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L'abscence de compersion révèle t-elle une abscence d'amour ?

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Caoline

le lundi 05 décembre 2022 à 17h17

Lili-Lutine
Oui exactement ! Bien que moi je dirais plutôt Les grands amours ressemblent à s'y méprendre à de l'amitié ahaha

<3

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Alabama

le lundi 05 décembre 2022 à 17h20

Je ne savais pas qu’accepter facilement que l’autre rompe comptait pour de la compersion 🤨. Ça me semblait faire partie du respect basique : si je retiens l’autre ou essaie de le retenir, je ne suis plus dans le respect de son consentement. Mais j’ai peut-être mal compris et bonheur disait peut-être ressentir carrément de la joie pour l’autre au moment d’être quittée, ce dont je ne crois pas vraiment été capable (pour l’instant ?).

Il m’est arrivé d’être heureuse que l’autre rompe car je n’en étais pas capable moi même : une forme de gratitude envers l’autre , qui est différente pour moi de la compersion, puisque j’étais heureuse pour moi (et malheureuse en même temps de la rupture), et pas particulièrement pour l’autre.

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Alabama

le lundi 05 décembre 2022 à 17h24

Caoline
Je pense que l'on peut être transparent et agir tout de même de façon qui fait souffrir l'autre, par exemple lors d'une nouvelle rencontre ou d'un changement de disponibilité d'une autre relation ou simplement car nos envies évoluent et donc les émotions ressenties par l'autre sont quand même de notre responsabilité en premier lieu, donc ce n'est pas aider mais prendre en considération l'effet de nos actes. Je trouve ça trop facile de rejeter la culpabilité sur l'autre (c'est elle qui a un problème) même si on prend soi la responsabilité de la séparation.

Si on quitte c'est parce qu'on est pas capable de ne pas faire souffrir l'autre.

Je suis assez d’accord là dessus avec une nuance : soit on est incapable de ne pas faire souffrir l’autre, soit l’autre s’est engagé dans une relation poly qui ne lui convient pas et n’arrive pas à prendre la bonne décision pour lui/elle. Mais parfois cela se rencontre aussi dans des relations sans sexe et sans sentiment amoureux aka en amitié : et là ma foi, si la personne ne peut pas faire le chemin, c’est un peu compliqué de rester en relation. Cela se voit aussi en monogamie quand un.e des partenaires est jaloux.se dès que l’autre sort seul.e plutôt qu’en couple par exemple.

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bonheur

le lundi 05 décembre 2022 à 17h30

@Alabama. Je ne suis pas heureuse d'être quittée :-/ . La pensée que cette décision n'est pas liée à l'amour pour moi, mais à une libération pour vivre heureux, me rend heureuse. Si c'est un soulagement, que ça anéanti des contorsions, alors oui. Après, dans une rupture, il faut être deux. Mais là est un autre sujet. Donc j'en reste là sur ce fil de discussion.

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Caoline

le lundi 05 décembre 2022 à 17h34

Alabama
Je suis assez d’accord là dessus avec une nuance : soit on est incapable de ne pas faire souffrir l’autre, soit l’autre s’est engagé dans une relation poly qui ne lui convient pas et n’arrive pas à prendre la bonne décision pour lui/elle. Mais parfois cela se rencontre aussi dans des relations sans sexe et sans sentiment amoureux aka en amitié : et là ma foi, si la personne ne peut pas faire le chemin, c’est un peu compliqué de rester en relation. Cela se voit aussi en monogamie quand un.e des partenaires est jaloux.se dès que l’autre sort seul.e plutôt qu’en couple par exemple.

Ah oui, si c'est la base relationnelle qui ne convient pas mais que la personne s'y engage quand même c’est différent. Je pensais à des cas de relation qui vont bien puis que des émotions négatives arrivent à cause de nouvelles données même sans impact direct sur la relation. Des peurs peuvent se réveiller. Par exemple, je sais que le fait qu'un de mes amours entre en relation avec une personne mono, surtout si elle ne veut pas me connaître, même ne demande jamais rien sur moi, voir fait tourner court la discussion si mon compagnon essaye de l'évoquer, bref essaye de faire comme si je n'existais pas, ça me mettrait en totale insécurité. Je considère que si mon compagnon ne pouvait se passer de cette personne qui me nie, ma souffrance serait de sa responsabilité. Mais bon, je pense que je n'attendrais pas qu'il me quitte, je le ferais. En fait, ce n'est clairement plus ok pour moi d'être dans ce genre de situation où ma compersion ne peut pas exister.

