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Accident de contraception

Famille
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Anarchamory

le jeudi 11 avril 2013 à 22h00

Bonsoir,

Un questionnement m'est venu à l'esprit aujourd'hui... et je me suis demandé si quelqu'un y avait déjà été confronté, y avait déjà réfléchi, et quelle serait l'attitude qu'il adopterait et qu'il conviendrait d'adopter.

Imaginons deux couples polyamoureux :
- Alain et Béatrice (ou A - B pour faire simple)
- Christian et Dorothée (ou C - D pour faire simple)

Supposons que A et D soient en relation dite "secondaire". Ils n'envisagent pas — a priori — d'avoir des enfants ensemble car ils ne vivent pas en couple, et le lien n'est pas aussi fort qu'entre A - B et entre C - D. De plus, B ne souhaite pas que A ait des enfants avec quelqu'un d'autre qu'elle. Semblablement, C ne souhaite pas que D ait des enfants avec quelqu'un d'autre que lui.
Ça peut se comprendre.

Seulement voilà, un accident de contraception peut toujours intervenir. Imaginons, donc, que D tombe enceinte de A, malgré usage de moyens de contraception. Imaginons que D souhaite garder l'enfant. Que faire ? On ne peut quand même pas la forcer à avorter. Certes, on peut supposer que c'est un point qui aurait dû être discuté avant, qu'il aurait fallu établir, entre tout ce monde, un contrat qui stipule qu'en cas de grossesse non-désirée, D s'engage à avorter. Mais tous les contrats, même établis en bonne et due forme et signés librement et en conscience, peuvent ne pas être honorés. En cas de contrats portant sur des biens ou de l'argent, on peut concevoir une exécution forcée, mais forcer l'exécution d'un contrat d'avortement, ça me paraît assez gore et inhumain comme perspective !...

D'un autre côté, A va se trouver face une alternative guère satisfaisante :
- soit se forcer à accepter, éduquer, subvenir à un enfant dont il ne voulait pas, et sa compagne non plus...
- soit devoir se dire qu'il est un homme indigne qui a laissé tomber le fruit de ses ébats et sa mère... (enfin, c'est ce qu'il me semble, s'il a une certaine sensibilité et/ou un certain sens des responsabilités... après tout, ce n'est quand même pas toute seule que D s'est mise enceinte... je ne vois donc pas de raison à ce que ça soit elle qui assume seule l'entièreté de la chose...).

La situation, pour B et C n'est guère plus enviable :
- on ne peut forcer ni B ni C a élever un enfant qui n'est pas à eux ;
- B et C peuvent s'estimer lésés de ce que leur partenaire respectif s'investisse dans une progéniture qui n'est ni à B ni à C.

Enfin, pour l'enfant lui-même, ce n'est pas non plus génial il me semble :
- il sera le fruit d'une union entre deux personnes pas forcément compatibles pour l'éduquer conjointement ;
- il sera le fruit du hasard le plus total, et n'aura pas été désiré, plutôt que d'être l'aboutissement d'un projet parental mûrement réfléchi ;
- il naîtra, d'emblée, dans une famille recomposée, où chaque parent devra aussi donner de son temps à son partenaire principal et éventuellement à la famille qu'il aura fondé avec, et où les frictions risquent d'être nombreuses étant donnée la situation...

Bref, tout ça ne me semble pas simple comme situation, et j'aimerais bien savoir comment vous géreriez tout cela si ça vous arrivait...

Pour ma part, étant d'une personnalité un tantinet anxieuse, je crois que ça aurait tendance à me démotiver à passer à l'acte — sexuel — avec une éventuelle relation dite "secondaire", et à me contenter de sensualité non-génitale (ou, du moins, non péno-vaginale). Je n'aime pas trop jouer à la roulette russe...

Bonne soirée !

