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Hiérarchie de plein fouet

Jalousie
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Chupapink

le vendredi 02 janvier 2015 à 18h22

Une première rencontre, sans secret, pas de cachoterie, tout est dit, tout est accepté car correspondant également à ses attentes. Une belle rencontre qui semblait bien partie. Des affinités et des centres d'intérêts communs. Une séparation à cause des fêtes, puis des retrouvailles toutes aussi formidables.

Puis vint le nouvel an que je passe avec mon mari et mes enfants. Lui est content de passer ce moment avec moi, je lui ai manqué pendant Noël que j'ai passé dans ma famille. C'est la première fois depuis 14 ans que nous ne passons pas Noël ensemble. Mais je sens bien qu'il est perdu. Il a des doutes sur une relation que je peux avoir. Je lui confirme que je vois quelqu'un. Au début, tout va bien, puis hier soir ça dérape. Il ne m'approche plus, ne me touche plus et lorsque l'on va se coucher, ne m'embrasse pas. C'est comme un poignard dans la poitrine car il me dit qu'il m'aime. Que je ne dois pas m'inquiéter, ça va passer. Il a mis un mot sur ce qu'il ressent, il est jaloux. Pour ceux qui connaissent mon histoire, je vous vois sourire ou vous exclamer "il est gonflé" !!! J'ai fais pareil, je n'ai pas compris. Comment peut-il ? Comment ose-t-il même ? Mais j'ai vu la souffrance dans ses yeux, la souffrance de ne pas arriver à surmonter ce sentiment alors qu'il veut simplement que je sois heureuse. Il veut être sûr qu'on n'abuse pas de moi. Il ne comprend surtout pas pourquoi je l'aime encore si j'ai des sentiments pour quelqu'un d'autre. Et là, la réponse est pourtant simple : je l'aime et il sera toujours mon amour premier.

Puis vint des messages de mon amoureux pour la nouvelle année, qui avec le peu de temps que nous avons passé ensemble, m'annonce qu'il m'aime et qu'il ne peut pas se passer de moi. J'ai tardé à répondre car j'étais avec mon mari (histoire de respect, je ne me vois pas répondre à l'un pendant que je suis avec l'autre), et là aussi dérapage. Il doit réfléchir, ce qu'il ressent est trop fort d'un seul coup, il pensait pouvoir vivre avec ça mais il me balance direct qu'il n'aura jamais l'avantage sur mon mari car il sera toujours là et que lui est susceptible de disparaître plus facilement. Il me dit que j'aime encore trop mon mari pour laisser la place à un autre homme de m'aimer. Qu'il est finalement trop dur d'accepter ces conditions si particulières. Il n'y avais pourtant pas de surprise, pas de mensonges, j'ai été honnête dès le début, mon mari est présent dans ma vie même si nous ne vivons plus ensemble. Me suis-je mal exprimée ?

Donc voilà, une nouvelle année qui débute de plein fouet dans les soucis de hiérarchie. J'avais déjà lu plusieurs fils sur le forum concernant cette fameuse hiérarchie, mais je ne pensais pas y être confronté dès "le début". Ce besoin d'indépendance qui est né en moi est-il une façade pour cacher cet amour que j'ai encore si fort pour mon mari. Je me retrouve à le rassurer sur les sentiments que j'ai pour lui, et lorsque je lui dis qu'il sera toujours mon amour premier, je le pense vraiment. Je suis à nouveau perdue dans ces sentiments. Suis-je vraiment faite pour cette vie, je pense que oui, je n'ai absolument aucun regret ou remord sur le début d'histoire avec mon amoureux, mais je doute et je pense que ce n'est que le début. Que faut-il faire ? Laisser une place à chacun dans un ordre, donner des jours à chacun (ou du moins préciser les jours dispos ou pas), comment dire à l'un ou à l'autre qu'il est plus ou moins important alors que ce n'est pas le cas, que c'est peut-être juste le fait que mon mari a tout simplement une place déjà encrée dans mon cœur.

Finalement, ils acceptent tous les deux la "situation" mais se retrouvent tous les deux jaloux de l'autre. Alors que mes sentiments pour eux sont sincères. Au secours ! Que faut-il faire ? Comment dois-je réagir ? Car pour le moment je commence à me braquer un peu ...

