Une réflexion un peu perso sur les sex dolls et le polyamour
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dianeM
le mardi 21 janvier 2025 à 06h10
Hello tout le monde. Est-ce que vous pensez que les sex dolls pourraient avoir leur place dans une relation polyamoureuse ? Genre, pas forcément comme un "partenaire" (ça reste un objet, on est d’accord), mais comme une alternative ou une manière de gérer certaines envies sans ajouter une personne réelle à la dynamique.
Perso, je suis un peu partagée. D’un côté, je vois l’aspect pratique, surtout si ça permet d’éviter des tensions ou juste de satisfaire un besoin ponctuel. Mais en même temps, je me dis que dans le polyamour, l’essentiel, c’est quand même les émotions et la communication entre partenaires. Alors, est-ce que ça ne risque pas de déshumaniser un peu tout ça ?
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Message modifié par son auteur il y a 11 mois.
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artichaut
le mardi 21 janvier 2025 à 10h52
C'est une question réthorique, ou tu es concernée par cette question sur les poupées sexuelles ?
dianeM
(ça reste un objet, on est d’accord)
C'est la même chose que n'importe quel sex toy (gode, vibro, etc), non ?
Et encore la même chose que la masturbation.
Toute forme d'auto-sexualité (avec ou sans objet, avec ou sans support) me paraît bienvenue car elle permet de mieux se connaître (et donc le cas échéant, mieux savoir demander), de ne pas faire porter ses besoins à l'autre, etc.
L'auto-amour (être en relation avec soi-même), de même que l'auto-sexualité, sont pour moi des bases du poly-amour.
C'est même ce qui me fait dire que tout le monde, dés lors qu'il/elle a (eu) au moins une relation (amoureuse ou sexuelle) extérieur à soi dans sa vie est poly (puiqu'il/elle à déjà 2 relation : l'autre et soi-même). À moins que cette personne ne s'aime pas …au point de ne pas relationner avec elle-même. Et je trouve ça bien triste.
Après on n'est pas obligé, pour autant, de tomber dans la surconsommation d'objets. L'auto-amour et l'auto-sexualité n'ont pas forcément besoin d'une surenchère de marchandises capitalistes.
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Aki
le lundi 15 septembre 2025 à 16h40
Mais en même temps, je me dis que dans le polyamour, l’essentiel, c’est quand même les émotions et la communication entre partenaires. Alors, est-ce que ça ne risque pas de déshumaniser un peu tout ça ?
Sans doute. Les sex dolls n'ont pas de pensées propres et ne communiquent rien.
Cela dit, certain-es sex bots ont des systèmes vocaux simples qui permettent d'avoir un simulacre d'échange oral. Mais elles n'ont pas de passions, pas d'histoires, pas d'opinion.
Elles ne peuvent pas se déplacer de manière autonome et ne peuvent effectuer des gestes quelconques, ce qui peut être très limitant.
Il me semblerait, à priori, plus probable pour une personne lambda de développer des sentiments pour un agent conversationnel sur smartphone/ PC (sans corps donc) qu'avec une sex doll muette (un peu comme dans le film "HER"). On n'est pas juste en relation avec des corps et ça n'est pas ça qui prime dans la plupart des relations durables.
Mais qui sait ? Peut-être qu'un jour nous aurons des "androïdes" et des "gynoïdes" capables de mimer un-e humain-e, de se déplacer, de nous toucher, de discuter avec nous, d'avoir des simulacres de passions, de rêves, de projets, de sentiments, etc. Bref, de faire autre chose que du sexe passif.
Seront-ielles polyamoureux-ses ? =D
Intéragiront-ielles entre elleux ?
Dans ce cas, quid des questions de "propriété privée" et donc des enjeux de domination ?
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Aki
le dimanche 28 décembre 2025 à 16h47
Bon, suite à une période de solitude, je me suis rendu compte qu'il était difficile (et anxiogène) pour moi de dormir seul. J'ai vécu en couple, 4 fois, depuis 25 ans. J'ai toujours dormi avec quelqu'un et ça me manque beaucoup.
