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Faut-il se sacrifier ?

Poly/Mono
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Xelha (invité)

le dimanche 05 juillet 2020 à 00h59

Bonsoir à tous,

J’ai grandement besoin de conseils étant nouvelle sur la voie du polyamour.

Je suis mariée depuis 10 ans à un homme merveilleux. Nous avons 2 enfants et nous nous aimons et ne nous voyons pas vivre l’un sans l’autre. On s’est rencontrés très jeunes, j’avais à peine 20 ans, issue d’une famille catholique très conservatrice. J’ai eu une éducation très rigide et culpabilisante, bien que j’ai reçu énormément d’amour et de soutien de mes parents, ils étaient intransigeants quand il s’agissait de religion et notamment de ma vie sentimentale. Ils voulaient que je me préserve jusqu’au mariage. mon mari a été ma première et seule relation sérieuse, bien qu’on ait franchi le cap avant le mariage au grand désespoir de mes parents.

Mais avant notre mariage, nous avons dû vivre une relation à distance pendant 3 ans, lui ayant déménagé pour des raisons professionnelles. On se voyait très rarement mais on continuait à se parler tous les jours. Je vous passe les details mais notre relation se dégradait et j’ai fini par le tromper, je mettais ça sur le compte de la distance, je me trouvais des excuses...bref...

J’ai bien essayé de lui proposer de faire une pause dans notre couple pour réfléchir mais pour lui c était hors de question, il ne voulait pas qu’on se sépare ni fasse de pause et a voulu tout plaquer et mettre sa carrière de côté pour revenir et être à côté de moi, ce que j’ai refusé car je ne voulais pas qu’il abandonne une carrière prometteuse pour moi. J’ai donc pris le chemin de la facilité (quoique...) : l’infidélité. Malgré tout je n’arrivais pas à le quitter car je l’aimais plus que tout mais j’avais quand même besoin de découvrir d’autres choses, me découvrir, n’ayant pas vécu mon adolescence...

Nous avons fini par nous marier et j’ai mis un terme à ma relation avec «  mon amant » ...j’étais heureuse mais pas comblée à 100%. J’avais l’impression de passer à côté de quelque chose dans ma vie.
Quelques années après notre mariage j’ai rencontré un homme avec qui il y a eu une complicité telle que je suis repartie encore une fois dans une double vie. Et j’avais encore une excuse, les difficultés au niveau professionnel, la distance avec ma famille et mes amis car j’ai déménagé pour le rejoindre...cette relation est vite devenue passionnelle et cet homme m’a demandé de quitter mon mari pour lui ce que j’ai refusé car j’aimais profondément mon mari. J’ai essayé de faire une introspection et me demander si je ne restais pas par habitude ou sécurité mais à chaque fois la réponse était «  je ne peux pas vivre sans lui je l’aime trop » , suivie d’une culpabilité intense: «  mais si je l’aime trop, pourquoi je lui fait ça? » je ne pouvais plus me regarder dans le miroir. Entre temps il avait appris ma première infidélité et ça a été un coup de massue dans notre couple qui n’a plus jamais été le même.
Lorsque j’ai dit à mon «  deuxième amant » que je souhaitais mettre un terme à la relation car j’aimais mon mari, il ne l’a pas supporté et lui a tout raconté par message...deuxième coup de massue.

Mon mari n’a jamais voulu me quitter et m’a pardonné mais à quel prix? Il a fini par être très suspicieux, malgré ma promesse de ne plus le tromper, il fouillait, m’espionnait, me geolocalisait, ce que je comprenais au début mais il a été jusqu’à lire mes journaux intimes d’adolescente, ce que j’ai ressenti comme un viol. C était devenu invivable. On a failli se séparer à plusieurs reprises mais je pense qu’on a jamais pu car notre amour était très fort malgré ces épreuves. On a fini par faire un travail sur nous-mêmes, on est devenus parents, on est plus apaisés et plus à l’écoute l’un de l’autre, complices, notre couple est plus fort que jamais et nous nous aimons tous les jours d’avantage.

Mais...je pensais que le fait de devenir maman me «  calmerait » . Ça a été le cas pendant quelques temps, je n’ai pas rompu ma promesse, malgré pas mal de sollicitations et quelques légères tentations mais personne qui ne me donne réellement envie de franchir le cap.

J’ai quand même consulté une psychologue car je voulais savoir quel était mon problème et pourquoi j’avais cette frustration malgré un couple heureux et epanoui à tous les niveaux ( même si comme dans tous les couples il y a des moments avec et des moments sans), j’ai expliqué que j’angoissais a l’idée que je dois renoncer à vivre des moments forts avec une autre personne si l’occasion venait à se présenter. Que pour moi, vivre une histoire avec quelqu’un d’autre ne diminuait pas les sentiments que j’avais pour mon mari...que pour moi la fidélité allait au delà de l’exclusivité sexuelle et affective. C est elle qui m’a orientée vers le polyamour. J’ai vivement refusé cette idée sur le moment car étant croyante et toujours ancrée dans mon éducation religieuse, cette philosophie de vie était impensable pour moi, je pensais que j’étais simplement «  déviante », «  infidèle compulsive », mais la vérité c est que je ne supporte pas d’avoir une double vie, je n’aime pas mentir, dissimuler , trouver des alibis, etc, ce n’est pas ma façon d’être.

A force de réflexion, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai choisi d’en discuter en toute franchise avec mon mari il y a presque un an. Contre toute attente, il a été très à l’écoute et compréhensif. Je lui ai bien fait comprendre que je l’aimais plus que tout et que je ne veux en aucun cas le blesser et lui faire de mal, je veux son bonheur et son bien être mais je ne peux pas faire semblant d être ce que je ne suis pas et ce que je n’ai jamais été en y réfléchissant bien. Je lui ai dit que je veux être honnête avec lui et que quoiqu’il arrive je ne le tromperais pas. Mais que j’aimerais qu on redéfinisse notre couple sans mettre d’étiquettes, juste voir ce qui nous convient et ce qui peut nous combler tous les deux. Il n’a pas été fermé, m’a dit qu’il comprenait mais qu’il avait besoin d’y réfléchir.