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Tcheloviekskinoapparatom

le vendredi 02 janvier 2015 à 19h08

Que faut-il faire ? En fait c'est plutôt à eux de se poser la question. D'après ce que tu racontes, tu as fait tout ce qu'il faut, annoncé la couleur, expliqué, rassuré tant que tu pouvais.
Le fait est que le boulot principal c'est à eux de le faire, pour eux-mêmes, et pour toi, en tous cas en prenant garde à ne pas te faire payer leurs propres difficultés à prendre soin d'eux-mêmes. Tu peux bien sûr compatir, continuer de les rassurer, mais il faut aussi accepter qu'il y a une limite à ce que tu peux faire, une limite à tes responsabilités dans cette situation.
Bon courage en tous cas !

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(compte clôturé)

le vendredi 02 janvier 2015 à 19h48

C'est clair Jezebel, dans le cas présent tout ne dépend pas de toi et, de la même manière qu'on ne peut pas faire le bonheur de quelqu'un malgré lui/elle, tu ne pourras pas régler leur souffrance, apaiser leurs doutes s'ils n'ont pas envie que cela advienne.

Je rejoins Tchelo : évidemment, on n'a que ta version de l'histoire pour émettre un avis, mais tu as fait du mieux que tu pouvais et tu sembles avoir plutôt bien fait les choses.

Dans le cas de ton mari, ça fait des lustres que tu nous dit qu'il appréhende le fait que tu puisses avoir une autre relation, et ben au moins là il est cohérent, il le vit aussi mal qu'il l'anticipait ;)
On dirait qu'il s'accroche à ce schéma, qu'il a décidé que de toute façon tu ne pourras pas continuer à l'aimer si tu en aimes un autre et que quoi que tu fasses ou lui dise, ça ne changera pas. De fait, tu pourras faire tout ce que tu voudras, s'il refuse d'en démordre, tu ne pourras pas le rassurer. Pour le dire de façon lapidaire, y'a quand même un moment où il faut qu'il y mette du sien !

Quant à ton amoureux, sa réaction me semble compréhensible. Tu sais, c'est toujours pareil : au début (enfin même plus tard d'ailleurs) on veut bien faire, on se dit qu'on a compris, qu'on est capable de vivre le truc, et puis à un moment surgit un événement, un acte qui met le feu aux poudres et qui n'est que le révélateur du malaise qui couvait.
Dans son cas on dirait qu'on se trouve dans une situation de doute, ça me semblerait plus facile de le rassurer que de rassurer ton mari. C'est normal qu'il s'inquiète : votre histoire débute tout juste alors que ton mari aura toujours des années d'antériorité avec toi.

Bon courage en tout cas, je suis navrée de voir que l'année débute de façon moins harmonieuse qu'on le souhaiterait.

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(compte clôturé)

le vendredi 02 janvier 2015 à 20h13

Autre idée (c'est pas de moi mais ça me semble très pertinent alors je partage, même si ça se trouve on est complètement à côté de la plaque) : concernant ton mari et son obstination à croire que tu ne pourras pas continuer à l'aimer si tu en aimes un autre ; on dirait qu'il préfère s'accrocher à cette idée plutôt que de te laisser agir et se rendre compte que non, ça ne change pas tes sentiments pour lui.

D'où la question suivante : en te disant ça (tu ne pourras pas continuer à m'aimer si tu en aimes un autre), est-ce qu'il ne te dit pas plutôt que c'est lui qui ne pourra pas continuer à t'aimer si tu en aimes un autre ?
Accessoirement, dans ce cas c'est lui qui aurait la "responsabilité" de la fin de votre relation (je ne peux pas continuer à t'aimer si tu en aimes un autre, alors c'est fini entre nous) alors que s'il considère que toi tu ne peux pas continuer à l'aimer en en aimant un autre, ça te rend responsable de la fin de votre histoire.

Bon encore une fois je suis peut-être complètement dans le faux mais bon, on sait jamais.

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Tcheloviekskinoapparatom

le vendredi 02 janvier 2015 à 20h37

Ce que dit Shamal a en tous cas du sens : le mécanisme de la projection (attribuer à l'autre ses propres sentiments/peurs/mode de réagir) est quelque chose de très présent, car peu remis en question, dans les relations amoureuses.

