Polyamour.info



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demeter

le mercredi 18 septembre 2013 à 15h33

Non, je ne crois pas l'avoir zappé : si C se sent concerné, c'est qu'il l'est. Tu peux le prendre en compte ou lui enlever toute légitimité si cela t'arrange, mais bon, cela n'arrange que toi, pas la relation.

Si ce n'est pas la nier, c'est vouloir diminuer la légitimité de sa souffrance, la minimiser. Cela ne lui apportera surement pas grand chose, assurément pas la possibilité de s'en défaire. Par ailleurs tu n'es pas responsable de la guerre en Syrie, ça lui sera plus facile de ne pas t'en vouloir.

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LittleJohn

le mercredi 18 septembre 2013 à 15h40

Cendre
[...] Et que cette relation peut être impactée par une autre relation intime.

Symboliquement, certes, mais on choisit ses symboles. Et on peut choisir d'en changer, ou de les infléchir.

Cendre
Sinon, quels besoins ai-je renié ? je ne sais pas. Mais c'est pas parce que je ne sais pas les déterminer que je dois chasser l'idée qu'il y a eu des besoins et que je les ai ignorés.

Tant que tu ne les auras pas identifiés (quitte à lui demander), tu ne pourras pas être sûr qu'il y en a...

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LittleJohn

le mercredi 18 septembre 2013 à 15h51

demeter
Non, je ne crois pas l'avoir zappé : si C se sent concerné, c'est qu'il l'est. Tu peux le prendre en compte ou lui enlever toute légitimité si cela t'arrange, mais bon, cela n'arrange que toi, pas la relation.

Si ce n'est pas la nier, c'est vouloir diminuer la légitimité de sa souffrance, la minimiser. Cela ne lui apportera surement pas grand chose, assurément pas la possibilité de s'en défaire. Par ailleurs tu n'es pas responsable de la guerre en Syrie, ça lui sera plus facile de ne pas t'en vouloir.

Si tout ressenti (douleur, souffrance, bonheur) est, en soit, légitime (et je ne vois pas où je dis le contraire), ça ne veut pas dire que son fondement l'est.
Depuis quand discuter de l'origine d'un ressenti équivaut-il à le délégitimer ???

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aviatha

le mercredi 18 septembre 2013 à 16h09

J'entends bien le "elle ne concerne que toi" en parlant de la souffrance, et trouve que c'est une énormité. Voilà, ça c'est dit, passons aux explications.

S'il fait un choix, cela le concerne. Mais il ne veut pas faire un choix, il veut faire un choix et que je l'accepte. S'il prend un chemin de vie, c'est son choix. Mais il ne prend pas un chemin de vie, il va quelque part et il veut que je vienne avec lui. Si tu joue tout seul à la réussite et que tu changes les règles en cours de route, fais-le si ça t'amuse. Si tu joues avec d'autres, et qu'en cours de partie tu changes les règles, mais que tu veux qu'ils continuent à jouer avec toi, faut t'attendre à ce qu'ils gueulent.

Donc, ton raisonnement tiendrait, je pense, si les poly voulaient juste pouvoir faire un choix de vie. Et bien ok, si derrière moi, je le prend mal, c'est moi qui ai un problème, sans doute. Mais c'est une énormité parce que ce n'est pas vrai. Les poly, de ce que j'en comprends en vous lisant, ne veulent pas juste faire un choix de vie, ils veulent prendre un carrefour, et que l'autre les suivent, ils veulent adapter les règles en cours de partie, et que les autres restent jouer avec eux quand même. La réaction des autres, et leur éventuelle souffrance ou acceptation, elle ne concerne donc pas que les autres, elle est au cœur même de la question.

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LittleJohn

le mercredi 18 septembre 2013 à 16h26

aviatha
J'entends bien le "elle ne concerne que toi" en parlant de la souffrance, et trouve que c'est une énormité.

Je parle de cette souffrance en particulier.

Tu parles de changement de règle en cours de partie... tu t'accroche au texte de la règle alors que la partie, concrètement pour toi, en dehors de ça (et du temps qu'il passe ailleurs comme il pourrait le faire pour tout autre chose (il va falloir que je trouve un raccourci pour cette phrase là)), continue de la même manière.

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DMarkhan

le mercredi 18 septembre 2013 à 16h50

@ Janis : Ton post synthétise complètement ma pensée. Je n'aurais pas mieux dit.

