Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

De la possessivité. Des différentes formes de possessivités. De comment être moins possessif/possessive.

Engagement
#
Profil

artichaut

le samedi 18 juillet 2020 à 19h52

J'ai envie de lancer des pistes de réflexions sur la possessivité. Alors je le fais ici. Je ne sais pas encore où ça va. On verra.
Je n'ai pas trouvé masse de fils, spécifiquement-sur-le-sujet dans les archives du forum, mais n'hésitez pas à m'en indiquer que j'aurais râté.


Je commence par des questions.

- Peux t-on être poly et possessif ?
- Peux t-on être non possessive en amour et possessive dans d'autres domaines (création artistique…) ?
- Peux t-on être non-possessif en amour (ou le prétendre car on se dit "poly") et être possessif dans d'autres domaines (création artistique…) ?
- etc

Que faire de tout ça ? Comment ça se combine ou pas ? Comment c'est contradictoire ou non ? Comment telle possessivité est révélatrice de telle autre ou au contraire comment telle non-possessivité nous aide à l'être moins avec telle autre ? etc

Je suis possessif. C'est grave docteur ?
Je ne suis pas possessive. C'est grave docteur ?

La possessivité est-elle genrée ? Si, oui, comment ?

Comment avez-vous évolué avec dans votre vie ?

Est-il +respectable d'être possessif avec ses enfants qu'avec ses ami·e·s ?

etc


__________
ps : pas envie de surcharger mon texte en "écriture inclusive" classique, alors —comme je fais parfois— j'ai alterné au feeling.

#
Profil

alinea7

le samedi 18 juillet 2020 à 21h03

Chic un sujet de réflexion !
J'aimerais qu'on définisse le mot possessivité et ses symptômes car pour moi c'est un terme poly pour nommer le besoin d'espace opposé au besoin de partage du partenaire.

Possessif pour moi ça serait quand on ne veut pas partager. Je cherche une formulation qui permet de couvrir la possessivité sur les objets et sur les personnes.

Édit : il s'agit en fait sans doute plutôt un désir que d'un besoin d'espace/partage. Ce qui paraît il est la même chose, le besoin étant à l'origine du désir (ce dont je ne suis pas entièrement convaincue mais je n'ai pas trop creusé la question).

Message modifié par son auteur il y a un mois.

#
Profil

artichaut

le dimanche 19 juillet 2020 à 00h43

alinea7
J'aimerais qu'on définisse le mot possessivité et ses symptômes

Oui c'est vrai j'aurais pu définir possessivité.

En voilà deux versions qui me parlent bien, sous formes de paroles chantées :

D'abord un texte mis en musique : Y'a personne à embrasser :


Posséder les gens comme on possède un téléviseur. De quoi se vanter le dimanche soir aux repas de famille avec papa-maman-petite-soeur-chien-chien-et-chat. Vous avez vu mon homme papa-maman vous avez vu je suis plus seul maintenant il est beau et fort je l'aime c'est mon fruit au caramel ça y est maintenant j'ai une existence sociale.
(…)
Y'a personne à embrasser ici. Tout ce qu'ils veulent c'est te posséder.
(…)
Y'a personne à embrasser ici. Y'a personne qui veut librement de ma tendresse et de mon amour. Ils veulent la sécurité de l'emploi. Une proie facile à portée de main. Ne plus faire d'effort.
(…)
Y'a rien à posséder ici bas, oubliez-moi. Embrassez-moi quand vous saurez qui vous êtes.
(…)
Laissez-moi vous offrir ce que j'ai à vous donner. Ça ne vous suffit pas ? Vous en voulez plus ? Je ne vous donnerai rien.

Puis la chanson de Julos Beaucarne chantée par Barbara Dalcantra, Comment puis-je te dire mon amour :


Comment puis-je te dire mon amour
Personne n’est à moi que je sache
Je m’appartiens à certains jours
Quand nul, ni rien ne m’attache

Sinon Le Petit Robert nous dit :

Possessivité
Fait d'être de se montrer possessif.

Possessif, Possessive
1. Gramm. Qui marque une relation d'appartenance, un rapport (de possession de dépendance, etc). Adjectifs possessifs : mon, ton, son.
2. Psychol. Qui s'exerce, agit dans un sens visant à l'appropriation.

Possession
Fait, action de posséder d'être possédé.

Posséder
1. Avoir (qqch.) à sa disposition de façon effective et généralement exclusive (qu'on en soit ou non propriétaire)
4. Obtenir les faveurs de (qqn).
5. Fam. Tromper, duper.
6. Dominer moralement.
8. S'emparer du corps et de l'esprit de (qqn).


