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Catherine Millet sur Rue89

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bohwaz

le lundi 27 juin 2011 à 12h09

Le polyamour est aussi très à la mode.

Le quoi ?

Vivre simultanément plusieurs relations amoureuses.

J'adorerais que ça se passe comme ça mais je ne suis pas sûre que l'humanité y soit prête. Je trouve bien qu'on fasse des expériences, mais je suis sceptique sur leur pérennité.

Le sentiment amoureux est forcément exclusif ?

Non, la sexualité est plus exclusive que le sentiment. Bien sûr, notre culture s'appuie sur la notion d'amour absolu, Roméo et Juliette, etc., mais de l'amour aux amitiés très fortes, la chaîne est continue. On voit des amitiés devenir amoureuses, des amoureux devenir les meilleurs amis du monde.

L'amour courtois du Moyen-âge était pris dans cette logique là : l'amour et l'amitié sont une même chose. Je pense que la jalousie est constitutive de la sexualité. Je ne suis pas philosophe, je n'ai pas fait d'enquête, je parle de mon expérience. Ce qui rend jaloux, c'est un besoin de possession sexuelle.

www.rue89.com/2011/06/24/dix-ans-apres-catherine-m...

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tentacara

le lundi 27 juin 2011 à 12h42

C'est moi ou elles sont très contradictoires ses réponses à la dame? Ce genre de commentaire me conforte dans l'idée qu'il est très difficile de se représenter une situation PA sans l'avoir soi-même expérimentée. La construction culturelle est un obstacle énorme à une représentation théorique, intellectuelle des amours plurielles. Je trouve toujours amusant qu'on se pose ce genre de questions à l'échelle de "l'humanité", comme si l'espèce humaine était une, indivisible, monolithique, sans considérations culturelles ou environnementales, sans considération de l'individualité de l'être humain, de son vécu, de son ressenti.
Je trouve la dernière réflexion ("Ce qui rend jaloux, c'est un besoin de possession sexuelle.") particulièrement cocasse de la part d'une libertine affirmée et de longue date.

Brèfle, ce genre de discours confus, universaliste et à l'emporte-pièce confirme à mon sens la nécessité de communiquer sur le PA, d'expliquer, au delà de la théorie, comment il est possible de rendre ce type de relations viables et pérennes. Il ne s'agit pas de se justifier, mais d'offrir des exemples qui rendent caduques les objections toutes faites et dénuées de réflexion.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Popol (invité)

le lundi 27 juin 2011 à 13h12

Ses réponses, je les trouve aussi confuses que toi, Tentacara. A vrai dire, elle ne répond pas, elle dévie en corner. Je trouve difficile à croire qu'elle n'ait jamais entendu parler du polyamour, je la soupçonne de snobisme entrejambier, si je puis dire. Quelle différence pourtant entre la permissivité amoureuse et la sexuelle... (je note au passage que quand les PA défendent le polyamour, les articles montrent des bisous, des étreintes de cœur, du sentiment. Mais quand ce sont d'autres qui en parlent, on vire tout de suite à une image montrant des gens en train de faire l'amour. Y'a comme qui dirait confusion entretenue.)

Mais bon, mon avis est partisan, jamais trouvé son discours intéressant, ni le reste d'ailleurs,j'avais trouvé fatigant le battage autour de ses histoires mises à plat de papier,après mise à plat tout court. Je dirais même, avec une certaine délectation vache, que le cul, ça peut être marketing même sans faire payer des passes ou du voyeurisme. Que dire du cul supposé chic parce qu'il est édité, du coup... Je préfère les truculences des dessins de Daumier, il y a au moins l'humour du brocardage et de la caricature...

J'en viens à me demander si le cul reste un tabou, donc est vendeur, non pas parce qu'il montre l'animalité et les pulsions,mais parce que la valeur souvent véhiculée par cet aspect des relations voudrait en évacuer le sentiment. Et comme tu dis, Tentacara, l'humanité n'est pas d'un bloc.

Vive la différence, na.

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Popol (invité)

le lundi 27 juin 2011 à 13h23

Et sa différence à elle, c'est qu'elle peut vivre sur le mode plurisexuel, mais en mode monoamoureux.

Bon, et pourquoi pas. Du moment qu'elle dit clairement qu'elle ne parle que de son expérience, ça a le mérite d'être clair.