Plusieurs mois se sont écoulés, nous n’en avons plus reparlé car nous avions d’autres priorités, puis une petite crise sanitaire mondiale...jusqu’au mois dernier, j’ai relancé le sujet tout en lui précisant bien que je ne le presse pas mais que je n’avais pas eu de réponse de sa part. Il m’a dit qu’il a un peu réfléchi sur la question mais est toujours dans l’indécision. On en a discuté une bonne heure, je lui ai dit que je n’étais pas pressée et que je n’ai personne d’autre avec qui j’aimerais vivre une histoire mais que j’aimerais réellement qu’on se donne une direction. Il m’a répondu «  on verra dans quelques années », quand il a vu mon regard interloqué il s’est rectifié «  je veux dire dans quelques mois, il faut que j’y réfléchisse encore ».

Je veux bien lui laisser du temps et ne pas le brusquer car je me rends compte du chamboulement que ça peut induire dans notre couple mais ça fait bientôt un an, je respecte ses émotions et ménage sa sensibilité mais sans vouloir être égoïste, c est très dur à vivre pour moi de ne pas savoir ce qu’il pense réellement, et de me contenter d’un «  on verra » .
D’où ma question, est ce que celui qui souhaite faire évoluer la relation vers le polyamour doit se «  sacrifier » le temps que l’autre prenne sa décision? Est ce que s’il refuse je dois me faire une raison et vivre dans la frustration jusqu’à la fin de mes jours? Je pourrais me dire «  ça ne me convient pas, je le quitte. » Mais je n’en ai pas envie, en premier lieu parce que j’aime infiniment cet homme et deuxièmement j’aime notre famille, mes enfants, ils grandissent avec des parents aimants et qui s’aiment et ça se ressent car ce sont des enfants épanouis et pleins d’amour, je serais vraiment égoïste de chambouler leur existence juste parce que j’ai une part de frustration.

D’autre part, j’ai rencontré peu de temps après notre dernière discussion, et de manière complètement inattendue un homme avec qui la complicité et l’attirance ont été immédiates. Je n’ai plus ressenti ça depuis très longtemps et j’aimerais vraiment vivre quelque chose avec lui. Il est au courant de ma situation, je lui ai dit que je ne tromperais pas mon mari, et que s’il doit se passer quelque chose ça ne sera pas «  en cachette » et que je comprendrais s’il ne veut pas s’embêter à attendre une chose qui ne se passera peut être jamais. Il m’a répondu qu’il me comprend et que le temps fera ou ne fera pas les choses mais qu’il est déjà très heureux de notre complicité, bref il ne me presse pas. Il est divorcé depuis peu et ne cherche pas à se mettre en couple mais veut une seule et unique relation de qualité.

Voilà le contexte. Désolée pour le roman et merci à ceux qui ont lu jusqu’au bout et qui m’apporteront des éléments qui me permettront de savoir quel est le comportement adéquat que je dois adopter dans ma situation pour ne pas blesser mon mari mais aussi pouvoir m’épanouir pleinement. L’un et l’autre sont-ils compatibles?

Merci encore et belle soirée

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Mark

le dimanche 05 juillet 2020 à 11h20

@Xelha

Bonjour, pour répondre à ton titre, je suppose qu'au fond la réponse est dans ta question ;-)
Une relation étant la somme de deux individus, chacun.e doit y trouver son épanouissement.

Xelha
D’où ma question, est ce que celui qui souhaite faire évoluer la relation vers le polyamour doit se « sacrifier » le temps que l’autre prenne sa décision?

Je ne vois pas l'attente comme un sacrifice, mais un cheminement, un accompagnement dans la transition. Reste la légitime question du comment gérer quand on arrive au bout du cheminement.

Xelha
j’aime notre famille, mes enfants, ils grandissent avec des parents aimants et qui s’aiment et ça se ressent car ce sont des enfants épanouis et pleins d’amour, je serais vraiment égoïste de chambouler leur existence juste parce que j’ai une part de frustration.

Injonctions sociétales? Les enfants de parents séparés ne sont pas forcément plus malheureux et souvent plus épanouis de voir leurs parents heureux dans leur vies. La relation parentale peut continuer d'exister de manière harmonieuse, si les deux en sont capables. Combien pèse le regard posé sur un parent/partenaire qui est malheureux d'une situation qui ne lui convient plus? Il est primordial de prendre en compte ses propres besoins dans une relation.

Xelha
savoir quel est le comportement adéquat que je dois adopter dans ma situation pour ne pas blesser mon mari mais aussi pouvoir m’épanouir pleinement. L’un et l’autre sont-ils compatibles?

Personne à part toi ne peut le déterminer. J'ajouterai simplement que les réponses du type "on verra" "je suis pas prêt" masquent parfois un refus/incapacité de prendre en compte les besoins de l'autre et servent dans ce cas principalement à repousser les échéances. Ce n'est ni simple, ni toujours possible d'y accéder. Il est important de ne pas s'oublier, ni pour la personne en demande, ni pour celle à qui ce changement est demandé.