Et pour revenir à ce que tu disais,

alinea7
pour moi c'est un terme poly pour nommer le besoin d'espace opposé au besoin de partage du partenaire.

Possessif pour moi ça serait quand on ne veut pas partager. Je cherche une formulation qui permet de couvrir la possessivité sur les objets et sur les personnes.

Édit : il s'agit en fait sans doute plutôt un désir que d'un besoin d'espace/partage. Ce qui paraît il est la même chose, le besoin étant à l'origine du désir (ce dont je ne suis pas entièrement convaincue mais je n'ai pas trop creusé la question).

J'ai le sentiment que la possessivité c'est au delà de la notion de partage, c'est le sentiment que l'autre nous appartient.

Mais si c'est lié à la notion de partage, on pourrais dire, d'un point de vue poly, que c'est un peu le contraire de la compersion.

Quant aux symptômes, là je sèche un peu…

…la jalousie peut-être.
…quoique la jalousie est plutôt le symptôme de blessures personnelles (venant de l'enfance ou de traumas +récents)…

Et derrière tout ça, la possessivité en amour, comme dans d'autres domaines abstraits (création artistique) ou même pour de simples objets… j'y vois surtout la peur de la finitude.

Posséder, voire accumuler les possessions (bonjour les polys multi-relationnels), comme manière de nier que l'on va mourir, …et que tout finira par retourner à la poussière.

#
Profil

artichaut

le dimanche 19 juillet 2020 à 00h51

C'est à dire que quelqu'un qui te dirais « tu m'empêche d'aller voir ailleurs, tu es possessive », tu pourrais lui rétorquer : « tu veux accumuler les relations, tu es possessif ».

Je pense que la possessivité est un truc qui dépasse le fait de se dire "mono" ou "poly", et qui touche justement à un truc +profondément enfoui en nous, en lien avec la peur de la mort.


du coup pour les symptômes je dirais tout autant :
- brimer l'autre dans ses désirs d'autonomie ou de liberté
que
- chercher à accumuler les relations

deux registres différent de la possessivité, peut-être…

#
Profil

alinea7

le vendredi 24 juillet 2020 à 12h45

J'ai envie de creuser l'idée de possession d'objet, ça me paraît plus facile à réfléchir.
Certaines personnes sont plus généreuses / plus prêteuses que d'autres de leurs affaires. J'ai l'impression qu'il y a là une sécurité d'avoir selon son besoin (ou gérer la frustration), et pour le prêt aussi (confiance d'avoir selon son besoin si besoin ou bien confiance de gérer la frustration) et une confiance sur le fait de retrouver l'objet dans un état qui permet d'en reprendre l'usage si besoin (confiance de d'avoir à nouveau selon son besoin dans le futur).

J'ai noté de la possessivité sur de la nourriture par exemple lorsque l'aliment est rare et savoureux et que la personne ne souhaite pas partager : un bon whisky, un bon plat ou un bon dessert au restaurant.

Quid de la transposabilité aux relations ?
Peut-on dire que les personnes possessives ont dans des proportions variables :
- une insécurité à avoir leurs besoins satisfaits (dans le passé ou dans un futur imaginé)
- une difficulté à gérer la frustration (qui peut être en lien justement avec l'insécurité à être de nouveau satisfait dans le futur, ou bien en lien avec des insatisfactions passées)

Évidemment je souhaite tout de suite lever le biais induit : les gens ne sont pas des objets et à la différence du dessert dont les gourmands essaient de s'entendre pour le partager ou non, une personne a son mot à dire sur la question.
Et bien évidemment, si la personne souhaite passer du temps avec une personne plutôt qu'une autre c'est son droit. En revanche, ça peut expliquer des comportements possessifs liée à une frustration : j'avais une ressource qui était d'accord pour combler des besoins avec moi, ce qui comblait des besoins à moi et ça n'est plus le cas ou plus autant, qu'est-ce que je fais avec ? Tu étais d'accord pour ceci ou cela et ça n'est plus le cas, qu'est-ce que je fais avec ? J'avais espéré X et ça se passe différemment, etc.

Après j'ai cru comprendre que pour certains, la possessivité consiste à ne même pas exprimer ces peurs mais imposer à l'autre des comportements de manière à ne pas les ressentir. Et ça je suis d'accord que c'est inacceptable mais d'après moi (je suis incorrigible je n'arrive pas à penser les gens comme intentionnellement toxiques), ça ne fait qu'exprimer une peur qui est tellement intense qu'elle n'est pas gérable. Je pense à un manager en action en particulier (cf extrait du tome 3 "les émotions, enquête et mode d'emploi").