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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wacko

le jeudi 11 avril 2013 à 23h10

C'est une situation bien galère dans tous les cas.
Quoi qu'il arrive, je pense que la décision finale doit revenir à la personne qui porte l'enfant, qui si elle ne veux pas/ne peux pas le porter peut choisir d'avorter si il est trop tard.
Après si jamais il y a un doute quand à un contraceptif qui foire, il y a toujours la solution de la pilule du lendemain, moins physiquement et psychologiquement difficile qu'un avortement je pense.
Après c'est mon point de vue en tant "qu'homme" (dans le sens potentiel oppresseur sexiste et qui même avec bonne volonté ne portera pas un enfant 9 mois durant). En tant qu'individu en tout cas, je souhaite à personne de vivre une grossesse non-désirée et qqn qui voudrait garder l'enfant au détriment du point de vue de la "porteuse" et forcerait la main de celle-ci aurait une attitude oppressante et malsaine.

Il y a un très bon passage à ce sujet dans "La salope éthique" p. 129-130 (de l'édition parue récemment) au chapitre XI "Safer Sex"

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Anarchamory

le jeudi 11 avril 2013 à 23h48

wacko
C'est une situation bien galère dans tous les cas.
Quoi qu'il arrive, je pense que la décision finale doit revenir à la personne qui porte l'enfant, qui si elle ne veux pas/ne peux pas le porter peut choisir d'avorter si il est trop tard.
Après si jamais il y a un doute quand à un contraceptif qui foire, il y a toujours la solution de la pilule du lendemain, moins physiquement et psychologiquement difficile qu'un avortement je pense.
Après c'est mon point de vue en tant "qu'homme" (dans le sens potentiel oppresseur sexiste et qui même avec bonne volonté ne portera pas un enfant 9 mois durant). En tant qu'individu en tout cas, je souhaite à personne de vivre une grossesse non-désirée et qqn qui voudrait garder l'enfant au détriment du point de vue de la "porteuse" et forcerait la main de celle-ci aurait une attitude oppressante et malsaine.

Il y a un très bon passage à ce sujet dans "La salope éthique" p. 129-130 (de l'édition parue récemment) au chapitre XI "Safer Sex"

Merci pour ta contribution... mais le problème c'est que tu décris une autre situation que celle présentée dans mon scénario. Dans ce dernier, la femme tombée enceinte décide de garder l'enfant. Et s'il serait oppresseur de forcer une femme à garder dans son corps un embryon dont elle ne veut pas, ça le serait a fortiori de la forcer à expulser de ce corps un embryon dont elle veut (même si c'est une volonté apparue "après coup"). Non ?

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

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wacko

le vendredi 12 avril 2013 à 00h01

Tout à fait d'accord, j'avais lu de travers ! :-)

Après dans cette situation décrite, tout dépend des interconnections entre tout le monde, mais c'est possible que l'enfant ne soit pas élevé que par deux parents (biologiques, affinitaires, sous contrat ...) : d'où l'idée de polyfamille ...
Tous les membres d'une polyfamille n'ont pas nécessairement de connexion intime/sexuelle (idée de Famille élargie dans "La salope éthique), ils ont au moins des gens qu'ils aiment en communs (voir plus) et des conceptions des relations suffisamment proches pour arriver à vivre ensemble.

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Anarchamory

le vendredi 12 avril 2013 à 00h18

Oui, mais la polyfamille, ça implique que tout le monde vive sous le même toit, non ?
Bon, perso, je suis un peu sceptique par rapport à l'idée de polyfamille... Je veux bien admettre — à la rigueur — que ça puisse marcher si c'est un projet pensé et voulu dès le départ par tous les protagonistes. Mais là, dans mon exemple, c'est clairement pas le cas. Je ne pense pas qu'on puisse résoudre ce genre de situation magiquement en se disant : "tiens, et si on fondait une polyfamille, maintenant qu'on a un poly-gamin sur les bras ?". Autrement dit, il me semble que la polyfamille, ça peut aller si c'est amené antérieurement à toute poly-conception, pas si c'est amené postérieurement à un accident de contraception, histoire de rattraper la sauce...