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tentacara

le lundi 27 juin 2011 à 13h36

C'est bien pour ça que sa remarque sur la jalousie et la possession sexuelle me fait tiquer. Elle admet sans problème la pluralité des sentiments, par ailleurs, elle a vécu toute sa vie dans la pluralité sexuelle. En fait, autant sa réponse première est pleine de préjugés, autant le développement de son raisonnement va totalement dans le sens du polyamour. C'est là que je vois une grosse contradiction. Sa réaction épidermique c'est "ce n'est pas possible, l'humanité n'est pas prête", et dès qu'on lui demande d'y réfléchir 2 minutes, son raisonnement l'amène logiquement vers la pluralité amoureuse. Ça montre vraiment à quel point le PA se heurte à un barrage culturel profondément enfoui mais qui ne tient pas face à un raisonnement un peu rationnel.

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ladymarlene

le lundi 27 juin 2011 à 13h38

Nous sommes libertins depuis peu.

Mon mari ne se voit pas tomber amoureux d'une autre femme ou d'un autre homme. (Parce que bon les sentiments, ça frappe partout.)

Pour ma part, si je suis plurisexuelle, je le sais depuis cette année : je peux tomber amoureuse d'un autre homme sans cesser d'aimer mon mari.

Les deux ne sont pas incompatibles mais bizarrement les libertins craignent les sentiments au point de rejeter les couples trop proches au cas où......

Je ne suis pas sure que le piment du libertinage vaille les tortures morales que certains et certaines s'imposent.

Comme me disait un ami "faut être évolué." Je pense que tous les pseudos libertins qui hantent les sites ne le sont pas assez....(oui, c'est une expérience récente qui me fait dire ça.)

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Siestacorta

le lundi 27 juin 2011 à 15h25

Je crois qu'il y a un problème dans la réplique du/dla journaliste.

"Vivre simultanément plusieurs relations amoureuses", comme définition du PA, c'est incomplet. Donc, si ça se trouve, avec "honnêtement" dans la définition, CMillet (qui par ailleurs m'intéresse pas trop...) aurait pu mieux savoir de quoi on parlait.

Après, sur le fond, que la jalousie puisse porter plus sur le sexe et son côté "si ça se trouve l'autre baise mieux que moi et je vais être spolié de mon amour à cause de ça", c'est quand même pas un préjugé rare...

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Romy

le lundi 27 juin 2011 à 19h30

Elle dit quand même qu'elle parle de son expérience...
À chacun ses expériences...
C'est pourquoi il me semble important, presqu'un devoir de citoyen, de faire part de nos expériences poly, pour éviter aux générations futures de devoir tout refaire et combattre les préjugés. Sinon, c'est comme du travail perdu! Un disque dur effacé! Comme pour la cause homosexuelle...Si elle avait été faite plus tôt, ça aurait évité bien des souffrances.
Bon...on n'a pas tous la vocation d'un Milk non plus.

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LittleJohn

le mardi 28 juin 2011 à 14h57

tentacara
...son raisonnement l'amène logiquement vers la pluralité amoureuse.

En l'occurrence, elle parle de pluralité sexuelle. Et donc, sa réponse sur le polyamour - tel que succinctement présenté par le journaliste - est raccord avec sa pensée.
Sa position "don't ask - don't tell", est une option valable dans un couple ouvert (même si je pense personnellement que c'est peu viable).

tentacara
Brèfle, ce genre de discours confus, universaliste et à l'emporte-pièce confirme à mon sens la nécessité de communiquer sur le PA, d'expliquer, au delà de la théorie, comment il est possible de rendre ce type de relations viables et pérennes. Il ne s'agit pas de se justifier, mais d'offrir des exemples qui rendent caduques les objections toutes faites et dénuées de réflexion.

Romy
C'est pourquoi il me semble important, presqu'un devoir de citoyen, de faire part de nos expériences poly [...]

100 % d'accord. Soyons visibles, portons la (bonne) parole poly !
(même si la pérennité n'est pas la caractéristique principale de mon expérience poly, hein :D )

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ladymarlene

le mardi 28 juin 2011 à 15h04

Vous êtes surs que propager la bonne parole poly est une bonne chose ? Est ce ça ne doit pas rester privé ?
Je n'en sais rien, c'est une interrogation qui me trotte depuis quelques temps....