Et donc pour moi la voie vers moins de possessivité envers une personne spécifique c'est la voie vers la connaissance de soi et de la multiplicité des façons de combler nos besoins plutôt qu'avec une seule ressource. Ça peut passer par la non exclusivité ou non.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

#
Profil

Siestacorta

le vendredi 24 juillet 2020 à 13h51

Un point : je crois comme Alinea7 qu'on est au départ plus souvent possessif de la relation comme ressource, et seulement par extension de la personne.
Possessif parce qu'on veut sécuriser et thésauriser la relation, mais pas parce qu'on considère l'autre fondamentalement comme un objet par ailleurs.

Je dis pas que ça rend la possessivité plus innocente.

- d'abord parce que "la relation" peut être vécue sans être quantifiable tout à fait comme l'est une ressource. Et dans la continuité, c'est moyen logique de vouloir posséder une ressource qui de fait, n'existerait pas comme "relation" si on était seul à la vivre ( : on est au moins deux pour qu'elle existe, et matériellement ça n'existe pas nécessairement "qu'à" deux puisque la présence d'un tiers n'empêche pas systématiquement les bénéfices tirés de la ressource relation (on a même l'expérience des cas où c'est au contraire un multiplicateur, comme les bobines avec le courant alternatif))...
- ensuite parce que puisque c'est avec quelqu'un qu'on a la relation, ça va être difficile de pas étendre à l'ensemble de sa personne à l'idée de possession, même si c'est pas l'intention de départ. Cette distinction possessivité de relation/de personne sera difficilement absolue.

Celle-ci permet pourtant de comprendre pourquoi les jaloux de ce genre peuvent ne pas se voir en train de rendre leur partenaire "objet", car ça ne décrit que partiellement ce qui se passe de leur point de vue (souvent, quand ce dernier n'est pas encore pensé). Et on peut pas leur donner complètement tort, il y a bien une question de ressource "locale", qui peut disparaitre (sauf à considérer l'Hamour comme la Force qui est en tout et partout et donc n'a pas besoin d'être incarnée par une personne pour être ressource...).

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

#
Profil

artichaut

le samedi 01 août 2020 à 15h28

Je me suis posé la question @alinea7 de la pertinence de ta comparaison à la nourriture

alinea7
J'ai noté de la possessivité sur de la nourriture par exemple lorsque l'aliment est rare et savoureux et que la personne ne souhaite pas partager : un bon whisky, un bon plat ou un bon dessert au restaurant.

Car contrairement à un objet qui peut se partager et se retrouver dans le même état ("qui en permet l'usage"), la nourriture si elle est partagée est perdue à jamais (ou échangée contre autres chose : un merci, de la reconnaissance, de l'auto-satisfaction, etc).

Idem pour une personne —si l'on s'autorise une vision utilitariste des personnes— que l'on retrouve "à l'identique" et avec l'on peut repartager les même choses.

Et je pense que @Siestacorta a raison de parler de ressources (comme par ex, la ressource temps disponible de la personne).

Du coup la possessivité serait non-pas considérer l'autre comme un objet (ou pas nécessairement) mais comme un réservoir à ressources. (Ce qui reste une vision très utilitariste des relations).

Je relationne avec toi pour obtenir des ressources : du temps, de l'attention, de l'amour, du sexe, de la tendresse, de la valorisation, des cadeaux…

Et en effet la question de la non-exclusivité n'est pas déterminante.
Certes la non-exclusivité permet de ne pas chercher toutes les ressources dont on a "besoin" pour vivre, chez la même personne, mais ce peut-être aussi un piège, et une course sans fin vers l'accumulation/possession de toujours+ de nouvelle ressources.

A la base de tout ça, il y a donc comme tu dis @alinea7 l'insécurité et la frustration, ainsi que les peurs tellement intenses qu'elle ne sont pas gérables.

Bon sur les peurs "tellement intenses qu'elle ne sont pas gérable", je trouve que parfois y'a chez certains un laxisme, une non-volonté de bouger (sortir de sa zone de confort), un refus de quitter sa position ultra-privilégié, assez patente. Mais soite, tout n'est pas conscient et malhonnête..

Moi ce qui m'a aidé c'est de faire la différence entre les besoins et les attentes.
Les besoins sont ce qui m'appartient. Les attentes ce que je fais porter sur l'autre, dont je me décharge, qui me fait mettre la pression sur les autres et déplacer la charge relationnelle sur elles/eux.

