex. ... peut-être n'arrive-t-il pas à le sortir par oral ...

De la part des personnes qui ont cherché ma parole (presque toutes en vain, même jusqu'à ce jour), c'est peut-être ce qui m'a le plus bloqué :
* la sensation a priori que ce que je pourrais dire serait mal compris, comme si l'aflux de paroles de l'autre cherchaient à m'imposer ce qu'ils pensent voir en moi. Même s'il faut bien admettre que je ne facilitais pas la tâche, c'est le genre de truc qui m'enlève encore plus l'envie de communiquer : à quoi bon parler, si c'est pour ne pas être compris ?
* quand les paroles ont du mal à sortir, j'ai plusieurs fois pris consciemment sur moi pour trouver un autre mode de communication, ou pour laisser des indices tous cons sur les raisons de mon mal être. Par exemple : quitter mon ordinateur avec une page internet particulière ouverte, laisser traîner en vue un livre un peu particulier, formuler des phrases à triple sens… Et quand je faisais des efforts de ce genre (déjà faramineux de mon point de vue), pour recevoir un commentaire sur le mode « tu ne communiques pas avec moi », ça aussi ça m'enlevait de nouveau l'envie de parler, mais au de hurler « mais putain, j'essaye de communiquer ! ». Oui, c'est un peu injuste, mais… c'est comme ça.

Et puis parfois, il suffit qu'un petit truc dans ce genre soit compris pour ouvrir une grande brêche de parole (qui peut aussi se refermer encore plus vite en cas de boulette, c'est vrai).

Et surtout surtout, il ne faut pas avoir peur ou se sentir gêné par certains longs silences pendant des amorces de conversation. Par exemple, je sais que j'ai du mal à oraliser ce que je pense, et c'est d'autant plus vrai que je tiens à la précision de ce que j'exprime. Cela demande parfois du temps, de tourner et retourner une phrase dans son esprit pour qu'elle corresponde à ce qu'on a exactement en tête.
Si l'autre se met à parler pendant que je suis en train de faire cet exercice, j'ai de nouveau l'impression qu'il cherche à superposer ce qu'il pense sur ce que je veux dire.

Voilou…
J'espère que ces quelques pistes, qui me sont purement personelles, pourront t'aider. :)

Message modifié par son auteur il y a 10 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 13 juillet 2009 à 14h31

Ca c'est très vrai! Le silence n'est pas forcément une non-volonté de parler, mais un moment pour tenter de formuler avec justesse et précaution des choses réellement très sensibles, à vif... donc à haut potentiel d'engueulade.

J'imagine ce que c'est que de se voir "dérangé" pendant ce processus d'accouchement de soi-même, par quelqu'un qui est sur des charbons ardents et angoissé par le silence! J'essaie... car verbaliser n'a jamais été mon problème, mais bien plutôt fermer mon robinet et faire face à mon anxiété.

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zina

le vendredi 19 février 2010 à 09h19

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Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 19 février 2010 à 10h28

Ca me fait penser à un échange un peu standard, en littérature, dans les films, les séries, la vie quotidienne:

"Mais pourquoi tu me l'as pas dit avant?"

"Parce que c'était pas si clair que ça avant maintenant."

Les filles, il paraît qu'on verbalise. Les gars, il paraît que vous intériorisez. C'est pas une règle générale, loin s'en faut. Mais ce qui me paraît assez vrai, c'est que tant que ça reste informulé, ça marne dedans, ça tourmente.

Y'en a des qui causent pour avoir ou être un témoin de leur processus perso pour faire face à un truc difficile, et d'autres qui attendent d'avoir réglé leur problème pour en parler.

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