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Nurja

le vendredi 02 janvier 2015 à 20h46

Ce que dit Shamal résonne fortement avec une "histoire" vécue il n'y a pas longtemps par moi.
J'avoue être lasse des hommes qui s'autorisent des choses qu'ils considèrent normales pour eux et inacceptables pour leur partenaire.

Sorry Jezebel, je crois que je parasite.

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MagentadeMars

le vendredi 02 janvier 2015 à 22h10

Tcheloviekskinoapparatom
Le fait est que le boulot principal c'est à eux de le faire, pour eux-mêmes, et pour toi, en tous cas en prenant garde à ne pas te faire payer leurs propres difficultés à prendre soin d'eux-mêmes.

(+) J'ai vraiment l'impression que beaucoup d'hommes restent des enfants gâtés, et il leur faut un bon moment d'apprendre que le monde ne tourne pas autour d'eux.

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Siestacorta

le vendredi 02 janvier 2015 à 22h55

Je reformule la même idée dans l'autre sens : lui est bien arrivé à surmonter l'arrivée d'une nouvelle personne et "retrouver" de l'amour pour toi, je vois pas pourquoi il projette une attitude différente sur toi.

Autre angle : bien que tu aies été bien plus partie-prenante qu'il ne l'est actuellement lorsque tu étais dans une situation symétrique, tu es venue lire ce forum et parler avec du travail à faire sur tes propres doutes, attentes...
Cette expérience du doute, même différente, peut t'aider à comprendre ceux qu'il peut éprouver maintenant.
Je trouve toujours que ton mari pourrait travailler plus sur la situation et sur lui-même, mais, dans la circonstance, ses doutes sont humains, quand même, malgré le paradoxe de "ben en même temps, c'est lui qui l'a cherchée, cette situaton, à la base".

Pour ton amant... pour ce que j'en lis, tu as fait ce qu'il fallait.
Je dirais pas que c'est exactement la hiérarchie, au fond, qui peut avoir eu cet effet-là sur lui. En pratique, ton mari n'est plus dans une position hiérarchique si puissamment dominante dans ton cadre affectif, d'abord puisque lui-même change de vie (même s'il le fait à reculons en epérant vivre deux monogamies plutôt qu'une vie poly), ensuite parce que de ton côté tu as retrouvé, même hors-poly, de l'autonomie (maison, voiture, loisirs). Par rapport à d'autres situations poly, les contraintes de "couple primaire" sont relativement moins fortes.

En revanche, comme ce processus est encore jeune, dans ta façon d'aborder la question avec ton amoureux, ou une nouvelle rencontre, tu montres peut-être encore beaucoup de signes de ce qu'a été ta vie toutes les années avant. Ton amoureux peut les sur-interpréter, ne pas voir vers quelle disponiblité tu te dirige, et ça renforcerait chez luides craintes sur ton implication - mais il les avait déjà, hein, c'est pas seulement ta situation et ce que tu en montres qui joue ici, quand même, c'est aussi que le poly est pas encore assez présent dans les moeurs pour que des monos, même ouverts, sachent vraiment sur quel pied danser.

Enfin, un petit rappel de contexte : c'est les fêtes. C'est sans doute pour ça que tu as ressenti ça comme une question de hiérarchie, et que tu parles par ailleurs du doute de ne pas faire les fêtes de noël avec ton mari.
Chez toi comme chez ton amoureux, c'est la période idéale pour que les structures amoureuses et familiales traditionnelles se fassent plus sentir, et que vous ayez plus de doutes face aux changements de priorités amenés par la non-exclusivité. Dans vos échanges, les craintes de quitter le cadre traditionnel et les attentes affectives ("au noêl prochain, est-ce qu'on sera vraiment ensemble ou juste dans le bazar") peuvent être sensibles : tous nos proches font des trucs traditionnels, des réveillons ensemble, sans ces questions... Alors peut-être qu'on se trompe avec nos envies multiples, ce serait peut-être mieux de garder les formes classiques ?

