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Qu'est ce que la confiance dans les relations polyamoureuses ?

Bases
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alps

le samedi 08 juin 2013 à 20h14

Je m'explique. Dans un couple mono, la confiance repose sur la fidélité. Ne pouvant etre infidele quand on est non exclusif. Je me demande si la confiance est necessaire quand on est polyamoureux.

La question peut sembler naive. Mais c'est une vraie question. Quelle place pour la confiance dans le polyamour ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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tsampa

le samedi 08 juin 2013 à 21h12

La fidélité, ce n'est pas une question d'exclusivité, c'est une question d'engagement. On est fidèle à ses engagements. Les polys ne s'engagent pas sur l'exclusivité, mais ils s'engagent sur d'autres sujets, par exemple le fait de prendre toutes les précautions liées aux MST avec de nouveaux partenaires, etc.
La confiance dans cet engagement-là est sacrément nécessaire.

Il peut aussi y avoir de la fidélité dans les sentiments, c'est à dire ne pas arrêter une relation aux premiers signes de la fin de la passion. Une auteure célèbre sur le polyamour se dit "fidèle, mais pas exclusive", je pense que c'est à cette fidélité-là qu'elle fait référence.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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juby

le dimanche 09 juin 2013 à 00h56

Oh que oui :)
Nous avons, mon amoureux et moi,à gérer toutes sortes de situation impliquant de la confiance, y compris dans la gestion de nos relations affectives. Il ne s'agit pas pour nous de liberté totale, plutôt d'une réception et d'une acception des besoins et des sentiments de l'autre. J'ai besoin d'une confiance entière et suprême envers lui pour premièrement m'ouvrir à lui de mes sentiments envers d'autres, de mes envies, et aussi pour accepter de l'écouter. Je sais qu'il me veut du bien, qu'il navigue sa barque de manière à devenir une personne plus complète, et qu'il désire que je fasse la même chose. C'est de la confiance ça non?

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Clown_Triste

le dimanche 09 juin 2013 à 09h26

alps
Dans un couple mono, la confiance repose sur la fidélité.

Je trouve cette phrase assez dingue, quand on y pense. Comme si l'exclusivité sexuelle (qui est en général le sens qui se cache derrière l'emploi du mot "fidélité" de nos jours) était la base nécessaire et suffisante à la confiance en l'autre et à la possibilité de vivre et faire des projets ensemble...

C.T.

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alps

le dimanche 09 juin 2013 à 09h38

J'ai simplifié la problématique au maximum. Il est évident que la confiance ne repose pas que sur la fidélité. Elle repose sur des tas de dimensions différentes, qu'il s'agisse de l'argent ou de la loyauté tout simplement. Auparavant, mais c'est encore vrai essentiellement en asie. La confiance reposait essentiellement sur la notion de devoir. Devoir envers la famille, envers les ainés, envers la société, envers la nation, envers la famille. Devoir de respectabilité. C'est parce que vous respectez vos engagements et la norme que vous êtes fiables, donc respectable et dignes.(ne lisez pas trop vite ce passage.)

Je ne suis pas certain qu'une seule de mes relations aient reposé sur la confiance. La question ne s'étant jamais réellement posé. Il m'est arrivé de ne plus avoir confiance en quelqu'un, mais jamais de me dire j'ai confiance donc ca va.
Je ne me dis pas j'ai confiance en ma femme. Je me dis, ma femme semble naturellement fonctionner ainsi donc ca me va. Nos limites semblent s'entendre "l'une à l'autre".

La question de la confiance s'est toujours posée à la négative. "Je n'ai plus confiance" "je ne crois plus en nous". Ceci s'appuyant sur un faisceau de faits ou de sentiments. Elle pourrait bien dire la vérité que ca ne changerait rien. Je n'aurais plus confiance. Comme si la confiance reposait moins sur l'honnêteté que sur le comportement jugé acceptable ou non. Et c'est là je pense qu'intervient le dire et la communication dans une relation. "l'acceptable". Quand l'ecart entre les deux est trop grand. Ca devient problématique.

