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L'amant de ma femme a des valeurs antagoniques aux miennes - que faire?

Jalousie
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ashuj

le mardi 08 octobre 2019 à 23h32

Bonjour à tous !

En couple depuis presque 20 ans, ma femme (que j'ai rencontrée au lycée) et moi avons fait le choix du polyamour il y a plusieurs années. Ce choix fut une évidence pour nous deux dans la mesure où il était tout à fait conforme à notre volonté de pouvoir s'émanciper dans le couple et en-dehors du couple, loin du carcan monogame que l'un et l'autre vivions difficilement.
Précisons d'entrée de jeux que nous travaillons tous les deux dans le milieu humanitaire, et que nous enchaînons les postes dans des pays à l'environnement direct assez contraignant (guerre, épidémie, crise en tout genre) ne facilitant pas nos amours plurielles - ce mode de vie étant, vous vous en doutez, parfois incompatible voire dangereux dans les pays où nous vivons. L'une des solutions que nous avons trouvée consistant à vivre notre polyamour loin de nos pays de mission lors des temps de repos ou vacances, ce qui est bien mais pas toujours idéal.
Depuis 5 ans maintenant, ma femme entretient une relation avec un amant qui la comble, mais avec lequel, j'ai un problème fondamental sur le plan des valeurs. Sans être la caricature du travailleur humanitaire idéaliste et utopiste (le milieu de l'humanitaire est aujourd'hui extrêmement professionnalisé laissant peu de place aux hurluberlus qui viennent distribuer, lors de leurs vacances, des crayons de couleurs à des enfants malnutris qu'ils prennent en photo pour mieux s'en vanter sur les réseaux sociaux avant de rejoindre leur hôtel avec piscine), il y a certains comportements, qui chez moi, passent mal ou me mettent mal à l'aise, et souvent je ne me prive pas de le faire savoir. Mais voilà, vis-à-vis de cet amant et de ce qu'il peut m'inspirer, je ne sais pas sur quel pied dansé avec ma femme de peur de m'immiscer dans une relation qui en soi ne me regarde pas. J'ai par exemple récemment découvert qu'il souhaitait se positionner sur un appel d'offres lancé directement par ma femme et son organisation, et n'ai pas pu m'empêcher de soulever les risques manifestes de conflits d'intérêts que cela induisait même si leur relation n'est pas connue. S'en est suivie une discussion un peu tendue avec ma femme avant qu'elle ne reconnaisse effectivement que cette situation était plus que limite. Bon an mal an, ce genre de problèmes se répète et m'éloigne de ma femme. Mais comment aborder ceci sans passer pour le mari jaloux possessif qui se mêle de ce qui ne le regarde pas alors que le problème réside ailleurs?

Merci pour vos contributions!

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Intermittent (invité)

le mercredi 09 octobre 2019 à 09h06

Il y a probablement un problème de "valeurs" mais il y en a peut être un autre :
"no zob in job " ?

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Sophie72

le mercredi 09 octobre 2019 à 10h35

Bonjour.
Peut-être je me trompe parce que peut-être je le vois à la lumière de mon propre vécu mais je me demande si derrière cela, il n'ya pas deux inquiétudes:
- que ta femme s'éloigne un peu trop ( tu le dis d'ailleurs)
- que l'amant de ta femme fasse quelque chose qui la rende malheureuse.
Je parle de ce deuxième point parce qu'on sent que tu regardes cela avec une distance que forcément ta femme n'a pas. Si c'est le cas, il serait peut-être plus facile de dialoguer en mettant des mots sur ce ressenti qui est différent de la jalousie .

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ashuj

le mercredi 09 octobre 2019 à 18h42

Effectivement 'Intermittent', "le no zob in job" est normalement une de nos règles (qui a été transgressée donc) et qui me pose des problèmes parce que j'en paye indirectement les conséquences à certaines occasions. Je ne doute pas une seule seconde que ma femme et son amant s'aiment, néanmoins, le fait qu'ils travaillent ensemble rajoute une strate de complexité (pour ne pas dire d'emmerdement) à leur relation qui parfois ruisselle sur moi.

