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lau93

le jeudi 28 avril 2022 à 01h03

Bonsoir à tous,
Depuis quelque temps je viens sur le forum, je lis et je fuis. La souffrance de ceux qui viennent parler de leur expérience renforce mon désir de fuir. A croire que tous ces mois ne m’ont rien a appris en définitive. Je sens que je suis devant une paroi de verre qui refus se de céder, que je ne sais pas comment détruire ou contourner. Et je sens les peurs qui reviennent s’installer, triomphantes, avec leurs yeux de « on t’l’avais bien dit pauvre cruche ». Je patine dans la semoule, je m’englue et ai l’impression de me débattre sans fin.
L’avenir était pourtant tout tracé, j’avais accepté sans réticence, en conscience bien qu’avec une certaine anxiété, que mon amoureux reprenne sa relation avec cette fille si sympa et si mignonne… et que je côtois chaque jour…
J’allais me servir de mes compétences toute neuves de poly-acceptante, ayant dépassé le stade des poly catapultés comme dit JackHaddy, et devenir une Co partenaire sans peur et sans reproche et me réjouir du bonheur de mon amoureux et de sa nouvelle relation. Et poursuivre la relation amicale précédemment engagée avec elle.
Mais le réel et son intrusion, pas seulement le fantasme de la jolie histoire racontée, mais la concret le partage d’agenda, leur rencontres régulières, les lieux partagés, leurs échanges de messages, bref leur histoire qui s’installe dans la mienne /la nôtre, pour de vrai, et la sensation que ce qui me faisais sentir spéciale est grignoté peu à peu ; et là ma limite me revient en boomerang ; inapte à faire la mutation, inapte à devenir celle que je voulais devenir. Bref plus qu’à tout recommencer.
Pourtant je ne mentirai pas, des points restent positif : les échanges que j’ai avec mes amis poly actifs ou poly hésitants, leurs conseils, leur reformulations leur écoute, je ne suis pas tout à fait seule avec les dragons et je les en remercie mille fois.
Pour rester positive j’en viens à ce que je voulais aussi partager avec vous : ma recherche d’un nouveau vocabulaire pour désigne les actions poly
J’ai, grâce à une belle rencontre dans un café de la Nation, réfléchi au fait que tout devait s’inventer et s’improviser dans les relations poly puisqu’il n’y a de référentiel socioculturel que les concepts monos.
J’ai le sentiment tenace que si j’avais accès à des représentations mentales de ce qui se passe, qui ne soient pas filtrées par la vision mono, je serai plus en mesure de comprendre et d’accepter les situations où les émotions me dépassent.
Un exemple concret, factuellement une scène où une fille voit son chéri s’éloigner, elle sait qu’il va rejoindre son autre amour. IL lui dit qu’il ne cesse pas de l’aimer. Elle se retrouve seule dans son lit et ils sont deux dans le leur. Si la scène est traduite et commentée dans le langage mono il n’y a que « il la quitte » «  il la trompe » « il la manipule » « il profite d’elle(s) » « c’est une victime » etc.
Quel vocabulaire pour dire « rejoindre son autre relation tout en restant amoureux.euse de la première » ? Des mots pour décrire cette même scène et que les gens se représentent « son amour s’expend » « leur amour inclue une nouvelle personne » « Elle vit tranquillement ses moments seule en sachant que leur amour est toujours présent » « Ils l’incluent dans leurs sentiments positifs quand elle n’est pas là » . On a pensé mon chéri et moi au verbe « consteller avec » dérivé de constellation qui voudrait exprimer l’action d’aller rejoindre un autre membre de son « polycule » sans pour autant oublier /désaimer le.s autre.s
Ex : « ce soir je constelle avec bidule »= « ce soir je dinerai en tête à tête avec bidule et je continuerai de t’aimer pareil ».
Quelqu’un a t-il déjà pensé à cela ? un peu comme ont été développées la hiérarchie ou l’anarchie relationnelle qui ne peut exister que dans le système poly ? Je suis curieuse de vos trouvailles.
Bonne nuit,
Lau.