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Alabama

le lundi 05 décembre 2022 à 17h41

@Caoline : oui entièrement d’accord avec cela. Encore que je ne me rends pas compte si la situation que tu évoques me mettrait en insécurité : si je restais persuadée que l’amoureux du milieu continue de relationner avec moi et que ça n’ait pas vraiment d’impact, je me dis que ça pourrait passer.

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artichaut

le lundi 05 décembre 2022 à 20h46

Alabama
Dans ce que tu décris, pour moi ce n’est pas du tout le mot «   aide » qui me vient à l’esprit mais bien «   le minimum pour qu’une relation digne de ce nom existe, à fortiori une relation amoureuse». Donc moi aussi le mot «   aider » me fait vraiment tiquer. Être en relation respectueuse, c’est exactement faire tout cela selon moi. On est d’accord que dans notre monde, ce n’est clairement pas la norme.

Il y a peut-être une confusion, un mini quiproquo dans le fait que tu semble parler de la relation en général, alors que je parle de cas particuliers.
Je ne parlerais peut-être pas d'aide pour la relation en général, ou alors sur des domaines précis. Quoique s'entraider puisse faire partie de la relation en général.

Alabama
Mais j’ai du mal à dénier à quelqu’un son sentiment d’amour selon le seul critère qu’elle souffre trop de jalousie/peur.

Justement dans mon post initial je précise que ce n'est pas la jalousie/peur qui me pose problème, mais l'abscence de compersion simultanée (celle dont tu dis que parfois elle n'est pas possible).

Alabama
En fait dans ton premier message cela me fait un peu comme si tu aimerais que tout le monde ait la même vision que toi des relations plurielles.

Je dirais plutôt : comme si je ne voulais relationner que avec des gens qui ont la même vision que moi des relations plurielles.
Oui c'est peut-être ça que je questionne et qui me questionne.

Alabama
Ou la même manière de ressentir, c’est à dire ressentir «   légèrement » (les picotements et les scrogneugneu, c’est du léger, clairement , facile à surmonter), or ce n’est pas le cas du tout, en particulier pour les personnes qui ont reçu peu d’amour inconditionnel dans l’enfance.

Je ne pense pas que je dise ça. Mais bon peut-être.
Dans ce cas, moi, je ne peux pas relationner avec ces personnes là, que tu décris.

Alabama
Du coup je peux comprendre que tu préfères ne pas relationner avec ces personnes, mais j’entends de la frustration de ta part, dis moi si je me trompe ?

Je ne sais pas. Je dirais plutôt non.
Il me semble que plutôt je cherche à identifier des choses qui me permettent de me rendre compte +tôt avec qui je veux ou pas relationner.

Caoline
Je pense que l'on peut être transparent et agir tout de même de façon qui fait souffrir l'autre, par exemple lors d'une nouvelle rencontre ou d'un changement de disponibilité d'une autre relation ou simplement car nos envies évoluent et donc les émotions ressenties par l'autre sont quand même de notre responsabilité en premier lieu, donc ce n'est pas aider mais prendre en considération l'effet de nos actes. Je trouve ça trop facile de rejeter la culpabilité sur l'autre (c'est elle qui a un problème) même si on prend soi la responsabilité de la séparation.

Bah je pense qu'on n'est pas d'accord. Ou alors on chipote et on se comprend mal. Je ne sais pas.
Mais pour moi clairement les émotions sont en premier lieu le fait de la personne qui les éprouve (même si elles sont déclenchées par des actes de l'autre).
Évidemment il y a de la subtilité dans tout ça. Ça n'est pas noir ou blanc.
Mais clairement si j'attendais de la considération de l'autre pour gérer mes émotions, je galérerais grave plus.
Je ne dis pas que parfois je n'ai pas besoin d'être entendu/écouté etc. Que ça ne peut pas me faire péter des durites, etc. Mais en dernier recours je suis la seule personne capable de comprendre et gérer mes émotions. On peut m'aider, mais pas faire à ma place.
Et clairement —même en prenant en compte le filtre genré— c'est le minimum que je demande à l'autre.

Alabama
Mais parfois cela se rencontre aussi dans des relations sans sexe et sans sentiment amoureux aka en amitié : et là ma foi, si la personne ne peut pas faire le chemin, c’est un peu compliqué de rester en relation. Cela se voit aussi en monogamie quand un.e des partenaires est jaloux.se dès que l’autre sort seul.e plutôt qu’en couple par exemple.

Ben finalement on est pas tant en désaccord alors !
(parce que perso je fait zéro différence de responsabilité entre relation de sexe, d'amour ou d' "amitié")

Caoline
Je considère que si mon compagnon ne pouvait se passer de cette personne qui me nie, ma souffrance serait de sa responsabilité. Mais bon, je pense que je n'attendrais pas qu'il me quitte, je le ferais. En fait, ce n'est clairement plus ok pour moi d'être dans ce genre de situation où ma compersion ne peut pas exister.

