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Les avantages d'être avec une personne ouverte au PA

Témoignage
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Anarchamory

le vendredi 17 mai 2013 à 17h02

L'autre jour, ma mère, qui connaît mes idées et aspirations, mais qui a — beaucoup — du mal à les comprendre, m'a dit (comme quasiment à chaque fois qu'on aborde le sujet... bon, j'exagère un peu :> ) : ­« Mais tu es bien sûr que c'est ce genre de vie que tu veux mener ? tu ne crois pas que c'est parce que tu es malheureux dans ton couple et que tu te sens trop étouffé que tu as ces idées là ? fais attention à te protéger, etc. » Bref, un discours de maman envers son p'tit bout... de 35 ans ^^

Quand bien même ce serait vrai, et que, finalement, je me rende compte que j'arrive, au fond, à me contenter de la monogamie, trouver une femme ouverte au polyamour (donc non-exclusive, voire polyamoureuse elle-même) présente quand même bien des avantages :

- même si la monogamie devait finalement me satisfaire, savoir qu'elle ne serait pas obligatoire mais seulement une option, et que je pourrais, un jour, changer d'avis, me procurerait un intense sentiment de liberté ;
- je n'aurais pas besoin de me justifier si je veux passer un long moment seul à seul avec une personne de n'importe quel sexe ;
- je pourrais me lâcher au niveau de l'expression de mes amitiés et affections féminines, donner libre cours à mes élans de tendresse, sans avoir besoin de constamment me demander si je suis en train ou non de franchir une frontière artificielle qui, en fait, n'existe que dans l'esprit des exclusifs, mais que chaque exclusif place à un endroit différent... (par exemple, j'ai appris à mon dépend que pour ma femme, prendre une personne du sexe opposé dans ses bras, c'était déjà sexuel, sauf si la dite personne est triste et qu'on veut la consoler... oO).

En fait, je pense que tout le monde — même les exclusifs — gagnerait à être avec des partenaires non-exclusifs — et pour les exclusifs : des partenaires non-exclusifs mais néanmoins monogames — néanmoins, certains exclusifs — comme ma femme — sont proprement hallucinants à mes yeux : non seulement ils exigent la stricte monogamie de la part de leur partenaire, mais en plus, ça les enquiquine visiblement pas mal qu'on ne fasse pas de même à leur égard. Apparemment, ce n'est même pas pour se donner bonne conscience. Non, ça les épanouit qu'on les contraigne de la sorte... Ils se sentent libre dans la servitude ! Ils se sentent aimés dans la "désindividualisation" !... oO

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aviatha

le vendredi 17 mai 2013 à 17h38

Je pense, très honnêtement, et sans rien connaître de ta femme, que le problème est plus spécifique à elle qu'aux exclusifs.
En tant qu'exclusive monogame et en souffrance de la non-exclusivité de mon compagnon (ce qui, d'après ton schéma, est pas mal stricte et contraignant) je n'ai jamais été confrontée aux problèmes que tu décris, y compris lorsque mon compagnon était dans une optique d'exclusivité, ce qui a quand même été le cas pendant 5 ans !
Non seulement je passe des moments seule à seul avec des amis hommes si je veux (et l'immense majorité de mes amis sont des hommes), mais il ne me serait jamais venu à l'idée de reprocher à mon compagnon de passer la soirée seul avec une amie.

Un exemple très frappant qui me revient en mémoire. Un soir, après une répèt avec son groupe, la bassiste, qui habitait loin est restée dormir chez lui. Il a un peu hésiter avant d'accepter, tout en sachant qu'il n'avait qu'un seul lit. Le lendemain, il m'appelle pour me raconter ça, un peu inquiet de la réaction que je pouvais avoir. Non seulement je n'en avais strictement rien à faire (il me dit que c'est pour dépanner une amie, je le crois, je n'ai pas besoin de plus d'explication que ça), mais encore je l'ai presque engueulé en apprenant qu'il avait, ne serait-ce qu'une seconde, envisager de laisser cette pauvre fille rentrer seule alors que le quartier craignait quand même assez !