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artichaut

le jeudi 28 avril 2022 à 15h34

« ce soir je vais passer du temps avec l'une des personnes que j'aime »

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lau93

le jeudi 28 avril 2022 à 18h51

Merci @Artichaud mais un mono adultère peut dire la même chose, non? Alors que ce que j'aimerais c'est faire apparaitre la notion de permanence des relations quelques soient les interactions avec les unes ou les autres relations. le côté " à la fois " de l'amour poly. Car je crois comprendre qu'il n'y a pas extinction des sentiments voire qu'il peut y avoir synergie des sentiments éprouvés pour les un.e.s et les autres. Ce qui ne semble pas envisageable dans le modèle exclusif?

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artichaut

le jeudi 28 avril 2022 à 22h52

un mono adultère peut dire la même chose, mais ne le dit pas

là, réside la différence, il me semble

lau93
Quel vocabulaire pour dire «  rejoindre son autre relation tout en restant amoureux.euse de la première » ?

je me pose la question, pourquoi « rejoindre… tout en restant » ?
il rejoint ou il reste ?
n'aime t-il pas tout le temps ?
pourquoi se focaliser sur le moment où il part ?

peux t-on aimer 2 personnes à la fois ?
peut-on se dédoubler ?
peut-on aimer à l'instant t, réellement les deux à la fois, sans être avec les deux ?
ou cesse t-on temporairement d'aimer ?
est-ce là, les questions que tu te pose ?

est-ce difficile de penser l'intermittence ?
je t'aimes quand je suis avec toi, je pars et je reviendrais
parfois je t'oublies (donc je ne t'aimes plus)
faut-il nécessairement que le lien soit toujours immuablement soudé ?
sans quoi, l'on se sent en insécurité ?
a-t-on besoin de preuves ?
les mots à inventer servent-ils à ça ?

j'ai tendance à penser qu'il y a plusieurs sortes d'amours
un amour inaliénable, inconditionnel : quand j'ai aimé une fois, je ne peux pas dés-aimer
et un amour ponctuel (les micro-moments d'amour)
et il me semble que comme la lumière en physique quantique, qui est à la fois onde et particule, l'amour peut-être à la fois inconditionnel et ponctuel, et que l'apparente contradiction n'a pas nécessairement besoin d'être résolue

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Syringa

le vendredi 29 avril 2022 à 20h05

Waouh, ça vole haut, ici!
J'adore vous lire.
Pour l'instant, pas beaucoup d'eau à apporter à votre moulin mais j'y songerai.

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lau93

le vendredi 29 avril 2022 à 21h27

Bonsoir @artichaut je crois entendre derrière cette liste de question" mais pourquoi donc enfermer dans des mots et des concepts ce qui se vit". Ou pas.
Sans doute comme le dit une de mes amies devrais je plus écouter mon âme que mon esprit cartésien qui a besoin de cadre pour comprendre, dessiner ,contempler.
Un autre ami me dit que le public de ma question est plutôt celui des apprentis poly que celui des pratiquants qui eux vivent sans forcément avoir besoin de mettre des mots sur ce qu'ils vivent.
Je me dis que les humains ont besoins de représentations mentales pour se représenter leur monde, leur réalité de la réalité; et d'autre part je me souviens d'un chercheur expliquant que si on n'a pas les mots pour désigner on a du mal a comprendre, a se comprendre à se faire comprendre. Or tout les vocabulaire de l'amour, des relations amoureuses est défini par le modèle monogame. Je me dis donc que si les polyA mettent en mot ce qui se vit dans leur modèle ça permettrait de mieux comprendre. Un peu comme Françoise Simpere qui a décidé de parler de lutinage , de lutin et de lutine parce que c'était plus précis pour elle pour décrire le modèle de relation des amours plurielles. Comme le terme polysecure, qui ne peut s'appliquer que pour des relations plurielles. COmme le terme relationner que j'ai découvert chez les poly et que je n'avais jamais entendu chez les mono
Je reste en quête de mon coté :-)
ça me donne des envie de recherche qualitative pour aller m'entretenir avec des poly pour savoir comment ils nomment et désignent ce qu'ils vivent
Mon coté un peu trop intello sans doute
bonne soirée à tous!
Lau

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artichaut

le samedi 30 avril 2022 à 00h47

lau93
Bonsoir @artichaut je crois entendre derrière cette liste de question" mais pourquoi donc enfermer dans des mots et des concepts ce qui se vit". Ou pas.