Bref, que tu t'inquiète et que ton amoureux réagisse ainsi en ce moment, c'est peut-être pas si surprenant que ça.
Il y aura peut-être, d'ici la chandeleur, des façon de vous rassurer les uns les autres... :-)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Chupapink

le samedi 03 janvier 2015 à 12h42

Shamal
D'où la question suivante : en te disant ça (tu ne pourras pas continuer à m'aimer si tu en aimes un autre), est-ce qu'il ne te dit pas plutôt que c'est lui qui ne pourra pas continuer à t'aimer si tu en aimes un autre ?
Accessoirement, dans ce cas c'est lui qui aurait la "responsabilité" de la fin de votre relation (je ne peux pas continuer à t'aimer si tu en aimes un autre, alors c'est fini entre nous) alors que s'il considère que toi tu ne peux pas continuer à l'aimer en en aimant un autre, ça te rend responsable de la fin de votre histoire.

Non, tu n'es pas à côté de la plaque du tout. J'y avais pensé car je lui ai même posé la question. Est-ce toi qui ne m'aimera plus si j'avais de l'amour pour quelqu'un d'autre ? Sa réponse a été tout simplement : Je m'effacerais pour lui laisser la place. Réponse complètement idiote puisque je ne lui demande pas de s'effacer mais justement de toujours être là. Mais il sait aussi me dire qu'il veut continuer à me voir. Tant de contradictions dans une seule personne en fait tourner la tête !!! Je lui ai dit ce que je pouvais encore lui offrir aujourd'hui, à lui de le prendre ou de le rejeter. Il le prend, donc c'est effectivement à lui de faire avec ses sentiments. Je ne peux que lui montrer que je l'aime toujours et qu'il aura toujours une place pour moi.

Nurja
J'avoue être lasse des hommes qui s'autorisent des choses qu'ils considèrent normales pour eux et inacceptables pour leur partenaire.

Non, tu ne parasites pas puisque ta tirade est tellement vraie. Je ne cesse de lui répéter qu'il ne peut se permettre de me faire ce genre de réflexion alors qu'il vit exactement la même chose. Mais pour lui et son esprit, ce n'est forcément qu'une histoire de cul puisque je n'envisage pas de faire ma vie avec mon amoureux. Et surtout que de l'autre côté, il ne me demande plus, n'est pas normal pour lui. Mais j'ai posé les bases de notre relation, alors que lui n'a rien posé du tout, il a fallu que je m'adapte.

MagentadeMars
J'ai vraiment l'impression que beaucoup d'hommes restent des enfants gâtés, et il leur faut un bon moment d'apprendre que le monde ne tourne pas autour d'eux.

(+) (+) (+) Mon Dieu, c'est tellement vrai ! Leur faire comprendre que je "m'appartiens" maintenant est quelque chose qui semble ne pas trop leur convenir ! Bizarre, faudra creuser de ce côté là !

Siestacorta
En revanche, comme ce processus est encore jeune, dans ta façon d'aborder la question avec ton amoureux, ou une nouvelle rencontre, tu montres peut-être encore beaucoup de signes de ce qu'a été ta vie toutes les années avant. Ton amoureux peut les sur-interpréter, ne pas voir vers quelles disponibilités tu te dirige, et ça renforcerait chez lui des craintes sur ton implication - mais il les avait déjà, hein, c'est pas seulement ta situation et ce que tu en montres qui joue ici, quand même, c'est aussi que le poly est pas encore assez présent dans les mœurs pour que des monos, même ouverts, sachent vraiment sur quel pied danser.

Il m'a appelé aujourd'hui, nous avons longuement discuté et cela avant que je vienne lire vos posts. Nous nous sommes expliqués, donnés nos ressentis pour en arriver à peu près à ce que tu dis. C'est nouveau pour lui, il ne sait pas trop comment réagir. Il me dit que ce n'est pas de la jalousie mais me demande ce que ça me fait d'avoir été avec lui et le lendemain avec mon mari. Il pensait (ou espérait) que mes sentiments pour mon mari allaient changer, que j'allais sans doute me bloquer. Mais ça n'a pas été le cas et je lui ai dit. Tenter de lui (leur) faire comprendre que je ne peux que les aimer davantage s'il me laisse cette liberté de les aimer tous les deux (différemment) est quelque chose encore de flou pour l'un comme pour l'autre.
Pour mon amoureux, je lui ai expliqué qu'ici j'avais trouvé beaucoup de réponses et d'aide à mes interrogations des débuts (et encore aujourd'hui d'ailleurs), il m'a dit qu'il viendrait sûrement faire un saut pour voir s'il peut de son côté trouver des réponses aux choses qu'il ressent. Peut-être qu'il me comprendra mieux de ce fait.