Pour ce qui est de l'idée de "savoir que la contrainte n'est pas définitive me rend libre", je ne suis pas d'accord. Une contrainte peut être définitive et doit l'être lorsqu'il s'agit de quelque chose d'important, d'essentiel, car alors elle nous incite à beaucoup réfléchir avant de faire un choix, à faire des efforts pendant, à se remettre en question souvent et à batailler dur pour préserver le choix qu'on a fait. Si je décide un jour d'avoir des enfants, cette contrainte est définitive, une fois faits, ils sont là, je ne les jette pas à la DASS quand ça ne m'amuse plus, je ne m'en débarrasse jamais, même majeurs. J'ai choisi cette contrainte, elle est définitive, sans doute suis-je moins libre, pour autant suis-je moins heureuse ?
L'absence de contraintes, ça n'existe pas. Je pense que la liberté consiste juste à les choisir. On peut vouloir "vivre sans entrave", mais ça veut dire vivre sans couple, sans travail, sans maison, sans famille, parce que tout est une entrave, et je ne suis pas sûre que cela rende épanoui.
Pour moi qui suis monogame et exclusive, ce qui peut apparaître comme une contrainte est une véritable liberté. J'ai choisi cet homme, je l'ai choisi entre tous les êtres au monde. J'avais vu ses défauts dès le début, je savais que certaines choses seraient dures (bon, j'avais fait une erreur d'appréciation sur le degré, mais personne ne tombe juste à tous les coups), je les ai accepté, je savais qu'il faudrait faire des efforts, j'ai accepté, j'avais trouvé quelqu'un pour qui j'étais prête à faire autant, à risquer autant, et c'est une grande expérience de liberté, je pense, que de se lancer dans une histoire sans rien "retenir" de soi. Le don.
Je m'égare peut-être un peu, mais je pense, très cher, une fois encore, que le problème n'est pas d'être monogame et/ou exclusif ou pas. Peut-être que ta mère a raison, je ne sais pas, mais effectivement de ce que tu nous décris de ta femme, il me semble difficile d'aimer vraiment sans faire confiance, sans accepter les défauts de l'autre et sans vouloir donner de soi.

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Anarchamory

le samedi 18 mai 2013 à 00h04

aviatha
Je pense, très honnêtement, et sans rien connaître de ta femme, que le problème est plus spécifique à elle qu'aux exclusifs.
En tant qu'exclusive monogame et en souffrance de la non-exclusivité de mon compagnon (ce qui, d'après ton schéma, est pas mal stricte et contraignant) je n'ai jamais été confrontée aux problèmes que tu décris, y compris lorsque mon compagnon était dans une optique d'exclusivité, ce qui a quand même été le cas pendant 5 ans !
Non seulement je passe des moments seule à seul avec des amis hommes si je veux (et l'immense majorité de mes amis sont des hommes), mais il ne me serait jamais venu à l'idée de reprocher à mon compagnon de passer la soirée seul avec une amie.

Un exemple très frappant qui me revient en mémoire. Un soir, après une répèt avec son groupe, la bassiste, qui habitait loin est restée dormir chez lui. Il a un peu hésiter avant d'accepter, tout en sachant qu'il n'avait qu'un seul lit. Le lendemain, il m'appelle pour me raconter ça, un peu inquiet de la réaction que je pouvais avoir. Non seulement je n'en avais strictement rien à faire (il me dit que c'est pour dépanner une amie, je le crois, je n'ai pas besoin de plus d'explication que ça), mais encore je l'ai presque engueulé en apprenant qu'il avait, ne serait-ce qu'une seconde, envisager de laisser cette pauvre fille rentrer seule alors que le quartier craignait quand même assez !

Bravo (+) Assurément, tu représentes la crème en matière de mongame exclusive, je dois bien le reconnaître et je te tire mon chapeau... :)

aviatha
Pour ce qui est de l'idée de "savoir que la contrainte n'est pas définitive me rend libre", je ne suis pas d'accord.

Ca tombe bien, moi non plus... Sauf que tu auras remarqué qu'il ne s'agit pas d'une contrainte dans le cas donné en exemple. J'envisage l'hypothèse où, finalement, avoir plusieurs relations amoureuses simultanées ne me botterait pas. Si ça ne me botte pas, ce n'est pas une contrainte de ne pas en avoir plusieurs à la fois, ça serait le contraire qui serait une contrainte.

aviatha Une contrainte peut être définitive et doit l'être lorsqu'il s'agit de quelque chose d'important, d'essentiel, car alors elle nous incite à beaucoup réfléchir avant de faire un choix, à faire des efforts pendant, à se remettre en question souvent et à batailler dur pour préserver le choix qu'on a fait. Si je décide un jour d'avoir des enfants, cette contrainte est définitive, une fois faits, ils sont là, je ne les jette pas à la DASS quand ça ne m'amuse plus, je ne m'en débarrasse jamais, même majeurs. J'ai choisi cette contrainte, elle est définitive, sans doute suis-je moins libre, pour autant suis-je moins heureuse ?