Ah bah t'es pire que moi en besoin de compersion de l'autre alors !
Car ça je l'ai déjà vécu, et mal vécu certes, mais vécu quand même.
Mais oui, c'est exactement de ce genre de cas dont je veux parler.

En fait dans le cas que tu décris, il y a possiblement 3 personnes qui souffrent.
- la personne mono souffre d'être en relation avec une personne poly (donc se défend en cloisonnant tout)
- la personne poly à l'autre extrémité, souffre de voir son existence niée
- la personne pivot souffre d'être dans une situation inextricable

Clairement c'est la personne pivot qui est responsable de créer ou d'avoir créée une telle configuration (même si elle peut avoir parfois des "circonstances atténuantes").
Mais dire que ta souffrance serait de sa responsabilité me semble aller beaucoup trop loin.

Le sens de mon post initial c'est entre autre de questionner le (possible) manque d'amour compersif de la personne mono, et les conséquences que ça a sur moi.

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artichaut

le lundi 05 décembre 2022 à 21h07

En fait je me rend compte que je manque d'empathie envers des personnes qui manque de compersion.

Ce que je vais dire là mériterais d'être beaucoup plus explicité, mais en fait je considère que tout le monde est capable de compersion, non pas "capable" car ça renverrais à un truc bien trop injonctif, mais que tout le monde vit déjà de la compersion. Voilà, c'est ça que je ressent.

Car tout le monde —du moins j'espère— vit de la compersion avec ses ami·e·s. Et ça m'exaspère que parce que on est dans le domaine du sexe et de l'aaamour, tout d'un coup, tout ça disparaisse.

Et oui, c'est peut-être ça : je ne veux plus relationner que avec des gens qui vivent de la compersion, et donc avec les monos ou des personnes qui ne ressentent pas de compersion, et bien je ne veux bien relationner avec elles-eux que dans les domaines où ils/elles en ressentent, à savoir ce qui est convenu d'appeler "amitié".
Bon en même temps ça je le savais déjà.

Là où ça devient +complexe, c'est pour les metamours. Et c'est peut-être pour ça que la question émerge (à force d'être confronté à ça). Puis-je metamourer avec des personnes qui ne ressentent pas de compersion ? (= un peu de ce que disait @Caoline, en disant que toi, non, tu ne peux pas, en tout cas dans le cas exposé)

Et bien j'ai le sentiment que ça devient de plus en plus difficile pour moi.

Et je ne considère pas que ce soit la faute ou la responsabilité des autres, mais plutôt de moi-même, de là où j'en suis dans ma vie. Et que j'ai à prendre acte de ça.

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artichaut

le lundi 05 décembre 2022 à 21h22

En fait c'est ça, je ne veux plus relationner et metamourer que dans des types de relations où toutes les personnes impliquées ressentent de la compersion.

Du coup pour simplifier, et pour parler en langage "commun", je ne veux plus désormais dans ma vie que des relations d'amitié.
Et si quelques rares personnes au milieu de tout ça vivent de la compersion y compris dans le sexe et l'aaamour, alors ok, on peut rajouter ces dimension-là, mais sinon je préfère me passer de tout ça.

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GeorgyPorgy

le lundi 05 décembre 2022 à 23h00

J'ai suivi ce fil au gré des petites pauses de ma journée (fatiguante) de travail, les échanges sont riches, c'est super intéressant de vous lire.

Ce que pourrait être la compersion telle que j'ai pu l'expérimenter en moi en de rares occasions, ce serait de ressentir une paix (a minima) voire du bonheur (au mieux) quant à ce que l'autre décide de vivre, le chemin qu'il/elle décide d'entreprendre dans ce qui constitue le périmètre de son autonomie intérieure, émotionnelle, sentimentale ou intime / sexuelle.

J'insiste sur le ressenti car je pense que j'ai plus de facilité à exprimer ensuite si d'abord je ressens (soit directement dans de la communication, soit indirectement via du non-verbal, par exemple en ayant un comportement visant à laisser l'autre se sentir confortable dans ses choix - une manière de dire "vas-y, fais ce que tu sens bien, tout ça c'est à propos de toi, pas de moi & j'en serai okay voire heureux si tu prends soin de notre relation en parallèle").

Le ressenti est donc pour moi un préalable. On ne peut pas "décréter" qu'on ressent de la compersion, les sentiments réellement ressentis reprenant vite le dessus (?)