Comment remplir ses besoins (et sécuriser ses peurs, gérer ses frustrations) sans reporter d'attentes sur l'autre (les autres) ? Vaste question.
Surtout en milieu capitaliste, où l'accumulation de ressources, puis la surprotection de ces dites-ressources, nous est présenté comme la seule voie viable.

Le mariage monogame en est une (avec l'adultère en option, surtout pour les hommes). Les relations poly-hiérarchiques aussi (je sécurise ma relation principale puis je cours en chercher d'autres ! …comme avec l'adultère, mais ça fonctionne aussi pour les femmes ce coup-ci). L'amour libre ou l'anarchie relationnelle ne font guère mieux, avec leur poursuite incessante de toujours +de relations.

Mais tout ça n'est-il pas une fuite sans fin ? Pour tant bien que mal, gérer la frustration alimentée en nous par le capitalisme ? Et elle même ne serait là que pour dissimuler notre condition de mortel·le·s ?

Notre peur de mourir (en tant que personne et en tant que civilisation) est t-elle tellement intense, qu'elle n'est pas gérable ? …et qui nous ferait avoir des comportements possessifs (pour ne pas dire pire) ?

#
Profil

artichaut

le samedi 01 août 2020 à 15h58

Mais comme on va pas résoudre d'un claquement de doigt la peur de la mort —que des siècles de religions et de capitalisme n'ont pas réussies à endiguer— on peut se demander comment avancer pas à pas vers un peu +de sécurité affective et un peu moins de possessivité.

Je pense qu'en effet il y a, comme tu dis @alinea7, une dimension individuelle (la connaissance de soi et de la multiplicité des façons de combler nos besoins) et que le développement personnel cherche à questionner, …mais je pense qu'il y a aussi des choses collectives à inventer.

#
Profil

alinea7

le samedi 01 août 2020 à 23h32

Utilitarisme : L’utilitarisme est une doctrine en philosophie politique ou en éthique sociale qui prescrit d'agir de manière à maximiser le bien-être collectif, entendu comme la somme ou la moyenne de bien-être de l'ensemble des êtres sensibles et affectés.
Je ne pense pas que c'est à cette définition que tu faisais référence ? Je le perçois comme le fait d'utiliser les gens comme des pions, sans affect. Quelle serait ta définition ?

Sur ce sujet en tout cas, c'est peut-être cynique, je ne sais pas, je ne crois pas à l'inutilité, à la gratuité totale. Même dans l'abnégation, on trouve quelque chose. De l'estime de soi, par exemple.
C'est peut-être un défaut de ma part, ou l'influence d'Henri Laborit(cf Éloge de la fuite), je considère que le but d'un être vivant, c'est l'homéostasie. A la limite on peut pousser le concept jusqu'à penser que le but d'un être vivant c'est la réalisation de son plein potentiel. Ou répondre aux angoisses existentielles que sont la mort et la solitude. Ou encore d'autres besoins mais qui répondent encore à ces quêtes existentielles. Et quelle que soit la finalité, il y a ce qui nous en rapproche et ce qui nous en écarte. Ce qui nous sort de l'indifférence agit sur nous selon ces prismes. Et donc répond à une utilité.
Pas que les personnes ou les gens nous doivent de nous être utiles ou que ce soit une démarche consciente, mais parce que nous sommes attirés par ceux qui nous apportent quelque chose.

Et je crois que même si les personnes ne sont pas des consommables, il peut y avoir un doute plus ou moins important sur la pérennité de ce qu'elles nous apportent lorsqu'une nouvelle personne prend beaucoup d'importance. Les gens changent, les envies aussi, les relations.
(et ça n'implique pas nécessairement qu'on ait un droit de regard, de contrôle, le besoin d'être rassuré ne donne pas de droits sur autrui).

Je te rejoins sur l'angoisse de la mort.

Elle peut bien être mal gérée depuis que la spiritualité recule au profit du capitalisme (mais bon la spiritualité lui a aussi longtemps servi de couverture), et du consumérisme.

Je crois aussi qu'il y aurait des solutions collectives à inventer, je trouve que ça manque.

Pour ce qui est de sécuriser sur les besoins affectifs, je ne vois pas trop comment, c'est vraiment LE truc qui ne peut pas vraiment se contrôler. Si ? Peut-être que si.

#
Profil

artichaut

le dimanche 02 août 2020 à 01h50

alinea7
Utilitarisme : L’utilitarisme est une doctrine en philosophie politique ou en éthique sociale qui prescrit d'agir de manière à maximiser le bien-être collectif, entendu comme la somme ou la moyenne de bien-être de l'ensemble des êtres sensibles et affectés.