Sophie72, je crois que tu vises juste en pointant ma crainte que cette amant puisse, à défaut de rendre ma femme malheureuse, du moins l'empêcher de garder la tête froide et de maintenir une distance nécessaire sur certains sujets notamment professionnels. C'est là toute la difficulté que j'éprouve : savoir à quel moment je me sens à l'aise d'aborder ces sujets sans passer pour un 'control freak'. Sans doute devrais-je travailler à évoquer ces points sans verser dans la grandiloquence ou le ton péremptoire, ce qui peut m'arriver, je dois bien l'avouer.

Message modifié par son auteur il y a 13 jours.

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Intermittent (invité)

le mercredi 09 octobre 2019 à 22h05

Dans le "job", tu parles d'appel d'offres ...

Qui lance l'appel d'offres et qui y répond ? C'est vous ou lui ?
Ca peut avoir son importance ...

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bonheur

le jeudi 10 octobre 2019 à 13h47

ashuj
(le milieu de l'humanitaire est aujourd'hui extrêmement professionnalisé laissant peu de place aux hurluberlus qui viennent distribuer, lors de leurs vacances, des crayons de couleurs à des enfants malnutris qu'ils prennent en photo pour mieux s'en vanter sur les réseaux sociaux avant de rejoindre leur hôtel avec piscine)

Je ne comprend pas bien le but et le sens de cette phrase ? Pour le côté exhibition, je reconnais que le principe d'offrir n'est pas de se gratifier, mais de faire plaisir. J'imagine la joie d'un enfant de pouvoir faire des dessins. Non ? En quoi est-ce à opposer à des professionnels de l'humanitaire qui offrent d'une façon différente, avec une rémunération à la clé. Pardon, mais j'ai vraiment des difficultés avec cette parenthèse autant inutile que pouvant être mal perçu.

Un appel d'offre, d'ailleurs, implique qu'il y a, dans l'humanitaire professionnel, un côté "argent". D'ailleurs, comment récolter de l'argent pour l'humanitaire ? Ce n'est pas en prenant en photo, en filmant, la détresse de ses personnes.

Je n'ai jamais mis les pieds en pays où la population est massivement en détresse. Je ne peux donc pas savoir. Toutefois, la joie des petites "aides", je les perçois comme positive. Après, j'ai peut-être mal interprété cette phrase, mais elle ne m'avait et ne me donne toujours pas envie d'aborder le sujet du polyamour et de sa difficulté présente.

Et puis, je crois que ce qui t'importe, c'est plus le ruissellement que la situation polyamoureuse en elle-même. Perso, si on abordait le sujet avec moi de cette façon, je tournerai les talons. Je l'avoue volontiers.

Notre lieu de travail, ou du moins les liens professionnels (ou liés indirectement) font parti de la vie. A savoir dans quel mesure il a un besoin vital de répondre à cet appel d'offre. On passe le plus clair de son temps à travailler. Il faut intégrer le travail au reste de sa vie. Moi j'ai des difficultés avec ce "no zob in job". Que l'on n'est pas de sexe sur le lieu de travail et pendant le temps de travail, je suis ok. Mais on fait connaissance par le biais de son activité professionnelle, ça me parait évident. Cet appel d'offre, peut-il être soutenu par quelqu'un d'autre que Madame ? Est-elle décisionnaire ou juste rédactrice de l'appel d'offre ? En général, ce type de décision est la résultante d'une commission pluri décisionnaires et non d'une seule personne.

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ashuj

le jeudi 10 octobre 2019 à 18h08

bonheur
Je ne comprend pas bien le but et le sens de cette phrase ? Pour le côté exhibition, je reconnais que le principe d'offrir n'est pas de se gratifier, mais de faire plaisir. J'imagine la joie d'un enfant de pouvoir faire des dessins. Non ? En quoi est-ce à opposer à des professionnels de l'humanitaire qui offrent d'une façon différente, avec une rémunération à la clé. Pardon, mais j'ai vraiment des difficultés avec cette parenthèse autant inutile que pouvant être mal perçu.

