[Texte] Je mets mes limites - Hypatia From Space. déc 2019
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Lili-Lutine
le mardi 17 décembre 2019 à 09h37
Extraits:
"Parce qu’on ne peut pas contrôler ce que les autres font, il est essentiel que nos limites personnelles soient quelque chose sur laquelle nous avons de l’emprise. C’est une action qu’on pose pour soi-même. Pour se protéger, pour avoir le temps de réfléchir et y voir plus clair, pour rester authentique avec nos valeurs et nos désirs, indépendamment de ce que font les autres et qui peut nous blesser. C’est pas facile à faire, mais c’est le seul moyen de ne pas vivre en victime des autres et de leurs actions."
"Ces moments sont particulièrement éprouvants, car nous ne sommes pas habitués à entendre un refus de la part d’une personne qui nous aime. On a souvent l’idée biaisée que si notre partenaire nous aime, il-elle devrait toujours dire oui à tout ce que nous demandons."
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artichaut
le mardi 17 décembre 2019 à 12h03
…et aussi (extraits)
Il existe une certaine confusion à propos de ce que « mettre ses limites » signifie. Une limite n’est pas à propos de ce que quelqu’un d’autre peut ou ne peut pas faire. C’est à propos de ce que nous on va faire
Ça, ça me semble important. Trop souvent "poser des limites" est entendu (de part et d'autre d'ailleurs) comme un acte de contrôle sur l'autre, alors qu'il s'agit bien d'un geste de protection émotionnelle.
Notre partenaire, peu importe combien il-elle nous aime, doit s’assurer qu’il-elle ne fait pas des compromis au point où il manque de respect envers sa propre personne et ne fait pas des choix qui sont au détriment de son propre équilibre ou bien-être.
Idem dans l'autre sens, quoi.
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Perso c'est ce que je retire le+ de l'article. Le reste (demande claire, recevoir un "non", accueillir nos émotions) me semble +classique (ce qui ne veut pas dire moins important !) : cf CNV & co.
La partie sur la manipulation ne me semble pas très approfondie.
Mais j'ai aimé ces deux phrases :
L’important à se rappeler lorsqu’on formule une demande claire, c’est que la personne en face de soi est libre d’accéder à notre demande ou pas.
l’amour consiste également à vouloir le bien-être de l’autre autant que cela est en notre pouvoir
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artichaut
le mardi 17 décembre 2019 à 12h08
J'ai le sentiment que cet article effleure le sujet des limites, mais qu'il y a encore beaucoup à creuser sur le sujet… pour que les limites soient l'écoute et le respect de son soi-émotionnel …mais ne servent ni au contrôle de l'autre, ni non plus au désengagement de soi dans la relation.
Classiquement, d'un point de vue genré (avec bien sûr des exceptions puisqu'il s'agit de généralités sociologiques) :
- certaines se sacrifient trop par "amour" pour le bien-être de l’autre ou la conduite de la relation et gagneraient à apprendre à mieux écouter et respecter leurs limites émotionnelles
- certains investissent trop et/ou trop peu la relation (contrôle ou désengagement) et gagneraient à apprendre à vouloir le bien-être de l’autre autant que cela est en leur pouvoir (étant entendu que "vouloir le bien-être de l’autre" n'est pas faire son bonheur à sa place, mais lui laisser toujours+ de liberté et de pouvoir décisionnel, et poser des cadres permettant cela)
Trouver la bonne distance, tant d'un point de vue théorique que pratique entre :
- apprendre à mieux écouter et respecter nos limites émotionnelles
et
- vouloir le bien-être émotionnel de l’autre autant que cela est en notre pouvoir
me semble donc l'enjeu principal de la question des limites.
Compte-tenu que chacun/chacune ne part pas du même endroit, et n'a donc pas le même travail à faire.
Mais il me semble, en revanche, que c'est un travail qui peut se faire ensemble, se co-construire à deux (ou+), quand on en prend conscience.