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Romy

le mardi 28 juin 2011 à 15h28

@Ladymarlene
En fait, je crois que nous sommes à une période charnière, et que les premiers qui sortent au grand jour se font effectivement taper dessus. Mais je crois aussi que plus il y a de gens qui foncent et qui s'affichent sans honte, plus ça deviendra accepté. Et comme je suis convaincue qu'un grand nombre de problèmes auxquels les poly sont confrontés vient directement de la construction culturelle et de la morale ambiante, c'est tout ce mode de vie qui en bénéficiera. Même la jalousie est en grande partie culturelle. On a peur d'avoir l'air ridicule, on se sent rejeté, on se sent jugé par les autres etc... parce qu'on n'a pas d'autre modèle... En bout de ligne, sortir au grand jour, c'est aussi faire la propagation de la tolérance, à tous les niveaux.

Quand Monica Bellucci a dit: "il est ridicule de demander à Vincent Cassel d'être fidèle...". Ben ça se place bien comme réplique à quelqu'un qui me dit: "mais tu n'as pas peur qu'il parte avec l'autre?"...

Je sais que pour moi, dans mon processus d'acceptation et de découverte de ce mode de vie (c'est mon mari qui a été le premier), les modèles comme DeBeauvoir, Simpère, Groult, Kristeva etc. on été super importants. Je leur en suis reconnaissante.

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LittleJohn

le mardi 28 juin 2011 à 15h44

ladymarlene
Vous êtes surs que propager la bonne parole poly est une bonne chose ? Est ce ça ne doit pas rester privé ?

Je me suis posé la question assez longtemps (et je pense que d'autres aussi ici). Exposer la dimension sentimentale et/ou sexuelle de sa vie ne fait pas partie des meurs français, ou plus généralement, des société de tradition catholique, où, en gros, on fait à peu près ce qu'on veut tant que ça reste caché du regard des autres.
Le souci, c'est que dès que "ça sort", ou dès qu'il s'agit de demander des droits, ou tout simplement d'être accepté, cette invisibilité est synonyme d’inexistence. Et c'est plutôt logique.

Finalement, c'est une question politique qui va au delà du polyamour. C'est la question de la liberté de chacun à vivre sa vie sentimentale et sexuelle de la manière qu'il l'entend. De dire que personne - la société, la loi, la morale, l'église (les églises) ou l'opinion - ne peut ni ne doit me dire (avec) qui, comment, combien je peux amer, baiser, vivre, faire ou élever des enfants...
Donc, présenter la multitude des formes de relation - poly, bi, trio, libertine, bdsm, polygame (consenti) - qui ne sont pas le modèle dominant, c'est favoriser leur acceptation - et après, l'accès à l'égalité des droits.

Bon, accessoirement, je pense pas qu'on s'expose autant que Harvey Milk en représentant le polyamour, hein :D

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(compte clôturé)

le mardi 28 juin 2011 à 16h07

ladymarlene
Vous êtes surs que propager la bonne parole poly est une bonne chose ?

Je grince un peu des dents, en lisant « bonne parole poly' ».

Pour moi, ça reste une manière d'aimer parmi d'autres, qui se valent.

Disons que c'est l'ouverture d'une possibilité de choix de plus, qui peut permettre à certains de vivre plus en accord avec eux-mêmes. Point.

Un poly n'est pas plus intelligent ou malin qu'un monogame.

À la limite, on peut dire qu'étant marginaux actuellement, les poly ont nécessairement plus réfléchis à leurs positionnement amoureux, mais ça n'a rien à voir avec le fait d'aimer plusieurs personnes ou non : toutes les minorités sont plus ou moins dans le même cas.

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LittleJohn

le mardi 28 juin 2011 à 16h11

BenjaminL
Je grince un peu des dents, en lisant «  bonne parole poly' ».

Mouais, bonne était entre parenthèse dans mon message initial, commenté par ladymarlene. C'était plus une note humoristique qu'autre chose, hein...

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(compte clôturé)

le mardi 28 juin 2011 à 16h33

De ta part, je m'en doute. De certains sur le forum, c'est moins sûr.

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tentacara

le mardi 28 juin 2011 à 17h04

Personne n'a (dans cette discussion) prétendu qu'un poly était plus intelligent que qui que ce soit. Mais, comme tu le dis, le présenter comme un fonctionnement amoureux possible, au même titre que les autres, passe par un minimum de visibilité. Le simple fait de savoir que cela existe; que pour certains, ça fonctionne, évacuerait d'emblée les réactions du style "ce n'est pas possible, je n'y crois pas" ou encore "l'humanité n'est pas prête". Quant à moi, je ne crois pas que j'aurais ressenti le besoin personnel d'en parler publiquement si je n'avais pas voulu d'enfants, par exemple. Pour eux, ce qui se passe chez eux est la norme. Spontanément, ils en parlent autour d'eux. Si je ne veux pas vivre mes histoire dans le secret vis à vis de mes enfants, je ne peux pas leur imposer de vivre dans le secret vis à vis de leur entourage social. Donc j'assume publiquement avant même qu'ils soient là. J'explique, je réponds aux questions, je m'expose certes au jugement, mais ce que je fais-là, j'espère que c'est autant qu'ils n'auront pas à faire.