Alors peut-être, …mais tu parles quand même avec une des personnes (moi-même) qui a le + participé à alimenter ce forum sur des questions de vocabulaire, de mots et de concepts (!)…

Donc y'a peut-être un peu de ça dans mes questions (j'ai peut-être moins besoin que toi, aujourd'hui, de ces mots que tu cherche), mais pas que.
Ce que j'essayais de nommer, c'est la proposition d'élargir notre vision des choses, d'être moins centré sur le "poly", mais + sur des notions d'amour, qui peuvent fonctionner y compris en monogamie, pour autant que l'on ne parle pas du prince charmant.

« ce soir je vais passer du temps avec l'un de mes enfants »
ou
« ce soir je vais passer du temps avec l'un·e de mes ami·e·s »
Personne n'imagine que l'on cesse d'aimer nos autres enfants ou nos autres ami·e·s.

J'ai l'impression que les poly ont parfois le sentiment d'avoir inventé l'eau chaude, alors qu'ils n'ont fait que supprimer le prince charmant.

Si l'on dessine un genre d'arbre relationnel contenant toutes les sortes de relations possibles et imaginables…
- la monogamie à prit une branche et l'a tellement développée, boostée au hormones, laissée pourrir et reboostée aux engrais et pesticides qu'elle a finit par prendre une dimension démesurée et qu'on ne voit plus que ça dans la forêt, à tel point qu'on pense que c'est ça la forêt, alors que ça n'est qu'une seule branche, d'un seul arbre
- le polyamour quant à lui tente de créer des ramifications à cette branche, tente parfois de dédoubler ou multiplier cette branche, ou parfois tente de revenir à la base de cette branche pour en créer de nouvelles

Mais en réalité, même en société monogame il y a plein d'autres branches qui existent déjà (certes nettement plus petites et moins considéré que l'espèce de furoncle romantico-passionnel qui prend toute la place) : celle des ami·es, celle des enfants, celle des relations professionnelles, les relations de vacances, celles épistolaires, etc

J'ai le sentiment que si l'on coupe le furoncle, ou qu'on le ramène à une dimension raisonnable, l'arbre des relations peut être assez beau, avec plein de possibles.
Et si l'on rajoute un peu de sel (sentiments) et de poivre (sexe/sensualité/tendresse) sur les branches de cet arbre là, on a déjà presque tout ce qu'il nous faut.

Ce que je veux dire, c'est qu'au lieu de chercher à défricher de nouveaux territoires et inventer des mots et concepts nouveaux, on peut tout aussi bien utiliser ce qui existe déjà, mais qu'on a oublié ou minorisé.
Si tu remplace "Lutin" ou "relation" par "ami" ou "copain", ça fonctionne tout pareil, en milieu mono, comme en milieu poly. Juste tu fais partie des gens pour qui il peut y avoir du sexe et de l'amour avec et entre tes "amis" ou tes "copains". C'est tout. Pas de quoi en faire un fromage.

J'ai l'impression que des fois on complique inutilement les choses.

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Mark

le samedi 30 avril 2022 à 08h56

@artichaut

Découvrir le polyA signifie souvent se retrouver en terre inconnue relationnelle, avec un besoin d'identifier, nommer, s'approprier et trouver de nouveaux repères.
À partir de là, j'ai ressenti comme normal de vouloir décrire au plus juste les ressentis et situations nouvelles pour moi.
Il est vrai aussi qu'avec le temps et l'expérience du vécu, je ressens moins le besoin de nommer et j'accueille de manière plus apaisé ce qui est.
Je dirais que c'était pour moi des étapes utiles dans la découverte et la pratique avec en parallèle, la déconstruction en conscience de, par exemple, l'usage des pronoms possessifs.

