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Gestion d'une situation mono-poly

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bonheur

le samedi 24 juin 2017 à 16h20

Oui, personne ici n'impose quoi que ce soit à qui que ce soit.

Pour ceux qui veulent me comprendre, lire "le jour où j'ai appris à vivre", de Laurent Gounelle. L'optique de vie y est parfaitement décrite.

Le boulot m'appelle, je file...

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Siestacorta

le samedi 24 juin 2017 à 18h33

Polygonale
J'avais vu certains fils ou on mettait en garde les poly de ne pas avoir un complexe de supériorité et pendant un temps je pensais même en voyant ça que le polyamour c'était du pro élitisme, les propos tenus sur ce fil me prouve que j'avais peut être pas si tort que ça et c'est triste et dommage, surtout pour l'image du​ poly et des gens qui viennent découvrir cela....

Autant ça m'arrive de taper gratos sur une certaine culture de la monogamie, de l'amour romantique, parce qu'on est bien noyé dedans depuis le berceau et que ça défoule de répondre, autant, pour ma part, j'ai tendance à pas juger la qualité de vie des monos, ni leurs raisons de rester dans ce cadre.

Ce qui m'emmbête c'est pas la monogamie en soi, c'est qu'il y ait une norme dans le besoins affectifs.
Or, il y a un éventail de bien-vivre possibles, qui, selon les individus, peut aller d'une vie d'ermite à une vie en grande collectivité, en passant par la monogamie et plusieurs formes de relations poly. On peut être nullipare ou fonder des famille de plus de dix enfants.

Bref, ça pour dire qu'heureusement, plein de poly n'ont pas de jugement de valeur a priori sur les gens qui vivent dans la monogamie.

Je pense que, si, en dehors d'occasions comme ce fil où ce jugement est caricaturalement explicite, on peut sentir dans le forum un "complexe de supériorité, c'est
- pour le côté revanchard. Ici, si après des années de malaise avec la norme, on peut enfin construire son point de vue. Beaucoup d'entre nous sommes passés par une période de vie monogame, des frustrations sont restées, en parler prend parfois des tournures vindicatives. C'est aussi un peu le côté nouveaux-convertis. On est tellement content d'être passé à quelque chose de neuf, faut que ça se sache.
- parce qu'on construit une autre grille de lecture... on est donc dans le revendicatif, parce qu'on peut dire en quoi la grille de lecture normée nous a contraint. Ce regard critique nous donne pour pas cher la position de "sage", on a souvent l'air plus malin en disant "je suis pas d'accord et j'explique pourquoi" qu'en disant "tout va bien, j'ai pas de commentaire".
- parce que, variante de la même idée, on fait partie d'une minorité par rapport à une majorité. Comme on parle de choix éthiques, c'est une minorité qui se constitue par des choix plutôt que par une naissance. On peut paraitre élitiste, et pour certains, être tentés par l'élitisme juste par cet effet de "minorité".
- parce que puisque sortir d'une norme mono nous prend pas mal d'énergie dans une société mono, il manque souvent une part d'autocritique, qui à mon sens ne pouvait pas arriver ou se faire entendre dans les premières années de la polyhstoire. On est super à l'aise pour expliquer que la jalousie ça se dépasse, qu'il y a une émancipation à affirmer nos sentiments et besoins, mais il y a un certain impensé dans les rapports de force et les "tumultes" de nos vies plurielles.

Bref, être poly je crois que c'est un bon choix, mais il n'est pas meilleur qu'un autre : si un copain mono me parle de ses difficultés dans une relation amoureuse, je vais pas lui répondre "vu que ta façon d'aimer c'est nul, c'est normal que tu rames"...
Je lui réponds en tenant compte de ses besoins à lui.

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bonheur

le samedi 24 juin 2017 à 21h45

Siestacorta
Bref, ça pour dire qu'heureusement, plein de poly n'ont pas de jugement de valeur a priori sur les gens qui vivent dans la monogamie.

oui, surtout lorsque l'on vit avec depuis presque 30 ans...

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Camille_B

le dimanche 25 juin 2017 à 01h00

Les chiffres sur le taux de divorce et sur l'adultère sont connus, faut pas non plus se leurrer ...

Et puis un moment il est quand même bon de faire l'histoire de la monogamie qui n'a pas grand chose à voir avec l'amour mais bien plutôt avec l'héritage, la lignée, et l'assurance que l'enfant est bien celui du père ( dans notre société aux origines patriarcales si l'homme n'a pas toujours été monogame, la femme si, devinez pourquoi ).

Ca ne veut pas dire que l'amour en monogamie c'est mal ou que c'est impossible, mais simplement que c'est quelque chose d'assez jeune ( 100 ans en comptant large ? ) et que l'amour "jusqu'à ce que la mort nous sépare" ( je ne parle ici d'union mais bien d'amour ) en monogamie n'a jamais été une réussite d'un point de vue "sociologique" ( c'est-à-dire si l'on prend des populations entière et non pas des individus ).

