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Quand multiplier les amours multiplie les peines

Témoignage
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HeavenlyCreature

le mercredi 12 juin 2019 à 23h57

Un moment que je n'avais plus posté.
Petit passage à vide, mais je remonte doucement la pente.
Depuis 1 an 1/2, j'enchaîne et/ou superpose les relations amoureuses (souvent foireuses), chacune venant compenser les carences de l'autre et/ou panser la précédente. Chacune me donnant l'illusion de combler mon manque existentiel.
Pourtant, j'ai aimé sincèrement tous ces hommes (et je les aime tjs), chacun à leur manière, et à chaque séparation (ou éloignement) le trou dans mon cœur s'est agrandi un peu plus. Aujourd'hui, ce n'est pas un deuil amoureux que je dois surmonter, mais plusieurs. Ironie du sort, ou effet boomerang...? À multiplier mes amours, j'en ai démultiplié ma peine. Je me sens comme un vaisseau fantôme...
Je n'attends pas de solution (apprendre à être seule et à m'aimer, ça je le sais déjà), j'avais simplement besoin d'exprimer ce manque d'eux tous..
Merci de m'avoir lue :)

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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Minora

le jeudi 13 juin 2019 à 00h37

Smiley gros câlin <3

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bonheur

le jeudi 13 juin 2019 à 06h45

Fantôme ou non, un vaisseau vogue vers quelque part... Prends soin de toi !

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bovary3

le jeudi 13 juin 2019 à 06h54

Bonjour HeavenlyCreature,
je suis nouveau sur ce site, et je veux d'abord te dire ma compassion, même si je ne te connais pas, et ensuite te remercier de me faire découvrir cet aspect du polyamour que je n'imaginais pas; je croyais naïvement qu'une fois qu'on a dépassé la jalousie, qu'on a trouvé un groupe d'amis qui partagent le même mode de vivre et d'aimer, on pouvait se sentir plus serein, je vois qu'il n'en est rien, pour toi.
Ce que je sais, pour l'avoir vécu, c'est que d'exprimer ses sentiments face à une situation difficile qu'on ne contrôle pas, permet de prendre distance et d'avancer. Ce que ça m'évoque, c’est mon cours de philo de Terminale sur l'existentialisme, cette citation de Camus: "il fait imaginer Sisiphe heureux".
Amicalement

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HeavenlyCreature

le jeudi 13 juin 2019 à 18h59

Merci Mimora et Bonheur pour vos petits mots réconfortants.
Bovary également, même si je ne suis pas certaine d'avoir bien saisi ta référence (il faut dire que la philo et moi, ça fait 2).
Fichue solitude ! Faudra bien qu'un jour, je m'y colle !

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bovary3

le jeudi 13 juin 2019 à 20h30

Bonsoir HeavenlyCreature

désolé pour la référence de philo, c'est que je me pensais à quelque chose qui me touche affectivement : le souvenir de mes potes de terminale d'abord, et ensuite une réflexion sur l'amertume de l'existence ... je ne cherche vraiment pas à frimer!...ce serait minable!

Ce que je veux dire c'est que la vie est souvent difficile, qu'elle parait même parfois absurde, mais que notre dignité humaine c'est d'y faire face, d'essayer de ne pas trop se raconter de romans, et au moins que nous pouvons avoir la fierté d’être le plus lucide possible, de faire de notre mieux.

Merci de ta remarque, j'éviterai le plus possible de me laisser emporter,et en plus ce n'est pas la première fois que je me ramasse sur ce site!

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Siestacorta

le jeudi 13 juin 2019 à 20h59

And everybody hurts sometimes
So, hold on, hold on
(...)
Everybody hurts
You are not alone

(j'avais pas grand-chose à répondre d'autre, désolé)

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LeCielEstBleu

le jeudi 13 juin 2019 à 21h06

Marrant (si on peut dire...), cela fait un moment que j'avais envie de lancer un post similaire, sur la difficulté de la perte / de la rupture dans le polyamour. J'ai pensé à 2 éléments qui compliquent la chose :
d'abord il me semble que la multiplication de ce que Bonheur appelle les "pouf" fait qu'en vivant plusieurs relations, on vit peut-être une vie émotionnelle plus intense. Du coup, j'ai personnellement du mal à m'habituer parfois au côté "là, y a personne".
Et puis surtout, mais c'est peut-être plus dû à mon caractère, j'ai l'impression d'envisager plus les relations dans la durée (dans le sens où l'amour pour un autre ne mettant pas fin à une relation, a priori, il y a moins de raison de se séparer si on s'entend bien et si on est heureux ensemble). La rupture est d'autant plus douloureuse.
J'ajoute encore un troisième point: la difficulté que j'ai à cloisonner... quand ça ne va pas d'un côté, ça se répercute assez sur les autres relations...
Tout ça (et bien d'autres choses) font que j'en ai bien bavé récemment - mais ça va mieux : en se recentrant sur soi, en regardant tout ce qu'on a déjà (plutôt que ce qu'on a pas), en souriant aux autres... Courage à toi! Chaque fin est un début...

