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Bis et polys : cela coule de source ?

Sexualités
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ScottBuckley

le mercredi 17 avril 2013 à 11h42

Bonjour,

Instinctivement, sans chercher à 'intellectualiser' cela, j’ai le sentiment qu’à la naissance, en tant que bébé venant au monde (sans frontières), nous naissons dans une ouverture totale, sans préjugés sociaux, sexuels ou raciaux, sans norme de la société, nues, sans vêtement ni uniforme, sans genre ‘éducatif’ déjà trop défini, ce qui nous amènerait plus facilement à aimer toute personne qui se trouve dans notre entourage et qui nous apporte du bien-être.

Du coup, j’ai le sentiment qu’à la naissance, nous ne serions pas hétéronormées monogames, mais plutôt libres et ouvertes, ce qui favoriserait des sentiments positifs, de l’affection, voire plus tard des amours, avec des horizons très vastes, des yeux et un coeur frais…

Ce qui m’amène à penser ( ce n’est que mon humble ressenti ) que nous serions plutôt prédisposées à la naissance à être des personnes plutôt polys et bisexuelles, dans notre orientation à l’égard des autres qui se présentent devant nous, et que ce sont les sociétés et les religions qui nous auraient formatées à rejeter toute pratique qui ne lui conviendrait pas (sexualité ludique non procréative, homosexualité, bisexualité, amours plurielles, nudité, masturbations féminines et masculines à tous âges dès l’enfance, liberté sauvage de la femme qui court avec les loups.…), cherchant à écraser nos libidos et nos désirs, ou à les détourner, notamment vers des buts mercantiles (publicités où la femme est transformée et réduite en objet érotique que l’on peut posséder…).

Comme si parfois certaines sociétés (religieuses, politiques…) avaient intérêt à nous rendre insatisfaits, à nous diviser, à nous empêcher de nous aimer pleinement et librement pour mieux nous frustrer, nous contrôler, tout en faisant croire l’inverse (“aimez-vous les uns les autres”, etc.).

Ce qui expliquerait en partie pourquoi un grand nombre de personnes découvrent souvent tardivement leur bisexualité, leur homosexualité ou leur libre orientation polyamoureuse, en raison de ces tabous, de ces interdits et sentiments de culpabilités venant d’en haut.

En rencontrant de plus en plus souvent des polys qui sont bis, je me suis dit : ‘ Tiens, et si tout cela coulait de source depuis la naissance ? ’ .

Qu’en pensez-vous ? Cela vous parle-t-il ?

Et connaissez-vous des personnes ou contacts ou ressources ou lieux sur le thème notamment de la bisexualité ?

Si oui je suis preneur ! (ici sur le forum et-ou par message privé), merci (+) !

Au plaisir d’échanger avec vous sur ces riches ouvertures potentielles !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LittleJohn

le mercredi 17 avril 2013 à 12h03

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Siestacorta

le mercredi 17 avril 2013 à 12h42

Ben "à la naissance"

- soit c'est à l'origine, âge d'or toussa toussa, et bon, modélisation par l'idéal contre modélisation par la construction sociale contemporaine.. Pourquoi pas, mais en gros, si on accepte le raisonnement, chacun peut définir un âge d'or selon ce qui l'arrange de projeter par la suite.

- soit c'est une question sur la biologie éduquée... et faut se rappeler que biologiquement, c'est beaucoup plus tard qu'on est formé pour ressentir en termes sexuels.
Pendant l'enfance, on est pervers polymorphe (pansexuel si vous voulez dire ça en ajoutant des paillettes), on tire du plaisir de rapports humains, et ces plaisirs peuvent être "rapportés" à des plaisirs homos, hétéros, sado-masos, auto-érotique,par une grille de lecture adulte sexualisée (*).
Mais l'étape suivante, c'est le moment où nos gonades commences à produire des gamètes. Ca représente un changement de perception du monde (hormones à l'intérieur, changement du corps, regard des gens sur notre corps) qui n'annule sans doute pas l'expérience "ouverte" antérieure, mais qui nous détermine tout aussi fortement.

Après, ya tous les autres facteurs affectifs, culturels...
Je pense bien sûr qu'on peut les connaître pour "relativiser" l'hétéronorme, mais chaque facteur ne sera jamais assez porteur de sens à lui seul pour dire qu'une orientation sexuelle serait plus "logique" ou plus "normale" qu'une autre.

(*) : je vous parle bien sûr pas du tout de transformer cette projection d'adulte en projet de relation enfant/adulte. Ca va sans dite, ça va mieux en le disant.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 17 avril 2013 à 14h09

Je suis partagée sur cette question...

Je crois quand même de plus en plus que la bisexualité - ou la pansexualité, à mon avis c'est un peu la même chose avec un nom différent mais là c'est un avis personnel - ce n'est pas exactement une orientation sexuelle comme peut l'être l'homosexualité et l'hétérosexualité.