Salut bonheur et merci pour ta contribution. On s'éloigne un peu du sujet du polyamour mais je vais essayer de te répondre. Cette phrase (au ton provocateur je le concède) te fait réagir parce qu'elle est symptomatique de la différence de perception entre ce que l'on pense être un acte neutre voire bon pour quelqu'un ou une communauté et les conséquences réelles de nos actes sur celles-ci. C'est au fondement même du travail humanitaire et du principe 'ne pas nuire' : en gros s'abstenir d'intervenir si l'on perçoit des risques qu'une intervention cause plus de dommages que de bénéfices ou si l'on est incapable d'en prédire les conséquences. En distribuant des crayons de couleurs à des enfants, ton action sur cette communauté n'est pas neutre. Sur quels critères fondes-tu ton don à cet enfant, plutôt qu'à un autre. Le fait de distribuer des crayons à des enfants ne va t-il pas créer des tensions entre eux (entre ceux qui en recevront, et ceux qui n'en recevront pas) voire entre leurs familles. Qu'est ce qui te dit que dans la communauté un adulte ne va pas récupérer tous ces crayons par la force pour les vendre pour son profit personnel? Bref, tu cherches à faire plaisir (et à te faire plaisir) sans forcément penser aux conséquences néfastes que cela peut induire. Evidemment, ce risque semble a priori assez léger avec des crayons de couleurs, mais par principe mieux vaut se poser ce genre de questions avant toute intervention, don etc. L'idéal est de faire des dons à des organisations professionnelles dont c'est le métier et qui sont insérées sur le long terme auprès des communautés et savent en conséquence davantage gérer ces problématiques qui sont réelles.

Sur l'appel d'offres la situation est claire, ma femme le lance et le gère directement au nom de son organisation et son amant répond à cet appel.

Sur le 'no zob in job', je préfère m'y astreindre. Sur le plan professionnel, je ne me sens personnellement pas capable de maintenir a posteriori une relation neutre et impartiale avec une personne dont je suis amoureux. Sans parler des soupçons plus ou moins fondés que cela peut susciter auprès des autres collègues qui pourraient l'apprendre. Je préfère ne pas m'y risquer.

Message modifié par son auteur il y a 12 jours.

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bonheur

le vendredi 11 octobre 2019 à 10h22

Merci pour ces explications @ashuj. Toutefois, j'avais bien compris que tu étais un professionnel et ton épouse aussi. Je trouve juste le jugement fait, et qui était inutile, révélateur de quelque chose de toi, mais je ne trouvais pas quoi. Le point commun entre toi et ces touristes "maladroit" avec toi, c'est que quand on fait acte de bienfaisance, on le fait pour autrui et pour soi. C'est humain qu'aider satisfait aussi soi-même. Et il y a le côté échange et d'en apprendre sur autrui.

Par exemple, quand je viens écrire ici, je le fais à 90% pour offrir mon point de vue, voir mon accompagnement. Toutefois, j'apprend aussi sur moi également. Je considère plus un débat et une entraide, qu'un acte complètement désintéressé.

Ayant par le passé été dans l'acte de répondre à des appels d'offres, je trouve curieux que l'on mette tous les pouvoirs entre les mains d'une seule personne. Je ne pensais pas cela possible. Pour justement éviter ce genre de situation.

Ma question serait : peut-il lui se passer de répondre à cet appel d'offre ? Peut-elle demander à ce que cette décision soit multi décisionnaire ? Je suppose qu'elle connait son dossier et les besoins demandés, sur le bout des doigts, donc l'évincer de cet appel d'offre ne serait pas judicieux, mais au moins qu'elle ne prenne pas seule la décision.

C'est vrai que c'est une précaution, de se prémunir contre les conflits d'intérêts. Mais on ne peut s'empêcher de vivre. Quand à s'empêcher de s'attacher à quelqu'un, encore moins !

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