Mes amoureuses ont toujours été loin (200 km minimum) depuis quelques années, et je ne passe que quelques semaines avec elles en tout, dans l'année.
Le fait de chauffer mon lit (avec une couverture chauffante placée entre le matelas et le drap) pallie vaguement au problème ; mais en fait, c'est une présence qui me manque. Là où j'habite, je n'intéresse personne, tout le monde ou presque est en couple (avec enfants). Ca fait 4 ans que je n'ai pas eu de "partenaire domestique" (nesting partner).
Je me suis donc renseigné, un peu honteusement, sur les "poupées" / robots.
Plusieurs marques existent, qui proposent des modèles assez réalistes ayant un système thermique, reproduisant la texture de la peau humaine et la souplesse du corps Je me dis que ça peut être un ersatz de "présence" qui peut atténuer le sentiment de solitude et améliorer le sommeil (il ne s'agit aucunement d'avoir des rapports sexuelles avec, ce qui est assez inhabituel).
Au delà du prix, assez conséquent (1500 à 3000 €) selon la qualité du modèle, se pose la question de comment expliquer ce choix à mon entourage, à mes amoureuses (ou potentielles partenaires d'un soir), à mes colloc', bref, aux personnes qui viennent chez moi. Ca me fait un peu peur d'être jugé ou moqué, alors que c'est quelque chose de rationnel pour moi (mais peu conventionnel). Ca peut paraître étrange ou gênant de répondre à ce besoin de cette façon. Mais je me dis que des gens dorment bien avec leurs animaux (chiens, chats, etc).
Qu'en pensez-vous ?
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artichaut
le dimanche 28 décembre 2025 à 19h48
Aki
Qu'en pensez-vous ?
tu fais bien ce que tu veux tant que c'est bien pour toi…
chacun·e pallie comme iel peut/veut au manque de tendresse de ce monde…
un ersatz restera un ersatz
certain·es se contentent d'une couverture lestée pour le sentiment d'être contenu·e
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Siestacorta
le dimanche 28 décembre 2025 à 20h57
Aki
Mais je me dis que des gens dorment bien avec leurs animaux (chiens, chats, etc).
Qu'en pensez-vous ?
Whatever works, tu fais ce qui est bon pour toi, si ça fait aucun mal aux autres.
Mais pour que ce soit un équilibre durablement sain, j'aurais tendance à penser que ça ne devrait pas être la seule réponse à ta perception de la solitude.
Une réponse technique.
Si ça marche un peu beaucoup bien, ptett la doll reste pas au placard, ça influe sur tes émotions comme nouvel équilibre.
Tandis que si ya, en plus ou à la place, du taf sur toi, ça pourrait être un des bénéfices d'un mode de vie amoureuse alternatif : grandir, différemment.
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coquelicot
le vendredi 02 janvier 2026 à 17h57
Chacun voit midi a sa porte ,mais pour moi le plastique reste un objet sans ame , c est comme si je presentai mon god a mes partenaies sous pretexte que lui aussi fait partie de ma vie ....On rentre a mon avis dans une configuration loin d etre equilibrée , c est assez compliqué avec des gens qui se parlent , comment ca vas se passer avec des objets .....
Debat enorme en perspective ......
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Aki
le samedi 03 janvier 2026 à 13h19
Merci pour vos commentaires éclairés.
Je ne sais pas ce qu'est une "âme", désolé.
Existe-t-il des objets qui auraient une "âme" ?
Les robots peuvent-ils en avoir une (ou l'équivalent, comme dans l'anime "Ghost in the Shell") ?
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Siestacorta
le jeudi 15 janvier 2026 à 13h36
Tiens, en relisant...
J'ai pensé à ton besoin de présence.
Parce que bon, même bien fait, un ersatz de présence est un ersatz.
J'ai parlé du problème " si ça marche bien" de la réponse technique (la possibilité que ton équilibre "désocialisé" t'a-liène par ailleurs), mais pas du problème "si ça marche pas".
Ce serait un peu comme l'équivalent du vélo d'appartement qu'on achète pour faire de l'exercice, mais qui sert pas, parce qu'on a pas pensé à l'exercice qui, au delà d'un nombre de calories abstrait, va avec nos élans personnels.