Cendre
Quoiqu'il en soit, il fait partie des principes poly de dire à C que B existe, et en l’occurrence, qu'il s'agit d'une rencontre importante, obligation qui n'existe pas pour les rencontres de tous les jours.
Donc il y a des comptes à rendre.
La relation entre A et B concerne C car C est en relation intime avec A. Et que cette relation peut être impactée par une autre relation intime.

Je suis entièrement d'accord avec ça.
Comme le disait SiestaCorta : "Les relations plurielles sont interdépendantes."
Si on choisit la voie poly, c'est en adéquation avec les autres. Je veux dire par là que chaque branche de la relation a un impact sur les autres. C'est pas sorcier, ça s'invente pas, c'est juste logique !

Il y a globalement deux cas de figures dans une relation poly : soit elle commence poly, soit elle commence mono.
Généralement il y a moins de soucis liés à l'exclusivité dans le premier cas (bien que ça arrive), donc le problème se créera plus lorsque l'un des deux membres de la relation mono se prend des envies polys.
Je sais, ça choque dit comme ça, mais je le dis avec humour et sans aucune animosité.
Comme dit Aviatha : "Si tu joues avec d'autres, et qu'en cours de partie tu changes les règles, mais que tu veux qu'ils continuent à jouer avec toi, faut t'attendre à ce qu'ils gueulent."
Et je citerai ce bon vieux Qui-Gon Jinn : "Quand on joue, mon ami, il faut s'attendre à perdre."
C'est-à-dire qu'autant avoir des envies ou des sentiments polys est une chose parfaitement légitime, autant tenter de les insérer dans une relation qui n'a pas la souplesse suffisante pour ça, c'est aller au devant de la brisure, du craquage complet.
Certes, les polys sont souvent des gens avec une grande sensibilité mais ils n'en ont pas le monopole, loin s'en faut, et ont tendance à vouloir tout concilier surtout au niveau de leurs relations. En tout cas, je sais que ça me concerne. Et ça engendre parfois des problèmes de plus grande ampleur.
Le souci c'est que tout ce qui naît doit mourir un jour. Souvent trop tôt.
Et des relations, en tant que relations amoureuses doivent changer, évoluer (devenir une amitié très forte, passer de mono à poly ou inversement, se concrétiser, s'affirmer, se définir) ou se briser sous le coup trop violent ou trop continue d'une vague de souffrance et/ou d'insatisfaction, voire d'inadéquation pure et simple.
J'ai vu trop de gens, dans des relations différentes et pour des raisons différentes se déchirer et mettre à mal le lien qui les unissait par seul désir de rester ensemble... Elles ont tirés sur le lien, comme on fait de l'acharnement térapeuthique parce qu'elles ne pouvaient simplement pas supporter de "perdre l'autre"... jusqu'à ce que ça pète sans espoir de retour et sans que ces personnes ne veuillent même se revoir, quelles qu'en soient les raisons.
Seules celles qui sont parties à temps se voient encore.

Je ne dis pas que partir est la solution.
Je dis que partir est parfois un acte de courage qui tient plus de la décision active que de l'abandon.
Cependant, tant que l'on peut faire vivre paisiblement une relation, dans le respect et l'amour, malgré des temps difficiles, tant que cela nous rend heureux : pourquoi partir?

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(compte clôturé)