Je connais et fréquente un certain nombre de bi et aussi un certain nombre d'homos. Les homos, gays et lesbiennes, avec qui j'ai pu échanger, sont unanimes sur un point : ils ont toujours su. Ils ont mis plus ou moins de temps à l'accepter, mais ils ont vraiment toujours connu intimement leur orientation sexuelle.

En revanche les bi et les pan- (dont je fais partie, je crois) se révèlent très souvent au bout de nombreuses années de doutes, d'interrogations - et à l'issue d'un travail véritable de déconstruction et reconstruction de soi, de réflexion sur les relations et les désirs.

J'aimerais bien avoir à ma disposition des chiffres plus sérieux, qui dépassent mon expérience personnelle et celle de mes ami-e-s. Mais en gros, pour résumer mon impression (qui est juste une impression) : l'homosexualité et l'hétérosexualité se vivent comme des dimensions de l'identité dès l'origine, la bisexualité est plutôt quelque chose qui se choisit au détour d'un parcours singulier... Si certains ont des contre-exemples, je suis très intéressée.

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Apsophos

le mercredi 17 avril 2013 à 14h15

"J'ai fait le choix de ne pas faire de choix." ?

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Tamara

le mercredi 17 avril 2013 à 15h19

J'ai pas vraiment de réponses pour tous ça. C'est somme toute un sujet très vaste, mais voila ce que ça m'évoque :

- revenir ou redécouvrir en moi l'innocence de l'enfant a fait que je me suis mise avoir du désir pour des femmes (celui pour les hommes n'a jamais disparu ). J'ai pas le sentiment d'avoir fait un choix, c'est venu comme ça...

- Lors de test scientifique : diffusion d'images de scène homosexuelles masculines et capteurs sensoriels sur le public. Chez les hommes hétéro très réticent, voir qui ressentent du dégout pour l'homosexualité masculine les réactions d’excitation physique sont plus forte que chez les autres hétéros.

- Malgré l'influence de l'éducation qui commence trés trés tôt. De tout temps (voir culture amérindiennes) des enfants adoptent des comportements dit du sexe opposé.

Alors peut-être que ça doit dépendre des personnes... Peut-être que dés le départ certains sont bi, d'autres homo, d'autres hétéros, d'autres poly, d'autre mono...En tout cas j'aime bien cette idée parceque des fois ça me dérange le coté élitiste ou les sentiments de supériorités liées à la plurisexualité. J'ai rien entendu de tel dans vos propos.

Et ce qui est sur pour ma part c'est que devenir soi, surtout si c'est pas dans la norme demande beaucoup, beaucoup de des-apprentissage et aussi du courage.

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Tamara

le mercredi 17 avril 2013 à 15h44

ah un souvenir...

Mon fils a 18 mois il touche sa zigounette toute dure et prend ma main pour que je continue... première occasion de lui apprendre l'intimité et les limites avec maman.
J'ai eu le sentiment qu'il aurait pu avoir la même demande avec n'importe qui avec qui il se sentait en confiance et quelque soit son sexe;

Autre souvenir à 2 ans : on est au bord d'une piscine une amie le prend sur ses genoux. Elle est seins nus ; il lui chope le sein avec sa bouche... Je vous dit pas la surprise pour elle et la rigolade...

Peut-être que le désir (la libido) prend racine très tôt sans notion de choix ou de gout. Elle serait un temps dans l'indifférencié puis formaté ou éduquée, cette notion est indispensable pour poser des limites (notion d'intimité, incest, viol..), mais malheureusement aussi dirigée : tu es une fille donc, tu es un garçon donc... L'amour c'est un homme et une femme...Je crois qu'on verrait bcp moins de détraqués sexuels si on éduquait librement sans diriger...

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aviatha

le mercredi 17 avril 2013 à 16h40

Je me permet d'ajouter ma petite pierre à l'édifice.
Lorsque j'étais petite et qu'on m'a annoncé que j'allais avoir un petit frère, j'ai posé la question fatidique à mes parents, mais l'histoire de la petite graine me laissait sur ma faim. Ma mère m'a acheté une K7 (je crois qu'elle existe toujours, mais c'est en DVD maintenant) qui s'appelait Le Bonheur de la Vie. Là, pour le coup, c'était complet, depuis le nombre de chromosomes au fonctionnement de l’allaitement... Il y avait un passage dans un parc avec un couple de nounours qui promenait le landau, des petits cœurs au-dessus de la tête. Ils passent devant des bancs, sur lesquels il y a des amoureux monsieurs-et-madame nounours, monsieur-et-monsieur nounours et madame-et-madame nounours. Et la voix qui raconte dit, je sais plus exactement comment, que en gros, s'il faut un papa et une maman pour faire un bébé, deux monsieurs et deux madames peuvent très bien être amoureux, seulement ils ne peuvent pas faire de bébé.
Du coup, moi qui avait été très amoureuse d'un des garçons avec qui j'avais été élevée, quand j'ai eu un coup de foudre pour une fille de ma classe en 6ème, j'ai su que j'étais "comme ça". Le fait que mes parents l'est présenté (au moins un des deux regardait la K7 avec moi, pour que je leur pose des questions parfois) comme quelque chose de naturel, une possibilité parmi d'autres, m'a fait accepté ça naturellement. Pour moi je le suis, je l'ai toujours été, et voilà. Mais cela est pour moi si naturel, que je ne pense pas qu'on puisse choisir de l'être ou pas.