Je ne crois pas en la confiance en soi comme ciment d'une relation.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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Clown_Triste

le dimanche 09 juin 2013 à 09h58

@alps

Je pense donc que tu réponds à ta propre question : la confiance est nécessaire (ou en tout cas recherchée) dans l'essentiel des relations humaines, surtout si celles qui doivent durer et s'organisent autour d'un projet.
Elle prend des formes différentes en fonction des personnes, de leurs attentes et de ce qui leur est acceptable.

La fidélité (au sens "exclusivité sexuelle") en fait partie pour toi et ton épouse. Elle peut ne pas en faire partie pour d'autres personnes.

C.T.

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Siestacorta

le dimanche 09 juin 2013 à 13h36

alps

La question de la confiance s'est toujours posée à la négative. "Je n'ai plus confiance" "je ne crois plus en nous". Ceci s'appuyant sur un faisceau de faits ou de sentiments. Elle pourrait bien dire la vérité que ca ne changerait rien. Je n'aurais plus confiance. Comme si la confiance reposait moins sur l'honnêteté que sur le comportement jugé acceptable ou non.

"jugé acceptable", c'est à quel moment ta limite a été dépassée, ça peut effectivement être une sensation pratique pour comprendre où était la confiance, où elle n'est plus.

Tu peux faire une liste de ce qui est acceptable, en faire un système moral, légal, protocolaire, contractuel... un façon préventive de ne plus avoir à y repenser ensuite. Cette confiance se construirait sur le fait que chacun a enregistré ce même système, trouve avantage à le respecter, et connait l'avantage de l'autre.
Paradoxalement, des gens qui ne se connaissent pas peuvent avoir recours aussi à ce genre de systèmes pour avoir un rapport de confiance. S'aimer ou pas ne compterait donc pas beaucoup pour cette confiance-là ?

Tu peux aussi dire que la limite de confiance maintenue ou rompue est un rapport affectif, le sentiment de sécurité avec l'autre.
Pour moi, il y a un mélange, entre la sécurité personnelle (ma confiance en moi), et l'assurance que la relation ira bien par la suite.
-Le sentiment que rien de mal ne va arriver,
- et ce qui vient en même temps, que cette sécurité nous libère une énorme énergie pour vivre la suite.
Ca, c'est mon sentiment de confiance...

Ce qui fait que les relations amoureuses ne se ressemblent pas sur ça, c'est que tout le monde ne se sent pas fragile de la même manière (je parle autant des monos que des polys).
C'est aussi pour ça que des fois, quelqu'un sent sa confiance trahie alors que l'autre ne sentait pas qu'il mettait cela en jeu.

Il y a encore pas mal à développer, sur ce thème, mais, de mon point de vue, notre confiance en nous-même et la confiance vécue par la relation sont à la fois distinctes dans les origines, et très liées dans la qualité et la solidité de la relation.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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demeter

le dimanche 09 juin 2013 à 22h28

alps
Auparavant, mais c'est encore vrai essentiellement en asie. La confiance reposait essentiellement sur la notion de devoir. Devoir envers la famille, envers les ainés, envers la société, envers la nation, envers la famille. Devoir de respectabilité. C'est parce que vous respectez vos engagements et la norme que vous êtes fiables, donc respectable et dignes.(ne lisez pas trop vite ce passage.)

La notion de devoir renvoie à la vision d'une finalité des comportements de l'individu, qu'il faudrait diriger pour œuvrer au service de la société. Cela suppose la conscience de l'individu comme préexistante et l'existence de la liberté de celui ci d'adhérer ou non à la société, dans une finalité commune intrinsèquement bonne ou mauvaise. Ce sens moral rendrait les gens libres de faire le bien ou le mal. C'est une idée qui se tient quand on se tient à l'écart soi même de cette observation sans prendre en compte nos propres déterminismes et la subjectivité de nos observations, c'est à dire quand on ne remet pas en cause notre propre pensée et les principes sur lesquels elle repose, (et d'ailleurs pourquoi le ferait on quand tout semble aller. Si chacun est satisfait de son sort... Bon d'accord certains équilibres semblent un peu absurdes mais tant qu'il s'agit des autres...).