le mercredi 18 septembre 2013 à 18h28

Sur la question des relations secondaires, quand on part d'un schéma de couple mono et qu'on s'ouvre progressivement au poly, je crois que c'est difficile d'ignorer le problème... Il y a qu'on le veuille ou non une forme de hiérarchie des relations en terme de durée et de priorité dans le planning. Ce qui ne s'accompagne pas nécessairement d'une moindre intensité ou d'une hiérarchie des sentiments - mais c'est une chose qui a du mal à s'imposer dans les têtes et encore moins dans l'emploi du temps...
Moi je prends le parti d'essayer d'être honnête.
Oui, ma famille va nécessairement, ne serait-ce que logistiquement, passer "avant" un certain nombre de choses.
Et comme j'ai aussi une vie personnelle, des activités solitaires qui sont importantes pour moi, et régulièrement besoin d'air et de temps pour moi, ça réduit encore le temps qui me reste à distribuer pour mes relations. C'est pas facile à gérer, c'est pas facile à rendre acceptable pour les autres. Je préfère donc souvent être cash d'emblée, quitte à tuer dans l'oeuf des relations qui sont pleines de promesses mais qui deviendraient ingérables sur la durée et engendreraient trop de frustrations. Entrer en relation avec moi c'est accepter mes très nombreuses contraintes.
Le bénéfice de cette attitude c'est que tout le monde sait d'emblée où il met les pieds, et qu'il n'y a pas de malentendu. Et ensuite, une fois l'organisation établie, j'essaie de faire en sorte de compenser par la qualité des moments passés leur éventuelle rareté...
L'inconvénient majeur c'est que quand il y a des arbitrages à faire, je n'ai pas une immense marge de maneuvre. Et il est posé d'emblée qu'à la moindre difficulté dans mon couple marital, je vais déporter toute mon énergie dessus pour résoudre autant que faire ce peu le problème, franchir la difficulté, avant de me concentrer sur autre chose. Il peut donc m'arriver de devoir dire à d'autres amis/amants que pour un moment donné, je vais un peu les délaisser. La question est que ça ne veut pas dire que je ne les aime plus ou que je n'ai pas l'intention de poursuivre la relation ; mais je dois mettre un certain nombre de choses en stand-by. C'est douloureux pour moi évidemment, ça l'est pour eux - comme il serait douloureux pour eux que je parte en Chine pour 18 mois... Il m'est de même arrivé à moi, en tant que relation seconde, d'être obligée de me mettre en retrait parce qu'il y avait des choses pas résolues en face. Et ça n'a été ni facile ni agréable.
Il se trouve que dans mon expérience ça se termine bien. Quand on part sur des bases claires, la plupart du temps, je crois que les autres comprennent. Ils comprennent d'autant mieux que la cellule de base existe pour eux - ne serait-ce que virtuellement, parce qu'on leur en parle, que justement on décloisonne juste ce qu'il faut pour que "ceux d'en face" ne soient pas des mythes effrayants mais des êtres réels, à qui on est même susceptible de s'attacher.
Au risque de radoter, il n'y a pas de formule magique pour bien vivre le nécessaire et temporaire retrait de la scène principale. Mis à part le fameux "tact relationnel" (devrais faire breveter la formule, moi), le dialogue et la patience.
Cendre, encore une fois, méfie-toi de tout ce qui est binaire.
Blanc/noir, mono/poly, fusionnel/distant... La solution est toujours dans l'entre-deux, quand elle existe. Parfois aussi, la fuite est un genre de solution.

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Siestacorta

le mercredi 18 septembre 2013 à 21h21

Cendre, j'insiste un peu ou je formule un implicite de mes précédents post :
le choix que tu as devant toi ne se résume pas à "continuer comme avant no limit" contre "tout laisser tomber". Profiter du polyamour, tu sais bien pour le lire tout le temps ici qu'il n'y a pas que à la façon que tu as connue. Tu ne verras que ces les deux options "tout ou rien" et pas les autres tant que tu regarderas le polyamour seulement comme un fonctionnement spontané, alors que, comme le dit Janis, il est aussi beaucoup fait de tact et d'attention.

Tu as décrit quelque part (ya plusieurs mois) toi-même ta difficulté à ressentir deux trucs à la fois, les besoins d'un ami et tes préoccupations du moment par exemple.
Pour moi, c'est pas tout à fait de l'égoïsme, ni tout à fait un handicap affectif, ni tout à fait de la maladresse. A la truffe, j'y vois aussi un "précipitation vers l'émotion", comme si l'émotion allait manquer, changer, se retourner... Avoir la tête dans le guidon, de peur qu'il nous échappe. Pour moi, c'est ce rapport "immédiatiste", un peu trop avide d'un instant amoureux "pur et simple", trop pur trop simple, qui fausse l'idée. Pas envie de renoncer à la simplicité, donc, croire qu'y renoncer, c'est renoncer au poly.
Aujourd'hui, dans ton expérience sociale, peut-être récente mais en tout cas riche, tu sais que les affects ne manquent pas, que tu peux créer du lien, que tu vas pas manquer le coche "comme avant". Tu peux t'apaiser, être moins dépendante de l'intensité de ton implication, et je crois que c'est en partie comme ça que tu vas mieux ressentir les subtilités, les moments avec plusieurs facettes ("c'est un soir de fête" + "il y a mon mari qui attend un coup de fil à 22h" + "l'ami qui m'accueille a un gros souci" + "ho ya un type qui me plait au buffet").
Tu resteras peut-être fortement "monotâche", mais si du arrives à être toi sans t'ennivrer de toi, tu arriveras à sentir mieux et plus vite les moments où changer d'objet d'attention.

(et je te parle de l'attention non pas comme un objectif, un truc qui s'enclenche ON/OFF, mais comme un ressenti auquel on ne renonce pas parce qu'il est moins facile pour nous : j'ai des troubles de l'attention, je sais dans quelle mesure on le maîtrise pas toujours comme on voudrait)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Siestacorta

le mercredi 18 septembre 2013 à 21h32

Cendre


En fait, je m'en veux de pas savoir pourquoi il a mal.

