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Couple poly/mono, en thérapie conjugale

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(compte clôturé)

le vendredi 18 février 2011 à 21h04

Siestacorta
En fonction des souffrances qu'on éveille ? Tiens, j'aurai plus parié sur nos propres douleurs ?
...

Les souffrances des deux, ce qu'on ravive en soi comme chez l'autre. Et réciproquement, bien sûr.

Oui pour tout ce que tu dis, ça faisait partie du packsack auquel je pensais: on se complète, en couple, dans l'ensemble. Et il semble que souvent, si le même genre de vécus nous réunit, chacun a développé une stratégie de réponse opposée, et ça donne souvent des situations comme "Je te suis, tu me fuis; Je te fuis, tu me suis". :-)

La difficulté principale peut alors devenir d'arriver à se rencontrer au "milieu", surtout si chacun campe sur sa position.

Pas que dans les couples, d'ailleurs! :-)

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Profil

PolyEric

le samedi 19 février 2011 à 22h53

D'après moi, lorsque l'on essaye de sauver un couple au lieu de sauver les individus qui composent ce couple, la première question à se poser est de savoir pourquoi chacun essaye de le sauver. La plupart du temps, on ne se pose pas la question, car elle nous fait bien trop peur. On la présente alors sous forme d'un but à atteindre (sauver le couple).

Si un amour positif subsiste entre les deux personnes (au sens "un amour qui apporte quelque chose aux deux personnes"), alors il suffit d'identifier correctement cette forme d'amour, puis de chercher à sauver cet amour (et non le couple). A priori, le couple, on s'en fou, ce qui compte, c'est de sauver ce qui est utile de sauver. Si on ne s'appuie pas sur ce qui est encore solide dans le couple, on perd juste son temps. Hors rien ne prouve que ce qui est encore solide est suffisant pour "recréer" le couple.

Je dit "recréer", car au moment de consulter, on considère forcément (consciemment ou non) que le couple est déjà plus ou moins mort, du moins qu'il a perdu sa raison d'être originelle. Il reste toutefois au moins l'envie (ou le besoin, ou l'envie et le besoin) de continuer quand-même. L'idéal est d'ajouter l'envie (ou le besoin) de savoir pourquoi.

Si l'on considère que le couple est déjà plus ou moins mort, et que l'on veut continuer quand-même, c'est éventuellement une bonne chose en soit, puisqu'il se peut que l'on s'inscrive dans une démarche positive de reconstruction du couple (sur des bases différentes). La situation inverse est également possible, par exemple se placer dans une démarche négative de présence au chevet du couple pour assister de façon faussement impuissant(e), aux derniers instants d'agonie de ce couple, et tenter de prouver que l'on s'est battu jusqu'au bout, et ainsi faussement se dédouaner de lui avoir donné le dernier coup fatal.

On pense que si un couple essaye de sauver le couple c'est que les deux personnes ont envie de continuer. En fait, si un couple essaye de sauver le couple, c'est qu'au moins l'un des deux est tenté d'y mettre fin, et donc qu'au moins une des deux personnes pense que le couple est un obstacle à sa propre réalisation personnelle, ou pense que le couple est un obstacle à sa possibilité de créer un autre couple.

Dans le cas d'un couple mono/poly, il semble clair (faussement clair ?) que celui qui sera le plus tenté de mettre fin au couple est la personne qui est mono. Pourquoi ? Parce que cette personne ne trouve pas ce qu'elle cherche dans le couple.

Si je ramène dans le sujet ma propre situation personnelle, on peut même ajouter que le poly peut également être tenté d'y mettre fin, car lui non plus, n'y trouve pas ce qu'il est venu y chercher. Mais ceci vient du fait que je suis un poly qui ne peux pas aimer une femme mono, alors que la plupart du temps, les poly peuvent aimer les monos, et c'est d'ailleurs ici le cas, si j'ai bien compris.

Il y a certes également le cas d'un mono qui peut aimer un poly. Mais si j'ai bien compris, dans ce cas présent, le mono est insatisfait du côté poly de sa compagne, donc, on n'est pas dans ce cas là.

D'après ce que je lis de vous, on dirait qu'être psy d'un couple poly est quelque chose de difficile. Admettons.

Toutefois, un peu de logique suffit à mettre le doigt là ou ça fait mal. Dans un couple Mono/Poly (dont le mono est insatisfait à cause justement de la caractéristique Poly de sa compagne), le problème se résume ainsi :

- La personne mono peut-elle aimer une personne poly ? (en général non)

- La personne poly peut-elle devenir mono ? (en général non)

Donc en général, le couple est cuit. Les bases qui l'on constituées ne sont plus là, et aucune nouvelle base permet de le reconstruire.