Trouver ses propres mots aide à mieux s'identifier, mais peut aussi renforcer la complicité des liens.
Je prends pour exemple les petits noms doux que l'on peut inventer et se donner.

Je le vois plus comme un outil qu'une complication inutile des choses ;- )

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Caoline

le samedi 30 avril 2022 à 09h48

Bonjour

Contente de te lire Lau, je ne prends pas le temps de t'écrire mais je pense régulièrement à toi et quand tu ne participes plus ça m'inquiète. En plus c’est tellement intéressant quand tu lances des sujets :-)

Alors là tout de suite je me sens totalement en accord avec ce qu'écrit artichaut, et pourtant moi aussi j'adore les mots, les concepts et je passe souvent par des phases où je crée des mots, des cases... Comme par exemple il y a 2 mois quand j'ai écrit ce texte là /discussion/-cAE-/Mes-amours-avec-un-grand-S/ je ressentais des choses différentes et donc je croyais devoir créer des cases différentes avec leur noms. Eh bien 2 mois plus tard, j'ai réalisé qu'en fait mes cases c’est n'importe quoi car une relation peut changer de case d'un jour à l'autre et rechanger encore le lendemain, qu'en fait chaque instant est différent même si il y a un fond continu et commun, j'aime plusieurs personnes, et finalement un assez grand nombre puisque j'ai des ami.e.s que j'aime vraiment profondément et derrière ce mot il y a des tas de ressentis et de partages différents suivant la personne et suivant l'instant.
Hier soir j'ai osé, dans une discussion à 4, j'ai écrit à mon deuxième Amour et 2 amis intimes (mot que j'utilise car on partage parfois de l'intimité et ça aussi c'est un mot dont le sens est très variable) que je les aime tous les 3 même si c’est un peu étrange d'utiliser le même mot pour des ressentis tellement différents pour chacun.e. Mais en fait pour être plus précise que ça il me faudrait des centaines de mots pour décrire et le temps que j'ai fini de les écrire ça serait peut-être déjà plus exact. Et puis depuis mon texte j'ai une nouvelle relation qui ne rentre vraiment dans aucune de cases précédemment décrite, donc en fait ça serait sans fin.

Autre chose, je lis de l'inquiétude que tu peux avoir que ton amoureux partage les mêmes choses avec son autre relation qu'avec toi. Eh bien je vais donner un exemple précis, je viens de faire l'amour (quel expression aux sens éminemment variable elle aussi) avec mon Amour historique, dans un lit, dans des positions, avec un déroulement que je vis aussi régulièrement avec mon deuxième amour. Eh bien mes ressentis ne sont pas les mêmes, mes pensées non plus, et d'une fois sur l'autre avec la même personne c'est différent et il n'y a pas de hiérarchie ! Parfois ça va être plus physique avec l'un plus émotionnel avec l'autre mais une autre fois ça sera le contraire. Parfois je ne pense qu'à l'instant présent et à la personne avec laquelle je suis, mais ça ne dure que quelques minutes, parfois je pense à l'autre aussi ou à quelqu'un.e d'autre. Mais jamais je ne me dis que je n'aime plus ou moins une de mes autres relations parce que ce que je suis entrain de vivre est trop génial, quand je pense à quelqu'un d'autre c'est en ressentant beaucoup d'amour, avec l'envie que cette personne soit là aussi ou en anticipant le plaisir de la retrouver, parfois de lui partager ce que je suis en train de vivre de chouette...

Voilà je ne répond pas à la question mais j'espère que je donne quelques éléments qui peuvent aider quand même.
La phrase d'artichaut qui me parle le plus c'est ça :


« ce soir je vais passer du temps avec l'un de mes enfants »
ou
« ce soir je vais passer du temps avec l'un·e de mes ami·e·s »
Personne n'imagine que l'on cesse d'aimer nos autres enfants ou nos autres ami·e·s.

mais on ne se dit aps non plus qu'on aime plus ses enfants si on passe du temps avec un.e ami.e, un.e amour ou inversement.