Le corrolaire serait que l'opposé de la compersion (qui serait ce à quoi je me suis confronté dans mon expérience jusqu'ici de la non-exclusivité) consiste presque en une négation de ce qu'est l'autre (dans son altérité, dans son individualité propre, dans son histoire & ses choix, etc). Je veux bien vivre cette relation avec toi, mais il faut que tu abandonnes les chaussettes à pois (j'y suis allergique), et aussi ce que tu as construit jusqu'ici avec Ginette ou Bernard (ça me rend jaloux.se).

Je suis pas binaire, loin de là, (trop?) partisan de la mesure et de la nuance même, mais : est-ce que c'est "neutre" finalement de ne pas ressentir de la compersion quand on est dans une relation amoureuse (et a fortiori dans toute relation)?

J'ai l'impression que si l'on sort de la zone de compersion, on est rapidement dans la zone du contrôle de l'autre. Car si j'exprime mon mal-être/ma jalousie dans une situation donnée, de telle sorte que ça ne laisse aucune marge pour une dimension compersive si infime soit-elle (donc le contraire de "oui je galère avec ça, mais je sais que cette histoire t'es nécessaire ou joyeuse & qu'on peut en parler pour ajuster au mieux") , est-ce que je ne sous-entend pas à ma relation qu'elle doive altérer son autonomie pour me rendre la vie plus facile?

Comme certain.e.s ont pu le dire avant, je pense que ça depend beaucoup des circonstances & de ce que chacun.e met dans la relation. Mais ça découle aussi beaucoup d'un certain rapport au concept d'amour, dans lequel la compersion peut naître car on parvient à un stade désinteressé (au sens où on ne se demande pas un amour d'être conforme en tous points à mes/tes attentes, à mon/ton logiciel interne, qui n'est pas toi ou moi mais plutôt "toi dans moi", on se renvoit mutuellement le reflet de nos illusions, comme c'est la formule de base).

=> La relation qu'on vit compose avec ce qu'on apporte de nous (notre passé, les choix qui ont été les notres, qui gardent ou pas leur importance et les choix qu'on fera aujourd'hui, demain). Ou pas.

Si je ne parviens pas à vivre avec l'impermanence de l'autre, en accepter les joies & les peines, est-ce que je l'aime (encore) ou est-ce que j'essaie de faire perdurer une image (fausse) de ce qu'est censée être notre relation telle que je l'ai achetée au magasin de l'amour ?

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artichaut

le mardi 06 décembre 2022 à 04h15

GeorgyPorgy
Le corrolaire serait que l'opposé de la compersion (qui serait ce à quoi je me suis confronté dans mon expérience jusqu'ici de la non-exclusivité) consiste presque en une négation de ce qu'est l'autre (dans son altérité, dans son individualité propre, dans son histoire & ses choix, etc).

Pour moi l'opposé de la compersion serait… l'abscence d'empathie, donc peut-être une négation de l'autre en soi. (et qui me fait dire que ça peut ressembler à un "je ne t'aime plus").
Tandis que la jalousie je la vois comme une blessure en soi projeté sur l'autre. (et qui est plutôt un "je ne m'aime pas assez" ou "on ne m'aime pas assez" ce qui revient un peu au même).
Ressentir les deux simultanément, ou plutôt concomitamment, c'est faire émotionnellement la part des choses.

Perso, quand je ressent les deux, il y a la blessure (la jalousie) qui toujours prend le dessus quand elle déboule sans prévenir, puis quand elle s'apaise un peu, l'amour pour l'autre et de l'autre vient apaiser encore+ et alors je me regarde moi-même avec ma jalousie et j'essaie de la comprendre. Et là souvent je ressent des bouffées d'amour pour l'autre et je me dis "je veux ça aussi pour moi", "je veux m'aimer autant que j'aime l'autre" et alors je cherche comment me faire du bien (moi avec moi-même), et ça s'apaise encore+.
Ça c'est plutôt quand je suis solo.
Si je suis avec l'autre, alors j'ai besoin de m'isoler.
Et si je suis avec l'autre et que je ne peux pas m'isoler, que je suis obligé d'interagir, alors j'ai besoin d'en parler, mais dans l'émotion, ce n'est pas toujours facile. Et dans ce cas oui, l'accueil par l'autre et l'écoute de l'autre sont primordiaux.

Peut-être c'est ça que j'attends des autres ou dont j'ai besoin. Que leur jalousie ne leur fasse pas perdre leur amour (y compris d'eux-même). Je ne demande pas ça dans le point culminant de leur colère. Mais si la colère peut supprimer durablement l'amour, la confiance, la joie, alors là je me sens démuni.

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Caoline

le mardi 06 décembre 2022 à 10h10

artichaut
Je dirais plutôt : comme si je ne voulais relationner que avec des gens qui ont la même vision que moi des relations plurielles.
Oui c'est peut-être ça que je questionne et qui me questionne.

