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Polysexuel.le ? Je fais souffrir l'amour de ma vie

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Oliiiv

le mardi 21 avril 2020 à 01h04

Bonjour à tou.te.s !

Alors voilà,
Je suis en couple lesbien (perso je suis afab non binaire et ma chérie est une femme cis).
Nous sommes ensemble depuis 5 ans et vivons ensemble depuis 2 ans.

Je suis dingue de ma femme, je l'aime comme je n'ai jamais aimé personne et nous avons des projets ensemble (mariage, bébé...). Il a toujours été clair que nous étions un couple monogame et monoamoureux.

Depuis quelques temps je me sens malheureux.se car j'ai des pulsions sexuelles envers d'autres personnes. Pas forcément une personne en particulier, mais je sens bien que je m’intéresse physiquement à d'autres femmes, même si j'ai toujours envie de ma chérie. C'est peut-être d'autant plus prégnant que elle et moi ne faisons plus beaucoup l'amour, et ce depuis au moins un an. Elle prend un traitement pour son endométriose qui la «  coupe » beaucoup sexuellement. Et de mon côté j'avoue avoir parfois moins envie d'elle qu'à nos débuts (mais j'imagine que c'est normal, et j'ai quand même envie ! Mais hors de question de lui mettre la pression)

Bref, il y a 2 semaines, je lui ai dit que j'étais peut-être «  polysexuel.le » (??) et que j'avais des envies de pouvoir «  coucher ailleurs » si l'occasion se présentait. Il m'a fallu beaucoup de courage pour lui dire ça. De son côté elle m'a toujours dit que le pire pour elle dans un couple, c'était le mensonge. Moi, je sais qu'un jour, je risque de succomber à la «  tentation ». Car selon moi, penser qu'un couple peut durer toute une vie sans qu'il y aie des envies d'aller «  voir ailleurs » ne serait-ce que sexuellement, c'est illusoire. Mais hors de question pour moi de lui mentir et de la tromper un jour. Je dis «  tromper » car si je fais quelque chose sans lui dire, sans qu'elle le sache, tout en sachant pertinemment qu'elle serait contre, pour moi, c'est là qu'il y a tromperie, et je ne veux pas.

Bref, je lui ai dit ça, et ça a été très dur. Elle a dit ne pas être fermée à ce qu'on «  construise ça en couple » mais que c'était un déchirement pour elle de comprendre qu'elle ne serait jamais «  la seule ». Par la suite elle a beaucoup pleuré cette nuit-là, elle sanglotait «  pourquoi tu ne m'aimes pas ? Pourquoi je ne te suffit pas ? ». C'était affreux, car je l'aime tellement !!

Le lendemain matin, j'étais tellement mal que je suis revenu.e sur ce que j'avais dit : que même si j'avais des fantasmes, je ne voulais pas les acter, etc... Elle a été soulagée, mais toujours très secouée. Moi pareil.
Juste après ça, nous avons fais l'amour deux soirs d’affilé et c'était merveilleux ! Bien que maladroit d'un côté comme de l'autre car nous ne savions plus trop «  comment faire » peut-être (?). Mais merveilleux. J'avais peur qu'elle se soit forcée, elle m'a juré que non.

Bref, même si je sentais bien que le «  problème » n'était pas réglé, je me suis dit «  c’est mieux comme ça, c'est plus cohérent, nous avons des projets, je l'aime, je ne veux pas mettre tout ça en péril ...»

Finalement, il y a 3 jours, j'ai senti qu'elle me «  poussait » en posant des questions appuyées sur mes fameuses envies d'ailleurs, sur ce que je lui avais dit deux semaines plus tôt, etc... comme si elle voulait tester ma parole. Et j'ai craqué, je suis à nouveau revenu.e sur mes paroles, j'ai redit que oui, j'avais parfois vraiment envie de coucher avec d'autres filles. Que je ne cherchais personne, qu'il n'y avait personne en particulier mais que ça pouvait m'arriver d'avoir vraiment envie à l'occasion même si je ne l'avais jamais jamais fait.

C'est très compliqué tout ça. J'aime ma chérie, à la folie, jusqu'au soleil aller-retour, mais ne souhaitant pas lui mentir, j'ai préféré parlé de ces envies...
Elle me redit qu'elle n'est «  pas fermée » mais elle pleure beaucoup, me répète sans cesse «  ne me mens jamais, je veux tout savoir AVANT qu'il se passe quoi que ce soit » etc... Souvent elle dit qu'elle pense que je ne l'aime plus vraiment, qu'elle a peur que je finisse par m'en aller, que peut-être je n'ose pas simplement pas rompre...

Mais je l'aime tellement ! Je souffre tellement de la faire souffrir, je me dis que je suis une connasse qui veut le beurre et l'argent du beurre, que je ferais mieux de la quitter pour lui permettre de vivre une autre vie avec quelqu'un qui saura la rendre vraiment heureuse puisque moi je lui fais tant de mal... Mais je l'aime tellement !