Donc pour creuser la question des limites, il me semble qu'il serait bon d'avancer sur
- comment apprendre à mieux écouter et respecter nos limites émotionnelles ?
- comment apprendre à vouloir le bien-être émotionnel de l’autre, et donc à le respecter, autant que cela est en notre pouvoir ?
Et aussi
- comment faire cela, tant solo que à plusieurs ?
Parce que il ne suffit pas de dire ou se rendre compte des choses. Encore faut-il les mettre en pratique. Et donc se donner les moyens de ça, et peut-être aussi trouver des outils pour ça.
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artichaut
le mercredi 22 janvier 2025 à 02h33
Je viens de publier un post intitulé : Mes limites sont plus importantes que mes besoins.
Et je signale aussi ce fil Reddit : Différence entre une limite et une demande ?
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artichaut
le mercredi 22 janvier 2025 à 15h11
Lili-Lutine
Article ici
Voici le lien à jour vers le texte cité.
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artichaut
le dimanche 27 septembre 2026 à 12h00
Le site de Marie-Claude L'Archer étant parfois hors-service (aujourd'hui les 2 liens cités +haut sont morts), je mets ce texte ici pour archive :
Je mets mes limites!
Posted on 16 Décembre 2019Les relations humaines nous confrontent invariablement à des situations difficiles auxquelles nous préférions ne pas devoir faire face. Le polyamour a tendance à exacerber cela, car les décisions prises par chaque partenaire ont potentiellement un impact sur nous. Certaines de leurs décisions et actions passent inaperçues et ne changent rien à notre vie et à notre relation. D’autres décisions et actions affectent directement notre vie et notre état émotionnel de manière incommensurable. Face au prospect de perturbations émotionnelles, l’un des mécanismes de protection à développer en tant que polyamoureux est d’avoir des limites personnelles claires, et de bien les exprimer.
Mettre ses limites : Un geste de protection émotionnelle
Il existe une certaine confusion à propos de ce que « mettre ses limites » signifie. Une limite n’est pas à propos de ce que quelqu’un d’autre peut ou ne peut pas faire. C’est à propos de ce que nous on va faire, advenant que la personne prenne une décision xyz qui nous affecte émotionnellement. L’objectif d’une limite personnelle n’est pas de punir l’autre de ses choix et actions, mais de nous protéger émotionnellement dans une situation difficile. Si on met notre limite sur l’autre personne (« tu ne peux pas sortir avec telle personne »), alors notre pouvoir personnel est réduit à zéro, car l’autre peut toujours décider de ne pas respecter les règles qu’on lui impose. Par ailleurs, ca ne respecte pas sa propre liberté d’être humain autonome et souverain.
Parce qu’on ne peut pas contrôler ce que les autres font, il est essentiel que nos limites personnelles soient quelque chose sur laquelle nous avons de l’emprise. C’est une action qu’on pose pour soi-même. Pour se protéger, pour avoir le temps de réfléchir et y voir plus clair, pour rester authentique avec nos valeurs et nos désirs, indépendamment de ce que font les autres et qui peut nous blesser. C’est pas facile à faire, mais c’est le seul moyen de ne pas vivre en victime des autres et de leurs actions.
On peut bien entendu exprimer un malaise face à certaines situations. Exemple : « Lorsque tu rentres de ta date très tard et que je dois aller dormir seule, je deviens anxieuse ». On peut également formuler une demande claire. Exemple : « Lorsque tu rentres tard d’une date, j’aimerais que tu m’envoies un petit texto pour me souhaiter bonne nuit, histoire que je sache que tu penses encore à moi même si tu es absent ».