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wacko

le vendredi 12 avril 2013 à 00h45

Non c'est sûr que c'est le truc qui se pense pas du jour au lendemain, d'autant plus dans des situations aussi douloureuses qu'une grossesse non consensuelle. Mais l'idée que je voulais émettre c'est d'être conscient qu'une relation n'est jamais figé dans sa forme ("Rien n'est jamais acquis" pour plagier Aragon), càd qu'une relation avec une même personne peut passer du couple (poly) à une situation plus élargie. Bref, je m'éloigne peut-être de l'origine du questionnement.
Dans tous les cas, le dialogue entre tous les protagonistes (la génitrice, le géniteur, le partenaire (primaire) de la génitrice et la partenaire (primaire) du géniteur) concernés est très important.
Et ce qui faut avoir à l'esprit aussi dans la réflexion, c'est qu'une relation ou des relations c'est pas forcément pour la vie, tandis qu'un gosse si. C'est donc deux plans différents !

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(compte clôturé)

le vendredi 12 avril 2013 à 10h23

metazet
Je n'aime pas trop jouer à la roulette russe...

On peut aussi s'étouffer en mangeant, se faire renverser en traversant la rue, se couper en bricolant... Bref, je caricature un peu, mais les accidents font, malheureusement, partie de la vie. Ce serait pourtant dommage de se priver de sorties, de repas, de loisirs, etc... Le tout est d'être conscient des risques, et de tout faire pour s'en prémunir. Ne pas faire comme s'ils n'existaient pas. Mais ne pas laisser la crainte de les voir se concrétiser influencer nos choix, non plus. Ni nous priver des belles choses de la vie.

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Evavita

le vendredi 12 avril 2013 à 13h39

Il y a bien des situations dans lesquelles on peut se projeter pour réfléchir à l'avance à ce que nous ferions une fois face à l'événement. Mais décider de mettre ou de ne pas mettre au monde un enfant qui n'est pas déjà conçu n'en fait pas partie.
Garder ou ne pas garder un enfant est une décision qui doit être prise en âme et conscience par celle qui le porte. Dans le cas ou sa décision serait influencée (et ceci même par un "contrat" passé à l'avance) risquerait de provoquer beaucoup de ressentis. C'est pourquoi je pense que parler à l'avance de ça n'est pas une bonne chose.

Cependant, ce qui peut être discuté d'avance c'est les moyens qui peuvent être entrepris pour éviter de se retrouver dans une situation où il faudra prendre cette importante décision.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Junon

le vendredi 12 avril 2013 à 15h18

Euh, ah bon, Evavita? Je croyais que ce n'était pas encore disponible?

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juby

le samedi 13 avril 2013 à 00h32

Des relations sexuelles limitées à un seul partenaire ne nous prémunissent pas contre un accident de parcours (mon plus vieux en est la preuve vivante). À ce compte, les gens ne voulant pas d'enfant ne devraient pas avoir de sexe du tout.
Quant à moi, même si ce sont des décisions douloureuses, et que de se faire "imposer" une paternité ne doit pas être jojo, je considère que ce sont des risques gérables. Je n'ai pas aimé être enceinte sans l'avoir prévu, mais j'en ai tiré parti depuis :).

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LuLutine

le samedi 13 avril 2013 à 16h42

Je crois que le principal a été dit : dialogue, dialogue dialogue.

Et que la décision d'avoir l'enfant ou pas appartient à celle qui le porte, cette décision étant prise après consultation des positions de tous les intéressés.

Si ça m'arrivait je pense que je discuterais avec mon compagnon de vie et avec le père, pour déterminer avec qui l'enfant grandira "principalement". (Dans l'hypothèse où la polyfamille n'est pas une option, ce qui est d'ailleurs effectivement mon cas.) Ca n'empêche pas le père ou la mère biologique ne vivant pas avec son enfant, de le voir régulièrement. Et suite aux discussions, je n'écarterais pas nécessairement l'avortement non plus.

