Je crois en effet qu'il y a quelque chose de juste dans cet idée que le polyamour est un(e forme de) luxe.
Mais ce luxe, à mon avis, c'est surtout celui du temps. Le temps de faire éclore, puis d'alimenter et de faire vivre plusieurs relations sur la durée, même à des rythmes différents.
Si l'amour peut être vu comme une ressource infinie que l'on peut donc partager sans crainte, ce n'est pas le cas du temps.
Comme je le dis souvent (j'en ai parlé dans les commentaires de chez Maïa Mazaurette) le vrai nerf de la guerre chez les pluriamoureux, c'est (souvent) le temps. Le temps passé avec l'un plutôt qu'avec l'autre, le temps qu'il faut parfois aménager, la difficulté de l'absence lorsque tout donne envie de la présence de quelqu'un que l'on aime...
Et le temps qu'il faut consacrer à réfléchir à l'amour, à communiquer, à parler de ses sentiments, à chercher des solutions...
C'est pourquoi, je crois, on trouvera chez beaucoup de polyamoureux des gens indépendants, capables d'apprécier autant les moments passés à deux ou plus que les moments de solitude, capables d'admettre qu'aimer ne veut pas dire passer tout son temps libre ensemble, capable de laisser l'autre vivre ses histoires à son rythme sans trop de malaise ou de jalousie. Equilibre difficile à atteindre. Et qui se complique encore si l'on est stressé par manque de temps, manque d'argent, problèmes de santé, etc. (toutes les situation où avoir un conjoint "rien qu'à nous" et "garanti" est un réconfort).
Bref, oui, ce n'est pas faux de voir cette façon de vivre les relations comme un luxe et un privilège réservé à des individus pour qui la survie quotidienne est quasi garantie et qui ont le temps de s'y consacrer. Il y évidemment des exceptions, je n'en doute pas. Et par ailleurs, cette indépendance et cette relative "liberté de temps" est souvent le fruit d'un choix de vie qui a un coût important (au niveau revenus, carrière, stabilité familiale, etc.)
C.T.
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