Pour moi c'est évident, c'est ce que je souhaite. Suis-je encore capable de supporter des relations ou meta relations avec des personnes qui fonctionnent différemment, je ne sais pas.

artichaut
Alabama Ou la même manière de ressentir, c’est à dire ressentir «    légèrement » (les picotements et les scrogneugneu, c’est du léger, clairement , facile à surmonter), or ce n’est pas le cas du tout, en particulier pour les personnes qui ont reçu peu d’amour inconditionnel dans l’enfance.

Je ne pense pas que je dise ça. Mais bon peut-être.
Dans ce cas, moi, je ne peux pas relationner avec ces personnes là, que tu décris.

Je peux maintenant vivre des relations avec les 2 types de personnes, alors qu'avant les personnes pour qui tout était léger ne me convenaient pas. Par contre, j'ai besoin que l'autre soit clair sur son ressenti et sa capacité à partager avec moi et comme ça j'adapte ce que je donne et les relations sont différentes.
Cette année j'ai eu un début de relation que je pensais amoureuse, même si je savais que nous nous verrions assez peu, mais très vite j'ai senti que lui n'y mettait pas cet investissement et donc j'ai dit stop et nous avons pu par la suite avoir une relation de type amis intimes.

artichaut
Je ne sais pas. Je dirais plutôt non.
Il me semble que plutôt je cherche à identifier des choses qui me permettent de me rendre compte +tôt avec qui je veux ou pas relationner.

Je m'améliore sur ce point aussi.

artichaut
Caoline Je pense que l'on peut être transparent et agir tout de même de façon qui fait souffrir l'autre, par exemple lors d'une nouvelle rencontre ou d'un changement de disponibilité d'une autre relation ou simplement car nos envies évoluent et donc les émotions ressenties par l'autre sont quand même de notre responsabilité en premier lieu, donc ce n'est pas aider mais prendre en considération l'effet de nos actes. Je trouve ça trop facile de rejeter la culpabilité sur l'autre (c'est elle qui a un problème) même si on prend soi la responsabilité de la séparation.

Bah je pense qu'on n'est pas d'accord. Ou alors on chipote et on se comprend mal. Je ne sais pas.
Mais pour moi clairement les émotions sont en premier lieu le fait de la personne qui les éprouve (même si elles sont déclenchées par des actes de l'autre).
Évidemment il y a de la subtilité dans tout ça. Ça n'est pas noir ou blanc.
Mais clairement si j'attendais de la considération de l'autre pour gérer mes émotions, je galérerais grave plus.
Je ne dis pas que parfois je n'ai pas besoin d'être entendu/écouté etc. Que ça ne peut pas me faire péter des durites, etc. Mais en dernier recours je suis la seule personne capable de comprendre et gérer mes émotions. On peut m'aider, mais pas faire à ma place.
Et clairement —même en prenant en compte le filtre genré— c'est le minimum que je demande à l'autre.

En fait, je ne parle pas de la gestion des émotions mais du fait que les émotions, elles ne se déclenchent quand même pas sans aucune cause. Donc que c'est trop facile de faire des choses qui ne respectent pas les besoins de la personne avec qui on est en relation et de dire c'est tes émotions donc ta responsabilité !
En plus, moi j'ai clairement besoin d'écoute, si je ne peux exprimer mes émotions à la personne concernée, elles tournent en boucle en moi et me font souffrir. Souvent juste le fait d'être écoutée, même si on ne peut rien changer à la cause, ça m’apaise énormément.

artichaut
Caoline Je considère que si mon compagnon ne pouvait se passer de cette personne qui me nie, ma souffrance serait de sa responsabilité. Mais bon, je pense que je n'attendrais pas qu'il me quitte, je le ferais. En fait, ce n'est clairement plus ok pour moi d'être dans ce genre de situation où ma compersion ne peut pas exister.

Ah bah t'es pire que moi en besoin de compersion de l'autre alors !
Car ça je l'ai déjà vécu, et mal vécu certes, mais vécu quand même.
Mais oui, c'est exactement de ce genre de cas dont je veux parler.

Je l'ai vécu aussi et je ne veux plus le vivre.
Non clairement pour moi il y a une différence importante entre ne pas nier et ressentir de la compersion. Je n'ai pas besoin que mes metamours m'aiment ni même m'apprécient, ça c'est la cerise sur le gâteau. Je pense même qu'il me serait bien plus facile qu'elles me détestent que d'être niée, ignorée. Car au moins je serais prise en cause et notre partenaire commun.e verrait que je ne fabule pas, que l'autre voudrait que je ne sois pas dans sa vie.

artichaut
En fait dans le cas que tu décris, il y a possiblement 3 personnes qui souffrent.
- la personne mono souffre d'être en relation avec une personne poly (donc se défend en cloisonnant tout)
- la personne poly à l'autre extrémité, souffre de voir son existence niée
- la personne pivot souffre d'être dans une situation inextricable

Clairement c'est la personne pivot qui est responsable de créer ou d'avoir créée une telle configuration (même si elle peut avoir parfois des "circonstances atténuantes").
Mais dire que ta souffrance serait de sa responsabilité me semble aller beaucoup trop loin.