Mais le temps fera sans doute son affaire de tout ça. Comme tu le dis c'est les fêtes, tout le monde est un peu chamboulé, il y a des changements, des nouveautés, des doutes et des certitudes. Tout cela rentrera peut-être dans l'ordre avec le temps et la semaine prochaine ou les habitudes quotidiennes vont reprendre un peu leurs places.

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maximum

le samedi 03 janvier 2015 à 14h50

Bonjour à tous sur ce fil

Hiérarchie des histoires, amour premier: voilà des notions qui me questionnent moi qui vis depuis peu dans la peau du "premier" qui a peur de ne plus l'être.
Oui, elle me dis, c'est différent, c'est autre chose, il n'y a pas d'histoire quantitative là dedans...Oui mais bon: Quand on sent sa partenaire, tendue vers sa nouvelle histoire ( c'est vrai que c'est le début) en attente, impatiente, heureuse finalement,on ne peux que se poser la question de sa place par rapport à l'autre.L'envahissement de son esprit (à certains moments !?) par son autre amour ne me fait-il pas passer au second plan.Elle m'assure que non; je veux la croire.
Elle me dis aussi que mon "statut" restera le même mais elle ne peux pas parler de hiérarchie ( moi je disais prépondérance d'une histoire sur l'autre ).
Je le redis, nous sommes au tout début de ce fonctionnement, le temps me démontrera peut-être que c'est possible.
Quand on multiplie les histoires, il faut forcément partager: drôle d'arithmétique .

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MagentadeMars

le samedi 03 janvier 2015 à 15h03

Dans ce cas, non. L'homme en question avait commencé déjà un moment. Il avait donc un moment pour intégrer les idées avant que sa partenaire n'entreprenne le même démarche.

Il reste, bien sûr, des réactions viscérales qui ne cèdent pas facilement à la commande de la rationalité... mais on peut attendre qu'ils soient reconnues en telles, en sortant de la bouche sinon avant. Quand on dit une connerie blessante, on s'excuse, c'est normale. On dit "oui mais je sais que c'est stupide, ce sont mes tripes qui parlent, il faut que je bosse pour les mettre en ordre." On reconnait que sa partenaire avait assumé la peine de passer par là, et c'est raisonnable de faire autant.

A moins que l'on pense, à la base, que ce soit différent entre les hommes et les femmes... et puis il faut y coller l'étiquette qui correspond.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Lagentda

le dimanche 04 janvier 2015 à 22h25

Tout ce qui a été dit me semble bien pertinent.
On est bien d'accord que la clé, c'est le temps, et que seule l'expérience positive que l'autre est capable d'en aimer un autre (avec une phase passionnée bouleversante au début) tout en continuant à nous aimer peut vraiment restaurer la confiance en l'autre et en soi, quand on se trouve confronté à ce genre de jalousie, de peur, etc... Bref, que faire, sinon laisser du temps en temps, parler d'autre chose, faire d'autres choses (pour que la relation amoureuse apparaisse tangible), et si on veut réévoquer cette question de la confiance, de la jalousie, le faire en reformulant sinon on reste bloqué sur des affirmations de ressenti comme cité par Jezabel : "si tu en aimes un autre, j'ai l'impression que tu ne vas plus m'aimer, et je vais m'effacer"

Mais, c'est vrai qu'il est sans doute plus difficile de laisser du temps au temps quand on se trouve à une époque de temps unique, comme celui des fêtes. Comme le dit siestacorta, il y a forcément le risque de se comparer avec le bonheur de carte postale des cellules familiales monogames (ou il est plus simple de faire une trêve des confiseurs à ce moment de l'année, pour oublier momentanément toutes les difficultés qui peuvent exister comme dans une relation polyamoureuse). Les différents membres de la famille qu'on peut rencontrer dans cette période de l'année peuvent aussi être de formidables prescripteurs de la norme.