En bref, je sais pas, ça dépend, je te dirai ce qui se passe si ça m'arrive (ce que je n'espère pas).

Bon, après comme tu le dis MetaZet, ce que tu appelles la "sensualité non-génitale", c'est très bien aussi.
D'ailleurs en utilisant tes termes, je dirais que le sexe n'a pas forcément à être génital. Il n'en est pas "moins bien" pour autant, on n'y perd pas forcément grand chose (et on peut même y gagner un peu d'imagination au passage, surtout pour ceux qui n'imaginaient pas qu'il existe autre chose que le missionnaire ;) !).

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(compte clôturé)

le samedi 17 novembre 2018 à 19h39

Il est vrai que la décision est difficile à prendre !
Personnellement j'avais une relation avec un collègue de travail ( mon cadre ) et en même temps avec mon mari .
Mon mari et moi voulions un enfant à ce moment là et je n'avais à l'époque aucun mode de contraception , avec mon mari quand nous faisions l'amour ,il se retirait avant d'éjaculer en moi.
Avec mon amant , il mettait un préservatif puis au bout de plusieurs mois de relations ,je lui ai demandé de ne plus utiliser de préservatif car je lui avais dit que je prenais la pilule hors c'était faux mais j'avais énormément envie d'être enceinte !
Le fait est que je suis tombée enceinte , mon mari n'a eu aucun doute que l'enfant était de lui , mon amant a eu peur quand je lui ai appris que j'étais enceinte mais que mon mari assumait la paternité.
Moi même je ne peux dire qui est le père de mon second fils .
je n'ai bien sur jamais avoué cela à ce fils ,pour lui son père est mon mari et cela est très bien comme ça !

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sistaka

le lundi 19 novembre 2018 à 12h25

Je sais toujours pas si je suis poly mais en tous cas j'ai deux amoureux. Mon mari qui est plutôt en mode "couple libre" tu fais ce que tu veux je veux pas le savoir.. Et mon deuxième chéri avec qui j'entretiens une relation plus ou moins suivie depuis environ 7 ans, qui est lui même marié avec une femme qui ignore tout..
Je parle de relation plus ou moins suivie parce que justement, il y a 4/5 ans on a cessé de se voir à ma demande parce que je voulais un enfant avec mon mari et trop peur de l'accident. A cette époque on était pas aussi proche qu'aujourd'hui, j'étais moins dépendante, pas amoureuse en fait. Bref, ce premier enfant est arrivé et nous avons repris notre relation un an après environ.
Quand l'envie du second est arrivée, il y a 2 ans maintenant, je suis passée par toutes la phases possibles et imaginables. Même par celle que tu décris isa59270, mais je serais incapable d'aller jusque là, pour ma part c'est trop de mensonges. Mais attention, je te juge pas, c'est même courageux. Et égoïste, mais des fois il faut pouvoir l'être.
Et combien de fois me suis-je dit, mon dieu si je tombe enceinte du second je fais quoi ?? ou même si le doute est là, je fais quoi ? Mon mari étant mon mari, la reconnaissance de l'enfant est automatique. Si je lui dit que peut-être il est pas le père je pense qu'il pète un plomb. Le second je sais pas, faudrait p'te que je lui pose la question pour voir.. mais je le vois pas savoir être le père et ne pas avoir accès à son enfant. Alors avorter pour faciliter la vie de tout le monde, sauf la mienne qui voudrait cet enfant ?
Bref, ça me prenait trop la tête, du coup, y'aura pas de deuxième enfant ! J'ai préféré reprendre un contraceptif et vivre ma vie, égoïstement aussi.
PS, non pas de préservatifs avec le second, on y arrive pas, alors oui c'est pas bien, oui on a tort mais c’est pas le sujet...

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