Vivre sereinement ce que l'on est, c'est avant tout être capable d'être fidèle à soi même.. ;-)

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Sophie72

le lundi 06 juillet 2020 à 12h19

Bonjour
Mon histoire est différente mais nous avons quelques points communs.Tout d'abord, bravo pour avoir fait tout ce cheminement.
Peut-être que lire le livre d'Esther Perel "Je t'aime, je te trompe" pourrait t'apporter des pistes (on me l'a conseillé et je suis en train de le lire).Je pense que cela t'aiderait à comprendre qu'il existe différents type de besoins en amour et qu'il est difficile qu'un seul amour nous comble mais que le souci c'est que quand on en prend conscience (ce qui fut mon cas aussi) en cours de vie avec une relation et un engagement amoureux qui dure depuis de nombreuses années, il est compliqué de repartir sur des bases communes. Je pense que c'est possible mais cela demande un travail de déconstruction de nos croyances à chacun (encore faut-il que chacun le veuille), une reconnaissance de nos mensonges à l'autre et à nous-même (on minimise je pense toujours dans un sens comme dans l'autre qu'il s'agisse de la personne trompée ou de l'autre et celui qui est trompé mais celui qui est trompé étant en position de "victime" ne peut le reconnaître le premier), enfin seulement après tout ça, tenter de voir quel nouveau projet de couple est possible. Et là seulement voir quel sont les compromis acceptables pour chacun. Avez-vous pensé voir un thérapeute de couple ? Ce pourrait aussi être une piste pour avancer.
Selon moi , se "sacrifier" ne peut fonctionner que sur du cours terme. Pour ne pas avoir à se sacrifier, je ne vois personnellement que 3 options (j'y ai pas mal réfléchi ces derniers temps et c'est ma conclusion personnelle):
- soit couple évolue mais ça peut prendre beaucoup de temps et il ne faut donc pas être dans l'"impatience" pour que cela fonctionne;
- soit se séparer (là encore prendre un minimum de temps me parait prudent), selon moi une séparation quand les tensions ne sont pas insupportables méritent d'être faite en douceur,
- soit faire le deuil d'amours plurielles (moi je me sens partir sur cette option mais l'avenir me dira si c'est la bonne décision). Le deuil n'est pas un sacrifice car je renonce à quelque chose mais à partir du moment où je suis en capacité de voir que ce renoncement m'apportera autre chose , un quelque chose que je ne connais peut-être pas encore mais que j'accepte de tenter de vivre pleinement. Je sais qu'il y a encore quelques mois, je n'en étais pas là. Moi aussi j'ai connu celui qui est devenu mon mari jeune (nous avions 14 et 16 ans) ; je n'ai eu qu'une seule relation amoureuse réciproque et sexuelle . Au moment de ma crise de milieu de vie, j'ai eu le sentiment d'être passée à côté de quelque chose (le fait de n'avoir été désirée et aimée que par un seul homme était douloureux) un peu comme d'autres expériences dans ma vie . Et comme pour ces expériences, le cheminement me semble le même . Je vais prendre des exemples: j'aurais rêvé d'accoucher naturellement mais ça n'a pas eu lieu, j'aurais rêvé de vivre de ma plume, ça n'aura pas lieu non plus, j'aurais adoré vivre au fin fond d'une contrée sauvage à étudier des animaux , ça n'aura pas lieu, etc.... Bref, en gros, ce que j'essaie de dire c'est qu'on sait tous qu'il existe des choses qu'on ne vivra pas et qui resteront de "beaux regrets", qui ne nous dépriment pas , qui nous font juste un petit pincement qui nous rappelle que nous sommes des être avec une vie courte et des choix de vie pas aussi pluriel qu'on le voudrait ;) mais cela ne nous entraîne pas nécessairement dans une dépression. Moi j'admire la personne qui consacre sa vie aux animaux, elle me fascine mais je ne regrette pas d'avoir ma vie. A toi de voir dans les mois qui viennent si tu es plutôt dans la déprime si ton mari n'évolue pas vers l'acceptation de relations plurielles ou si tu es plutôt dans ce ressenti. Je pense que le sacrifice, c'est que le deuil n'est pas possible parce que c'est trop important pour nous à ce moment-là de notre vie , en fonction des éléments présents ou non à cette période-là.

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Polyarthrite (invité)

le lundi 06 juillet 2020 à 20h38

Je pense que l'attente de ton mari est légitime surtout après tes 2 tromperies, je n ai pas l'impression que tu prenne la mesure de la souffrance engendré par l'infidélité et le combat pour s'en sortir.

Ton mari n'est tout simplement pas prêt pour en parler ou alors il ne veut pas et il ne veut pas te l'annoncer.
D'ailleurs que fera tu si il refuse ? Às tu réfléchis à la réciproque ? Si jamais il ne gérait pas aussi bien que toi et qu'une nouvelle rencontre le mène à te quitter ?

A cela s ajoute un nouveau mensonge ou tu dis à ton mari qu'il n'y a personne avec qui tu aimerais vivre une histoire alors que c'est faux. Tu avais promis l honnêteté, non ?

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Xelha (invité)

le lundi 06 juillet 2020 à 21h52

Tout d’abord merci pour avoir pris le temps de lire mon histoire, et merci pour vos réponses que j’ai lu très attentivement.
Je vais répondre en synthétisant sur les points qui me paraissent importants pour clarifier la situation.
Premièrement par rapport aux injonctions sociétales éventuelles je me suis déjà posée la question plus d’une fois, si finalement le fait que j’ai envie de «  voir ailleurs » n’était pas la preuve que mon couple était arrivé à son terme et si je ne restait pas par habitude, confort, peur du regard de mon entourage, enfants...etc. À chaque fois la réponse est non. Je reste parce que je l’aime.
D’autre part je pense que même si je me sépare de lui et rencontre quelqu’un d’autre, je ne pourrais pas lui promettre l’exclusivité. Malgré mon éducation et depuis aussi longtemps que je me souvienne je n’ai jamais compris le principe de fidélité, que notre corps (et cœur) appartienne entièrement à une seule personne pendant 60 ans.
Quand on a décidé d’avoir nos enfants j’ai pris un engagement envers moi même qui était de ne plus le tromper et je m’y suis tenue. J’ai réprimé toutes mes réflexions au sujet du couple, et me disait qu’on ne peut pas tout avoir. Qu’un choix implique un renoncement et qu’en tant que «  maman » je n’avais plus le droit de penser égoïstement, que mon comportement devait être irréprochable. Ma dernière infidélité remonte à plus de 5 ans et ça fait 5 ans que je me sens dépérir. J’ai mis ça sur le compte de la fatigue, des grossesses difficiles, enfants en bas âges.
Mais si je dois être honnête il faut que je le sois avec moi-même avant tout. Ça ne me convient pas comme ça, je ne pourrais jamais changer ce que je suis.