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lau93

le samedi 30 avril 2022 à 16h17

Merci à vous trois pour ces réponses!

artichaut
Alors peut-être, …mais tu parles quand même avec une des personnes (moi-même) qui a le + participé à alimenter ce forum sur des questions de vocabulaire, de mots et de concepts (!)…

Oups! j'espère ne pas avoir fait d'impair , je ne connais pas toute la biographie du forum ^^ :-)
J'ai toutefois gardé précieusement tes propositions concernant le changement de la polyamorie pour la métamorie et elles m'avaient bien aidées pour me positionner vis a vis de mon "ex metamour"!
J'aime beaucoup ta métaphore de l'arbre , je me rends compte qu'en effet sous l'hypertrophie de la monogamie se cache des manières diverses d'entrer en relation. Je bloque toujours, malgré ce que m'explique mon amoureux qui rejoins bien ce que @Caoline et toi dites à propos du parallele avec les relation amicales ou filiales. C'est une question récurrente entre nous pourquoi ce n'est pas pareil quand c'est Elle qu'il rejoint et pas un rv avec son frère, sa mère, une copine ou un collègue? Est ce la présence en filigrane de la sexualité qui vient interférer? Est ce une qualité relationnelle qui n'existe pas vraiment de manière identique avec un.e ami.e et un.e amoureu.x.se? Mon chéri me parle de curseur qui se positionne plus ou moins vers la proximité physique. Moi je me dis qu'il y a aussi des messages +/- subliminaux permanents autours de nous qui disent que c'est différent et que ça ne se partage pas,quand c'est avec un.e amoureu.x.se, pas quand c'est un.e ami.e. ( je pense à ça car deezer me passe en ce moment même une play liste française: toutes des chansons d'amour mono qui disent la honte d'aimer ailleurs/trahir et l'importance de tout donner à "son" amour, la fin du monde si on est quitté, etc) C'est là que je me dit que le langage dominant efface ou cache celui qui pourrait exprimer une autre réalité.
Et je remercie là la reformulation de@Mark "Découvrir le polyA signifie souvent se retrouver en terre inconnue relationnelle, avec un besoin d'identifier, nommer, s'approprier et trouver de nouveaux repères. "
@Caoline merci beaucoup d'avoir répondu aussi et de partager avec moi ton vécu, tu as bien entendu mon inquiétude. Tu racontes, comme mon amoureux, l'harmonie différente et incomparable, qui ne retire rien à personne. Je finis par me dire comme certains me l'ont dit plusieurs fois que pour vraiment comprendre tout cela il faudrait que j'arrive à passer de l'autre coté de la paroi vitrée pour ressentir par moi même ce qui semble si facile une fois qu'on l'a compris ( n'est ce pas @JackHaddy 😉 !)
Il me reste de gros freins , sans doute la peur de mes neurones à l'idée de devoir reconfigurer de nombreuses représentations bien ancrées, et aussi la peur de me tromper et de me rendre compte que n'ayant pas la fameuse polymutation, que j’arrête d’aimer mon chéri en tombant amoureuse d’un autre parce que mon cœur ne sait pas faire ☹
Je ne désespère pas pour autant et reprend mon bâton de pèlerine au pays poly...
Merci pour votre bout de chemin à mes côtés!
Bonne journée
Lau

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Caoline

le samedi 30 avril 2022 à 16h49

lau93
Je finis par me dire comme certains me l'ont dit plusieurs fois que pour vraiment comprendre tout cela il faudrait que j'arrive à passer de l'autre coté de la paroi vitrée pour ressentir par moi même ce qui semble si facile une fois qu'on l'a compris ( n'est ce pas @JackHaddy 😉 !)

Oui, c’est ce que je me disais aussi.
Et si vraiment en essayant tu te trouvais mieux avec quelqu'un d'autre et que tu n'aimes plus autant ou plus ton amoureux actuel, peut-être que ça serait mieux que de continuer à souffrir de cette situation. Et même si il serait probablement triste de te perdre, si il t'aime vraiment il serait probablement aussi heureux de te savoir dans une relation qui te corresponde mieux... N'as tu pas d'ailleurs cette peur pour lui parce que tu l'as pour toi ?