Mais il faut sauver le reste. Le sauver avant que ce "reste" ne soit détruit par l'attente interminable de la mort officielle du couple. Et peut-être qu'un jour, en repartant de ce petit "reste" qui n'a pas été détruit, quelque chose de nouveau apparaîtra.

Ne sauvez pas le couple, sauvez l'amour.

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(compte clôturé)

le dimanche 20 février 2011 à 09h21

Je suis d'accord sur le fond de ce que dit Eric : sauver l'amour plutôt que le couple. C'est pas noté quelque part dans les tables de la Loi Poly d'ailleurs ? La relation est pour les personnes et non les personnes pour la relation... :-D

Un détail me chiffonne :

Eric_49
Il y a certes également le cas d'un mono qui peut aimer un poly. Mais si j'ai bien compris, dans ce cas présent, le mono est insatisfait du côté poly de sa compagne, donc, on n'est pas dans ce cas là.

1° Ben oui, les monos peuvent aimer les polys... Encore heureux, non ? On aime une personne, pas son identité sexuelle et affective qui ne s'y réduit pas... Des lesbiennes tombent tous les jours amoureuses de femmes hétéros. Après, qu'une RELATION soit ou non possible entre lesbienne et hétéro, poly et mono, c'est tout à fait un autre problème.

2° Je ne vois pas en quoi le fait que ce mono là ait un problème avec le côté poly de sa compagne pourrait signifier qu'il ne l'aime pas. Là encore à mes yeux ça n'a rien à voir. Son côté poly le gêne, le fait souffrir, l'empêche de se projeter dans une relation de long terme avec elle mais il l'aime. La différence c'est qu'il ne l'aime pas parce qu'elle est poly mais malgré son côté poly. Je suppose que l'inverse est aussi le cas : cette femme n'aime pas son mari parce qu'il est mono ; elle l'aime et, pas de bol, il est mono.

Alors oui, il est insatisfait ; mais tout espoir ne me semble tout de même pas perdu, non ?

Mon mari m'aime et je suis poly, et ça le fait bien ch... et pourtant il m'aime quand même et essaye de voir comment on peut tous les deux s'accommoder de la chose.
Mon mari se ronge les ongles, et ça me dégoûte complètement, et pourtant je l'aime malgré ça et j'essaie aussi de voir comment je peux m'en accommoder...

C'est une comparaison idiote mais tout de même... Tes "en général" me gênent vraiment. Ou alors on fait des ghettos et on couche entre nous, comme ça ce sera plus simple. Enfin je te rassure, on aura des chagrins d'amour quand même, hein...

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(compte clôturé)

le dimanche 20 février 2011 à 13h29

Ca me rappelle cette réplique de Nicholas Cage dans "Sailor and Lula", quand il dit à sa chérie : "Tu n'es pas parfaite, mais tu es parfaite pour moi".

Tant que c'est un plus de rester ensemble - et pour des raisons propres à chaque couple - , je crois que c'est une affaire d'arriver à garder un certain détachement par rapport à ce qui nous dérange, si ça ne peut être changé et qu'on ne s'en accommode pas.

Mais j'ai une autre hypothèse: c'est que dans les moments où une relation s'essouffle, ce qui n'avait pas posé de problème évident jusque là ou n'était pas encore apparu peut tout-à-coup prendre beaucoup de place... parce que, justement, il y a tout-à-coup la place faute de présence de choses qui étaient jusque là bien plus nourrissantes.

Et alors, c'est moins ce problème-là qui est important, que le fait de s'occuper ensemble de le régler (ou du moins d'y réfléchir). L'amour est fait de bien des choses, y compris sa nostalgie, parfois.

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(compte clôturé)

le dimanche 20 février 2011 à 14h55

Je crois que je mets le doigt sur ce qui moi me gêne vraiment dans tout ça...

C'est la notion de "satisfaction".

Est-ce que la base du polyamour c'est pas d'accepter l'idée qu'un seul partenaire ne peut pas entièrement "satisfaire" l'autre, et même, soyons fou, qu'il n'est pas là pour ça ?

Que notre insatisfaction dans une relation ne vient pas d'une carence chez l'autre, qu'il faudrait donc chercher à combler en le tordant et en le rapetassant pour qu'il soit mieux à notre goût, mais chez nous qui projetons sur nos partenaires nos attentes de façon souvent désordonnée et violente ?