C'est exactement ça et je considère vraiment que toute la responsabilité en revient à la personne pivot, pour moi dans une telle situation, elle doit choisir. C'est ce que j'ai demandé quand cette situation aurait pu se représenter, elle m'a choisie.

artichaut
Le sens de mon post initial c'est entre autre de questionner le (possible) manque d'amour compersif de la personne mono, et les conséquences que ça a sur moi.

J'ai vécu une situation où j'étais niée, pour moi, là, c'est évident, qu'il n'y avait aucune compersion de la part de la personne mono. Cette personne voudrait juste que je n'existe pas, elle m'ignore pour essayer de ne pas perdre la personne pivot.
Dans une autre situation la personne mono a appris tardivement mon existence. Quand elle a su que j'avais aussi appris tardivement la sienne, donc que je n'avais pas été complice consentante de tromperie, que j'avais énormément souffert des mensonges engendrés, elle a ressenti beaucoup d'empathie pour moi. Nous avons beaucoup communiqué, elle a souhaité essayer le poly bien que pas attirée a priori et blessée par la tromperie, mais je pense qu'elle n'a pas réussi à ressentir de la compersion et elle a préféré mettre fin à la relation. Du coup pour moi empathie et compersion ce n'est pas la même chose car je suis sure qu'elle avait beaucoup d'empathie pour moi dans l'absolue, pas dans la relation avec notre amour commun.

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Caoline

le mardi 06 décembre 2022 à 10h31

artichaut
En fait je me rend compte que je manque d'empathie envers des personnes qui manque de compersion.

Moi qui manquent d'empathie et de respect, je ne demande pas la compersion à mes metamours, à mes relations si.

artichaut
Ce que je vais dire là mériterais d'être beaucoup plus explicité, mais en fait je considère que tout le monde est capable de compersion, non pas "capable" car ça renverrais à un truc bien trop injonctif, mais que tout le monde vit déjà de la compersion. Voilà, c'est ça que je ressent.

Car tout le monde —du moins j'espère— vit de la compersion avec ses ami·e·s. Et ça m'exaspère que parce que on est dans le domaine du sexe et de l'aaamour, tout d'un coup, tout ça disparaisse.

Je pense vraiment que pas mal de personnes sont exclusives en amitié et ne se réjouissent pas de ce que leur ami.e peut vivre avec d'autres, au mieux, elles s'en désintéressent. Je ne dis pas que c’est la majorité mais pas si rare.

artichaut
Et oui, c'est peut-être ça : je ne veux plus relationner que avec des gens qui vivent de la compersion, et donc avec les monos ou des personnes qui ne ressentent pas de compersion, et bien je ne veux bien relationner avec elles-eux que dans les domaines où ils/elles en ressentent, à savoir ce qui est convenu d'appeler "amitié".
Bon en même temps ça je le savais déjà.

Je partage ce besoin.

artichaut
Là où ça devient +complexe, c'est pour les metamours. Et c'est peut-être pour ça que la question émerge (à force d'être confronté à ça). Puis-je metamourer avec des personnes qui ne ressentent pas de compersion ? (= un peu de ce que disait @Caoline, en disant que toi, non, tu ne peux pas, en tout cas dans le cas exposé)

Comme expliqué plus haut, non, ça ne va pas jusque là, je n'ai pas besoin que mes metamours se réjouissent de de ce que je vis avec notre partenaire commun.e, mais j'ai besoin que ça ne fasse pas souffrir mes metamours.
Ou peut-être a minima que cette souffrance soit clairement exprimée et acceptée par la personne elle même ? Enfin ça je pourrais le tolérer dans la situation que j'ai évoquée, c'était un projet de reprise de relation, avec une personne mono libertine, qui souffrait déjà avant leur séparation de ma place dans la vie de mon compagnon alors qu'elle était bien moins importante que maintenant. Maisil faudrait qu'elle assume clairement de préférer ça que pas de relation avec lui. Et bien sûr seulement si ça apporte du positif à notre partenaire commun, que je puisse ressentir de la compersion pour lui, si c'est pour que ça lui apporte de la souffrance, non merci.
Pour une nouvelle relation dont on saurait que l'autre est mono et donc rêve de me dégager, là même pas envie d'essayer. Pour une nouvelle relation de mes amours, j'ai vraiment besoin que ma place auprès de la personne pivot soit vraiment ok pour la nouvelle personne.

artichaut
Et bien j'ai le sentiment que ça devient de plus en plus difficile pour moi.