Je n'adhère pas à l'idée qu'il y aurait des gens avec une polymutation qui leurs permette d'aimer plusieurs personnes et de vivre plusieurs relations. Pour moi c’est ça qui est naturel, qui est la base, il n'y a qu'à regarder le nombre d'enfants qui ont plusieurs amoureux avant d'être formaté par des normes qui n'ont comme origine que des histoires de propriété, de pouvoir...

Plein de courage à toi.

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lau93

le samedi 30 avril 2022 à 17h21

caoline
N'as tu pas d'ailleurs cette peur pour lui parce que tu l'as pour toi ?

hummm tres interessant cette piste! je vais réfléchir! Merci Caoline

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artichaut

le dimanche 01 mai 2022 à 00h16

lau93
Oups! j'espère ne pas avoir fait d'impair , je ne connais pas toute la biographie du forum ^^ :-)

Ah, non t'inquiètes.
Ça m'a fait marrer que tu me dises ça.

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Balthazar04 (invité)

le samedi 07 mai 2022 à 18h49

Bonsoir Lau93

je me risque, sur la pointe des pieds, à quelques commentaires.

Qu'est-ce qui existe en premier ? les mots ou les idées ? les mots ou la réalité vécue ?

Inventer un mot, nommer, c'est effectivement faire vivre, mettre au monde : une idée, un être vivant, un sentiment.... qui existent déjà mais à l'état informulé. Nous sommes plus dans la révélation que dans la création.

Le mot est indispensable pour partager avec l'autre mais il risque toujours d'être compris différemment suivant la personnalité et les attentes de chacun.

Dans l'immédiat, sans renoncer à une démarche d'ouverture sur d'autres mots reflétant des réalités moins conventionnelles que celles du couple, ne serait-il pas intéressant d'être aussi attentif à ce que dit le corps ? Il paraît que le corps ne ment jamais. L'angoisse se niche dans les tripes ; l'amour et le désir se lisent dans les yeux ; la peur fait perdre la tête ; les sexes vivent leurs vies sans que l'on puisse les contrôler. Bref, le corps a ses lois, est impérieux et il dit souvent plus clairement que les pauvres mots que nous tentons de formuler.

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lau93

le dimanche 08 mai 2022 à 16h01

merci @Balthazard04!
Je suis assez d'accord avec l'idée du mot qui vient révéler de l'informulé , et certes chacun mettant toutes ses représentations mentales derrière les mots on peut ne pas se comprendre avec les même mots au sens de locutions ( la première fois qu'une copine québéquoise m'a dit qu'une pièce de théâtre que "c'tait écœurant c'qu'elle était débile" je me suis dit que ça devait être une grosse daube jusqu'à ce que j'ai compris que c'était comme si moi j’avais dit que c'était une expérience incroyable et démente.
Je suis intéressée aussi pour ton idée du langage du corps , mais là encore si tu veux communiquer sur ce que tu ressens dans ton corps et que tu n'as pas les mots c'est compliqué. Un jour un jeune patient ado me disait "j'ai mal au ventre" quand j'essayais de l'aider à caractériser cette douleur pour avoir plus d'élément clinique en lui demandant de me décrire cette douleur il me répondait "ben je sais pas, j'ai mal au ventre". Ou un jour une dame me disant "c'est pas vraiment une douleur c'est juste que j'ai mal"
De plus il n'est pas toujours aisé de traduire dans notre propre sémantique le langage corporel de l'autre, qu'on peut projeter des attentes " il m'a regardé comme ci comme ça je l’intéresse" et en fait non il m'a regardé , point :-))
Je continue à réfléchir.
BOn dimanche à tous
lau

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Fredbo4

le dimanche 08 mai 2022 à 22h21

Bonjour Lau93
plutôt que de nouveaux mots, je te propose une autre définition de l'amour selon la CNV: "c'est une action, un élan de contribuer à nourrir les besoins de l'autre, tout autant que ceux que nous ressentons pour l'autre, contribue à nourrir nos besoins."
Qu'en penses-tu?
Belle soirée
Fred

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bonheur

le mardi 10 mai 2022 à 09h03

Fredbo4
plutôt que de nouveaux mots, je te propose une autre définition de l'amour selon la CNV: "c'est une action, un élan de contribuer à nourrir les besoins de l'autre, tout autant que ceux que nous ressentons pour l'autre, contribue à nourrir nos besoins."

