Polyamour.info



Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Compte-rendu du café poly du 24 février 2015 à La Cantada

Bases
#
Profil

Vaniel

le mardi 10 mars 2015 à 18h43

Deux sujets ont été abordés. Plusieurs questions hors-sujets ont été posées ; elles ne sont pas retranscrites ici.

1. Le consentement

Le consentement n’est pas une problématique spécifique au polyamour. Cependant, elle se pose parfois d’une manière accrue chez les poly qui, actuellement ou virtuellement disponibles ou pas du tout disponibles, peuvent être confrontés à beaucoup de demandes et multiplier alors les occasions de dire non, un non qui doit être entendu pour ce qu’il est et respecté. Dire non souvent peut être difficile, éreintant.

Enlever son consentement à quelqu’un, c’est lui ôter la possibilité de construire son propre chemin. Et, dans ce cas, cette personne peut devenir dangereuse.

Si être poly peut signifier être « open », ce n’est pas « open bar » pour autant. Etre poly ne veut pas dire que nous allons dire oui tout le temps et à tout le monde.

L’escalateur relationnel (cf. le compte-rendu du café poly du 1er juillet 2014) peut conduire à une présomption de consentement, ce qui arriverait plus souvent dans un cadre mono où l’enchainement des étapes, le parcours type, serait souvent moins discuté.
Dans un cadre poly, les étapes seraient plus souvent discutées et consenties entre deux personnes et, éventuellement, avec les relations de ces deux personnes (« consentement au 2e degré »).
Sans communication, le respect du consentement de l’autre devient aléatoire. Si ce que certain-e-s qualifient de « culture poly » de la communication permet que le consentement soit mieux respecté chez les poly, les poly restent perméables aux influences d’une société patriarcale/machiste qui fait souvent peu de cas du consentement.

Le monoamour correspondrait à un menu unique, un voyage sur un monorail, quand le polyamour donnerait la possibilité de choisir à la carte, d’être l’auteur de son propre menu, l’architecte de son réseau ferroviaire.

Les mono (mariés) courent le risque de voir leur consentement bafoué par le « devoir conjugal » (lequel n’est plus mentionné dans le code civil depuis 2010). D’autres formes de pression similaires existent qui peuvent s’exercer aussi bien sur les mono que sur les poly.
Si l’on passe peu de temps avec quelqu’un, on peut avoir plus de difficultés à dire non aux attentes projetées ou demandes réelles. Dans ce cas, dire oui revient à se forcer, à forcer soi-même son consentement en se pensant obligé par un contexte, des préjugés sociaux, des présupposés, etc. La personne en face de nous ne serait-elle pas mesure d’entendre un non ? Difficile de le savoir sans poser la question. Et, se forcer risque de n’être positif ni pour soi, c’est évident, ni pour l’autre sur le moment et/ou plus tard. Dans ce cas, dire non est aussi une façon de respecter la personne en face de nous.

Une personne qui dit non à quelque chose peut vouloir expliquer les raisons de son refus. Quand quelqu’un nous dit non, il est intéressant de laisser de la place à des explications, d’être dans une position d’écoute.
L’explication est à destination de l’autre, une contribution à la relation. La justification est uniquement pour soi.

Une personne peut ne pas savoir dire non quand quelque chose ne lui convient pas, ce qui signifie qu’il est parfois nécessaire de poser des questions sur des choses qui, pour nous, paraissent aller de soi.

Avec le temps, il est parfois possible d’obtenir des réponses non-verbales, lorsque nous connaissons suffisamment bien le langage corporel de l’autre. Dans tous les cas, les dialogues non-verbaux et verbaux ne sont pas exempts de quiproquos.

Préférer « est-ce que ça ira si je fais ça ? » à « là, ça va ? ».

2. Que le polyamour nous apporte-t-il ?

Etre honnête avec soi-même (revient souvent).

L’indépendance affective, la prise en charge de sa propre vie.

Un formidable réseau de soutien.

Etre « protégé-e » d’une rupture pour cause que l’une de ses relations soient tombée amoureuse de quelqu’un d’autre. Le polyamour peut être une condition de longévité.

Une richesse incomparable qui vient, en partie, d’être sorti de ses zones de confort.

La possibilité d’expérimenter différentes facettes de sa personnalité. Si une personne en face de nous ne souhaite pas expérimenter les mêmes choses, nul besoin de se résigner ou de forcer son consentement. Les expériences souhaitées peuvent potentiellement être vécues avec une ou plusieurs autres personnes.

Le polyamour ne cherche pas l’hégémonie mais il tend à la création d’une norme collective, ce qui ne devient un problème que si cette norme est hégémonique ou/et oppressive.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

#
Profil

Siestacorta

le mardi 10 mars 2015 à 19h43

Merci Vaniel ! Du bon CR ça madame.

#
Profil

PolyGone

le mardi 10 mars 2015 à 22h07

Merci Vaniel pour ce compte rendu fidèle, clair et tellement bien rédigé. Très agréable de retrouver compilés les thèmes abordés, questions posées, réponses proposées.
:-)

#
Profil

FroufrouLeFey

le mercredi 11 mars 2015 à 10h16

"Dire non souvent peut être difficile, éreintant".

En effet!
...le thème du consentement ne concerne pas seulement le domaine de la sexualité mais tous les niveaux de la relation en général.
Par exemple: est-il ok d'être systématiquement en mode "drague/séduction" quand on rencontre quelqu'un, même si notre interlocuteur ne donne aucun indice net de "disponibilité"?

Parce que moi je commence à me demander si à chaque fois que je rencontrerai un poly, faudra que je précise si oui ou non je suis en mode "juste rencontre" ou plutôt """carrément rencontre"""?!

Est-ce que je dois me balader avec un écriteau "dipso/pas dispo" ou bien?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :


Espace membre

» Options de connexion