En même temps, il faut bien qu'il fasse des efforts pour te l'expliquer correctement, précisément, si vous voulez avancer. Si il dit juste "quand t'es pas là j'ai mal", il aide pas vraiment à comprendre, ça pousse, qu'il en soit conscient ou non, à n'essayer aucun comportement sauf l'exclusivité.

Pour ce qui est de brainstormer avec lui, au fait, à la base je suis partant mais "notre" parti-pris me semble quand même un peu trop lourd. Je me sentirai mal d'être avec un groupe d'avocats de la défense, à lui expliquer pourquoi il a tort, comment il peut faire.
Autant te soutenir toi, te faire réfléchir, c'est notre rôle, autant pour la médiation, je crois qu'on est pas dans la bonne posture. Enfin je sais pas, peut-être que c'est moins problématique que ça, mais j'ai du mal à voir comment.

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ScottBuckley

le mercredi 18 septembre 2013 à 23h49

Cendre
(...)

Sinon, quels besoins ai-je renié ? je ne sais pas.

Mais c'est pas parce que je ne sais pas les déterminer que je dois chasser l'idée qu'il y a eu des besoins et que je les ai ignorés.

C'était la première réponse de GreenPixie, de travailler sur les besoins.

Juste, j'ai pas eu le courage de m'y mettre encore, mais je pense que c'est une piste.

Bonsoir Cendre,

Eh bien voilà, tu le dis toi-même ( ' T'es toi quand tu parles ', comme dirait Jacques Salomé ) :
tu dis " ne pas savoir pourquoi il a mal ", et il y a des " besoins " et tu ne les regardes et/ou ne les connais pas, d'où le sentiment de les " renier " .

Tu dois " apprendre à les déterminer " ces besoins. Et tu vas devoir changer de lunettes et de chemin pour cela.

Et en plus, tu n'as pas le choix (+) , c'est sur ta route vers lui, c'est une grosse pierre presque aussi haute que lui qui t'empêche de marcher vers lui et de le voir tel qu'il est intérieurement.

Il y a un vrai et patient travail de communication relationnelle à faire entre toi et ton compagnon.

C'est LA base de la pyramide.

" Juste, j'ai pas eu le courage de m'y mettre encore "

>> Oui, parce que l'on vient de réouvrir cette conversation en ligne à plusieurs depuis quelques jours seulement sur ce forum, mais il va Vraiment falloir vous donner rendez-vous tous les deux - et vous deux seuls - pour faire cela, en mode exclusif, sans personne d'autre.

Si tu veux que l'on t'aide (oui ?), dis nous à quoi tu t'engages de ton côté, à quel courage tu vas t'atteler.

Exemple parmi d'autres : s'engager à prendre un vrai moment pour vous voir juste vous deux, pour regarder à la lumière & éclairer ces zones d'ombres sur sa souffrance et sur vos besoins respectifs ET // partagés, ce qui permettra de géolocaliser un minimum le curseur mobile de votre relation et des libertés négociées qui vont avec.

Pour ' s'entendre ' il faut d'abord savoir s'écouter, savoir se taire, savoir exprimer ses besoins, et ses envies, et ses désirs, et ce sans Aucun tabou.

Des personnes lectrices du livre ' La salope éthique ' (à lire & relire !) diraient assez justement que ce travail là pour tendre vers une qualité de communication relationnelle est à faire quelque soit le type de relations (exclusives ou ouvertes ou autres).

Vous devez chacun-e écrire sur une feuille (toi A, lui B) :

* 1. Ce que je veux lui donner (pour toi = de A > à B),
* 2. Ce que je veux recevoir de lui/d'elle, ce dont j'ai besoin (de B > à A),
* 3. + Ce que je veux partager avec lui/elle (deux cercles entrecroisés, créant une zone au milieu où se trouvent vos partages, votre trésor à vous).

Et sur votre feuille personnelle, vous pouvez détailler au maximum TOUT ce que qui vous semble important, dans chacune de ces 3 ' listes ' :
( par exemple )

- Le temps (exprimé en heures, en journées, en soirées, en week-ends, en vacances...) que je veux partager avec mon compagnon/ma compagne (de façon exclusive ou non),

- Des projets communs & partagés qui cimentent votre couple, votre horizon commun (là où vos deux regards vous portent ensemble) ,

- Des projets séparés & non-partagés (ex. : sortir voir des ami-es, faire de la poterie sans lui, faire de la danse sans toi...) = le temps (chronos) que je ne veux pas partager avec lui, des temps de respiration sans lui/elle, d'autonomie affective...