Ce que je veux dire c'est les "promesses de la monogamie" en matière d'amour ne sont pas actuellement mises à mal, non, elles n'ont simplement jamais été tenues ( je parle sur le plan sociologique, pas individuel, je tiens à la rappeler ).

Oui ça fait mal à entendre, mais c'est un fait.

Ce qui ne veut pas dire que le polyamour soit LA solution, mais simplement que la "recette" de l'amour est à chercher ailleurs que dans des modèles conjuguaux.

Ou plutôt qu'il n'y a pas de recettes toutes prêtes. L'amour c'est la relation qui se tisse entre deux êtres, et dans ce domaine la sociologie ne nous apprend pas grand chose car c'est un domaine par définition fondamentalement "individuel" :)

Mais ça ne veut pas non plus dire que les modèles conjuguaux n'ont rien à faire là-dedans, bien au contraire. C'est à chacun de trouver l'équilibre, l'organisation, les règles qui lui conviennent.

C'est en sens, il me semble, que l'on peut dire que le polyamour ( ou n'importe quoi d'autre, y compris la monogamie ) peut-être une solution pour telle situation particulière, mais qu'il ne peut être présenté comme solution pour des populations entières.

C'est d'ailleurs pour la même raison que la monogamie comme norme, à partir du moment ou nous avons fait de l'amour le "ciment" du couple, est aussi défectueuse : nous imposons un modèle à des populations pour un problème qui concerne des individus.

Quand la monogamie était un moyen d'organisation sociale dans lequel l'amour avait une place secondaire ( interdiction du divorce, obligation d'avoir des enfants, criminalisation de l'adultère etc. ), ça fonctionnait très bien ... en termes de statistiques. Mais probablement aussi mal qu'aujourd'hui ( peut-être même encore plus mal ), en termes affectifs ...

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bonheur

le dimanche 25 juin 2017 à 15h10

(+) je n'ai rien à ajouter, ni à contredire !

Lire "amours" de J. Attali repris également par P. Salomon "bienheureuse infidélité".

Je pense en effet qu'il s'agit d'un débat de sociologie plutôt que de psychologie... et surtout d'un débat sur l'avancée individuelle face à un constat normatif à bout de souffle collectivement.

Il faut je crois différencier le polyamour en tant que concept et le polyamour en tant que bienfait de l'individualité (ou non d'ailleurs, pour ceux qui ne s'y retrouvent pas). Le tout étant de se découvrir dans son individualité et dans son unicité, plutôt que de se considérer comme devant respecter un concept d'une société qui a épuisée ses ressources"universelles".

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Siestacorta

le dimanche 25 juin 2017 à 16h05

Camille_B

Ce que je veux dire c'est les "promesses de la monogamie" en matière d'amour ne sont pas actuellement mises à mal, non, elles n'ont simplement jamais été tenues ( je parle sur le plan sociologique, pas individuel, je tiens à la rappeler ).

Oui ça fait mal à entendre, mais c'est un fait.

Ce qui ne veut pas dire que le polyamour soit LA solution, mais simplement que la "recette" de l'amour est à chercher ailleurs que dans des modèles conjuguaux.

Ou plutôt qu'il n'y a pas de recettes toutes prêtes.

Oui, d'accord. Mon soucis est plus que notre culture tend à faire croire que la recette mono serait universellement valable (et vérifiée).
C'est faux.
Maintenant d'en conclure que les gens qui veulent être monos ont tort, ce serait biaisé.

Camille_B
L'amour c'est la relation qui se tisse entre deux êtres, et dans ce domaine la sociologie ne nous apprend pas grand chose car c'est un domaine par définition fondamentalement "individuel" :)

Hmmmmm. C'est là où "amour" est trop polysémique.
Ca parle des sentiments, qui sont individuels.
Des relations entre individus, qui sont spécifiques.
Mais tout cela est fabriqué par une société, par des structures que la sociologie décrit.
Je crois que chaque personne qui aime n'invente pas un amour original. D'abord parce qu'il y a pas mal d'ingrédients communs (amitié, passion, attirance, reconnaissance, désir, générosité...), qui, sans jamais suffire à décrire notre vécu spécifique, éclairent beaucoup de situations.
Ensuite, chaque individu reproduit des formes proposées par la société où il vit (et la société contemporaine est particulièrement bavarde, en fictions, art, média, réseaux sociaux), ou il "déconstruit" ces déterminismes, souvent dans un mouvement d'opposition binaire - or c'est plus difficile que ça de faire le tri, dans ce qui nous construit, entre ce qu'on trouve équilibrant pour nous et ce qu'on trouve inutilement contraignant.

Ce que la société propose, qu'on l'intègre ou qu'on s'y oppose, laisse donc une marque déterminante. Il y a des forces sociales qui s'imposent toujours pour décrire les choix individuels, ça dépasse toujours le "je t'aime comme ça et ça vient de nulle autre part que moi".

Faut pas croire, hein, je pense bien que l'individu est irréductible, mais je pense aussi qu'il tend à vivre en société, à entrer en relation. S'il veut des rapports avec d'autres humains, puisqu'il ne peut pas être assuré d'être compris spontanément au détail près, il utilise des codes : langage, conventions sociales. Il y en a plein pour l'amour, la relation... et les comprendre, faire ses choix parmi eux, ne permet pas je crois de s'en affranchir totalement, de n'être que nous-même et pas aussi la personne que l'autre voit.