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Romy

le mardi 28 juin 2011 à 17h21

Tout comme Tentacara, j'ai une motivation personnelle à vouloir en parler publiquement. Si tout se passait bien chez moi, je ne verrais pas l'intérêt d'en parler ailleurs juste pour convertir les autres... Rien de plus exaltant que de se sentir subversif et se foutre de ce que les autres pensent...Mais quand ce sont nos proches qui souffrent, c'est différent.

Je suis rendue à une autre étape que mon mari, plus loin que lui dans la réflexion, même si c'est surtout lui qui a vécu les vraies expériences polyamoureuses... Lui n'est pas prêt à ce que ça se passe exactement comme ça pour moi, car il souffre de ce que les gens vont penser de lui, de moi...si moi aussi j'ai ouvertement des amants. Donc moi je dois me cacher, avec toutes les complications que ça comporte. Et il n'a pas confiance en les hommes que je rencontre... Il est pris avec ces fichus préjugés de l'homme cocu, de la femme qui baise à gauche à droite etc.... J'aimerais tant marcher la tête haute avec lui et qu'il n'ait pas honte ou ne se sente pas jugé. Tout ça ne sera pas possible pour lui tant qu'il ne verra pas d'autres exemples d'hommes qui font la pareille. Il dit que lui n'est pas prêt à affronter les préjugés.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le mercredi 29 juin 2011 à 12h56

Marrant, j'ai juste lu cette ITV ce C. Millet ce matin et je la trouvais aussi confuse et contradictoire. De toutes façons, elle l'a dit elle-même dans d'autres ITV, elle a davantage vécu une sexualité expérimentale, pour se confronter à elle-même qu'une sexualité relationnelle (elle écrivait qu'elle pouvait coucher avec quarante bites sans voir les visages des propriétaires des susdites) et encore moins pluriamoureuse.
C'est totalement son droit, chacun mène sa vie comme il veut. En revanche, ça me gêne qu'elle conclue péremptoirement que le pluriamour n'est pas possible, parce que ça va permettre aux gens de dire "vous voyez, même une femme libérée comme Millet pense que ce n'est pas possible". Pour elle, ça ne l'est pas, mais ce n'est pas une donnée universelle. Tout comme il n'existe pas UN modèle de pluriamour, mais presque autant que de personnes qui explorent cette voie. Tout comme ce n'est pas un modèle à substituer à un autre, mais une façon de vivre parmi d'autres.

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oO0

le mercredi 29 juin 2011 à 15h38

Perso, les propos de Millet ne me dérange pas. Il s'agit d'un point de vue extérieur qui s'assume en tant que tel. Quand elle répond qu'elle a l'impression que l'humanité n'est pas prête, j'y vois une généralité fondée qui n'empêche nullement des cas particuliers. Et quant à son analyse de la jalousie, elle l'exprime en tant que point de vue personnel dont elle prend soin de nuancer la validité.

En résumé, son point de vue personnel peut se résumer de la sorte : sentimentalement, l'histoire culturelle peut s'y prêter, mais sexuellement, pas en l'état actuel.
____________________________

En ce qui me concerne, j'aurais tendance à souscrire au même sentiment général, soit qu'en général, peu de personnes sont prêtes à vivre leurs relations de la sorte... bien que j'en exprimerais les raisons autrement.

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Siestacorta

le mercredi 29 juin 2011 à 15h55

Rip : "pas dans l'état actuel", on est quand mêle plusieurs dizaines ici à pouvoir affirmer que si, en fait.
Et même si ça n'est pas voué à être généralisé, c'est je crois nettement moins marginal qu'il ne semble à première vue, et dans la production culturelle contemporaine.

Je suis certain, mais certain, qu'il y a plein de gens qui vivent dans du polyamour-like, mais qui soit ne connaissent pas le mot et l'éthique qui va avec, soit préfèrent ne pas nommer leur situation parce qu'ils n'ont pas envie de se tapper les débats avec les représentants de l'amour tradi-exclusif.

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