Bonjour @Fredbo4,

Te serait-il possible de citer ta source de documentation, stp. Il existe un "dictionnaire CNV" ? Merci :-)

Message modifié par son auteur il y a 9 mois.

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lau93

le mardi 10 mai 2022 à 23h12

Bonsoir @Fredbo4
J'avoue que j'ai un peu de mal a saisir la formulation même si j'ai le sentiment se saisir le sens: un élan de la part de X vers Y pour contribuer a nourrir les besoins de Y et que les sentiments ressentis par X vis a vis d'Y lui permettent ( à X) de nourrir ses propres besoins? Et du coup ça marche quelque soit ce que ressent Y vis a vis de X?
ça ressemble aux représentation de l'amour inconditionnel ou universel des courant new-age? Comme si le fait d'aimer Y se suffisait à lui même ?
ça me plait comme utopie mais j'ai l'impression que ça ne prend pas en compte toute les parties très humaines et reliées aux différentes blessures et peurs diverses qui elles ont plutôt envie de dire "aimez moi" que " je t'aime"
LA fameuse question cachée qu'évoque JJGoldman:
"Il y a mourir dans "je t'aime" Il y a "je ne vois plus que toi" Mourir au monde, à ses poèmes Ne plus lire que ses rimes à soi Un malhonnête stratagème Ces trois mots là n'affirment pas Il y a une question dans "je t'aime" Qui demande "et m'aimes-tu, toi?"
On peut aspirer à devenir pur amour et se rendre compte comme dit isaa padovani qu'on est pas des girafes.Et qu'on doit faire avec nos faiblesses humaines.
J'avoue ce soir je me sens très faiblesse humaine plutôt que pur amour :-(
bonne nuit

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Fredbo4

le mercredi 11 mai 2022 à 18h22

Bonjour Bonheur
"Te serait-il possible de citer ta source de documentation, stp. Il existe un "dictionnaire CNV"?"
J'ai trouvé cette définition dans une vidéo d'Issa Padovani. A ma connaissance il n'y a pas de dictionnaire CNV. Juste un mémento.

Bonjour Lau
Pour t'éclairer, voilà ce qu'en dit Marshall Rosenberg ("le père" de la CNV):
"Je dirais donc qu’aimer, c’est révéler ce qui se passe dans votre cœur, sans critique de l’autre et sans exigence, juste révéler ouvertement ce que vous ressentez et de quoi vous avez besoin. Ceci, pour moi, est un acte d’amour. C’est un acte d’amour parce que cela donne à l’autre personne une occasion de contribuer à votre bien- être."
Je lui donne une occasion — ce n’est pas une exigence, c’est une occasion — d’exercer la générosité humaine. C’est pour cela que je dis qu’une forme d’amour, c’est de révéler ouvertement ce qui se passe en votre cœur.

Par contre, la définition la plus courante de l’amour, c’est que si vous aimez quelqu’un, vous ignorez vos propres besoins et vous faites pour l’autre. Et cela suscite d’énormes souffrances dans les relations proches parce que cela signifie que l’amour est sacrifice, se sacrifier pour l’autre personne. Et cela oblige l’autre à faire la même chose pour vous et en peu de temps vous constatez que la personne qui vous est la plus proche est devenue pour vous un énorme boulet. Simplement parce qu’on porte en soi cette définition de l’amour. La définition de l’amour que je propose me semble avoir l’avantage de
révéler ce qui se passe entre les gens, sans exigence ni critique. Ainsi chacun a accès à l’autre : accès total, ouverture totale, mais pas d’exigence, pas de critique et jamais vous n’avez à faire ce que l’autre demande pour prouver votre amour. Tout ce que vous avez à faire, c’est comprendre la demande avec exactitude. Ne pas juger. Et répondre honnêtement.