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Tamara

le mercredi 17 avril 2013 à 17h06

Oh c'est super ça je vais absolument rechercher ce DVD...
Mes enfants sont grands mais je connais pleins de parents et des lieux parent-enfants que ça interressera...
Bon moi j'ai grandi chez les témoins de Jéhovah... comme quoi on peut se sortir de tout type de mauvaise éducation...

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aviatha

le mercredi 17 avril 2013 à 17h22

J'ai retrouvé, c'est Folimages qui fait ce dvd, on peut voir un extrait sur leur site, sur la fécondation, je trouve ça toujours aussi bien que quand j'avais 3 ans^^

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ScottBuckley

le jeudi 18 avril 2013 à 01h22

Bonjour,

Et merci déjà pour vos premières réactions, réponses et ressources, et merci à LittleJohn pour le lien ci-dessus vers un post lié à ce même sujet (datant du 22 mai 2011 mais toujours intéressant : à quand un index par thèmes + précis ou moteur de recherche interne dans ce forum, avec des mots-clefs comme “bisexualité”, “new relationship energy/limerence”, sans passer par le géant google ? ce serait fort pratique et précieux !).

En écrivant ce post, j'avais également une autre idée en tête, que je n'avais pas eu le temps de formuler :

quand on est bi (et non pas uniquement hétéro ou homo), est-on plus disposé-e à être poly, du fait d’une orientation sexuelle plus vaste ?

Si on est attiré-e à la fois par une ou certaines femmes et dans le même temps par un ou certains hommes, n’est-on pas encouragé-e du coup à faire le choix ensuite d’aimer au pluriel, pour épanouir plus pleinement ses goûts et attirances doubles voire multiples ?

A titre personnel, si j’étais bi (ce que je serai peut-être un jour, qui sait ?), le choix ou le sentiment et désir d’avoir à assumer une vie polyamoureuse seraient arrivés d’une façon bien plus impérieuse, de façon très logique, presque vitale (c’est mon humble ressenti).

Et bien sûr on peut voir la même chose dans l’autre sens : le fait d’être une personne polyamoureuse, de ressentir cela en soi, et de l’assumer, peut conduire par la suite à remettre en question son orientation sexuelle, et à se questionner sur son éventuelle et potentielle bisexualité (je ne maîtrise pas le sens de ‘pansexuel’, donc je ne l’emploierai pas ici), voire à devenir une personne bisexuelle, à sa façon, par exemple avec certaines personnes en particulier et pas avec d’autres.

Comprenez-vous cette réflexion et ces questionnements ?

* Un jour prochain, dans un post sur un autre thème bien plus large, j’aimerais aborder avec vous l’idée de l’OuSePo, alias l’Ouvroir des Sexualités Potentielles (qui s’inspire très librement de l’OuLiPo littéraire de Queneau et Perec), OuSePo créé en février 2009 (peu de temps après ce forum !), afin d’explorer d’autres horizons et pratiques sexuelles expérimentales, ludiques, décalées, consentantes, et dont il est question dans le dictionnaire Sexe Libris, page 289 (un riche dictionnaire rock historique & politique du sexe, écrit par Camille de Rue69, aux éditions Don Quichotte/Le Seuil, paru en 2012, 463 pages, 20 euros).

Ça vous intéresserait, l’OuSePo comme autre thème de post et fil de discussion ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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juby

le jeudi 18 avril 2013 à 02h24

Je suis en pleine réflexion à ce sujet. Poly depuis 6 ans, je suis arrivée naturellement à ce questionnement. Depuis un an, je rage contre le fait que mes coups de coeur, mes coups de cul, mes coups de tête soient tous exclusivement masculins. J'ai cherché à quoi c'est du, je me suis remise en question, j'ai surtout été surprise de ma perméabilité aux normes. Eh bien, selon une amie qui a oeuvré dans le domaine depuis 20 ans, qui a étudié la question scientifiquement et qui est lesbienne assumée (une des militante pour le droit au mariage gay ici), c'est tout à fait clair et net que je suis tout simplement hétéro (elle le déduit de mes réflexions, mais aussi de sa connaissance de moi). Après des lustres de réflexion, elle a arrêté d'essayer de comprendre: il faut accepter que nos inclinaisons sont le fruit de facteurs à la fois biologiques et sociaux. On ne peut que constater le résultat, et essayer de s'accepter comme tel.
Bref, il est possible que pour moi le moule social n'ait pas pris sur la multiplicité des amours, mais oui sur leur genre. Il est aussi possible que ma biologie me rapproche naturellement tellement plus des hommes que des femmes que je sois "condamnée" à n'aimer qu'eux. Bizarre tout de même, mon cerveau refuse encore la conclusion, mais mon corps et mon coeur continuent de faire comme si elle était valide ;).

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