Avez vous des conseils à me donner ?? Je suis perdu.e, j'ai mal de voir mon amoureuse si malheureuse, je me sens coupable...
Mais je sais aussi qu'à long terme, je ne serai pas capable de ne pas avoir de relations charnelles ailleurs...et je ne veux pas lui cacher des choses, la tromper, la flouer, car ce serait une trahison...

Je ne me sens pas polyamoureux.se, je ne pense pas avoir un cœur assez grand pour ça et je ne pense pas pouvoir aimer autant quelqu'un que comme j'aime ma femme. Mais la «  nature » me rattrape et j'ai des envies sexuelles prégnantes et réelles avec d'autres...
Peut-être suis-je «  polysexuel.e », je ne sais pas comment dire, mais je ne sais plus quoi faire pour redonner de la confiance et du bonheur à l'amour de ma vie.. Pardon pour le pavé...

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Lollipop

le mardi 21 avril 2020 à 21h26

Je peux juste te dire que ton "aveu" est une magnifique preuve de respect. Une preuve de ton amour pour elle. Outre l'épreuve qui vous lié dans ce projet d'enfant, tu abordes avec elle la complexité des envies d'ailleurs. Cela en respectant ce qu'est la vraie fidélité. Au sens étymologique du terme c'est à dire la confiance.
Ce qui me touche dans ton témoignage c'est que tu ne cherches pas don approbation. Ou encore à alléger ta conscience. Non, on sent bien que tu es dans une démarche de partage et je te dis bravo.
Pour moi aussi je pense qu'il est quasi impossible de vivre une histoire sans envie d'ailleurs. Cela ne veulent pas dire que nous avons une totale liberté. La nuance est d'importance.
Je vous souhaite à tous les deux encore beaucoup de bonheur. Il y en aura grâce à la confiance mutuelle et à l'amour que vous vous portez.

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Siestacorta

le mercredi 22 avril 2020 à 14h55

Tu as déjà fait un grand pas... Et c'est du courage.
Et j'entends bien ta peine d'avoir fait du mal, et ta recherche.
Mais il en re-faut, du courage avant de tomber sur quelque chose que tu assumes.

Il y a deux aspect à la "trahison" :
- mentir, effecticement, tu évites.
- changer le fond de votre accord de relation sans qu'il y ait de nouvel accord... Le faire après avoir informé, mais contre le consentement de l'autre.

J'aimerais bien te dire que tant qu'à faire, préfère l'adultère. En pratique, c'est moins risqué, et mieux accepté (on peut réparer, refaire, réparer, recommencer... Les gens font ça tout le temps. Les mecs, beaucoup.) Je dis ça avec acidité, mais si tu veux calculer le moins impossible, entre

1) "dire et faire sans consentement" et
2) "faire et cacher",
alors calcule.
C'est cynique dans les deux cas, mais dans un des deux, tu passera moins de temps à gérer les conséquences... Même si ça la souffrance ira jusqu'au level 1000 si elle advient (plus d'une chance sur deux, surtout si t'es nul en menterie).

Je dis ça parce que le "non mais mentir je veux pas MAIS je peux pas m'empêcher d'aller vers quelque chose qu'on m'obliiiige à cacher", ça mène à "j'ai fini par mentir parce que personne me comprend ouin-ouin-ouin, j'ai dis la vérité donc après j'ai fait tout ce que j'ai pu c'est plus mon affaire".

Donc, pour tes attirances, il y a trois solutions qui ont des chances, à court ou long terme, de réduire les dégâts (mais dans l'absolu, ne pas faire de peine, avec des décisions importantes qui ne sont pas spontanées chez l'autre, c'est presque impossible), à toi de voir ce que tu peux vivre :

3) rester dans votre contrat de départ. Tu dis bien que c'est pas ton trip, mais si tu peux faire ce choix sans le transformer en rancune envers ton amoureuse, prend ton tenga et tes kleenex, et go.
4) construire un cadre non-exclusif consenti. Essayer. Lentement. Avec beaucoup de dialogue, souvent plus de dialogue que de temps passé à vivre le sujet du dialogue. Accepter que ça peut quand même finir sur 3). Si ça n'est pas acceptable, après plein d'efforts et trop de souffrance pour les deux
5) arrêter, rompre, si entre l'importance de tes besoins et celle de la relation l'équilibre est trop précaire pour tenir. "nan mais je l'aime trop je veux pas quitter". Oui ben tu peux l'aimer beaucoup au point de pas vouloir la faire souffrir avec ce que tu es, aussi. Oui, elle aussi pourrait se faire ce raisonnement, c'est donc un concours entre qui est capable de quoi par altruisme, et donc ça sert à rien de dire que l'autre l'est pas autant que nous.

Je te présente volontairement l'aspect désagréable de tous ces choix, parce que "ne pas mentir" est juste le début du taf, et annoncer à l'amoreux.se une intention qu'on ne prend pas en charge (un jour, sans doute bientôt, toi tu fais comme tu veux, mais j'élèverai un troupeau de lamas dans un coin reculé du Pérou. J'ai besoin de faire ça dans ma vie. C'est la Vérité. Deal with it), c'est effectivement qu'un début de moyen de bien faire.

(et aussi mon ton un peu désagréable, c'est pas ta faute, mais certains accents de discours reviennent souvent, donc : aujourd'hui tu tombes pas sur le Siesta le plus zen possible, désolé, la charge ne va pas spécialement sur toi que je connais pas e qui es certainement blindé de qualités, mais plus sur un mode de pensée... j'espère que ça aidera, quand même, au fond, même si ça pique)

Par contre, un truc vrai, c'est que la souffrance de ton amoureuse... est la sienne. Elle peut pas décider de pas l'avoir, mais elle a sa propre responsabilité et ses propres décisions. Rester dans la souffrance, c'est pas une faute de personne, mais quand on a des choix, même pénibles, c'est une responsabilité. Elle a donc la sienne.

Pour revenir à la tienne : tu as une responsabilité envers elle, non pas parce qu'elle est une personne capable de souffrir de tes penchants et décisions (parce que si ça se trouve elle pourrait souffrir que t'adore les chats et qu'elle les pifre pas, pour prendre un exemple de choix sur lequel on pense pas en termes tragiques), mais comme personne avec qui tu as construit une relation où il y a prise en compte de l'autre.
Là, oui, les décisions dont je parle sont pas faciles, mais tu peux pas bien économiser d'y réfléchir...

Message modifié par son auteur il y a 5 mois.

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Oliiiv

le jeudi 23 avril 2020 à 23h46

Bonsoir,
Merci pour vos réponses!

L'idée serait de construire ça sur la base d'un accord commun, sachant que pour le moment, et même si elle dit "je ne suis pas fermée" elle n'en a pas envie...
J'essaie au jour le jour de la rassurer, de lui montrer à quel point je l'aime et je pense que j'y arrive pas trop mal... mais c'est bancal à mon avis, précaire. Je ne sais pas comment la rassurer car sa plus grande peur est qu'un jour je cesse de l'aimer et que je m'en aille.... J'imagine que ça prendra du temps pour qu'elle reprenne confiance en mon amour, sachant que, n'ayant de base pas du tout confiance en elle, elle a toujours eu la crainte, dans un coin de sa tête, que je cesse de l'aimer, comme si elle "n'en valait pas le coup"... Cet aveu ébranle donc le très peu de certitudes qu'elle avait...

Je précise aussi que notre histoire est d'autant plus forte et puissante que nous avons traversé de lourdes épreuves ensemble: j'avais une grande sœur polyhandicapée qui a eu un cancer des ovaires et est décédée le 30 décembre dernier à l'âge de 36 ans, après plus d'un an de maladie. Mon amoureuse a été forte, présente malgré ses maladresses, et s'est parfois "oublié elle-même" pour me soutenir.
Mais du coup, j'ai d'autant plus de mal à la voir souffrir comme ça à cause de moi, quand je me rappelle à quel point elle a été formidable et tout ce qu'elle a enduré à mes côtés.

Siesta, comme je le dis, l"idée serait d'arriver à la solution numéro 4, mais je pense que ça prendra du temps...et si je constate que ça ne marche pas car elle le vit trop mal, alors j'envisagerais de m'en tenir à une solution numéro 3...mais j'ai peur qu'avec un 3, à terme, j'en arrive à faire un 2... Et ce n'est vraiment pas ce que je veux faire car je crois que si elle l'apprenait ça lui ferait encore plus de mal...

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Lenah

le vendredi 24 avril 2020 à 23h54

Bonsoir, avoir envie de plusieurs autres personnes quand on est dans une relation sans sexe depuis un an et même tout simplement quand on est dans une relation depuis un bout de temps, c'est quelque chose de très normal.... Ça ne fait pas de toi quelqu'un de polysexuel. Je trouve souvent les étiquettes pratiques mais assez réductrices, y compris d'ailleurs polyamoureux et monogame. Mais ce n'est pas le sujet. Accepterais-tu que ta compagne ait également des relations sexuelles avec d'autres personnes ? J'ai lu tellement l'expériences négatives de relation mono- poly que j'ai l'impression que l'ouverture d'un couple ne fonctionne vraiment que lorsqu'elle est partagée. Tu as peur de craquer : je pense qu'on peut résister à une envie pour quelqu'un d'autre. Il n'y a pas de nature qui nous contraigne, je n'y crois pas un instant tout est une question de liberté. Je pense que tu n'as pas à culpabiliser, effectivement ton corps n'appartient qu'à toi-même. En revanche si tu décides d'aller voir ailleurs, il serait malhonnête de ne pas le dire à ta compagne et il est possible que tu la perdes. Mais elle est là aussi la non possessivité : ta compagne ne possède pas ta sexualité mais tu ne possèdes pas non plus sa façon d'envisager le couple. Si elle préfère un couple exclusif c'est son droit. C'est pourquoi je te conseillerais de faire tout cela par étape. Courage !

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