La suite de la citation dit :

Autrement dit, le choix utilitariste se fera en faveur d'une quantité « 100 » de bien-être distribuée à 50 % d'une population, plutôt qu'une quantité « 90 » de bien-être distribué à 60 % de cette même population.

Étrange manière de concevoir le fait de "maximiser le bien-être collectif".

J'entend par vision utilitariste, le fait de prendre en considération (consciemment ou inconsciemment) en priorité ce que peut nous apporter la personne, plutôt que de considérer l'autre comme un être à part entière. C'est à dire ne prendre en compte qu'une toute petite partie de la personne, et plutôt ce qu'elle génère en nous, plutôt que ce qu'elle est, ce qu'elle veut, etc.
Exemple : je suis en relation avec telle personne car elle m'offre du sexe et me dit qu'elle aime.
Mais au fait, elle elle veut quoi ? Suis-je certain qu'elle à envie de ça avec moi (est-ce un vrai fuck yes ! ?) ? qu'est-ce que je lui apporte moi ? Pourquoi sommes-nous en relation ? …peuvent vite devenir des questions secondaires.
Et si je me met soudain à ne plu l'aimer juste parce qu'elle cesse de m'offrir du sexe et de me dire qu'elle aime… est-ce que je l'aimais vraiment elle, ou juste j'aimais ce qu'elle me donnait ?
Mon bonheur est-il +important que le sien ? Puis être heureux si elle est malheureuse ? Puis-je ne pas me réjouir qu'elle soit heureuse ? etc.

#
Profil

artichaut

le dimanche 02 août 2020 à 02h13

alinea7
Pour ce qui est de sécuriser sur les besoins affectifs, je ne vois pas trop comment, c'est vraiment LE truc qui ne peut pas vraiment se contrôler. Si ?

Se contrôler, je ne sais pas. mais je dirais que ça se travaille. Seul·e et à plusieurs.

C'est parlant par exemple que tu cites la mort et la solitude comme angoisses existentielles.
La mort soite (même si on trouvera toujours des personnes que ça rassure, ou qui sont en paix avec ça) mais la solitude, en revanche me semble une donnée partagée de manière très variée.
J'ai par exemple, depuis toujours, un profond besoin de solitude. Je passe +de temps avec moi-même qu'avec tous les autres réunis. Mais peut-être entends tu par "solitude" la solitude totale et surtout non-choisie ?

Perso je vois plutôt la solitude comme une des manières de sécuriser nos besoins affectifs, justement.

Les autres manières allant chercher du côté de l'interaction, donc du collectif : se rassurer ensemble, etc.

C'est quoi mes besoins affectifs réels ? Recevoir de l'amour dans un langage que je comprends. Et aussi en donner et que ce soit accepté.

Du coup m'en donner à moi-même, relationner avec plusieurs personnes qui m'en donnent (ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier). Relationner avec plusieurs personnes à qui j'en donne (pas forcément les mêmes que celles qui m'en donnent). Apprendre à donner/recevoir de l'amour de manière minime et pas nécessairement dans la durée. Apprendre à gérer mes frustrations. etc.

Pour le coup le axer sur le "Relationner avec plusieurs personnes à qui j'en donne" m'a permis tout à la fois, d'être en contact avec de l'amour (même si je ne fais que le donner) et quand même de +en recevoir (car quand on en donne ça se diffuse et parfois ça reviens dans l'autre sens).

Après oui, rien n'est "sécurisé". C'est un travail permanent. Comme de manger et respirer. Ou plutôt comme de faire à manger.
Peut-être même qu'on voudrait que l'amour et la satisfaction de nos besoins affectifs soient comme de "respirer" (ça a pu être ça pendant notre enfance) alors que c'est plutôt comme "faire à manger" : pour manger il faut faire à manger, et même un peu+ (faire les courses, ou faire pousser ses légumes, etc).

Nourrir (et non pas sécuriser) ses besoins affectifs est un travail de tous les jours.

#
Profil

artichaut

le dimanche 02 août 2020 à 02h15

et ça me renvoie à ce que tu disais sur

partager : un bon whisky, un bon plat ou un bon dessert

Beaucoup cherchent à se nourrir. Mais combien cherchent à partager ?

Et combien donne quand ils ont peu ?

(et je ne dis pas que moi-même je le fais… je suis plutôt très possessif sur les objets, moyennement sur les ressources, mais beaucoup moins sur les personnes)

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion