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Je suis polyamoureuse mais je ne veux pas l'être

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anonyme123456789 (invité)

le lundi 26 avril 2021 à 23h01

Bonjour

Cela fait un moment que j'y pense et je crois que je suis poly amoureuse. Mais le problème c'est que ça me fait plus de mal qu'autre chose. Je suis quasiment sure que je le suis mais je n'en ai pas envie c'est étrange. Je suis une fille bisexuelle (et poly demandez moi de faire un choix dans ma vie :')) en couple avec un garçon depuis presque deux ans. Tout se passe actuellement magnifiquement bien. Mais il y a environ 6 mois nous nous sommes séparés à la suite d'un épreuve compliquée car nous avions besoin de souffler. Et pendant notre séparation j'ai fréquenté quelqu'un d'autre, dont je suis tombée amoureuse. Mais ce n'étais pas réciproque et il m'a fait beaucoup souffrir. Puis je me suis remise avec mon copain et tout allait bien. Mais ça fait 4 mois et je pense toujours à l'autre garçon, je suis toujours amoureuse de lui et ça me fait énormément de mal sachant que je suis aussi énormément amoureuse de mon copain. Cela m'est déjà arrivé d'être amoureuse de plusieurs personnes (2-3) à la fois sans "m'avouer" que j'étais poly amoureuse. Mais aujourd'hui je ne sais pas quoi faire, j'aimerais oublier cet ancien garçon pour profiter pleinement de ma relation actuelle. J'aimerais des conseils par rapport à ma situation, s'il vous plaît, car je garde ça pour moi depuis des mois et je suis totalement perdue...

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fredou (invité)

le mardi 27 avril 2021 à 12h27

Bonjour. Je ne suis sans doute pas le plus expérimenté en polyamour mais je ne peux que te conseiller de te confier a quelqu'un. Si ça ne peut pas etre ton compagnon actuel il te faut absolument trouver une oreille compatissante a qui parler de l'autre garçon. Ce qui est sur c'est plus il va tourner dans ta tete en secret et plus il va t'obséder et te rendre la vie impossible. Si je peux essayer de te rassure d'ailleurs tu n'est pas vraiment amoureuse de l'autre garçon a mon avis (sinon tu ne dirai pas qu'il t'as fait souffrir affreusement) tu es attiré et obsédé par lui. Celui dont tu es certainement amoureuse c'est ton copain actuel. Je sais que les gens mettent le mot "amour" derrière pleins de choses différentes mais j'arrive généralement à faire admettre aux gens que le mot amour devrait uniquement etre mis derriere des sentiments positifs. Si tu as besoin de parler n'hesite pas a relancer ce fil de discussion

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bonheur

le mardi 27 avril 2021 à 15h02

Bonjour @anonyme123456789,

L'amour est une émotion, un ressenti et seule la personne qui éprouve sait. En revanche, le polyamour se "débarrasse" des cachoteries, secrets... Et c'est sans doute ce qui te mine (peut-être ?).

Ton amour non "officiel" est ce qu'il est. Je ne pense pas que l'amour offre uniquement du bonheur. On peut souffrir, affreusement, par amour. Je dirai surtout si l'amour est présent. Pour moi, et je peux me tromper, la souffrance engendrée par l'amour est un excellent baromètre sentimental. Après, il y a le système cognitif et il peut se nourrir de ce que l'on n'a pas. D'ailleurs, avec ton premier amour vous avez fait une pause, le mot séparation est même indiqué. Pour ma part, dans les épreuves, j'ai encore plus besoin de mes amours, de leur soutien. Autrement dit, si on part du principe que l'amour n'est que facilité, alors tu n'aimes ni l'un ni l'autre.

Ceci dit, ne laisse personne supposé de ce que tu éprouves. Qui es-tu @fredou, pour mettre l'étiquette amour, là où toi tu l'impose ? Les sentiments sont une succession d'émotions et varient, tous comme les émotions. Dans le cas où un amoureux me place dans une situation où je me sens dans un état qualifié de négatif, alors je cesse de l'aimer ? J'invite à la réflexion.

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FraisDoux

le mercredi 28 avril 2021 à 09h22

Désolé si j'ai été trop direct. Je ne faisais que proposer ma définition du mot amour, comme un dictionnaire, qui m'a aidé personnellement à mettre de l'ordre dans ma situation. Si ma définition ne vous convient pas il faut ouvrir un autre dictionnaire. C'est de toute façon pareil pour tous les mots de la langue française mais le mot amour est l'un de ceux qui est le plus galvaudé et qui porte le plus le poids de la société judeo-chretienne. Je sais qu'on pourrait penser que mettre des mots sur les emotions ne changera pas les emotions mais je crois qu'au contraire mettre des mots est beaucoup plus important qu'on ne croit (en tout cas pour moi).

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bonheur

le mercredi 28 avril 2021 à 10h49

FraisDoux
... mettre des mots est beaucoup plus important qu'on ne croit...

Oui, je crois aussi qu'il faut savoir mettre des mots sur ses émotions. Faire attention de ne pas qualifier les émotions des autres. C'est ce point que je voulais énoncé.

Il a déjà été ici question du sens du mot amour, à maintes reprises. Et oui, il a un sens différent à chaque fois qu'on le ressent. Pour moi, l'amour ne revêt jamais la même forme. Chaque instant est différent. Dans mes "constantes" il y a la finalité d'une évidence. Cette société judéo-chrétienne justement, avait réussi à me faire avoir des œillères, celle du mariage. Et un jour, parce que ce jour devait arrivé (mon passé avait des prémices), j'ai été dans cette situation de cette évidence que j'étais amoureuse d'un tiers, tout en étant toujours amoureuse à n'en pas douter, de mon mari (que je nomme aujourd'hui "chéri de vie").

Ce tiers a rejeté mon amour et j'en ai affreusement souffert. D'où ma compréhension des propos de @anonyme123456789. Moi qui avait mis en péril ma relation historique, juste pour lui dire mon amour, me retrouvait dans cette souffrance du rejet. L'amour non partagé est une souffrance et en plus si des petits cons de service découvrent les faits, la femme que je suis à endosser le rôle de la salope et a été montrée du doigt. A 40 ans, j'en ai un peu eu rien à foutre de cela, mais c'est venu malgré tout accentuer la souffrance du rejet.

J'ignore s'il a voulu fuir une situation compliquée ou alors s'il ne m'aimait pas, alors que nous étions extrêmement proche auparavant. La question n'est pas là, la souffrance était en moi et j'étais désemparée. J'ai ce bonheur d'avoir un chéri de vie merveilleux. Il a très mal accusé le coup, lui aussi, pourtant il a compris ma souffrance et a été présent pour moi, malgré ce qu'il vivait. Il faut dire j'étais aussi là pour lui, bien que j'étais très mal et que j'étais à l'origine de ce que l'on aurait pu qualifier sur l'instant de gâchis.

C'était en 2007, et aujourd'hui je sais qu'au contraire ce fut la meilleure des décisions de ma vie. J'ai tombé les œillères. Le mot mariage n'a plus de sens, en tout cas pas celui (mot du dictionnaire et de la législation) de la société française, et ni lui ni moi ne portons désormais d'alliances. Seul l'amour nous offre, et non les dictats. On peut s'en défaire, avec le temps.

fredou
... tu es attiré et obsédé par lui.