Et est-ce que réaliser à quel point l'autre n'est pas parfait et ne peut pas nous combler totalement, c'est pas plutôt un bon signe qu'un mauvais ? C'est à dire le signe que la relation passe... à l'âge adulte ?

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(compte clôturé)

le dimanche 20 février 2011 à 16h27

Réflexion des plus logiques, je trouve.

Dans l'autre sens, qu'on n'est pas parfait soi-même et qu'on ne peut combler totalement quelqu'un. On n'est que soi, rien de plus. Là, je ne sais pas trop si c'est une histoire de sortir de l'orgueil ou de l'illusion, ça dépend.

Passer à l'âge adulte, sur le plan du travail par exemple, c'est devenir indépendant; sur le plan familial, devenir autonome.

Faire le deuil d'un idéal amoureux romantique propre à une certaine société, là, ça pourrait être de l'ordre "Je bâtis mes propres valeurs amoureuses".

Constructif, quoi. (+)

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Profil

LuLutine

le lundi 21 février 2011 à 18h33

Janis
1° Ben oui, les monos peuvent aimer les polys...

Et les poly les mono.
J'aime un homme exclusif, jaloux et possessif....ah oui et ça n'est pas réciproque...ah puis il préfère les hommes...mais je l'aime...c'est grave docteur ^^ ?

(Voilà, c'était juste pour appuyer le propos de Janis d'un exemple réel.)

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Siestacorta

le mardi 22 février 2011 à 02h52

Je viens de tomber sur un lien de psy...

Ca n'est pas encore le Pérou, mais ça prouve que certains sont tout à fait prêts à entendre nos histoires de minorité amoureuse...

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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LuLutine

le mardi 22 février 2011 à 14h07

Siestacorta
Je viens de tomber sur un lien de psy...

Ca n'est pas encore le Pérou, mais ça prouve que certains sont tout à fait prêts à entendre nos histoires de minorité amoureuse...

Pas sûre de comprendre le rapport entre ton lien et la conversation ?
C'est bien un lien qui parle de la St Valentin ?

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Siestacorta

le mardi 22 février 2011 à 15h16

Et d'une critique possible de la norme du couple.
Donc, d'un psy qui ne considère que cette norme = santé.

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LuLutine

le mardi 22 février 2011 à 15h35

Siestacorta
Et d'une critique possible de la norme du couple.
Donc, d'un psy qui ne considère que cette norme = santé.

Oui c'est vrai, mais alors le lien avec le PA....si ça se trouve, il considère qu'être "seul" est "normal", mais qu'être avec plusieurs personnes relève d'une pathologie....qu'est-ce qu'on en sait ?

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Siestacorta

le mardi 22 février 2011 à 15h48

La deuxième partie du texte expose l'intérêt du sentiment amoureux, pas l'épanouissement individuel autarcique (que pour ma part je lutine). Ensuite, on a des petits indices significatif en conclusion du texte, notemment la citation de Juliette Gréco...

psyblog
"S'il y a amour, il y a insécurité, fantaisie, désir et risque. Et je revendique le droit de désirer, et risquer et fantaiser (oui oui cherchez bien, fantaiser) quand je veux, sans qu'une autorité "supérieure" ne vienne me dire que je fais bien ou pas.

Juliette Gréco chantait "J'aime celui qui m'aime, est-ce ma faute à moi si ce n'est pas le même... que j'aime à chaque fois"

Message modifié par son auteur il y a 9 ans.

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LuLutine

le mardi 22 février 2011 à 15h55

Siestacorta
La deuxième partie du texte expose l'intérêt du sentiment amoureux, pas l'épanouissement individuel autarcique (que pour ma part je lutine). Ensuite, on a des petits indices significatif en conclusion du texte, notemment la citation de Juliette Gréco...

Ah oui mais alors, tu peux être avec quelqu'un sans avoir rompu avec le précédent ^^ ?

Bon ok je suis parfois d'humeur taquine (genre "je cherche la petite bête") en ce moment ^^

Ca pourrait être sympa de contacter le gars, peut-être, de lui donner l'adresse d'ici ?
Si ça se trouve, il ferait un billet sur le polyamour...

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Siestacorta

le mardi 22 février 2011 à 16h14

J'avoue que ça me ferait plaisir qu'il réagisse en tombant sur ses stats :-)

Je crois même que c'est une fille.

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