- Les libertés que je veux avoir / celles que je lui offre / Celles que l'on s'offre en partage / celles que l'on se refuse .

... Redéfinir une relation, c'est aussi préciser et réécrire vos contrats de libertés mutuelles. En écrivant par exemple au crayon de bois : ce que l'on autoriserait l'autre à faire / ce qu'on n'autoriserait pas l'autre à faire .

- Une conversation sur vos peurs toutes personnelles :
> de quoi a-t-il peur ? et toi, de quoi as-tu peur ? quel masque/voile porte-t-on sur nos peurs ?

Peur de l'abandon ? peur de la solitude ? peur de ne plus être The One pour lui/elle ? peur du futur ? de la précarité ? de ne plus vivre sous le même toit ? de ne plus se reconnaître l'un/l'autre ? de la routine ?
(identifiez chacune de vos peurs personnelles, pour + tard pouvoir regarder > comment dépasser ces peurs)

- De l'estime de soi, de l'admiration de l'autre, et des marques / gestes ou preuves de cette estime portée à l'autre ( ' je te reconnais pour ceci que tu fais... ' ) ,

- apprendre à être monotâche (ne pas s'éparpiller : hiérarchiser les priorités de 1 à 10 ou +, et les besoins respectifs) ,

- cultiver l'attention à soi, à l'autre, et à chaque chose de la vie ; méditer, apprendre à être ' en pleine conscience ' de ce que l'on fait et ne faire que cela, en mode acoustique
( = pas d'outils électroniques qui parasiteraient votre attention à ce moment-là ).

- Nourrir et construire son être, son soi, une forme de lego-centrisme (comme des pièces de Legos pour construire une maison) : satisfaire son besoin de solitude, de moments destinés/légués à soi pour se poser, pour sa propre construction identitaire (là c'est mon côté ' I am a cat person ' , mon caractère de chat indépendant, qui parle ;) )

- Apprendre et imaginer comment se réinventer soi, + comment réinventer son couple (défis, valeurs, engagements mutuels, besoins, jeux, plaisirs, + projets communs encore...) ,

- Dessiner chacun-e sa propre Pyramide de Maslow (avec des verbes et des mots & valeurs essentielles), > pour plus tard voir si vos deux pyramides sont plutôt harmonieuses, et comment les harmoniser Si possible,

- de l'amour,

- faire l'amour,

- Expérimenter de nouvelles choses / activités / sensations, à deux .... Apprendre à se connaître, à se re-découvrir ( ' serais-je passé à côté de quelque chose d'essentiel de lui/d'elle ? ' )

- Voyager à deux (ou +),

- Désirer et mettre au monde un enfant un jour, ou en adopter un, peut-être ?

Et quand vous aurez fait cela, il me semble (à mon humble avis) que vous y verrez un peu plus clair, non ?

Et là seulement, mais pas avant, d'autres personnes pourraient intervenir, et je ne visualise pas un " brainstorming " (c'est trop tôt) , mais plutôt du théâtre-forum ( voir & lire à ce sujet Augusto Boal ! ) .

Un espace de théâtre-forum où chacun-e doit pouvoir jouer le ' rôle ' de l'autre, et des autres, pour le comprendre de l'intérieur.

Qu'en penses-tu ?
Qu'en pensez-vous ?

( bon, je ne sais pas si c'est clair de votre côté, mais en dessinant sur ma feuille cela, ça me paraît moins touffu que nos 3-4 pages de ce fil )

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le jeudi 19 septembre 2013 à 00h27

Janis
Et sans aller jusqu'aux coups de pied au derrière, Lulutine, même les câlins n'y peuvent rien.

Euh, t'avais compris que je rigolais là quand même ?
C'est très mal me connaître que de penser que je ne sais pas ce que c'est. Mais en fait, oui c'est vrai, on se connaît très peu. Et très mal, probablement.

Mais tu as raison, j'ai pris les choses du point de vue de quelqu'un de plutôt sain, pas de quelqu'un de complètement malade. Peut-être aussi parce qu'à une époque, j'ai eu le choix entre m'en sortir (quasiment) toute seule ou couler. Donc pas vraiment le choix, en fait. On est souvent étonné de la capacité de l'humain à se sortir de situations a priori impossibles.

Cendre
LuLutine
Justement non, le poly ne fait pas "la même chose dans l'autre sens".

Je suis d'accord avec Lulutine, mais je ne sais pas pourquoi, je suis incapable de l'expliquer.