L'attraction survient d'elle-même. Je doute qu'elle soit voulue. Quelque soit le rapprochement, il existe. Rien de malsain que deux individus se rapprochent, bien au contraire. L'obsession vient peut-être du fait que l'incompréhension existe. Etre rejeté est une chose, ne pas savoir pourquoi en est une autre. L'absence de communication est vraiment invivable, surtout si l'on désire comprendre, savoir. Je ne dis pas que c'est le cas d'anonyme. Si c'est le cas, je comprends sa réaction. Moi, j'ai fait mon deuil, après coup, de ce que je ne vivrai jamais avec cet homme. Si je pense à lui, aujourd'hui je souris, face finalement ce merveilleux que j'ai partagé avec lui. Je conserve cet amour, cette tendresse, la beauté des souvenirs. Je prends cette "mésaventure" comme un cadeau de la vie. Je suis sortie des stéréotypes et suis enfin moi. Une libération, dans la douleur initiale, avec cette chance d'en sortir grandie et mon chéri aussi.

La souffrance n'est pas négative. Elle engendre des émotions qui sont à vivre. Là encore, c'est la société qui qualifie les émotions de "positives" ou "négatives". Une émotion est... à vivre !
C'est ma philosophie en tout cas. Une émotion est fluctuante. Elle peut revenir, régulièrement parfois. Une émotion qui s'installe n'est plus une émotion. On en revient à l'obsession.

Je crois, mais ce n'est que ma réflexion avec le peu de mots d'anonyme, que la souffrance vient aussi de la difficulté d'aborder le polyamour avec son compagnon de vie. Car la situation, et je crois que anonyme en est consciente, resurgira. Le passé, le présent et l'avenir. Si elle doit prendre un nouveau départ avec son compagnon, la franchise, l'honnêteté, la sincérité et l'authentique de ce qu'elle ressent intérieurement (polyamour) est soit discuté, soit dissimulé pour toujours. La question, flou peut-être, est-elle dois-je caché ou exprimé ?

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FraisDoux

le mercredi 28 avril 2021 à 11h25

Merci bonheur pour ta longue réponse. Ton point de vue ressemble à celui de ma "cherie de vie" sur la positivité des émotions mais dans l'empathie avec une personne qui éprouve des sentiments négatifs je ne peux qu'aller dans le même sens qu'elle. Si plus tard, cette personne retourne le sentiment pour lui trouver un aspect constructeur c'est super et je ne peux etre qu'admiratif mais sur le coup la personne qui souffre a peut-etre plus besoin d'empathie qu'un discours sur les bénéfices futures (meme si c'est la vérité). Je suis à 200% sur la franchise et l'honnêteté et je dirai même que c'est ce qui a sauvé mon couple et la famille mais il doit y avoir un bon moment pour cela. Pas sur que nous soyons capable de capter quand ce bon moment est là mais la bonne stratégie n'est pas forcement de tout réveler tout de suite. Au debut j'en ai voulu a mon compagne de vie de m'avoir cacher ses autres relations avant que nous basculions dans le poly mais aujourd'hui je comprends que je n'etais pas forcément prêt à entendre ses besoins à elle.

Pour ce qui est de la souffrance du rejet je l'ai aussi éprouvé. En fait c'est meme plutot la norme chez moi et avoir été accepté par ma chérie de vie est le plus beau cadeau que la vie m'ait fait. Pour m'en sortir j'ai du mettre des mots et des cases sur ces attirances non réciproques qui ont jalonnées ma vie. Si aujourd'hui je me sens à nouveau pret à m'ouvrir à d'autres filles c'est surtout parceque je sais que ma cherie de vie sera là pour me ramasser à la petite cuiller (ou pas si ca marche ;-). Mais pour en arriver la il y a eu des heures et des heures de discussion sinceres avec elle pour savoir ou j'en etais.

Fredou .homme cis en reconstruction

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bonheur

le mercredi 28 avril 2021 à 12h18

Je te répondrai volontiers ici, sauf qu'un forum n'est pas fait pour les discussions personnelles entre deux personnes. En réponse "générale", je dis souvent qu'une transition prend le temps nécessaire. Que ce soit d'ordre sociétal version coming out, que ce soit professionnel... Il faut laisser le temps au temps. Je doute qu'il y ai des bons moments et sache que je suis désolée que ta compagne n'est pas fait preuve de franchise dès le départ. Oui, on peut ne pas dire par crainte (peur même) de la réaction d'autrui, peur de perdre... Je suppose qu'anonyme en est à ce stade.

