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Les couples, leurs formes et leurs rôles dans la société ?

Famille
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ScottBuckley

le vendredi 10 mai 2013 à 23h01

Bonjour,

L’autre jour, je mangeais avec un poly un midi, et notre discussion joliment tournée m’a amené à cette réflexion (partagée avec lui) :

Si les couples sont le ferment de la société, comme de la levure pour la cuisine, et sont à l’origine des familles qui composent la population d’un pays (des millions de couples formés, qui majoritairement enfanteront les prochaines générations d’enfants, et ainsi de suite), comment se fait-il que presque tout le monde semble se contre..fiche de comment ils vont se former, ces millions de couples :
sur quelles bases, avec quelles cultures, quelles communications, quelles relations, quels rôles, répartitions, éducation éventuelle des enfants, etc.

Sans doute tout cela est fait avec quelque part l’idée naïve (qui a dit “républicaine” ?) qu’ainsi, en en parlant pas, en rendant ce sujet ‘tabou’, on est “neutre”, “égalitaire” (sic), car on leur “laisse le choix” d’évoluer “naturellement”, c’est-à-dire, au final....

... eh bien... d’évoluer de façon souvent bien conforme à la société de consommation monogame hétéro culturelle dominante (pas franchement “naturelle”) qui les a obligé à aller à l’école de l’âge de 3 ans jusqu’à 16 ans et +.

( plus tard, comme chez Walt Disney ou Hollywood, de jolis couples-ikea trop-meugnons se formeront, tels les pièces d’un meuble en kit préfabriqué nommé Billy, avec un sentiment de liberté totale de choix, sans soupçonner trop fort le moindre conditionnement caché derrière l’étiquette en toc - sans éthique ) .

On a vaguement eu au collège quelques cours “d’éducation sexuelle” en classe de “bio sciences nat’ / sciences et vie de la terre” (aaah, mémorables ils étaient ceux-là !), mais à part ça, quedal, quetchi. Circulez, y’a rien à voir, allez hop!

Et comme il n’existe pas à l’école (collège, lycée...) d’études ou de cours sur ‘les couples’ (sauf peut-être dans les gender studies, parfois, à l’université ?), on ne peut pas ‘légiférer’ à ce sujet, ni leur demander d’être paritaires, mixtes, neutres, objectifs, non anthropo-centrés, multiculturels... puisque par défaut ils n’existent tout simplement pas.

Il y a bien des personnes connues (comme l'auteur Jacques Salomé) qui depuis 30 ans disent que ‘ la communication ’ et la ‘ qualité de communication relationnelle ’ sont essentielles pour la maturité et l’harmonie des couples, et d’un pays, et devraient être enseignées à l’école, mais à part quelques rares exceptions, j’ai l’impression qu’il y a un gigantesque vide bien volontaire, à ce sujet, et que c’est la norme, le conformisme, et au passage bien-sûr la monogamie, invisibles, qui souvent s’imposent à une grande majorité de couples, plutôt que d'autres formes de libertés plurielles, de libre arbitre.

Et c’est d’autant plus violent que cette norme, telle une belle cage dorée, est encore plus transparente que L’homme invisible gazéifié ;) !

Nan ? Qu’en pensez-vous ?

* Précision utile :
je ne cherche surtout pas à répondre à un conformisme par un autre conformisme / ou anti-conformisme, je pose juste la question : pourquoi l’absence flagrante d’études sur ce sujet si essentiel et vital, à l’école ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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demeter

le samedi 11 mai 2013 à 07h08

Sans doute parce que l'apprentissage nécessite toujours un va et vient entre la construction de représentations et la destruction des anciennes. Chacun des formés vient à l'école avec ses propres représentations et l'école ne peut avoir une quelconque efficacité si elle ne part pas de ce constat. La première représentation à déconstruire est probablement celle que les gens ont de l'école, y compris celle que s'en font les enseignants eux même. Le débat date des débuts de l'école elle même et de l'histoire laïque qui a été reprise et détournée à des fins politiques dans des discours plus ou moins honnêtes ou stupides. Il y a déjà eu tellement de livres écrits sur ce sujet qu''en les empilant on pourrait aller sur la lune. Et pourtant, cela n'a pas servi à refaire le monde. Il n'est pas vrai en tout cas que l'école n'est pas un lieu d'apprentissage et de réflexion sur les relations humaines. Le couple n'est qu''un concept anecdotique de cette réflexion et qu''il n'est probablement pas pertinent de déconstruire avant qu''il ne devienne problématique pour celui qui se forme. Mais il ne faudrait pas croire que le contenu affiché des programmes scolaires soit l'essentiel de ce qu''on y apprend et le rapport à l'apprentissage y est aussi pensé, au moins par la force des choses, du vécu. Mais quel serait selon toi le rôle d'un formateur sur la question ?
Une réflexion d'un formateur qui me paraît un bon début de réponse, même si le rapport peut paraître lointain on ne peut faire l'économie de cette réflexion pour tenter de répondre à ta question.