Mais...je comprends la souffrance qu’à pu ressentir mon mari et même s’il m’a pardonné, le chemin a été très long et on peut dire qu’il «  me l’a fait payer », j’ai accepté ce processus. Mon mari a longtemps mis mes infidélités sur le compte de la distance pour la première et pour la deuxième des gros soucis de santé de ma mère. Sa peur était qu’à chaque coup dur je finisse par le tromper. On en a eu des coups durs depuis 5 ans mais je n’ai jamais envisagé d’aller voir ailleurs.
A un moment donné il était devenu tellement possessif et suspicieux jusqu’à me géolocaliser, fouiller dans mon téléphone que je lui ai proposé qu’on divorce si ça pouvait le soulager...nous soulager. Il a refusé et je lui ai dit que je ne pouvais pas vivre avec «  un ennemi » , que si notre mariage devait continuer il fallait qu’on se parle comme des amis. A partir de là ça s est arrangé. S’il a une angoisse il m’en parle et je lui réponds et le rassure. Et inversement.
Je lui ai parlé de mes réflexions concernant le couple parce que je ne pouvais plus garder ça pour moi. Ça me pesait trop. Il a été très compréhensif et n’était vraiment pas contre sinon je sais qu’il m’aurait dit que c est un «  non » catégorique. Bien-entendu ça fonctionnerait dans les deux sens et il serait libre de rencontrer d’autres femmes. Est ce que je serais jalouse? Oui certainement, est ce que j’aurais peur qu’il me quitte pour une autre? Oui aussi mais ça peut arriver même si on reste un couple monogame...

Enfin, je ne lui ai pas menti par rapport à ma rencontre parce que j’ai bien précisé que j’ai fait cette rencontre APRÈS notre dernière discussion. J’aimerais lui en parler mais je ne veux pas qu’il se dise que je lui mets la pression. Je veux qu’il prenne son temps et si sa réponse est non je pense que je l’accepterais parce qu’il compte plus pour moi que tout le reste. Ce qui est difficile pour moi c est de rester dans l’incertitude et qu’il me dise «  on en reparle dans quelques années » . Je veux bien prendre toute la responsabilité de mes infidélités passées et comprendre sa souffrance mais faire son mea culpa toute sa vie n’est pas pour moi la définition d’un mariage épanoui...

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Profil

cactus

le lundi 06 juillet 2020 à 23h16

@Xelha

Lorsque vous avez discuté du sujet ensemble, est-ce que vous avez abordé des éléments très concrets, sur comment tu envisages les choses et comment lui les verrait - par exemple le temps physique que tu imagines pouvoir consacrer à une ou d'autres relations, quand pourraient avoir lieu tes absences, à quelle fréquence, qu'est-ce qu'il pense avoir besoin de savoir et ne préfère pas savoir sur tes autres relations, etc.... ?

Bien sûr, ça ne veut pas du tout dire que ça se passera tel que vous le discuterez si ce n'est pas déjà fait, parce que la vie est par nature imprévisible, mais ça permet déjà de toucher du doigt ce qui est envisageable ou pas pour lui, et d'amorcer ce type de discussion.

Parce que je ne pense pas qu'il puisse réellement réfléchir à la voie que tu veux emprunter sans se projeter un minimum, et surtout sans discuter avec toi des peurs que ça engendre chez lui, pourquoi ces peurs sont là et qu'est-ce qui se cache derrière. Pour le moment, il botte en touche...

Et après, ben il ne pourra réellement savoir si c'est gérable pour lui qu'avec l'expérience de ta nouvelle vie dans votre quotidien. On peut théoriser et réfléchir à tout ce qu'on veut, tant qu'on a pas essayé, en vrai on ne sait rien, ou si peu.

Aparté :
@Polyarthrite j'ai perçu ton message comme moralisateur et culpabilisant.
D'une, je ne pense pas que ça soit la bonne démarche : au pire c'est blessant, au mieux, la personne passe son chemin et ne porte aucun crédit à ton intervention. Pas sûre que ça aide.
De deux, j'ai le sentiment - mais ma vision est peut-être biaisée - que tu as ce positionnement plus facilement quand la personne qui poste est une femme qui ressent le besoin, pour vivre épanouie, de sortir des injonctions sociétales qu'imposent la vision du couple et du corps de la femme.
Si ce n'est pas le cas, je m'en excuse par avance. Si non, je t'invite à réfléchir à la dimension profondément féministe de la polyamorie (dimension que je revendique pleinement d'ailleurs).

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Xelha (invité)

