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Forum textes courts et poésies

Culture
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jissi

le jeudi 29 octobre 2015 à 15h44

Bonjour,

Je propose une autre manière d'échanger (ça a sans doute été déjà tenté surement)
En publiant de petits textes, poésies, textes slams etc. En français ou dans d'autres langues ... De votre écriture ou d'autres auteurs. Pourquoi ne pas partager les textes qui nous tiennent à cœur et échanger éventuellement sur ce que cela déclenche en nous ?

Pour commencer, voici un poème du jour en espagnol (langue que j'affectionne ) ...

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Dime

Dime que no me conformaras nunca
ni me daras la felicidad de la resignacion,
sino la felicidad que duele de los elegidos,
los que pueden abarcar el mar y el cielo con sus ojos
y llevar el Universo dentro de sus cuerpos

Y no te vestiré con lodo y te daré a comer tierra
para que conozcas el sabor de vientre del mundo

Escribiré sobre tu cuerpo la letra de mis poemas
para que sientas en ti el dolor del alumbramiento

Te vendras conmigo : Haremos un rito del amor
y una explosion de cada uno de nuestros actos

No habran paredes que nos acorralen,
ni techo sobre nuestras cabezas

Olvidaremos la palabra
y tendremos nuestra propria manera de entendernos
ni los dias, ni las horas podran atraparnos
porque estaremos escondidos del tiemplo en la niebla.

Gioconda Belli
(Sortilegio contra el frio)

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jissi

le jeudi 29 octobre 2015 à 15h47

Bon c'est pas mal pour un forum axé écriture, je viens de faire une faute dans le titre ... Comment peut on corriger ? Je n'ai pas trouvé l'adresse de l'administrateur non plus ... Merci pour la réponse :-)

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LuLutine

le jeudi 29 octobre 2015 à 18h31

Bonsoir,

J'ai modifié le titre mais je me demande si ton texte (ce serait bien d'ailleurs d'en avoir une traduction - au moins résumée - on est sur un forum de langue française) est en rapport avec le polyamour ?

Et si oui, c'est peut-être un doublon avec ce fil :
/discussion/-bu-/Chansons-poemes-divers-poly/

A part ça, pour joindre les modérateurs, tu écris à [e-mail, cliquer pour voir l'adresse]

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jissi

le vendredi 30 octobre 2015 à 09h10

Merci à toi Lulutine, ok je vais essayer de faire un résumé. Ce poème parle d'amour et du respect de de la liberté de l'autre, d'un type de relation que je trouve proche de l'"esprit" du polyamour à mon sens, c'est pourquoi je l'ai publié ... Puis qd on parle polyamour, c'est aussi de l'amour ;-)
J'ai vu aussi l'autre discussion ... Ici je propose des échanges de textes poétiques ... L'autre me semble être parti sur autre chose ...

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jissi

le vendredi 30 octobre 2015 à 09h13

Quoique ... Bon comme vous voulez, on peut supprimer ce forum si vous préférez ...

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(compte clôturé)

le vendredi 30 octobre 2015 à 11h07

Un espace spécifiquement dédié à la poésie et la prose poétique me plairait bien mais bon...

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 30 octobre 2015 à 11h09

Christian Bobin
La plus-que-vive
Tu m'as fait connaître, pourquoi le taire, le grand délire de la jalousie. Rien ne ressemble plus à l'amour et rien ne lui est plus contraire, violemment contraire. Le jaloux croit témoigner, par ses larmes et ses cris, de la grandeur de son amour. Il ne fait qu'exprimer cette croyance archaïque que chacun a pour soi-même. Dans la jalousie il n'y a pas trois personnes, il n'y en a même pas deux, il n'y en a soudain plus qu'une en proie au bourdonnement de sa folie : je t'aime donc tu me dois tout. Je t'aime donc je suis dépendant de toi, donc tu es liée par cette dépendance, tu es dépendante de ma dépendance et tu dois me combler en tout et puisque tu ne me combles pas en tout, c'est que tu ne me combles en rien, et je t'en veux pour tout et pour rien, parce que je suis dépendant de toi et parce que je voudrais ne plus l'être, et parce que je voudrais que tu répondes à cette dépendance, etc. Le discours de la jalousie est intarissable. Il se nourrit de lui-même et n'appelle aucune réponse, d'ailleurs il n'en supporte aucune - toupie, spirale, enfer. J'ai connu ce sentiment quinze jours, mais une heure aurait suffi amplement pour le connaître tout. Au quinzième jour, l'enfer était passé, définitivement. (...) Et puis j'ai vu que tu n'écoutais pas ce genre de choses et j'ai compris que tu avais raison, profondément raison de n'en rien entendre : le discours de la plainte est inaudible. Aucune trace d'amour là-dedans. Juste un bruit, un ressassement furieux : moi, moi, moi. Et encore moi. Au bout de quinze jours un voile s'est déchiré en une seconde. Je pourrais presque parler de révélation. D'ailleurs c'en est une. Tout d'un coup ça m'était égal que tu épouses le monde entier. Ce jour là j'ai perdu une chose et j'en ai gagné une autre. Je sais très bien ce que j'ai perdu. ce que j'ai gagné, je ne sais comment le nommer. Je sais seulement que c'est inépuisable.

la compersion?

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jissi

le vendredi 30 octobre 2015 à 20h52

Superbe texte Baghera, je l'ai lu une fois, je crois que j'y reviendrai ! Merci ... Tu as pu comprendre un peu le poeme de Gioconda Belli ?

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jissi

le vendredi 30 octobre 2015 à 20h52

L'auteur c'est Christian Bobin ? Je ne connaissais pas ...