D'où une question : ton besoin de présence de dodo, il pourrait pas différer en fonction d'autres conforts affectifs ?
Je me suis notamment demandé si dormir régulièrement chez des gens, (même pas forcément avec, donc), changerait pas assez tes équilibres pour que l'anxiété d'esseulement n'en soit pas allégée au global - au point que les nuits "en solo" le soient moins par défaut, plus choisies, travaillent moins ?
Message modifié par son auteur il y a un mois.
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Aki
le jeudi 15 janvier 2026 à 14h23
Oui, et beaucoup d'humains, quel que soit leur âge ont des ersatz de présence pour dormir : peluche, animal domestique, édredon, couette lestée, bouillotte, etc.
Tu as raison @Siestacorta, ça joue pas mal. Notamment les week-ends où je danse beaucoup, c'est plus facile parce que j'ai été en contact avec des personnes. Dormir chez des amis aussi, c'est vrai. Ma sensation d'isolement et d'abandon est très liée au fait d'être touché, comme pour être "validé" physiquement dans la communauté humaine (il faut dire que mes parents ont vite cessé de me toucher dans mon enfance, ça a été le vide total entre mes 7 et mes 17 ans, où je n'ai touché absolument personne). Ce besoin peut donc être comblé par d'autres contacts (que l'intimité amoureuse) à d'autres moments de la journée.
Mais mon problème est résolu : le père Noël est passé.
Contre toute attente, au bout du désespoir (et après une rupture nulle récemment), j'ai rencontré quelqu'une à 30 minutes de chez moi, qui est très câline aussi. C'est merveilleux. :-D
Les sex dolls attendront ...
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Kief (invité)
le vendredi 16 janvier 2026 à 06h59
Contente pour toi 🥰
Il y a aussi les massages, saunas, hammams, et soins comme médecine chinoise, ostheo....quand le toucher et l'enveloppement viennent à manquer....
Tu cites les animaux ...les chats c est vraiment chouette pour ça !! Une présence souvent discrète, chaleureuse, autonome quelques jours....
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Siestacorta
le vendredi 16 janvier 2026 à 18h31
Aki
Mais mon problème est résolu : le père Noël est passé.
Contre toute attente, au bout du désespoir (et après une rupture nulle récemment), j'ai rencontré quelqu'une à 30 minutes de chez moi, qui est très câline aussi. C'est merveilleux. :-D
Content pour toi !
Je te souhaite toutefois que cela facilite ta recherche d'équilibre personnel sans s'y substituer.
En attendant, bons câlins à toi.
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Aki
le dimanche 18 janvier 2026 à 10h59
Ouais, les massages c'est sympa.
Il faut tout de même avoir un minimum de lien avec les gens. Dans mon groupe d'ami-es c'est courant et d'autant plus dans les milieux de danse où on est vite fatigué-es, tendu-es. Mais en dehors de ça, je pense que beaucoup de gens seul-es ne peuvent partager ça (avec des gens en couple) car ça peut activer de la jalousie. #monogamie
A ce propos, le chat de ma nouvelle amoureuse nous fait une crise pas possible : il vient squatter le lit la nuit, me surveille dans mon dos et se fout tout le temps dans mes pattes. L'autre jour, on a même retrouvé de l'urine / sperme sur notre oreiller ... c'est normal ? Il a tendance à patouner beaucoup les oreiller. Serait-ce lié à un sevrage trop précoce ?
Oui, les chats sont mignons. Certaines personnes en sont même complétement gaga. Du coup, leur mignonnerie leur excuse tout. (même quand ils ont un comportement insupportable : qu'ils pissent / chient partout, cassent des objets, étripent vos canapés, courent dans tous les sens en pleine nuit, vous griffent, vous mordent, se caressent sur vous, mettent leurs pattes pleines de litière souillée partout, etc). #pooponyourbed
Tu as raison @Siestacorta. J'ai beau essayer de vivre heureux en étant seul, déconstruire l'amour (en mode "Artichaut"), etc, il n'empêche que je me sens beaucoup plus épanoui, détendu et motivé à vivre quand je ressens de l'amour. C'est bête mais c'est comme ça. Je ne vois pas trop pourquoi je devrais chercher un équilibre sans ça, en fait. Je connais beaucoup de gens dont l'équilibre passe par le fait de fonder une famille ou de s'investir à fond dans l'entreprenariat, par exemple, et c'est indispensable à leur bonheur. Pourquoi pas l'amour ?