Une piste peut-être...le mono qui demande à son partenaire poly d'être mono, lui demande de modifier sa façon de vivre.
Le poly qui demande à son partenaire mono d'être poly-acceptant, ne lui demande pas de changer la façon dont il vit.
Schématiquement (très schématiquement et de façon volontairement caricaturale, je précise !) :
Le mono veut restreindre la liberté de l'autre.
Le poly demande à ce qu'on ne restreigne pas sa liberté.

Je pense du coup avoir répondu à aviatha :

aviatha
qu'on m'explique en quoi "je t'impose mon mode de vie monogame, parce que cela part d'un de mes besoins, même si tu en souffres" est différent de "je t'impose mon mode de vie polyamoureux, parce que cela part d'un de mes besoins, même si tu en souffres"...

Le poly n'impose pas son mode de vie au mono, justement !
Alors que le contraire est vrai.

Et pour le reste, je suis d'accord avec LittleJohn dans son message de 14h45.

Cendre
Mais je comprends pas. Pour moi, tenir compte de cette douleur, c'est de l'apprentissage, pas de l'empathie. [...]
Et pour lui,ça lui semble tellement évident qu'il ne sait pas me le dire,

Je crois que j'ai vécu pile poil la même chose...

aviatha
personne ne peut vouloir avoir la maîtresse (à défaut d'autre terme, c'est le plus simple qui me vienne à l'esprit) de son compagnon qui pleure toutes les larmes de son corps dans vos bras en demandant pourquoi c'est vous la préférée et pas elle (et qu'est-ce que je pouvais répondre à ça ?)...

Ah, ça c'est Françoise qui a vécu la même chose par contre ! ;)

aviatha
Les poly, de ce que j'en comprends en vous lisant, ne veulent pas juste faire un choix de vie, ils veulent prendre un carrefour, et que l'autre les suivent, ils veulent adapter les règles en cours de partie, et que les autres restent jouer avec eux quand même.

Euh, merci de ne pas généraliser. Peut-être que certains poly sont comme ça, mais pas ceux que je connais !
De plus, dire "en cours de partie" alors que l'immense majorité des poly que je connais sont clairs dès le début d'une relation sur leur fonctionnement, c'est presque de la mauvaise foi (du moins dans l'optique d'une généralisation : "les poly").

Pour ma part par exemple, j'ai fait mes propres choix et ceux qui n'ont pas voulu "jouer avec moi" comme tu dis ne sont pas restés jouer avec moi, c'est normal et je le comprends !

Jamais je n'ai demandé à quelqu'un de me suivre absolument et j'ai respecté parfaitement les souhaits de départs, non sans avoir cherché si on pouvait trouver d'autres règles qui satisfaisaient tout le monde.
Et OUI, j'ai accepté de me faire violence à maintes reprises et de changer profondément les règles du jeu en faveur de l'autre, du mono pour le résultat qu'on sait aujourd'hui : il est quand même parti. L'entre-deux n'était pas possible et il aurait fallu que ce soit moi qui soit mono. Je respecte donc son souhait de départ, je n'ai pas essayé de le retenir ou de l'obliger à "me suivre".

Aujourd'hui, Cendre aimerait peut-être bien que son compagnon arrive à la suivre (et si elle ressent ça ce n'est pas par égoïsme mais bien parce qu'elle l'aime amha), mais je ne pense pas qu'elle ait décidé de le tirer de force non plus !
C'est à eux d'en discuter, et à chacun de faire ses choix ensuite.

Donc s'il te plaît aviatha, peut-être que ton compagnon (qu'il ne me semble pas connaître ?) voudrait te tirer sur le même chemin que lui, ou peut-être que tu en as seulement l'impression, mais surtout ne généralise pas. Merci !

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aviatha

le jeudi 19 septembre 2013 à 00h36

Les deux citations que tu prends sont à remettre dans le contexte de Cendre, c'est à dire dans le cas d'un poly qui se découvre poly dans un couple mono installé. Donc oui, il impose un mode de vie différent à l'autre en changeant le sien, et oui ils changent les règles en cours de partie.
Évidement, puisqu'on traite du cas de Cendre, je ne parle pas ici des poly qui se mettent en couple avec des monos et le savent et sont , du moins l'immense majorité du temps, clairs dès le début. Désolée du manque de précision, je pensais que c'était évident, je m'excuse.
Encore une fois, je ne généralise pas, je parle du cas où le poly se découvre poly en cours de route, et il me semble comprendre que la souffrance de Cendre (comme celle de mon cher et tendre, mais c'est une autre histoire) est qu'elle fait un choix de route mais que l'idée que son mari lui dise "je refuse de te suivre plus loin" lui est insupportable, comme, de l'expérience que j'en ai par le forum et personnellement, tous les poly qui se découvrent en étant déjà en couple avec quelq'un qui ne l'est pas du tout.