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bonheur

le jeudi 13 juin 2019 à 21h36

Peut-être chacun-e pourra trouver des pistes de réflexion personnelle dans cet ancien fil de discussion

/discussion/-RV-/Je-t-aime-je-te-quitte/

LeCielEstBleu
Chaque fin est un début...

Je le pense également !

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HeavenlyCreature

le jeudi 13 juin 2019 à 21h49

bovary3
Bonsoir HeavenlyCreature

désolé pour la référence de philo, c'est que je me pensais à quelque chose qui me touche affectivement : le souvenir de mes potes de terminale d'abord, et ensuite une réflexion sur l'amertume de l'existence ... je ne cherche vraiment pas à frimer!...ce serait minable!

Ce que je veux dire c'est que la vie est souvent difficile, qu'elle parait même parfois absurde, mais que notre dignité humaine c'est d'y faire face, d'essayer de ne pas trop se raconter de romans, et au moins que nous pouvons avoir la fierté d’être le plus lucide possible, de faire de notre mieux.

Merci de ta remarque, j'éviterai le plus possible de me laisser emporter,et en plus ce n'est pas la première fois que je me ramasse sur ce site!

Mince alors c'était pas du tout dit dans ce sens, c'est moi qui n'ai pas compris mais y avait rien de prétentieux dans ton message :)
Merci, dit comme ça c'est plus clair et très juste faire de son mieux j'aime cette idée (+)

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oO0

le jeudi 13 juin 2019 à 23h42

Un passage à vide ? Le vide que laisse les autres ...

Dans la manière dont tu décris ce passage à vide, tu fais bien voir comment les personnes qui laissent ce vide en toi brille par leur absence. Dès le début de ma vie relationnelle, j'ai appris à vivre les moments d'absence comme l'occasion de réaliser en conscience l'histoire qui était en train de se vivre et de se réaliser. Au moment où une histoire se vit, il est plus difficile de savoir ce qui se vit, nous sommes dans l'émotion de l'interaction et la réflexion est en retrait. Elle ne revient que lorsque l'histoire ne se vit plus. De vie, elle devient vécu et se prête plus facilement à se raconter, à devenir une histoire. Le temps qui passe opère comme le reflet d'un miroir, le présent devenu passé peut se réfléchir dans le futur devenu présent. Et lorsque les moments de vie reviennent, il est alors possible de se la raconter, d'imaginer comment la vivre.

Ces moments d'absence vont de la vie quotidienne que chacun.e mène de son côté, à des absences plus ou moins prolongées ou encore, à des ruptures ou des séparations qui nécessitent toujours que le temps passe pour se confirmer : "N'ai-je pas mis fin trop vite à notre histoire ? N'ai-je pas accepté trop vite la fin de notre histoire ?" Dans ces moments d'absence, le manque donne à voir le désir ressurgir. "Tu me manques !" ou "Je te désire encore" sont fort proches. D'ailleurs, à tort où à raison, beaucoup considèrent que le désir disparaît une fois que le manque qui l'anime est comblé. Ici, j'aime à penser que le manque a autant de valeur en soi que le désir. Que ni l'un, ni l'autre n'ont besoin d'être comblés ou satisfaits pour avoir de la valeur en soi. Sans l'expérience du manque dans une quelconque forme d'absence, nous n'aurions probablement pas la chance de réaliser la chance de ce que nous vivons ou avons vécu. Même si le désir ne peut plus se vivre, il nous dit que ce qui a été vécu était désirable.

"Il n'y a pas de vie qui en vaille la peine sans peines." C'est une autre petite maxime que je me suis faite. Si le manque du désir est encore là malgré les peines, c'est que cela en valait la peine. Il n'y a pas d'histoire qui se vivent sans se donner la peine de les vivre, d'oser aller au devant de ses désirs avec tous le stress des émotions qui se confondent. Toutes les peines sont autant de marques d'une réalité bien loin de l'idéalisation de nos désirs bien souvent vierges de telles marques. Les désillusions sont comme le sceau de la réalité sur les illusions de nos désirs. Il n'y a rien de mal à de telles illusions, le désir est idéalisation car il permet de projeter une autre idée de la réalité. Je vais prendre l'exemple du désir d'égalité, si nous en étions resté à la réalité, sans l'idée d'égalité, sans l'idéalisation de ce qu'elle pourrait être, nous en serions restés à une perspective d'avenir où les rapports de domination entre hommes et femmes seraient naturels. Après, sans le désir de la réalité telle qu'elle est dans le même temps, aucun projet ne peut se réaliser. Rien ne se réalise sans la réalité, sans accepter et respecter ses limites ... qui viennent se marquer dans nos esprits avec le sceau de la peine et des désillusions. Il y a dans la peine, toute la beauté de l'effort de s'être donné la peine de se confronter à la réalité et dans la désillusion, le rappel à la seule réalité possible où il est possible d'être avec les autres.