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(compte clôturé)

le samedi 11 mai 2013 à 07h28

GreenPixie
comment se fait-il que presque tout le monde semble se contre..fiche de comment ils vont se former, ces millions de couples

Partant d'un premisse completement errone - les dernieres manifestations pour ou contre le mariage pour tous - je ne pense pas que tu puisses pousser le raisonnement correctement bien loin.

En tout cas le fait est que les opposants comme les partisans de l'Esclavage par le Couple se mettent au moins d'accord sur un modele familiariste.

En ca, les opposants au mariage pour tous, en polarisant le debat, ont deja gagne un gros point, meme s'ils ont l'impression de perdre la partie sur le plan legislatif.

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lam

le samedi 11 mai 2013 à 07h28

Hmmm, et même on pourrait aller plus et dire que ce qui serait intéressant serait de valoriser une approche réflexive sur les relations humaines, qui viserait à rendre les personnes intellectuellement autonomes. A apprendre à poser ses limites dans les relations, à les regarder en se disant "à quoi me sert cette relation? qu'est-ce qu'elle m'apporte?"

Dans relations humaines on pourrait mettre couple, pas couple, relation avec chaque parent, relations platoniques avec ses ami-e-s, sa grand'mère, l'oncle à bidule...

Et comme ça certains adultes arrêteraient de voir les enfants et jeunes comme des êtres inférieurs potentiellement utilisables comme défouloir de leur psychoses, corvéables ou incestables.

sinon je pense qu'on ne réfléchit pas là dessus parce qu'on a dans cette société des valeurs de l'amour comme naturel, le sexe comme tabou (avec parfois comme but ultime la reproduction), et la famille nucléaire comme fondamental (cf. la banderole des identitiares lyonnais dans les récentes manifs contre le mariage homo: "la famille c'est notre indentité")

donc pourquoi on questionnerai tout ça? si on questionnait vraiment le rôle des couples dans la société ca risquerai de changer l'ordre du monde et de devenir très très effrayant.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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demeter

le samedi 11 mai 2013 à 07h44

lam
donc pourquoi on questionnerai tout ça ? si on questionnait vraiment le rôle des couples dans la société ca risquerai de changer l'ordre du monde et de devenir très très effrayant.

On questionne, on questionne... mais l'école ne peut faire cela seule, quand bien même elle serait le lieu principal de ce questionnement, ce qui n'aurait pas vraiment de sens.

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demeter

le samedi 11 mai 2013 à 07h56

lam
Hmmm, et même on pourrait aller plus et dire que ce qui serait intéressant serait de valoriser une approche réflexive sur les relations humaines, qui viserait à rendre les personnes intellectuellement autonomes.

Bah, supposes tu instant que cela ne soit pas le cas ? Il est dangereux de présenter les enseignants comme des abrutis, malgré l'absurdité de la communication faite sur l'école par les médias et les pouvoirs politiques.

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ScottBuckley

le samedi 11 mai 2013 à 13h13

@ demeter :
Je ne crois pas que lam pense que les enseignants soient des “abrutis”, son propos est précis (pas généraliste), et soulève une carence de l’école et de l’Education nationale elle-même, pas des enseignants, qui eux doivent beaucoup (hélas ?) respecter le programme officiel, avec peu de marges de manoeuvre, surtout sur des sujets essentiels mais sensibles comme les relations humaines (cela n’a jamais été enseigné dans les Iufm par le passé, que je sache ?).

@ demeter (bis) :
Mais quel serait selon toi le rôle d'un formateur sur la question ?

Eh bien justement je trouve que lam résume assez bien l’idée que je me fais de cours & de réflexions sur les relations humaines, auxquelles il me semble essentiel d’associer des cours de communication humaine & de qualité de communication relationnelle (dans l’esprit de Jacques Salomé, par exemple).

lam (avec une citation un peu plus longue que toi demeter, ce qui en change le sens à mon avis) :

“ Hmmm, et même on pourrait aller plus et dire que ce qui serait intéressant serait de valoriser une approche réflexive sur les relations humaines, qui viserait à rendre les personnes intellectuellement autonomes. A apprendre à poser ses limites dans les relations, à les regarder en se disant "à quoi me sert cette relation ? qu'est-ce qu'elle m'apporte?"