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LuLutine

le jeudi 19 septembre 2013 à 00h45

@aviatha : oui donc on est d'accord que là on parle d'un cas particulier et qu'il faut éviter de généraliser en écrivant "les poly".

Oui, dans le cas particulier présent, Cendre aimerait bien trouver avec son mari des règles qui satisfassent les deux. Ca te paraît étrange ?

Elle l'aime et elle veut savoir s'il est possible de continuer la route avec lui, c'est humain non ?

Bien sûr le polyamour n'est pas une maladie (j'insiste là-dessus), mais on pourrait faire la comparaison avec un couple où l'un des deux tombe gravement malade : ça va changer profondément les règles du jeu. Et ils vont devoir décider s'ils continuent leur route ensemble ou pas, aussi.

D'ailleurs je connais un couple (mono) où l'un des deux a dit à l'autre (sachant que c'est une possibilité vu l'état de santé de l'autre, d'après ce que j'ai compris) : "Si un jour tu es gravement malade ou que tu as un handicap important, je te laisse tomber." Parce que les règles auront changé, parce que la situation ne lui conviendra plus.

C'est humain.

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aviatha

le jeudi 19 septembre 2013 à 00h59

Oui j'aurais dû écrire "les polys dans un couple initialement monogame, avec un conjoint résolument mono" mais j'avoue, j'avais un peu la flemme. Bon tant pis, au moins c'est éclairci.
Oh que non, je trouve même ça super, j'essaye juste de lui donner un aperçu de ce que peut être le point de vue de son mari et les raisons de son "freinage des quatre fers", puisque c'est là que ça semble bloquer, sur le pourquoi et le comment du ressenti de l'autre. Après, si c'est pas utile, j'insiste pas non plus, mais voilà.

Comme tu dis le polyamour n'est pas une maladie, donc je ne sais pas si la comparaison tient. Déjà parce que la maladie ou le handicap est un drame, et quitter quelqu'un pour ça, rajouter du drame sur le drame à quelqu'un qu'on aime, j'ai du mal, mais bon après je peux comprendre que tout le monde ne soit pas apte à faire face à ça. Et puis, même si je ne les ai jamais prononcés, je prend, aussi désuet et culturellement formaté et que-sais-je-sociétal encore, les promesses, et notamment les vœux de mariage très au sérieux "pour le meilleur et pour le pire, dans la joie et la tristesse, la santé et la maladie, jusqu'à ce que la mort vous sépare". Et pour moi s'engager sur le long terme implique nécessairement, à la fois que je donne tout ça mais que je le mérite aussi (l'exemple s'est vu lorsqu'il a dû s'occuper de moi après mon opération des deux jambes), mais je dois être, là même chez les monos, un cas un peu à part là-dessus, c'est ce qu'a fait de moi ma première histoire d'amour : j'y ai connu le meilleur et le pire, une joie immense et une infinie tristesse, la santé d'abord et la longue maladie ensuite, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Donc, même la maladie comme ça, selon l'engagement des gens finalement, peut être prévue dans les règles de départ.

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LuLutine

le jeudi 19 septembre 2013 à 01h03

aviatha
Oui j'aurais dû écrire "les polys dans un couple initialement monogame, avec un conjoint résolument mono"

Non même pas, car tu n'as aucun moyen d'affirmer que tout poly voudra forcer le mono à le suivre. C'était quand même le coeur de ton argument : "Qu'on veuille jouer autrement ok, mais qu'on n'oblige pas les autres à continuer à jouer !"

D'ailleurs, à l'opposé de ce que tu dis, ce forum contient plusieurs messages de personnes qui ont renoncé au polyamour pour rester ou se mettre en couple avec une personne mono. Ainsi que des histoires rapportées, du même acabit. mais j'ai tendance à penser que s'il y en a peu, c'est juste parce que ceux qui renoncent ne reviennent plus forcément sur le forum pour le dire...

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aviatha

le jeudi 19 septembre 2013 à 01h21

J'avoue quand même avoir du mal à voir comment/pourquoi une personne en couple mono avec un mono convaincu, qui se découvre poly sans situation de désamour avec son conjoint ne va pas tout tenter pour le convaincre de rester. Honnêtement je vois pas bien, mais c'est peut-être juste moi, ça je veux bien l'admettre totalement.