A bien y regarder pourtant, il semble que ce soit la société d'abord l'origine du sujet et non pas l'inverse. Il me semble alors préférable de substituer le terme de "dette" à celui de "devoir" pour tenter de comprendre ce qu'est réellement ce sens de la responsabilité qui est sous entendu dans la notion de confiance et qui est véritablement existant chez tout un chacun, quel que soit le discours tenu. Ce qui est culpabilisant dans la notion de devoir, c'est l'idée que ce devoir est une forme de don que l'on ferait pour les autres, un sacrifice au nom d'un idéal commun. C'est magnifique dans l'idée. En réalité ce don n'est que le paiement d'une dette dans laquelle, par laquelle l'individu se construit, se présente. Ce sont ces dettes qui nous lient, dans un engagement, dans le discours construit. Ma responsabilité, ma dignité, le respect, n'a de sens que dans le groupe social dans lequel je peux me reconnaitre. Cette culpabilité là existe de toute manière. Inutile alors d'en rajouter une couche : plus, ce n'est pas mieux, c'est trop.
La notion de culture souffre peut-être aujourd'hui d'une certaine anomie, ce qui peut faire croire et dire que la société est de plus en plus "mauvaise" (j'ai la flemme de chercher tes termes dans d'autres posts). Il ne s'agit cependant pas de jugement à porter. La question de la confiance se confond avec la question du "nous", du discours dans lequel nous nous inscrivons, devant qui nous sommes responsables, par qui nous voulons être reconnus. La meilleure façon peut-être de redéfinir ce sens du devoir est de comprendre en quoi soi et l'autre ne sont pas vraiment distincts... C'est le seul engagement réel et il est bien loin d'une promesse ou d'une intention.

Chercher comment construire ce "nous", plutôt que chercher à observer de l'extérieur une réalité qui de ce fait nous échappe, cela suppose de la confiance, en soi, en l'autre, pas de se protéger de ce qui nous fait peur en construisant des murs de bonnes intentions. La fragilité est une chose toute relative, et ces murs ne peuvent contenir indéfiniment ce qui nous entoure, même si parfois, obstinément, certains y croient dur comme fer, tellement dur qu'ils finissent par douter voire haïr ce monde qui ne les comprend plus.

Faire confiance, on n'y parvient pas toujours, c'est un fait : tes questions m'intéressent toujours (si, si je t'assure). J'ai des doutes en revanche sur le fait qu'il s'agisse d'une discussion. Manque de confiance en toi peut-être... Peu importe, chacun fait ce qu'il veut, hein ? Je le crois de moins en moins pourtant. "Mourir pour des idées, l'idée est excellente", mais trop gens meurent "de ne l'avoir pas eue."

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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alps

le mardi 11 juin 2013 à 21h57

demeter
La question de la confiance se confond avec la question du "nous", du discours dans lequel nous nous inscrivons, devant qui nous sommes responsables, par qui nous voulons être reconnus. La meilleure façon peut-être de redéfinir ce sens du devoir est de comprendre en quoi soi et l'autre ne sont pas vraiment distincts... C'est le seul engagement réel et il est bien loin d'une promesse ou d'une intention.

Je suis d'accord la dessus. C'est d'ailleurs pourquoi je disais que la confiance ne jouait pas un role moteur. Qu'est ce qu'on accepte malgre soi de céder à l'autre de soi.

Il y a des gens qui se sentent violés dans leur intimité quand ils sont trompés par leur conjoint. Parce que leur conjoint a fait une mauvaise utilisation de ce qui ne lui appartenait pas exclusivement.

D'une part il convient moins de les negocier que de savoir les reconnaitre ces choses qui ne nous appartiennent pas exclusivement.

D'autre part une utilisation abusive d'un territoire commun au nom de l'individu est forcément une trahison du bien commun. C'est ici seulement que la question de le confiance se pose. Que la conscience de chacun agit...Partager en amour, n'est pas un choix. Sinon l'amour est un choix.Et nous changeons de cadre.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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