le mardi 07 juillet 2020 à 08h39

Alors oui, les deux fois où on en a discuté c est à dire l’année dernière et il y a deux mois environ, on en a parlé très longuement à chaque fois.
J’ai tout d’abord voulu aborder la question de la jalousie. Parce que la jalousie découle forcément d’une peur ou d’un mal être. Il a avoué que premièrement il avait peur de me perdre, et deuxièmement on était conditionnés à la monogamie et que c est dur de se défaire de ce schéma parce qu’on a tous les deux été élevés dans des familles «  traditionnelles » même si lui est athée donc il a en moins la culpabilité de se dire qu’il va finir en enfer (mais ça c est un autre problème que j’essaie de gérer, polyamour et foi sont-ils compatibles? Bref).
Je l’ai rassuré quant à mon attachement et mon amour envers lui, envers notre famille qui est mon absolue priorité et je pense qu’il a bien compris que ce n’est pas parce que je dispose de ma personne comme j’en ai envie que je ferais des choses au détriment de notre couple.
D’ailleurs par rapport à ce point, polyamour ne veut pas dire pour moi coucher avec tout le monde et n’importe qui et dans n’importe quelles conditions. Je ne suis pas frustrée sexuellement et je ne cherche pas de relations «  pour le sexe » tout simplement parce que ça ne m’intéresse pas. Il faut que je connaisse la personne, qu’il y ait de l’amour, du respect, de l’admiration etc etc. Donc déjà ça limite quand même pas mal les opportunités. Ensuite oui on a parlé des conditions éventuelles qui nous conviendraient à tous les deux c est à dire : toujours dire où on se trouve et avec qui, mais ça c est juste normal dans un couple je pense, informer l’autre de la nouvelle relation sans forcément raconter tous les détails. Et au niveau organisation on a rien défini encore mais pour moi, l’autre relation ne doit pas prendre le dessus sur notre couple, c est à dire que notre couple restera notre priorité, physiquement ET mentalement. Il est important pour moi qu’on continue à avoir du temps de qualité pour nous (déjà qu’avec deux enfants en bas âge c est compliqué) et qu’on ne soit pas «  présent mais absent », c est a dire que l’autre relation prenne tellement de place dans notre tête que même quand on se retrouve dans le couple on pense à l’autre personne.
Je n’aime pas beaucoup ce terme mais pour moi en tout cas il faudrait d’une certaine manière «  cloisonner » ce que je suis totalement capable de faire.
On a aussi abordé la question du où, comment? Déjà pour nous deux c est hors de question de faire dormir par exemple l’autre relation à la maison et encore pire dans le lit conjugal. C est quelque chose que je n’ai d’ailleurs jamais fait lors de mes infidélités. et puis bien sûr capotes obligatoires avec nos autres relations éventuelles mais cela va de soi évidemment, on a pas besoin de se choper des MST même si le risque 0 n’existe pas...
Bref on a déjà établi une petite liste de «  conditions » et je lui ai bien précisé que pour lui comme pour moi, notre couple ne devait pas être synonyme «  d’obligations, de routine, de paperasses » et l’autre relation «  d’évasion, d’excitation... » .
Notre couple malgré toutes les épreuves se porte très bien et je dirais même mieux aujourd’hui qu’au début de notre mariage. Le fait de pouvoir se parler librement est déjà super pour moi je n’ai plus l’impression de porter un masque constamment et ça se ressent au quotidien. Ça contraste vraiment avec ces dernières années où je dépérissais et où j’avais l’impression de jouer à la parfaite petite épouse et maman qui suit le chemin qu’on a décidé pour elle.
Donc voilà , je lui laisse du temps et j’attendrais que lui m’en reparle, et par rapport à ma nouvelle rencontre, il est au courant de ma situation et ne me presse pas, et s’il finit par en avoir marre d’attendre...tant pis , je ne mettrais pas mon couple en péril pour qui que ce soit.
J’ai utilisé le mot «  sacrifice » dans ma question de manière volontaire. Je sais que dans un couple tout est une question de compromis, mais quand le compromis dure très longtemps ça devient en quelque sorte un sacrifice.
Honnêtement je ne vois pas ce que je peux faire de plus pour aider mon mari dans ce cheminement et dans sa réflexion. Je ne peux qu’attendre et être «  à la merci » de sa décision. Ça ne sera pas la première fois qu’on décidera de quelque chose à ma place concernant mon corps (je précise que j’ai deux frères et eux évidemment ont été élevés dans la liberté de disposer de leur corps comme ils le souhaitent parce qu’ils ont un petit chromosome différent du mien)

Et merci d’avoir souligné l’intervention de @polyarthrite que j’ai aussi trouvée très culpabilisante et qui m’a beaucoup étonnée venant d’un forum que je parcours depuis très longtemps et où je ne me souviens pas d’avoir lu ce genre de réflexions. C est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi d’écrire ici, je n’ai jamais parlé de ma vie privée sur aucun autre forum. Après je respecte les avis je ne suis pas ici pour qu on me caresse dans le sens du poil mais oui j’ai été étonnée

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Sophie72

le mardi 07 juillet 2020 à 12h14

Je comprends ton impatience car je l'ai ressentie une courte période (la période où j'avais encore de l'espoir d'une relation amoureuse avec mon ex-ami) mais il est probable que ce soit cette impatience qui détermine si ce que tu souhaites sera possible ou non. Vous avez discuté de choses concrètes mais j'ai le sentiment que lui ne se projette pas ou du moins pas encore dans des relations plurielles. Je peux me tromper parce que nous ne comprenons vos discussion qu'à travers ton prisme. Avec mon mari on a eu aussi ce genre de discussion quand je lui ai dit que j'allais dire à mon ex-ami que j'étais amoureuse de lui et au départ, il ne disait pas non, puis il a commencé à poser des questions très précises qui le torturaient visiblement, du genre: "bon d'accord, tu ne coucheras pas avec lui mais si vous êtes l'un contre l'autre, tu ne vas pas me faire croire que tu ne pourrais pas être amené à aller plus loin ?" Et j'ai compris qu'il ne disait pas non parce qu'au départ il était encore dans un état de sidération. Puis est venue la colère. La période la plus compliquée pour moi. Or ces étapes sont les étapes normale d'un processus de deuil. Donc je souhaite juste te mettre en garde si ton compagnon est en plein deuil de la relation qu'il pensait être la vôtre, il est possible qu'il soit encore loin de la phase d'acceptation et l'impatience n'aide pas du tout dans le processus du deuil. J'espère sincèrement que tu arriveras à mener ta barque sur ce délicat chemin avec le moins de doutes possibles, enfin que les choses t’apparaîtront clairement à un moment pour ne pas avoir de regrets.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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Mark

le mardi 07 juillet 2020 à 12h35

@Xelha

J'ai l'impression que tu n'a pas oubliée l'essentiel dans ton couple: Communication et écoute.
Je comprends très bien la nécessité de cloisonnement. Si elle peut apporter son petit lot de frustrations, elle est aussi essentielle dans le respect des besoins de ton compagnon.