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Green-Man-Outside

le jeudi 19 septembre 2013 à 02h43

aviatha
J'avoue quand même avoir du mal à voir comment/pourquoi une personne en couple mono avec un mono convaincu, qui se découvre poly sans situation de désamour avec son conjoint ne va pas tout tenter pour le convaincre de rester. Honnêtement je vois pas bien, mais c'est peut-être juste moi, ça je veux bien l'admettre totalement.

Parce que le désamour et le désaccord sont deux choses différentes. ;-)

LuLutine
D'ailleurs je connais un couple (mono) où l'un des deux a dit à l'autre (sachant que c'est une possibilité vu l'état de santé de l'autre, d'après ce que j'ai compris) : "Si un jour tu es gravement malade ou que tu as un handicap important, je te laisse tomber." Parce que les règles auront changé, parce que la situation ne lui conviendra plus.

C'est humain.

C'est humain, c'est respectable, c'est compréhensible et argumenté (logique donc) mais ça va contre le "politiquement correct" (après, chacun a sa définition du politiquement correct, c'est comme la "pensée unique", tout le monde est d'accord pour la critiquer). Il faut un sacré courage pour assumer ça.
Parce que la grande différence avec ce dont vous débattez (poly, mono, polo, mony, tout ça) c'est la culpabilisation : "laisser tomber" (parce que ça sera présenté comme ça) quelqu'un qui souffre au point d'en être dépendant (handicap) ou qui va crever, c'est parfaitement immoral selon certains, notamment en droite lignée d'une certaine forme d'union impliquant d'être unis "pour le meilleur et pour le pire". Une infidélité faite acte.
Qui renvoie par ailleurs à la peur de finir seul. ;-)

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Driver

le jeudi 19 septembre 2013 à 09h09

LuLutine


D'ailleurs, à l'opposé de ce que tu dis, ce forum contient plusieurs messages de personnes qui ont renoncé au polyamour pour rester ou se mettre en couple avec une personne mono. Ainsi que des histoires rapportées, du même acabit. mais j'ai tendance à penser que s'il y en a peu, c'est juste parce que ceux qui renoncent ne reviennent plus forcément sur le forum pour le dire...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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tsampa

le jeudi 19 septembre 2013 à 10h36

Driver
Nul doute que, bien accompagné, il devient inutile d'avoir un répertoire surabondant. Sauf peut-être à vouloir se faire entretenir.

Dans le polyamour, on ne recherche pas plusieurs partenaires par utilité, ni par besoin. En fait, on ne recherche pas plusieurs partenaires. On ne s'interdit pas d'en avoir plusieurs, ce qui fait une grande différence.

On peut être bien accompagné par plusieurs personnes suivant le contexte. J'ai des amis qui seront de très bons accompagnateurs pour une expo, d'autres de bons accompagnateurs pour danser, d'autres pour faire du sport, et évidemment ces cercles ne sont pas disjoints (ou "exclusifs" ;-) ). "Nul doute" que c'est pareil en amour. Enfin, pour certains polys, dont moi.

D'ailleurs pour parer à une critique potentielle, je ne suis pas en train de promouvoir une vision "à la carte plutôt qu'au menu" des relations, même si elle serait tout à fait valable pour ceux et celles qui choisissent ce mode. Il y a aussi des cas où on tombe amoureux d'une autre personne et qu'il me/nous semble "artificiel" et injuste d'arrêter la relation précédente, qui n'a rien fait pour mériter cela et dans laquelle il y a toujours de l'amour.

Dire "si on est bien accompagné alors on a plus besoin de rien" est une vision très monogame des relations, proche du concept du Prince Charmant. Ce n'est pas la notre. Le fait que certaines personnes choisissent la monogamie après avoir essayé le polyamour n'invalide pas le principe, de même que le fait qu'il y ait des divorces n'invalide pas le mariage.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Raphaelle

le jeudi 19 septembre 2013 à 12h07

Bonjour Cendre. Juste une idée en passant. Tu écris avoir parfois des difficultés à appréhender la manière dont ton compagnon pense et perçoit certains de tes comportements. Il y un a exercice de reformulation que je trouve efficace, et que tu dois certainement déjà connaître, qui consiste à laisser l'autre exprimer ce qu'il ressent puis à traduire avec nos propres mots ce qu'il vient de dire. On se rend compte qu'il y a souvent des écarts, plus ou moins importants, sur lesquels il est possible de travailler. Cet exercice ne permet pas forcément des rapprochements mais il permet, au minimum, une meilleure compréhension de l'autre.

@ Janis : j'ai trouvé très juste ce que tu as écrit sur la dépression.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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