Je suis d'accord avec l'idée et avec l'exemple. Mais précisément, pour moi, la contrainte de la monogamie n'a rien d'important ni d'essentiel.

aviatha L'absence de contraintes, ça n'existe pas. Je pense que la liberté consiste juste à les choisir. On peut vouloir "vivre sans entrave", mais ça veut dire vivre sans couple, sans travail, sans maison, sans famille, parce que tout est une entrave, et je ne suis pas sûre que cela rende épanoui.

Vivre sans couple, sans travail, sans maison, sans famille, c'est contraignant.

Le polyamour aussi est contraignant, faut pas croire. Mais je préfère les contraintes inhérentes au polyamour (manque de reconnaissance sociale, toujours se battre pour expliquer ce qu'on vit, partager son temps, ne pas avoir une femme rien que pour soi, risquer une grossesse hors couple en cas de relations sexuelles avec des partenaires "secondaires", etc.), que les contraintes inhérentes à la monogamie exclusive.

aviatha
Pour moi qui suis monogame et exclusive, ce qui peut apparaître comme une contrainte est une véritable liberté. J'ai choisi cet homme, je l'ai choisi entre tous les êtres au monde. J'avais vu ses défauts dès le début, je savais que certaines choses seraient dures (bon, j'avais fait une erreur d'appréciation sur le degré, mais personne ne tombe juste à tous les coups), je les ai accepté, je savais qu'il faudrait faire des efforts, j'ai accepté, j'avais trouvé quelqu'un pour qui j'étais prête à faire autant, à risquer autant, et c'est une grande expérience de liberté, je pense, que de se lancer dans une histoire sans rien "retenir" de soi. Le don.

Le don de soi existe aussi en polyamour, faut pas croire... Il existe bien dans la configuration plus typique où on a des amis. Et quelle est la différence entre une très bonne amie et une amoureuse ? Un lit :)

A propos de lit, j'aurais voulu avoir ton opinion sur l'expression de la tendresse entre amis de sexe différent, pour voir si tu diffères aussi de ma femme à ce sujet. Si la bassiste et ton ami s'était blottis dans les bras l'un de l'autre durant cette nuit, et c'est tout, tendrement, sans sexe ni érotisme, est-ce que ça t'aurait choqué ?

aviatha Je m'égare peut-être un peu, mais je pense, très cher, une fois encore, que le problème n'est pas d'être monogame et/ou exclusif ou pas. Peut-être que ta mère a raison, je ne sais pas, mais effectivement de ce que tu nous décris de ta femme, il me semble difficile d'aimer vraiment sans faire confiance, sans accepter les défauts de l'autre et sans vouloir donner de soi.

Oui, et pour moi, la preuve que tu aimes ton homme, c'est qu'apparemment tu restes avec lui malgré son polyamour et ta monogamie exclusive.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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aviatha

le samedi 18 mai 2013 à 00h26

MetaZet
Je suis d'accord avec l'idée et avec l'exemple. Mais précisément, pour moi, la contrainte de la monogamie n'a rien d'important ni d'essentiel.

Je ne pensais pas à la monogamie, je pensais à l'amour en général, qui est pour moi une chose essentielle, et implique donc de bien peser ses choix.

MetaZet
A propos de lit, j'aurais voulu avoir ton opinion sur l'expression de la tendresse entre amis de sexe différent, pour voir si tu diffères aussi de ma femme à ce sujet. Si la bassiste et ton ami s'était blottis dans les bras l'un de l'autre durant cette nuit, et c'est tout, tendrement, sans sexe ni érotisme, est-ce que ça t'aurait choqué ?