Et je ne considère pas que ce soit la faute ou la responsabilité des autres, mais plutôt de moi-même, de là où j'en suis dans ma vie. Et que j'ai à prendre acte de ça.

Ben oui, dans l'absolu les autres font bien comme ils veulent mais sans relationner avec moi, pour que je n'en subisse pas les conséquences.
Je n'impose pas que ce soit comme ça, mais si ça ne l'est pas, je préfère me retirer je pense. Je pensais aussi que je quitterais quelqu'un qui m'aurait menti donc... en fait j'espère ne pas avoir à vérifier un jour si c’est vraiment le cas ou si en pratique ça serait différent de la théorie.

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Caoline

le mardi 06 décembre 2022 à 10h37

GeorgyPorgy
Si je ne parviens pas à vivre avec l'impermanence de l'autre, en accepter les joies & les peines, est-ce que je l'aime (encore) ou est-ce que j'essaie de faire perdurer une image (fausse) de ce qu'est censée être notre relation telle que je l'ai achetée au magasin de l'amour ?

Très pertinente question, de mon point de vue non. On aime des choses que m'apportent la relation, la personne et on peut choisir de faire perdurer la relation pour ça, si c'est ok pour l'autre, mais on n'aime pas vraiment la personne.

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artichaut

le mardi 06 décembre 2022 à 10h46

Caoline

artichaut
Clairement c'est la personne pivot qui est responsable de créer ou d'avoir créée une telle configuration (même si elle peut avoir parfois des "circonstances atténuantes").
Mais dire que ta souffrance serait de sa responsabilité me semble aller beaucoup trop loin.

C'est exactement ça et je considère vraiment que toute la responsabilité en revient à la personne pivot, pour moi dans une telle situation, elle doit choisir. C'est ce que j'ai demandé quand cette situation aurait pu se représenter, elle m'a choisie.

Je trouve ça intéressant à creuser.
Ok la personne pivot est responsable des faits. On est d'accord sur ça. Et pour moi l'informer des émotions que ça provoque, lui permet de se positionner (ce que t'appelles "choisir" j'imagine) en connaissance de cause. Et possiblement ça mène à la rupture.
Mais pour moi ça ne fait pas que cette personne est responsable de ta souffrance.
Je sais c'est ténu tout ça. Et savoir si on est d'accord toi+moi n'a en soi que peu d'intérêt en l'occurence. Ce qui m'intéresse c'est creuser ce que ça fabrique.
Me sentir responsable de ma souffrance quand je suis au bord, me permet d'avoir prise sur la situation.
Me sentir pas responsable de ta souffrance quand je suis pivot, me permet de faire la distinction entre l'autre et moi.
Je suis responsable d'une chose que j'ai faite et cette chose te fait souffrir. Mais je ne suis pas seul reponsable de ta souffrance.

Caoline
En fait, je ne parle pas de la gestion des émotions mais du fait que les émotions, elles ne se déclenchent quand même pas sans aucune cause. Donc que c'est trop facile de faire des choses qui ne respectent pas les besoins de la personne avec qui on est en relation et de dire c'est tes émotions donc ta responsabilité !

Ben je suis d'accord avec ça, la cause factuelle c'est l'acte, le choix du pivot. Mais une même cause produira des effets différents sur différentes personnes. Et c'est là ou l'autre ne peut pas non plus se déresponsabiliser.
C'est trop trop facile d'avoir des émotions et des besoins et de rejeter la responsabilité sur l'autre.

CaolineDu coup pour moi empathie et compersion ce n'est pas la même chose car je suis sure qu'elle avait beaucoup d'empathie pour moi dans l'absolue, pas dans la relation avec notre amour commun.

Nuance intéressante. On pourrait avoir de l'empathie pour la personne (dans ce qu'elle vit), mais pas pour certains de ses choix (qui par ailleurs nous impliquent)…

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artichaut

le mardi 06 décembre 2022 à 11h03

Caoline
j'ai vraiment besoin que ma place auprès de la personne pivot soit vraiment ok pour la nouvelle personne.

Ben tu vois, ça par exemple, c'est ok que tu ai ce besoin là. Mais le pivot n'en est pas responsable.
Encore faut-il que tu le lui ai clairement dit, que ça ai été compris, que le pivot ai envie de prendre ça en compte, etc.
En fait la question tourne un peu autour de "l'autre doit-il répondre à mes besoins sous prétexte qu'on est en relation ?".
Et la réponse ne peut être tranchée, bien sûr.