Que faire quand on a affaire à quelqu’un dont la définition de l’amour est : « que vous-même ou les autres compreniez et fassiez ce qu’il veut avant que lui-même sache ce qu’il veut ». Que faire avec de telles personnes ?
"En premier lieu, bien sûr, j’essaierais de leur donner de l’empathie. Si vous souhaitez qu’elles changent leur définition, ou si vous voulez leur montrer comment elle est à votre avis destructive, notre méthode indique que les gens apprendront bien plus facilement quelque chose de neuf que vous leur proposez si vous leur donnez d’abord une totale empathie pour ce qu’ils croient présentement. Donc pour commencer, je pourrais dire ceci : « Il me semble que tu as beaucoup de peine et que tu aurais aimé que je sois plus sensible à ce dont tu avais besoin ». Et l’autre dirait : « Oui. Je ne devrais pas avoir bien soin de te le dire. Si on aime, on comprend ces choses ». Là, voyant
qu’il y a encore de la souffrance, je maintiendrais mon empathie. Je dirais : « Donc, tu es très peiné quand tu vois que je ne fais pas ceci et tu aimerais vraiment que je puisse deviner que tu en as besoin ». Jusqu’à ce que cette personne ressente que vraiment, oui, je comprends que c’est ainsi qu’elle
définit l’amour...

Ensuite, je pourrais dire : « J’ai très peur de ta définition de l’amour. Je ne vois pas où elle me laisse la liberté de te démontrer que je t’aime tout en ayant des besoins différents des tiens. Et ce qui me fait peur aussi, c’est qu’elle semble requérir de moi une perception intuitive, un sens que je ne suis pas sûr d’avoir
toujours. Je ne pense pas que quiconque en soit capable. Est-ce que tu veux bien me redire ce que tu viens d’entendre ? J’aimerais m’assurer que je t’ai exprimé clairement la douleur que je ressens quand j’entends ta définition de l’amour ». Et j’espère que cette personne pourrait me donner de l’empathie et comprendre pourquoi j’ai peur de sa définition.

Le pas suivant, après lui avoir montré pourquoi j’ai peur de sa proposition, ce serait de lui offrir une autre définition de l’amour, proposer de définir l’amour comme empathie et honnêteté et non comme le fait de deviner ce dont les autres ont besoin pour ensuite ignorer vos propres besoins et agir pour
les autres."

J'espère que j'ai répondu à tes questions.
Belle fin de journée
Fred

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bonheur

le mercredi 11 mai 2022 à 19h12

Fredbo4
Pour t'éclairer, voilà ce qu'en dit Marshall Rosenberg ("le père" de la CNV):
"Je dirais donc qu’aimer, c’est révéler ce qui se passe dans votre cœur, sans critique de l’autre et sans exigence, juste révéler ouvertement ce que vous ressentez et de quoi vous avez besoin. Ceci, pour moi, est un acte d’amour. C’est un acte d’amour parce que cela donne à l’autre personne une occasion de contribuer à votre bien- être."

Pour moi, oui, cette définition de Marshall B. Rosenberg me semble très CNV. J'apprécie cet auteur tout comme Thomas d'Ansembourg.

C'est moins axé sur la notion de besoins et plus sur l'amour. Ce qui m'inquiète, c'est ce parallèle entre l'émotion, le sentiment et le besoin. Cela m'est personnel, c'est certain. Amour et besoin pour moi, peuvent se chevaucher, sauf qu'à mes yeux, aimer est intérieur et au final, le besoin serait contre productif. C'est certainement pour cela que je n'aime pas associer ces deux mots. C'est sans doute que le mot "besoin" me dérange, du fait qu'il rend dépendant. Et si on se satisfait de soi-même, on ne ressent pas de besoin.

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