Tu parles de deuil et cela me rappelle que nous passons peut-être trop souvent à côté d'une expérience riche de sens, parce que riche d'émotions. Une expérience qui ne peut qu'avoir de valeur en soi, parce qu'il n'y aura plus rien d'autre qui puisse le donné sens. Il n'y aura pas de suite pour combler le manque. Je me demande souvent si les "étapes du deuil" ne sont pas une expérience nécessaire de l'exploration de nos émotions, de nos sentiments et de nos désirs. Car en l'absence de l'autre, nous sommes livrés à nous-mêmes, nous n'avons pas la possibilité de nous fuir dans la présence de l'autre qui, soudain, brille par son absence. C'est comme si le désir était soudain lavé par le temps qui passe de toutes les tensions qui le parasitait dans le présent : telle appréhension que ceci se passe mal ; tel propos, geste, événement, moment ou période blessante qui nous repliait défensivement sur soi ; telle ou telle préoccupation extérieure qui nous éloignait ; etc. Quand l'autre commence à briller par son absence, c'est comme si l'histoire vécue se dépouillait pour un certain temps de tout ce qui n'était pas ce qui faisait que cette histoire a(vait) un sens.

Alors, HeavenlyCreature, ici, je ne fais que te partager ce que m'évoque ce que tu racontes. Pour ma part, j'apprécie de voir que tu saches faire briller par leur absence les personnes que aimes ou a aimé. Je n'essaie donc pas de te donner des conseils, j'essaie juste de partager une exploration personnelle qui me semble pour être riche ...

... notamment au vue de la manière dont tu arrives à vivre avec. Nous ne pouvons être triste qu'avec l'absence de personnes suffisamment bonnes. Dans le cas contraire, c'est plutôt un soulagement. Il y a chez toi cette joie d'avoir rencontré de telles personnes. Personnellement, je vois un certain art de la joie dans l'absence de l'autre, des autres.
_______

Tout cela n'est pas spécifiquement poly. Je n'arrête pas d'y revenir, mais cet article de Brigitte VASALLO peut permettre de remettre ça dans un contexte poly. Ce qui est intéressant, c'est qu'elle invite à prendre la mesure du temps, qu'après un an et demi, c'est peut-être à cette mesure que t'invite la vie.

Tu soulèves une question sur les relations non-exclusives qui s'est déjà posée, c'est que plusieurs relations exposent à plus de peines. Et, sur le forum, nous avons parfois des difficultés à aborder des difficultés spécifiques aux amours plurielles.

Cela soulève en même temps une autre question que formule Lecielestbleu, (1) celle de la durée ou encore, de l'engagement qui nécessite de se battre parfois pour une relation. Aucune relation ne dure sans affronter les épreuves qu'elle peut rencontrer. (2) Une plus forte descente émotionnelle face au vide étant donné l'intensité de plusieurs relations telle que souligné chez Bonheur. (3) L'impossibilité de cloisonner toutes les dimensions de notre vie. (4) Je rassemblerais le tout avec l'idée que l'exposition à plus de déception rend plus vulnérable, qu'il y a ici une vulnérabilité qui appelle de la stabilité.

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HeavenlyCreature

le vendredi 14 juin 2019 à 00h28

LeCielEstBleu
d'abord il me semble que la multiplication de ce que Bonheur appelle les "pouf" fait qu'en vivant plusieurs relations, on vit peut-être une vie émotionnelle plus intense. Du coup, j'ai personnellement du mal à m'habituer parfois au côté "là, y a personne".

C'est exactement ça. Je suis passée d'une vie relationnelle (et professionnelle) extrêmement intense à un vide aussi grand que soudain. D'un coup, tout s'arrête. Il faut que je m'habitue, mais comme tu dis, se recentrer sur soi c'est la clé (+)

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HeavenlyCreature

le vendredi 14 juin 2019 à 00h35

oO0 ton message me touche bcp. Merci pour ta justesse.
Là tout de suite je retiens deux passages :

oO0
"il n'y a pas de vie qui en vaille la peine sans peines." (..) Il n'y a pas d'histoire qui se vivent sans se donner la peine de les vivre.

Et aussi :

oO0Nous ne pouvons être triste qu'avec l'absence de personnes suffisamment bonnes. (...) . Il y a chez toi cette joie d'avoir rencontré de telles personnes. Personnellement, je vois un certain art de la joie dans l'absence de l'autre, des autres.

J'aime ta manière de penser.
Je prendrai le temps de relire ce long message, car il est riche d'enseignement.
Ma peine est à la hauteur de ce que j'ai eu la chance de vivre, en effet. Je dois donc la goûter, l'accueillir avec bienveillance. C'est très beau comme philosophie.

Message modifié par son auteur il y a 6 mois.

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bonheur

le vendredi 14 juin 2019 à 09h04

Merci oO0 pour ces mots. Tout est juste ! Il faudrait presque mettre ce post en article tellement il est wahoo (+) .

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bovary3

le vendredi 14 juin 2019 à 19h57

Mille mercis oOo pour cet écrit, que je trouve d'une grande sagesse!
Je suis d'accord avec bonheur, cela mérite d’être publié plus largement, je trouve que c'est un baume pour tous ceux qui souffrent du manque, moi le premier, même si ma situation n'a rien de comparable avec celle de HeavenlyCreature.

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