L’important à se rappeler lorsqu’on formule une demande claire, c’est que la personne en face de soi est libre d’accéder à notre demande ou pas. Bien entendu, parce qu’il ou elle souhaite atteindre un polyamour optimal et vivre ses relations le plus harmonieusement possible, le ou la partenaire sera vraisemblablement enclin à acquiescer à des demandes, ou à essayer de négocier un compromis qui ne porte pas atteinte à la qualité de son temps avec l’autre partenaire et qui pourrait répondre également à votre besoin. En effet, on ne peut imaginer qu’une personne qui, au nom de sa liberté personnelle, dirait toujours non à tout ce que ses partenaires lui demandent. Cette personne perdrait bien vite tous ses amoureux-ses, car l’amour consiste également à vouloir le bien-être de l’autre autant que cela est en notre pouvoir et que cela ne compromet pas notre propre bonheur. Considérant que les relations amoureuses sont fondées dans une certaine réciprocité – des sentiments, des manifestations d’amour, et également des compromis – une personne qui ne ferait aucun compromis pour ses partenaires serait en mauvaise position lorsque viendrait son tour de demander une faveur à son-sa partenaire s’il-elle dit toujours non à ce qu’on lui demande.
Recevoir un « non »
Ceci dit, il arrive tout de même des moments où un-e partenaire, après avoir entendu nos émotions avec empathie, nous avoir donné du soutien et avoir pesé le pour et le contre d’une demande claire que nous leur avons formulé, prend néanmoins la décision de ne pas acquiescer à notre demande.
Ces moments sont particulièrement éprouvants, car nous ne sommes pas habitués à entendre un refus de la part d’une personne qui nous aime. On a souvent l’idée biaisée que si notre partenaire nous aime, il-elle devrait toujours dire oui à tout ce que nous demandons.
Or, la première responsabilité de chaque personne est d’abord et avant tout envers elle-même. Notre partenaire, peu importe combien il-elle nous aime, doit s’assurer qu’il-elle ne fait pas des compromis au point où il manque de respect envers sa propre personne et ne fait pas des choix qui sont au détriment de son propre équilibre ou bien-être. Nous devons donc nous reprogrammer à propos du « non » afin de le voir non pas comme un geste par lequel mon-ma partenaire m’offense, mais un geste à travers lequel il ou elle se respecte soi-même et s’assure de demeurer dans l’authenticité concernant ce qu’il ou elle veut dans ses relations. Lorsque nous acceptons le « non » des autres avec cette perspective, nous sommes également davantage capables d’affirmer nos propres « non » et de vivre à notre tour dans le respect de soi et l’authenticité.
La différence entre limite personnelle et manipulation
Malheureusement, il arrive que pour se protéger émotionnellement des choix et actions des autres, la seule mesure suffisante soit de nous extraire complètement de la situation qui nous affecte trop et en mettant fin à une relation, voire en coupant tout contact avec la personne concernée. Dans la phrase « si tu choisis d’être en relation avec telle personne, je ne pourrai plus être avec toi », la distinction est bien mince entre une limite personnelle clairement établie et une tentative de manipulation. La nuance entre les deux est que dans le cas d’une limite personnelle, on a beau préférer une option plutôt que l’autre, notre action ne consiste pas à tenter de forcer l’autre à faire ce qu’on veut, mais bien à définir les actions que nous allons prendre le cas échéant.
Si tout ce que nous voulions était de manipuler l’autre pour qu’il fasse ce qu’on voulait, et qu’il ne le fait pas, notre plan vient de tomber à l’eau. Notre stratégie a échoué. Si, par contre, nous étions dans le respect de l’autonomie de l’autre et dans l’auto-responsabilité, le travail ne fait que commencer, c’est à dire le travail d’accueillir nos émotions, quelles qu’elles soient : colère, tristesse, déception, jalousie, ressentiment, envie, etc. Aussi douloureuse que soit la situation, le pouvoir de choisir ce que nous ferons pour retrouver un état de bien-être et d’équilibre le plus rapidement possible est entre nos mains.
Heureusement, une limite ne consiste pas toujours à mettre un terme à la relation, et certaines déceptions peuvent être surmontées avec du temps, de la communication, et du travail sur soi.
Avez-vous des anecdotes de moments où vous avez du mettre des limites? Comment cela s’est-il passé? Quel a été le résultat? Racontez-moi!
Affectueusement,
Marie-Claude, alias Hypatia