Bravo d'avoir écouter, réfléchi. Je crois que personnellement je t'admire, car pour moi la non communication, la non honnêteté est impardonnable. J'aspire que mon chéri de vie et mes amoureux me disent. Je peux, je crois, tout accueillir comme propos. Je me sens suffisamment déconstruite et ouverte. Sauf le mensonge. Il faut du courage pour exprimer, il faut aussi du courage pour entendre. La vie n'est pas un long fleuve tranquille et aucune route est toute droite, toute tracée, bien définie. C'est mon point de vue en tout cas. Les virages obligent à ralentir, les orages et tempêtes occasionnent une mauvaise visibilité. Parfois, la route est coupée et on prend un chemin de traverse (de travers, parfois, aussi :-D ).

Tu as encore besoin de "cases". Un jour, il te sautera peut-être aux yeux que certaines personnes sont à elles seules une case unique. De formes bizarroïdes, ces personnes ont été obligées, parfois à leurs dépens, de s'adapter. Cela devient une seconde nature et c'est dommage, car elles deviennent des chamallows. Elles sont malaxées en permanence, déformées, pour entrer dans des cases où elles ne se sentent pas bien. Seul un coming out total permet finalement de ne plus se laisser contraindre. Et cela ne se fait pas du jour au lendemain. Surtout, il faut que l'entourage proche ne déserte pas. En cela, je te dis bravo d'être dans la volonté d'accompagnement.

En revanche, tu ne dois pas penser que le polyamour fera aussi ton bonheur. Mon chéri de vie (l'exemple que je connais le mieux) n'a jamais désiré devenir poly. Il a gagné en liberté intérieure et en individualité. Il ne sent plus obligé de rien. Sauf qu'il vivrait mal des amours plurielles, y compris uniquement affectifs et tendres comme je le vis. Contrairement à ta compagne, je ne mêle pas sexualité et amour. La sexualité n'entre pas dans ma définition hors dictionnaire du mot amour. J'ai d'ailleurs parfois ressenti du désir sexuel pour des personnes que je n'aimais pas d'amour.

Un jour, en café poly, une participante que nous avions côtoyés et qui nous connaissait quelque peu a dit (mots exacts ?) : Si un jour bonheur se jette en Saône (rivière locale), son chéri n'ira pas la secourir. En revanche, il serait capable de boire toute l'eau pour qu'elle boive seulement la tasse. Autrement dit, se jeter aussi à l'eau et prendre le risque d'une double noyade... Il vaut mieux être présent et accompagner afin que l'autre ne se noie pas. On ne peut pas empêcher la chute, on peut adoucir les conséquences. Souvent, une présence, une écoute, des bras accueillants suffisent. Et ça tombe bien, car quand on prend une personne dans ses bras, cette personne peut aussi nous envelopper des siens :-) <3 .

bonheur : née femme, se sent genderfluid plutôt mec, relativement déconstruite et enfin elle-même. Accompagne volontiers tout humain désireux de déconstruire. :-D :-D :-D

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panthere69

le vendredi 21 mai 2021 à 22h08

J'ai beaucoup apprécié votre échange, je l'ai trouvé très enrichissant, et je retiens quelques belles phrases sur les émotions, la souffrance, et cette sacro sainte franchise.
Cela renforce également ma conviction que le polyamour n'est pas accessible à tout le monde... Le vouloir ne suffit pas, il faut également le pouvoir. Etre capable de soutenir, d'accueillir ses émotions et ne pas les projeter, de savoir faire face à sa propre souffrance et à celle de l'autre, cela demande du courage et une certaine maturité ^^

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