Dans relations humaines on pourrait mettre couple, pas couple, relation avec chaque parent, relations platoniques avec ses ami-e-s, sa grand'mère, l'oncle à bidule... ”.

D’ailleurs c’est la partie qui m’intéresse le plus de creuser, dans le livre ‘La Salope éthique’ (que je viens enfin d’acheter hier !), cette importante partie qu’est la communication relationnelle, un immense territoire à apprivoiser petit à petit.

Et celles et ceux qui sont mauvais en communication relationnelle risquent de vraiment en souffrir, dans la vie (je pense là notamment à beaucoup d'handicapé-es des relations humaines, à différents niveaux, y compris certains ultras geeks ou gamers no-life-mes-écrans-c’est-ma-vie, y compris certains chefs de bureau…).

Je vois tellement de couples être ‘mauvais’ en communication relationnelle, ça en crève les yeux et ça me fait mal de les voir s’aveugler ainsi, ça ressemble à de petites bombes à retardement, tous ces non-dits, tous ces malentendus, et ces sujets tabous flagrants si énormes !

@ Benjamin :
Non, je ne suis pas d’accord avec toi : je parle de tous les couples, à tout âge, et dans l’ensemble du système éducatif (y compris à la maternelle).

À la maternelle, il n’est pas rare de croiser une petite fille de 4 ans qui a deux amoureux, et le revendique, sans y voir de mal.

Sauf que très vite, après avoir au début trouvé ça “oh-c’est-trop-meugnon!”, les parents ou l’école et les représentations culturelles dominantes (Walt Disney & autres Mickey parade magazine, la télé...) interviendront de multiples manières, - plus ou moins subtiles - , pour les faire revenir dans le “droit chemin” de la monogamie (déjà à cet âge-là !).

Dans mon lycée on n'avait même pas le droit de s’embrasser dans la cour, ou même devant le lycée, on risquait une convocation chez le proviseur !

Jusqu'où la haine de l'amour et des couples peut mener, au nom de la soi-disante "morale" !

C’est de ce système éducatif frigide (et barjo) que je parle. Et qui crée des générations de millions de mal-comprenants.

Voilà un vrai handicap dramatique culturel dont on ne parle pas si souvent, et qui n'a pas l'air de figurer dans la liste des grandes priorités de l'éducation nationale (à l'heure des réseaux "sociaux" en ligne, des écrans chronophages, de facebook & des textos, ce ne serait pourtant pas du luxe).

Toi Benjamin, tu me parles de grandes manifs ultra ponctuelles, qui ont lieu une fois tous les dix ans (manifs anti-Pacs à la fin des années 1990, puis anti-mariages gays en 2012-2013), organisées de façon binaires ("soit tu es pour, soit tu es contre", pas de nuances), et trop souvent faites par et pour des homo-discriminants (qui pratiquent des formes multiples et variées de discriminations à l’égard notamment des homosexuelles ou des polyamoureuses, sans pour autant toujours être homophobes ou polyphobes).

Des personnes qui veulent bien avoir Arthur Rimbaud et Oscar Wilde enseignés à l’école, ou que M. Delanoë soit maire de la capitale de la France, mais qui ne veulent a priori pas de l’égalité des droits et devoirs entre hétéros et homos (les homos payent eux aussi des impôts et-ou des taxes, ils et elles font pleinement partie de notre pays).

D’ailleurs ces manifs “anti-” ne questionnaient hélas pas vraiment toutes les formes de couples (plurielles et presque infinies), mais se focalisaient surtout (à mon humble avis) sur le passé avec nostalgie, sur une France hétéro du siècle passé, et sur Une seule forme de couple, en l’occurrence sur sa forme strictement juridique, étatique, avec l’institution “le mariage” et “la famille”.

Illes auraient d’ailleurs aussi souvent pû dire :
un partenaire + une partenaire tous deux monogames = c’est naturel ”.
Illes n’en étaient pas loin.

Je ne sais pas si le mariage est une forme d’ “Esclavage par le Couple”, mais en tout cas, les critiques trop virulentes sur le couple (marié ou non), et les brochures anti-couples, je m’en méfie (et pour autant je ne suis pas un fan du mariage, je me reconnais énormément dans les paroles de la magnifique chanson ‘ La non-demande en mariage ’ de Georges Brassens).

On peut être heureux/se et être marié-e Et également poly (j’en connais de plus en plus, et ils et elles ont leur propre définition de la fidélité non-exclusive et je l’aime bien ! (+) ), et on peut aussi être heureux ou malheureux et n’être ni marié-e ni même en couple.

@ lam :
Tout à fait d’accord avec toi, notamment sur le passage de toi cité ci-dessus, merci ! tu m’enlèves les mots de la bouche ! :-D

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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