Cela m'aurait choqué et lui aussi sans doute^^ parce qu'ils ne se connaissaient pas beaucoup plus que ça. Mais je sais que cela est déjà arrivé avec une amie très proche à lui. Ça ne me dérangeait pas plus de cela, il a naturellement beaucoup de tendresse pour elle, alors de jour ou de nuit... Et puis je l'ai moi-même fait avec certains de mes amis hommes, premièrement parce que je suis quelqu'un de très tactile, et sans doute que les contacts sont moins "connotés" pour moi que pour beaucoup, deuxièmement parce que je savais que je pouvais me laisser aller sans qu'ils interprètent mal, se fassent des idées ou tentent quoi que ce soit et que j'avais juste besoin de réconfort, comme je fais des câlins à mon frère ou ma mère quand ça ne va pas.

MetaZet
Oui, et pour moi, la preuve que tu aimes ton homme, c'est qu'apparemment tu restes avec lui malgré son polyamour et ta monogamie exclusive.

Au risque de te décevoir, c'est sans doute un peu plus opportuniste que cela. Lors de notre dernière conversation, je lui ai dit que, si leur histoire à eux finissait et qu'après elle il y en avait d'autres, sans doute que ce serait moins dur, je serais mieux préparée, je saurais les erreurs à ne pas commettre, sur quoi céder, sur quoi ne jamais céder etc. Il m'a dit qu'il n'avait pas envie qu'il y en ai d'autres après elle et que ce n'était pas ce vers quoi il voulait aller. Cela me conforte dans l'idée que, peut-être, il m'a connue très tôt, avec très peu d'expérience avant, et qu'il avait besoin de ce "décrochage" là, mais qu'il n'est pas véritablement polyamoureux, et j'ai donc espoir de tenir suffisamment longtemps pour que les choses s'arrangent d'elles-mêmes. Parce que je sais bien que cette situation me ronge, m'use, et que je ne tiendrai pas sur le long terme.

Néanmoins, je me refuse à tout jugement là-dessus. Je m'énerve quand il oublie de m'appeler, quand j'ai besoin de lui et qu'il ne répond pas ou quand il prévoit du temps avec elle sans m'en parler alors que précisément j'essaye de me libérer à ce moment-là. Mais pas sur ce qu'il est. Les gens sont entiers, on les prend comme ils sont et on prend tout ou on ne les prend pas. Je pense que c'est ce qui manque à ta femme. Plus que d'une personne ouverte au PA, tu as, je pense, besoin de quelqu'un d'ouvert, tout court, qui accueille les choses avec bienveillance (ce qui ne veut pas dire "avec un sourire niais", je me bagarre parfois avec lui dans cette situation qui me fait souffrir), qui fait confiance et qui respecte les limites inhérentes à chacun. Cela ne fait pas quelqu'un de parfait, mon amour aussi a ses limites, et là, comme c'est elles que l'on heurte, ça crie et ça proteste, mais je pense que ça fait, du moins, quelqu'un avec qui on peut vivre heureux.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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LuLutine

le samedi 18 mai 2013 à 02h29

Un avantage d'être avec une personne ouverte tout court, c'est qu'elle ne joue pas de la double contrainte pour essayer de te rendre chèvre, faire du chantage affectif etc.

Je dis bien "ouverte tout court" car je pense, un peu comme aviatha, que la question n'est peut-être pas tant "ouverte au pa" que "pas complètement butée" !

Après, je dirais que ce serait d'autant plus avantageux qu'elle soit en plus ouverte au pa !

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Profil

aviatha

le samedi 18 mai 2013 à 02h39

... Y a toujours pas de bouton "j'aime"? ^^
Plus sérieusement LuLutine soulève un point aussi que j'avais oublié, celui du chantage affectif.
En effet quelqu'un de "complètement buté", pour reprendre son expression va avoir tendance à manipuler les sentiments de l'autre, voire l'image que l'autre a de ses sentiments pour obtenir ce qu'il veut. Fatalement, cela aboutit tôt ou tard à une catastrophe : on doute des sentiments de l'autre, on se dit qu'il/elle dramatise, voire nous ment sur ce qu'il ressent ect. Et il n'y a pas grand chose qui pousse sur un caillou comme ça.
Je ne sais pas si tu es allé jeté un œil aux dernières nouvelles que j'ai données sur mon fil, mais il y a beaucoup de ça : refuser de se laisser aller au chantage affectif c'est, pour l'un, pouvoir dire clairement quand quelque chose nous atteint vraiment durement, pour l'autre, savoir que si elle/il nous dit ça, c'est que là, vraiment, ça va pas. C'est, encore une fois, se faire confiance. Et on ne peut pas faire confiance si l'autre est un "terrain ennemi" en permanence.

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