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jissi

le samedi 31 octobre 2015 à 08h51

Alors puisque l'on vient d'aborder le thème de la jalousie ... Autre chose plus classique sur le sujet ... Après je ne souhaite pas vous faire bailler aux corneilles !!! Wouaf wouaf !!! :-)


Jalousie

N’aimez plus tant, Phylis, à vous voir adorée :
Le plus ardent amour n’a pas grande durée ;
Les nœuds les plus serrés sont le plus tôt rompus ;
A force d’aimer trop, souvent on n’aime plus,
Et ces liens si forts ont des lois si sévères
Que toutes leurs douceurs en deviennent amères.

Je sais qu’il vous est doux d’asservir tous nos soins :
Mais qui se donne entier n’en exige pas moins ;
Sans réserve il se rend, sans réserve il se livre,
Hors de votre présence il doute s’il peut vivre :
Mais il veut la pareille, et son attachement
Prend compte de chaque heure et de chaque moment.
C’est un esclave fier qui veut régler son maître,
Un censeur complaisant qui cherche à trop connaître,
Un tyran déguisé qui s’attache à vos pas,
Un dangereux Argus qui voit ce qui n’est pas ;
Sans cesse il importune, et sans cesse il assiège,
Importun par devoir, fâcheux par privilège,
Ardent à vous servir jusqu’à vous en lasser,
Mais au reste un peu tendre et facile à blesser.
Le plus léger chagrin d’une humeur inégale,
Le moindre égarement d’un mauvais intervalle,
Un sourire par mégarde à ses yeux dérobé,
Un coup d’œil par hasard sur un autre tombé,
Le plus faible dehors de cette complaisance
Que se permet pour tous la même indifférence ;
Tout cela fait pour lui de grands crimes d’état ;
Et plus l’amour est fort, plus il est délicat.
Vous avez vu, Phylis, comme il brise sa chaîne
Sitôt qu’auprès de vous quelque chose le gêne ;
Et comme vos bontés ne sont qu’un faible appui
Contre un murmure sourd qui s’épand jusqu’à lui.
Que ce soit vérité, que ce soit calomnie,
Pour vous voir en coupable il suffit qu’on le dit ;
Et lorsqu’une imposture a quelque fondement
Sur un peu d’imprudence, ou sur trop d’enjouement,
Tout ce qu’il sait de vous et de votre innocence
N’ose le révolter contre cette apparence,
Et souffre qu’elle expose à cent fausses clartés
Votre humeur sociable et vos civilités.
Sa raison au dedans vous fait en vain justice,
Sa raison au dehors respecte son caprice ;
La peur de sembler dupe aux yeux de quelques fous
Etouffe cette voix qui parle trop pour vous.
La part qu’il prend sur lui de votre renommée
Forme un sombre dépit de vous avoir aimée ;
Et, comme il n’est plus temps d’en faire un désaveu,
Il fait gloire partout d’éteindre un si beau feu :
Du moins s’il ne l’éteint, il l’empêche de luire,
Et brave le pouvoir qu’il ne saurait détruire.

Voilà ce que produit le don de trop charmer.
Pour garder vos amants faites-vous moins aimer ;
Un amour médiocre est souvent plus traitable :
Mais pourriez-vous, Phylis, vous rendre moins aimable ?
Pensez-y, je vous prie, et n’oubliez jamais,
Quand on vous aimera, que l’amour est doux ; mais…

Pierre Corneille, Poésies diverses

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jissi

le samedi 31 octobre 2015 à 08h54

Cher(e)s ami(e)s,
vous pouvez lire, chercher, farfouiller, découvrir de nouvelles poésies et les partager ici sur le site
www.poetica.fr
Bonnes lectures !!

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jissi

le mercredi 04 novembre 2015 à 08h11

Allez ! Un peu de poésie dans ce monde de brutes !!! ;-)

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Lili-Lutine

le vendredi 28 octobre 2016 à 15h40

Beau texte

« Pour le couple, c'est une autre histoire. Qu'il y en ait des fidèles et d'autres pas, c'est une vérité de fait, qui ne semble pas, ou plus, atteindre l'essentiel. Du moins, si on entend par fidélité, en ce sens restreint, l'usage exclusif, et mutuellement exclusif, du corps de l'autre. Pourquoi n'aimerait-on qu'une seule personne ? Pourquoi ne désirerait-on qu'une seule personne ? Être fidèle à ses idées, ce n'est pas (heureusement !) n'en avoir qu'une ; ni être fidèle en amitié ne suppose qu'on ait qu'un seul ami. Fidélité, en ces domaines, n'est pas exclusivité. Pourquoi en irait-il autrement en amour ? Au nom de quoi prétendrait-on à la jouissance exclusive d'autrui ? Que cela soit plus commode ou plus sûr, plus facile à vivre, peut-être au bout du compte plus heureux, c'est possible, et même, tant que l'amour demeure, je le crois volontiers. Mais ni la morale ni l'amour ne m'y semble principalement attachés. A chacun de choisir, suivant sa force ou ses faiblesses. A chacun, ou plutôt à chaque couple de choisir : la vérité est valeur plus haute que l'exclusivité, et l'amour me semble moins trahi par l'amour (par l'"autre" amour) que par le mensonge.
[...]
Je te jure, non de t'aimer toujours, mais de rester fidèle toujours à cet amour que nous vivons.
L'amour infidèle, ce n'est pas l'amour "libre" : c'est l'amour oublieux, l'amour renégat l'amour qui oublie ou qui déteste ce qu'il a aimé et qui dès lors s'oublie ou se déteste lui-même. Mais est-ce encore de l'amour ?
Aime-me moi tant que tu le désires, mon amour ; mais ne nous oublie pas. »

André Comte Sponville. Petit traité des grandes vertus.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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jissi

le samedi 29 octobre 2016 à 17h31

Merci ! Belle contribution :-)

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