Pour en revenir au sujet : je constate que les industriels de la robotique semblent plus motivés à créer des robots de combat ou ménagers qu'à inventer des robots capables d'entretenir un lien émotionnel, de manifester de l'empathie, d'être capables de toucher, caresser, masser, câliner, etc. Mais peut-être que ça viendra. Je pense qu'il y a un marché de dingue sur ce créneau, la solitude (et l'isolement "sensuel") devenant de plus en plus patente dans les pays développés.
Cela dit, les agents conversationnels gagnent du terrain : Google a vu ses budgets de R&D pour les "IA de petite amie" augmenter de 2400% en 2 ans. On est bientôt dans le film "HER" ... de là à câliner des robots, il n'y a plus qu'un pas (qui sera franchi).
Qu'en pensez-vous ?
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Hestia
le dimanche 18 janvier 2026 à 11h28
Je partage la même logique que toi @Aki : j’essaye de vivre bien les moments où je vis seule, mais je suis heureuse quand j’ai une relation amoureuse présente dans ma vie (je me suis habituée à ne se voir que toutes les 2 semaines et ai trouvé un équilibre ainsi avec des amitiés « hors norme » très proche le reste du temps et des moments solo que je vis mieux)… mais pourquoi on « devrait aimer » vivre seul.e ? 🤔
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Aki
le mercredi 21 janvier 2026 à 15h21
Je te rejoins @Hestia, j'ai eu des relations à distance (300-500 km) pendant 5 ans et me suis habitué à ne voir mes amoureuses qu'un mois sur deux, ce qui a laissé beaucoup de place pour les amitiés.
Hestia
Mais pourquoi on « devrait aimer » vivre seul.e ? 🤔
Je ne sais pas, j'ai l'impression que c'est un peu dans cet idéal "d'autonomie personnelle" (toute illusoire, bien sûr). Ce qui me semble un peu théorique puisque notre espèce a toujours vécu en groupe depuis des millions d'années et que ça lui a permis de survivre, c'est "écrit" en nous d'être constamment entouré-es et de chercher le lien social. Ca paraîtrait étrange d'exiger ça d'une fourmi, d'un mouton ou d'un manchot.
Les personnes qui m'ont évoquées cette exigence sont en fait soit des personnes très mal à l'aise socialement, soit des personnes ayant des traumas et/ou un égo extrêmement fragile ou au contraire démesuré : c'est simple pour elles de présenter la solitude comme un idéal (les autres leur font peur ou leur semblent "inférieurs", insupportables, etc).
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Siestacorta
le mercredi 21 janvier 2026 à 15h56
Hestia
mais pourquoi on « devrait aimer » vivre seul.e ? 🤔
Mes remarques sur les recherches d'un équilibre à trouver "seul" ne sont pas une injonction à désirer la solitude, mais plutôt à ne pas considérer comme normal de charger une personne de notre équilibre.
J'y vois plusieurs intérêts :
- savoir ce qu'on demande à un autre partenaire, pourquoi on a besoin de la relation. Et c'est pas une évidence. Oui nous sommes des êtres sociaux, mais aussi des êtres complexes. Nos raisons et nos façons de nous lier diffèrent. Connaitre profondément ce qu'on est seul, c'est connaitre ce qui fait qu'on veut se lier.
Donc faire vivre une relation engagée que si on sait ce qu'on demande, et si on a confiance que l'autre peut nous le donner.
-deuxième effet kiss-cool : on ne cherche pas la relation par répulsion à la solitude, l'autre n'est pas là par défaut, mais parce qu'on lea choisit vraiment. Ya pas d'urgence, le connaitre est plus important que de ne pas être seul.