Juste un petit lien, sans injonction aucune, avec une pensée pour celui qui t'attends patiemment: ;-)

https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2015/0...

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Xelha (invité)

le mardi 07 juillet 2020 à 16h29

@Sophie72: c est très pertinent ce que tu dis je trouve et c est vrai que si on veut arriver à une nouvelle façon de concevoir le couple, il faudra automatiquement faire le deuil du couple qu’on a actuellement, dans sa forme en tout cas. Je pense néanmoins qu’il a déjà fait une partie du travail du deuil de notre couple tel qu’il l’idéalisait. On s’est rencontrés très jeunes et je n’avais ni assez de maturité ni assez de recul pour comprendre qui j’étais, comment aurais-je pu lui expliquer? J’étais conditionnée, pour moi ma vie était tracée, dans ma famille il n’y a aucun exemple de divorce ou d’infidélité (connue en tout cas). Et j’ai toujours vu mes parents unis et qui s’aiment sincèrement. Mais je ne veux pas de cette vie là parce qu’avec ma mère on est très proches je suis sa confidente et sans le faire exprès elle a toujours sorti toutes ses frustrations, ses regrets, elle est un peu amère aujourd’hui, pour beaucoup de raisons, la vie n’a pas été tendre avec elle mais en tout cas ma hantise est de devenir comme elle.

Mon mari est au courant de tout ça et je pense qu’il accepte aujourd’hui de vivre avec quelqu’un de «  non conventionnel » (à tout les niveaux, pas uniquement au niveau sentimental) , il m’a même dit que c était ça qui lui plaisait chez moi en grande partie. Donc il m’aime pour ce que je suis mais n’accepterait pas ce que je suis dans sa totalité? Au plus fort de sa période de possessivité il m’a même dit «  tu es mon épouse, on ne fait plus qu’un »...oui mais non en fait, on est deux personnes à part entière, et je refuse que qui que ce soit me «  possède ». Il l’a bien compris. Et moi j’ai compris qu’on pouvait tout à fait n’appartenir à personne mais faire des compromis par amour, parce qu’on veut le bien être de l’autre.

Mais justement, j’ai l’impression que quelque part je suis plus attentive à son bien-être que lui ne l’est au mien parce que je ne suis pas du tout impatiente au contraire. Ça fait un an qu’on a eu la première discussion, et je n’ai pas vraiment l’impression qu’il y réfléchisse vraiment. On en discute puis hop le sujet est clos et on continue notre petite vie. Je ne lui demande pas de se décider demain, mais je pense qu’en étant raisonnable, un an c est déjà pas mal pour se donner une direction. Mon avis c est qu’il sait très bien que je ne le tromperais pas. Peut être qu’il essaie de gagner du temps inconsciemment...

Je suis désolée pour toi @Sophie72 si tu as dû y renoncer. Ça a fini par être un non catégorique de la part de ton mari? Comment tu as géré ça?

@Mark : merci pour l’article il est très intéressant et très juste. Je n’ai pas beaucoup parlé dans mon texte de cette nouvelle rencontre mais il est comme je l’ai dit au courant, et je lui ai bien dit que je comprendrais qu’il ne souhaite pas attendre, que la vie est courte etc. Il a eu une réponse qui m’a beaucoup touchée il m’a dit: «  justement, la vie est trop courte alors autant prendre son temps pour des choses qui en valent la peine ». Je lui ai parlé de l’éventualité que ça ne se fasse peut être jamais et il m’a répondu que dans tous les cas il ne regretterait pas cette rencontre. Lui comme moi on a jamais ressenti une complicité et un feeling de manière aussi rapide forte et spontanée.
D’autre part je suis toujours en bon termes avec mes ex «  amants » (je déteste ce terme) , même avec celui qui a essayé de bousiller ma vie. Il s’est excusé par la suite, et on se donne des nouvelles de temps en temps comme de bons amis, j’ai toujours pris en compte leurs sentiments , parce qu’il n’y avait pas que du sexe. Il y avait à chaque fois beaucoup d amour. Donc oui, j’essaie de penser aux sentiments de chaque personne qui peut être impliquée...qui pense aux miens?...c est une autre question... ;-)

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Sophie72

le mercredi 08 juillet 2020 à 19h20

Xelha
@Sophie72: c est très pertinent ce que tu dis je trouve et c est vrai que si on veut arriver à une nouvelle façon de concevoir le couple, il faudra automatiquement faire le deuil du couple qu’on a actuellement, dans sa forme en tout cas. Je pense néanmoins qu’il a déjà fait une partie du travail du deuil de notre couple tel qu’il l’idéalisait. On s’est rencontrés très jeunes et je n’avais ni assez de maturité ni assez de recul pour comprendre qui j’étais, comment aurais-je pu lui expliquer? J’étais conditionnée, pour moi ma vie était tracée, dans ma famille il n’y a aucun exemple de divorce ou d’infidélité (connue en tout cas). Et j’ai toujours vu mes parents unis et qui s’aiment sincèrement. Mais je ne veux pas de cette vie là parce qu’avec ma mère on est très proches je suis sa confidente et sans le faire exprès elle a toujours sorti toutes ses frustrations, ses regrets, elle est un peu amère aujourd’hui, pour beaucoup de raisons, la vie n’a pas été tendre avec elle mais en tout cas ma hantise est de devenir comme elle.

Je comprends. Moi j'ai évité aussi de ressembler au couple de mes parents qui restent ensemble mais se disputent sans arrêt et se jettent des horreurs à la figure.

Xelha
Mon mari est au courant de tout ça et je pense qu’il accepte aujourd’hui de vivre avec quelqu’un de «   non conventionnel » (à tout les niveaux, pas uniquement au niveau sentimental) , il m’a même dit que c était ça qui lui plaisait chez moi en grande partie. Donc il m’aime pour ce que je suis mais n’accepterait pas ce que je suis dans sa totalité? Au plus fort de sa période de possessivité il m’a même dit «   tu es mon épouse, on ne fait plus qu’un »...oui mais non en fait, on est deux personnes à part entière, et je refuse que qui que ce soit me «   possède ». Il l’a bien compris. Et moi j’ai compris qu’on pouvait tout à fait n’appartenir à personne mais faire des compromis par amour, parce qu’on veut le bien être de l’autre.