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Chupapink

le lundi 05 janvier 2015 à 00h04

Il semblerait que la pilule soit passée, à priori des deux côtés. Mais maintenant, je doute sur ce qu'ils peuvent réellement ressentir, et le saurais-je vraiment un jour. Accorder son amour à quelqu'un c'est quelque chose d'intense, de passionné, ce n'est pas juste un petit mot jeté sur un bout de papier. Dire je t'aime à mon mari aujourd'hui me semble naturel, même lorsqu'il me demande pourquoi, puisque pour lui il ne m'apporte plus ce que je souhaite. A ça je répond simplement qu'il est toujours là à me dire qu'il m'aime aussi et ça me suffit car je sais que je pourrais toujours compter sur lui. Dire je t'aime à mon amoureux est encore prémédité, et pourtant ce que je ressens pour lui est très fort. Quand il me le dit, j'ai l'impression qu'il attend la même chose en retour, mais je n'y arrive pas. Est-ce pour ne pas lui donner trop d'espoir ? J'ai l'impression qu'il s'attendra à un dénouement unique envers lui si je lui dit que je l'aime. Et est-ce de l'amour, ou de l'attachement, ou bien même un besoin de me sentir aimer après les doutes qui me submergent de temps en temps. Je sais que je veux le revoir, je veux continuer quelque chose avec lui, faire un bout de chemin comme on dit. Mais aussi rester libre, garder cette liberté qui m'a été rendue et dont j'ai envie et besoin pour continuer à avancer.
Mais plus ça avance et plus je constate aussi de moi-même qu'il avait sans doute raison. Aujourd'hui, personne ne prendra la place que mon mari a dans mon coeur, j'ai pu continuer à l'aimer mais je me rend comte que je peux aussi aimer d'autres personnes tout aussi intensément. Mais ce sera toujours différent car il n'y a pas l'histoire que nous avons derrière nous avec mon mari, et j'ai peur qu'ils ne se sentent à chaque fois mis à l'écart. Alors juste une question : y a-t-il quelque à faire pour prévenir ça, mis à part leur montrer ma sincérité ?

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Siestacorta

le lundi 05 janvier 2015 à 01h05

Jezebel
Alors juste une question : y a-t-il quelque à faire pour prévenir ça, mis à part leur montrer ma sincérité ?

Bien qu'on ait envie de montrer quelque chose, et qu'on nous montre généralement quelque chose en retour, je crois que "ce qu'il y a à faire", c'est plus exprimer que montrer.
Donner cet amour, en prenant le risque de l'asymétrie, de la précarité des situations... le donner parce que t'aime donner, tirer le plus de plaisir possible à le faire, pour tes propres raisons.
Après, tu auras des réponses, mais l'assurance que ça continue, tu peux l'avoir que dans ce que tu fais toi, au fond. Donc tu profites à fond de ce qu'ils donnent, tu déguste ce que tu reçois, et ça peut durer déjà pas mal avec ça.

Sinon, bien content de lire que les pillules passent un peu mieux.

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LuLutine

le lundi 05 janvier 2015 à 03h06

Pour apporter mon petit témoignage...
La première fois que j'ai fait une rencontre, l'amoureux avec qui je vivais à l'époque l'a très mal vécu et ne m'a plus touchée (ni même parlé, ou alors pour le minimum quotidien nécessaire - et encore) pendant des jours, trois semaines peut-être.

Il était un peu dans l'état de ton mari (que tu décris dans ton premier message, Jezebel). Bloqué.

Le temps aide souvent même s'il ne résout pas toujours les problèmes comme on l'aurait souhaité au départ.

Pour ton amoureux, je me demande si le fait d'être peut-être en NRE ne rendrait pas ses angoisses plus grandes ?
Se sentir follement épris de quelqu'un, et voir que cette personne a dans sa vie quelqu'un d'autre qui compte, ça peut être source de questionnements et d'angoisses non ?

Ton amoureux connait-il le concept de NRE ? Savoir que ça existe, que c'est passager, qu'on peut la relativiser un peu (ne pas prendre de décision importante lorsqu'on est sous son emprise), ça me semble pouvoir être utile.

Là aussi, le temps doit faire son oeuvre...

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