Caoline
Je n'impose pas que ce soit comme ça, mais si ça ne l'est pas, je préfère me retirer je pense.

Oui voilà, c'est ça que je veux dire par "je suis responsable de mes émotions". Je n'impose pas, et si ça ne me va pas, je me retire. C'est aussi comme ça que je fonctionne. Je n'impose pas, j'informe. Et si l'autre n'en a que faire et se sent nullement responsable, c'est qu'il ne m'aime pas au point que la relation avec moi soit possible.

En fait dans cette discussion, j'ai l'impression qu'on échoppe sur le nullement. Et c'est là sans doute où joue le filtre genré. Tu as tellement l'habitude que l'autre, si c'est un mec, se sente nullement responsable (au sens de zéro responsable, pas au sens de il est nul !) que pour lui faire comprendre tu lui rejette toute la responsabilité (la tienne te semblant évidente peut-être).
Moi je refuse d'être accusé de tous les tords. Et vu que ça n'est pas une évidence pour moi sociétalement de me sentir responsable, je ne part pas du principe que c'est une évidence pour toi que tu as ta part de responsabilité dans l'affaire. Et donc si tu essayes de me dire que je suis entièrement responsable, ben, je vais t'envoyer chier.
Donc chacun prend sa part. Ce que du reste tu disais à un autre endroit de la discussion. Mais pas plus.

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artichaut

le mardi 06 décembre 2022 à 11h14

Évidemment quand je parle d'actes posés, là dans cette discussion, je parle d'actes (comme entamer une relation avec une personne mono) dont le résultat émotionnel chez l'autre n'a pas d'évidence en soi, ni n'est forcément prévisible. Et qui variera profondément d'une personne à une autre.

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Caoline

le mardi 06 décembre 2022 à 11h15

Il me semble que nous sommes d'accord, ce qui en effet n'a cependant pas d'importance, c'est juste qu'on ne parle pas toujours de la même chose.

artichaut
Caoline : Du coup pour moi empathie et compersion ce n'est pas la même chose car je suis sure qu'elle avait beaucoup d'empathie pour moi dans l'absolue, pas dans la relation avec notre amour commun.

Nuance intéressante. On pourrait avoir de l'empathie pour la personne (dans ce qu'elle vit), mais pas pour certains de ses choix (qui par ailleurs nous impliquent)…

Je me suis mal exprimée, j'aurais du dire mais pas de la compersion par rapport à la relation avec notre amoureux commun. Mais en fait ça n'avait rien à voir avec moi, c'est la souffrance qu'elle ressentait d'avoir perdu l'image qu'elle avait de leur relation, car elle a reconnu que leur relation n'avait pas changée depuis qu'il était en relation avec moi et ça faisait 2 ans 1/2, qui l'empêchait de se réjouir pour nous. Elle supportait qu'il passe très peu de temps avec elle quand il disait avoir besoin de temps seul, mais plus quand elle a su qu'en fait il en passait une partie avec moi, et avant une partie avec une autre, puis une partie avec une autre et une partie avec moi.

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artichaut

le mardi 06 décembre 2022 à 11h22

Caoline
Elle supportait qu'il passe très peu de temps avec elle quand il disait avoir besoin de temps seul, mais plus quand elle a su qu'en fait il en passait une partie avec moi, et avant une partie avec une autre, puis une partie avec une autre et une partie avec moi.

Ah ben le mensonge n'aide pas la compersion, ça c'est sûr…

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artichaut

le mardi 06 décembre 2022 à 11h39

J'ai envie d'ajouter un truc sur mon besoin de savoir que de la compersion est ressentie par mes relations et mes metamours.

En fait il me semble que j'ai besoin d'être compris émotionnellement, et pas juste intelectuellement.

Par exemple si une personne me dit (comme ça arrive souvent à propos des relations non-exclusives) : « intellectuellement je suis d'accord avec toi, mais émotionnellement je ne peux pas, c'est dans mes tripes ».
Et bien ça ne me mets pas du tout en "confiance". Je me dis qu'on va forcément se faire du mal ensemble. Et mieux vaut ne pas relationner ensemble (en tout cas pas sur ces terrains-là).

J'ai besoin de sentir qu'émotionellement (compersion) et pas juste intelectuellement (théorie et injonctions) l'autre est d'accord avec ce qui se vit.
J'ai besoin de sentir que l'autre a envie (par exemple que j'ai d'autres relations) et pas juste que l'autre accepte (et se résigne).


De même que la souffrance n'est pas un mode relationnel, de même la jalousie n'est pas un mode relationnel.
Si jalousie il y a (sans compersion), il faut que à court terme quelque chose change.

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