Je pense que mon mari aussi aime ma nature "qui n'entre pas dans le moule". Si je n'avais pas été celle que je suis , j'aurais écouté mes parents, ma famille qui m'ont dissuadé de sortir avec lui, m'en ont même empêché parce qu'il avait une réputation de voyou et avait arrêté l'école à 16 ans. Mais pour autant, l'insécurité affective qu'il ressent si je lui dit que j'ai des sentiments pour un autre et le besoin apparemment de n'aimer que moi fait qu'il n'est pas en capacité d'accepter une ouverture de notre couple. Tant mieux si tu sens que ton mari est capable de le supporter mais il est possible qu'il soit dans une phase où il l'accepte juste pour ne pas te perdre, ce qui n'est pas une raison suffisante, selon moi, pour vraiment gérer ce changement. Toute la difficulté dans ce genre de situation est qu'au départ, on n'a pas suffisamment mis à plat nos conceptions de l'amour et du couple. On part avec l'idée qu'il s'agit de petites divergence et que l'amour vient à bout de ce genre de différences de point de vue. Or justement non, ce n'est pas l'amour qui peut nous aider mais la communication.

Xelha
Je suis désolée pour toi @Sophie72 si tu as dû y renoncer. Ça a fini par être un non catégorique de la part de ton mari? Comment tu as géré ça?

Il n'y a pas à être désolée. Je vis au moment présent. Je ne peux pas dire que j'y ai totalement renoncé. Je chemine vers ce deuil mais je pense que je ne pourrai le faire véritablement que quand je n'aurai plus aucune attente. Avec mon mari on en est resté au fait que lui ne peut effectivement pas accepter l'idée de me "partager", de me savoir dans d'autres bras. Par contre, il a accepté l'idée que je ne peux pas changer et qu'un jour je peux éprouver à nouveau des sentiments pour un autre tout en continuant d'en avoir pour lui. Si cela arrive, et bien on verra à ce moment-là. Rien ne sert de se projeter pour le moment. Certains jours, je me dis que de toute manière si je retombe amoureuse, ce n'est peut-être pas plus mal que je ne le dise pas, que je le garde pour moi comme je faisais déjà avant. Si j'ai fini par en parler c'est parce que je souffrais de voir la distance qui se faisait tout doucement entre mon ex-ami et moi et que naïvement j'ai pensé que s'il avait connaissance de mes sentiments , au contraire, il se rapprocherait de moi! Et bien non! Alors à quoi bon le dire ?

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Lenah

le samedi 11 juillet 2020 à 08h54

Bonjour, je ne sais pas si la question " Faut-il se sacrifier ?" est autre chose qu'une question rhétorique. Qui demanderait à quelqu'un de se sacrifier? Souvent, le sacrifice est une question de point de vue. Si tu vis l'existence que tu as à présent ( et que tu as choisi au départ ) comme un sacrifice, alors oui il y a un problème. Mais garde à l'esprit que ton couple s'est bâti sur un modèle monogame, et que tu demandes à ton mari de changer de perspective. Il ne le peut pas nécessairement, ce n'est pas qu'une question de volonté. Il n'y a pas de raison qu'il se sacrifie aussi. Il ne t'a pas demandé de te sacrifier toutes ces années, mais là, et ça certains polyamoureux.ses ont parfois du mal à le comprendre, c'est ce que tu lui demandes de faire. C'est un peu facile de présenter le désir d'exclusivité comme de la possessivité, quelque chose de mauvais . Tous les livres qui théorisent le polyamour le montrent bien, et notamment " Opening up" : pour être heureux en polyamour, il faut une certaine construction de l'attachement. Tout le monde n'est pas fait pour cela. Et sans vouloir être pessimiste, quand il y a eu des infidélités dans un couple, certaines personnes en gardent des séquelles comme après un trauma qui rendent cette évolution encore plus difficile. Mais certains changent malgré tout...

Quelque chose m'interroge dans ton témoignage : pourquoi n'accepterais tu pas une séparation avec ton mari ? Tu dis que tu l'aimes et que tu aimes votre vie. Soit. Mais tu peux continuer à l'aimer et avoir de bonnes relations avec lui en étant séparée. C'est cela aussi que le polyamour apprend : on peut avoir une bonne relation sans sexe avec son ex-compagnon et avoir un nouveau compagnon. Il ne s'agit pas forcément de coucher avec tout le monde. Les enfants ne peuvent pas non plus être une excuse. Crois-moi, si vous rompez suite à une infidélité, le traumatisme sera bien plus grand pour eux que si vous vous séparez parce que vous n'avez plus envie de la même vie. Et c'est un peu de cela qu'il s'agit. Il veut rester sur la vie qui lui convient, et tu aimerais en changer. Nul ne peut être vainqueur. Nul ne devrait se sacrifier. Il faut parfois accepter de se séparer. C'est aussi pour moi une forme de possessivité, que de vouloir à tout prix garder ce qui vous convient et avoir en même temps autre chose alors que l'autre n'est pas d'accord.