Camille_B
la monogamie comme norme, à partir du moment où nous avons fait de l'amour le "ciment" du couple, est aussi défectueuse : nous imposons un modèle à des populations pour un problème qui concerne des individus.

Vrai. L'amour n'est pas censé être un projet de société.
C'est un rapport riche mais trop complexe pour y chercher un modèle.
Et il est par ailleurs vécu par des individus qui évoluent dans le temps, c'est beaucoup ça aussi qui relativise toute "recette" relationnelle. On cherche à cimenter le cadre de nos propres vies, alors qu'elles sont comme des cours d'eau, qui changent selon le moment et le lieu.
Et le ciment en question est, en réalité, un mélange instable...

Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

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Camille_B

le dimanche 25 juin 2017 à 21h41

Tout à fait d'accord avec vous deux.

Petite précision : je ne crois pas non plus à l'absolu unicité de chaque individu. Dans les faits nous sommes constitués de particularités, changeantes dans le temps, que l'on peut toutes retrouver chez un tel et un tel. Mais ce qui fait qu'il est difficile d'appliquer des recettes, et par là montre notre "individualité", c'est que ces éléments épars, leur somme, se retrouvent rarement dans leur totalité chez deux personnes différentes.

Et comme les relations affectives sont par définitions des choses qui se passent entre plusieurs personnes, ces particularités se multiplient d'autant plus.

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calinou696

le dimanche 25 juin 2017 à 21h53

Camille_B
. Dans les faits nous sommes constitués de particularités, changeantes dans le temps,

Moins dans un couple mono ;-)

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kill-your-idols

le lundi 26 juin 2017 à 14h52

Polygonale
Ouai les chiffres de ce genre qui sortent du chapeau du magicien, j'y crois pas trop, c'est comme si je disais que 80% des couples mono poly se sépare, ça n'a pas vraiment de sens, ni de sources.

Je pense pas qu être poly, mono ou autre change quoi que ce soit en terme de pourcentage, c'est le propre des relations humaines qui sont compliqués, changeantes, évolutives​ et bien d'autres choses encore

A en croire kill your idols le poly est en quelque sorte la solution mais personnellement il n'y en a aucune, juste le choix qu'on fait avec ce que l'on est et ce que l'on souhaite, mono poly ou autre ça ne compte pas.

Le poly la plus grosse chance de notre vie, pour toi peut être kill your idols, en plus on dirait une secte, venez mes enfants, le poly va vous sauver de l infamie monogamie.

Bref à vomir ce genre​ de discours et je m'étonne de voir Bonheur qui est toujours ouverte et compréhensive acquiescer ce genre de discours...

Mes chiffres viennent d'une série d'études et de sources différentes que j'ai lu au cours de ces dernières années. Peut-être que le nombre de mariages qui finissent en divorce est de 55%, ou peut-être de 63%, mais cela ne change pas grand chose à la donne. Le problème est toujours là:

La monogamie ne fonctionne pas.

On peut toujours se dire que pour nous c'est différent, que nous avons fait des études, que nous venons du Sud, que notre maman nous achetait toujours des chocolatines à l'école, et que nous serons capables de créer une relation monogame qui fonctionne (quitte à se retrouver face à l'évidence 2-3 ans plus tard, et à passer de nuits blanches à se demander "pourquoi, pourquoi toujours à moi?").

Ou bien, on peut prendre la réalité pour celle qu'elle est et intégrer le fait que la monogamie ne fonctionne pas.

On peut faire du polyamour pur et dur, on peut avoir une relation principale avec des relations secondaires qui vont et viennent, on peut se dédier à la monogamie en série... les possibilités ne manquent pas!

En tous cas, une fois qu'on a compris le fonctionnement à long terme des situations, la vie relationnelle devient très simple: on arrive à prévoir le comportement des autres, et on peut anticiper leur réactions.

est-ce que c'est un jugement de valeur sur les monogames? Est-ce que je veux créer une secte?

Pas du tout. Je n'ai aucune haine envers les monogames, et je respecte tout à fait leur mode de vie. je crois juste que cela ne va pas les rendre heureux, c'est tout. C'est leur problème, pas le mien.

Que se passe-t-il dans une relation entre un polyamoureux et un monogame?

Là, le point de vue du monogame me concerne, et beaucoup. J'ai pour la plupart des relations avec des personnes monogames, et je ne leur cache pas mon point de vue polyamoureux. Par contre, je part du principe qu'elles sont prises dans une recherche qui n'a pas de chances d'aboutir, et qu'elles restent des personnes fragilisées.

Donc, avec elles, je multiplie mon attention. je fais de manière à qu'elles se sentent aimées, qu'elles soient satisfaites sentimentalement et sexuellement, qu'elles se sentent bien avec moi comme et plus que dans une relation monogame... bref, je prends beaucoup sur moi!

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