J'ai moi-même été une épouse infidèle, mais je n'ai pas mis là-dessus étiquette de " polyamour ". Je pense que la monogamie et son exclusivité, tout comme le polyamour et sa volonté de transparence, ne sont ni l'un ni l'autre des système de couple facile. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a des monogames qui trompent et des polyamoureux qui mentent. Dans les deux cas, il y a des règles à transgresser. Rien de plus facile en un sens qu'une infidélité avec du mensonge. j'ai la chance de ne jamais être prise, mais j'ai vu les conséquences sur les couples des autres. Mon amant a vu son couple exploser douloureusement, je connais les couples qui ne se sont plus jamais reparlés après, etc.
C'est rigolo, parce que je ne me suis jamais considérée comme polyamoureuse car je n'ai jamais eu envie de vivre plusieurs relations amoureuses en même temps et pourtant ...Pourtant, depuis plusieurs années maintenant, j'ai une relation longue distance avec mon amoureux, j'entretiens de très bonnes relations avec mon ex-mari ( je participe au fête de famille, et cetera), je revois de temps en temps d'ex amants et j'ai plein de copains. J'ai beau être de fait exclusive sexuellement, je me rends compte que la multiplicité des relations que j'ai correspond à une forme de polyamour. Mais pour arriver à cela, il a fallu que je quitte mon mari. J'y ai perdu du bonheur, c'est sûr, mais j'ai gagné de la liberté. Je ne regrette pas un instant mon choix. On ne peut pas tout avoir. Je suis heureuse qu'il ne soit pas sacrifié pour moi parce que lui ne m'avait jamais demandé de le faire et qu'il ne portait pas la responsabilité du changement de cap que je voulais pour notre couple.
Bref, je ne te dis pas quitter ton mari, mais juste de l'envisager comme une possibilité. J'espère que vous allez pouvoir en discuter et faire évoluer votre couple parce que toi tu souhaites. Et j'espère sinon que tu sauras trouver la solution qui te rendra heureuse en lui laissant la possibilité lui aussi de l'être.

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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Xelha (invité)

le samedi 11 juillet 2020 à 21h34

Merci beaucoup @Lenah pour ton témoignage et ta façon de voir les choses que je trouve très juste. Cependant, j’ai un peu l’impression que tu projettes ton expérience sur ma situation et pardonnes moi si je me trompe mais je sens beaucoup de jugement hâtif.
Je ne vois pas à quel moment j’ai dit que je considérais ma vie de couple et ma famille comme un sacrifice, j’aime mon mari et quand je dis que je l’aime c est que je suis amoureuse de lui, ça serait idiot de quitter quelqu’un dont je suis follement amoureuse non? Tu as raison il ne m’a pas demandé de «  me sacrifier », j’ai fait le choix de l’épouser, de fonder une famille avec lui et je suis extrêmement heureuse d’avoir fait ce choix je ne regrette absolument rien.
Mais la vie et les sentiments ne sont pas binaires : contente/pas contente. Il y a des nuances et quand j’ai utilisé le terme «  sacrifice » c était certes un peu fort mais je ne parlais pas de me sacrifier moi dans ma globalité mais une partie de ma personnalité.
Je ne sais pas également où tu as lu que je voulais forcer mon mari à changer le fonctionnement de notre couple. Au contraire, j’ai dit que ce que je ne supportais pas c est de devoir rester dans le flou, sans aucune direction alors que ça fait un an qu’on a abordé le sujet et qu’il m’a dit clairement qu’il comprenait ma façon de voir les choses, qu’il n’était pas contre mais qu’il avait besoin de réfléchir.
J’ai bien dit aussi un peu plus haut dans la discussion que s’il venait à refuser , j’accepterais sa décision parce que oui on s est construits sur le modèle de couple monogame et que je ne veux pas qu’il se sente floué.
C est quelque chose que je lui ai évidemment dit, et il m’a répondu qu’on est deux êtres humains en constante évolution et ce n’est pas parce qu’on a commencé notre mariage d’une certaine manière que ça doit rester fixe à vie. C est lui même qui m’a dit ça.
Et oui j’ai été infidèle et ça n’a pas duré les deux fois car j’ai détesté mentir, trouver des alibis, la culpabilité et surtout le mal que ça lui a fait.
Pour moi l’infidélité n’est pas du tout la solution de facilité et je ne veux plus jamais me retrouver dans cette situation. Je n’aime pas les étiquettes mais je me considère plutôt polyamoureuse parce qu’aimer deux hommes en même temps (ça n’a jamais été plus mais ça pourrait) est quelque chose dont j’ai l’habitude depuis toute petite. Je n’en étais juste pas consciente. Et deuxièmement je hais les mensonges et ce dans tous les aspects de ma vie. Donc si j’ai des sentiments pour quelqu’un d’autre , 1) ça ne veut pas dire que j’en ai moins pour mon mari et 2) c est important pour moi qu’il soit au courant.
Voilà je ne sais pas si j’ai été plus précise , je te remercie d’avoir pris le temps de lire et de répondre, je vois beaucoup de sagesse dans les décisions que tu as prises mais encore une fois je ne pense pas que ça soit transposable à ma situation ;-)

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LeaBridou

le mercredi 15 juillet 2020 à 11h41

Faut -il se sacrifier? Faut-il s'enterrer? Faut-il s'enchainer? Faut-il subir une vie qui ne nous convient plus ?
La réponse à ses 4 questions, est "oui", dans la société dans laquelle nous vivons. D'autant plus quand on est une femme. Il est important de répondre aux attentes de la société , pour être considérée (y compris par soi-même) comme une bonne épouse, une bonne mère, une bonne fille, une bonne "plein de choses".
Se re-poser cette question et chercher sa propre réponse c'est un chemin hardu mais tellement riche et les femmes qui l'ont suivi ont été une grande source d'inspiration pour moi . Bon courage :)

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Starbuckangel

le samedi 18 juillet 2020 à 12h27

Bonjour,
Je me dis que peut être lui conseiller des lectures abordant le polyamour et des situations polyamoureuses pourrait l'aider dans son cheminement. Je n'ai pas de titres à te proposer car je suis moi même toute nouvelle dans ce fonctionnement et encore en tâtonnements avec mon compagnon de vie mais en tout cas de notre côté nous sommes tous deux sur la même longueur d'onde pour le polyamour (21 ans de vie commune, 2 enfants)
Mais je sais que de lire aide souvent à grandir
Belle route à vous 2

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