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Réactions à l'article

Filmographie sur le polyamour #1

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artichaut

le mercredi 30 octobre 2019 à 12h35

Je veux bien votre avis sur ce film :
Last Night, de Massy Tadjedin, 2010 (lien allociné)

Je préviens ce n'est franchement pas un film poly. Les personnages principaux mentent perpétuellement.

et pourtant…


vous pouvez lire ce qui suit, au choix, avant ou après avoir vu le film

Je trouve qu'il y a dans ce film quelque chose qui peut nourrir des réflexions (voire un débat) sur le polyamour.

Si les personnages sont globalement monogames et menteurs, néanmoins je trouve qu'il y a chez chacun·e d'eux une forme d'honnêteté, de fidélité (je dirais à ce qu'ils sont et aux autres, +qu'à une "norme monogame en soi").
Est-ce que juste je délire, ou y'en a parmi vous qui voient ce que je veux dire ?

Certes il y en a à la pelle des films sur ce sujet (qui questionne la fidélité ou l'infidélité comme ciment du couple mono), mais je trouve que celui-ci porte en lui quelque chose en+ que d'habitude.

Déjà il y a le personnage d'Alex qui est du genre à ne pas s'engager, et semble pratiquer un genre d'union libre ("à la française" ?)

Ensuite il y a les manières différentes de Michael et Joanna de se rapporter à la question (avec ou sans sexe, par exemple)

…et presque même, pour un peu je serait tenté de voir entre Michael et Joanna une forme de poly (acceptation de ce que l'autre a pu —ou pas— vivre avec un·e autre), mais dans le pur non-dit, sans même verbaliser que c'est ok à condition d'être dans le "don't ask, don't tell", donc difficile de qualifier ça de poly.

D'ailleurs le film comporte très peu de scènes de jalousie. Une seule à vrai dire. Et encore ce n'est pas de la jalousie à proprement parler, mais de la colère contre une attitude de déni. Ce n'est pas d'être attiré par une autre que Joanna reproche à Michael, mais de prétendre le contraire et de se comporter en goujat devant elle.

Et Joanna finit par admettre qu'elle aime les deux, Michael et Alex. Sans que la réalisatrice se sente obligée de rajouter que "ce n'est pas possible", etc.

Également il me semble clairement montré (à défaut d'être dit) que tromper ce n'est pas juste partager du sexe avec une autre personne, mais ce peut-être juste une affaire de regard, d'effleurement, de désir +ou assumé, de secret bien gardé, etc
ce qui est déjà une bonne base pour pouvoir commencer à parler de polyamour.

Enfin il y a le personnage de Laura, qui accepte ce qui la traverse, sans en faire du déni, sans le rejeter et qui fait le constat que non seulement aller voir ailleurs ça ne casse pas forcément un couple, mais qu'au contraire au peut vivre (après s'être dit la vérité) les meilleurs années de son couple.

son personnage fait clairement le choix de vivre le présent, en faisant fi des convenances, et en assume les conséquences.

Et j'ai aussi apprécié le personnage de Truman, qui pose plein de questions, non pour faire la morale (comme souvent dans ce genre de film), mais pour forcer les protagonistes à assumer leurs choix, à ne pas se voiler la face.

Certes Michael et Joanna se mentent entre elle et lui, mais ils ne se mentent pas à elle à elle même et lui à lui même, ni elle avec Alex, ni lui avec Laura.

et c'est déjà beaucoup je trouve !

J'ai aussi apprécié cette façon de sans cesse ramener les metamours primaires dans les discussions des secondaires, et l'évolution des personnages quand a la question de départ (aussi parce qu'il sont confrontés à leur propres contradictions).

Évidemment je regrette la stratégie (notamment finale) du "n'en parlons plus", je regrette tous ces mensonges, tous ces non-dits, je regrette que Michael et Joanna restent ligotés dans leur monogamie qui ne semble pas si heureuse que ça, et surtout je regrette que le couple laisse 2 "cadavres" sur sa route.

Mais tout de même, j'ai beaucoup apprécié ce film (et le jeu des acteurs/actrices —que j'ai trouvé toujours très juste– y est sans doute pour beaucoup).

Et la toute dernière image me semble pouvoir être interprété de plein de façon : alors que la vérité fait jour et que personne n'est dupe… vont-ils enfin se parler ? ou au contraire définitivement non ? il y aura-t-il une prochaine fois ? ou au contraire il et elle vont se dépêcher d'oublier cette "erreur de parcours" ?

…du reste le titre porte cette ambiguité : Last Night est-ce juste la nuit dernière (sous-entendu qu'il puisse y en avoir d'autres similaires à venir) ou la dernière nuit (sous-entendu qu'il n'y en aura pas d'autre)

En tout cas, indéniablement, Michael et Joanna en sortent grandis (tandis que le désarroi et la tristesse de Laura et Alex ne sont nullement cachés ou minimisées), et —pour une fois— je ne trouve pas que la fin soit moralisatrice et que tout rentre dans le rang.

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noelmarie

le mercredi 30 octobre 2019 à 16h07

Bonjour mes amis, une série SWATE avec un héroïne poly-amoureuse, regarder en replay sur la Une (hiers soir) ....une des héroïnes (Chris) présente à ces collègues (genre supers policiers) ses amoureux avec lesquels elle forme un Trouple.... à 21 heure sur tf1 !!!!

Message modifié par son auteur il y a 11 mois.

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artichaut

le jeudi 31 octobre 2019 à 22h22

@noelmarie pour les séries, poste plutôt sur ce fil


à propos de spoil… je signale aussi ce fil : Spolyers ! Un fil qu'il est bien pour la culture G

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artichaut

le lundi 18 novembre 2019 à 11h25

The Hours, de Stephen Daldry, 2003
Mots clefs : monotonie conjugale, HBLG.
Trigger warning : suicide, sexisme.
zéro coeur

—SPOIL—
Je cite ici ce film, bien que ce ne soit pas un film poly, selon le Test de Toinou.
Car c'est un film sur la découverte (le trouble) de la bisexualité et surtout sur l'indépendance féminine, et en ce sens on pourrait dire que c'est un film "pré-poly", à savoir que dans cette société patriarcale (celle de l'époque mais aussi celle d'aujourd'hui), l'indépendance féminine semble la condition sine-qua-non à la possibilité du polyamour.
Le polyamour, il n'en sera jamais question dans le film.
Deux femmes mariées (Virginia et Laura) embrassent chacune une autre femme, mais ça ne va pas plus loin, et personne d'autres (que les enfants qui assistent à la scène) ne semblent au courant. Rien jamais n'y est discuté entre partenaires respectifs. Tout au plus, une scène entre Clarissa et Louis (tout deux ex de Richard) ressemble —bien qu'en qualité d'ex— à une scène entre metamours, ou chacun·e reconnaît et accepte l'amour de l'autre pour Richard.
En revanche, même les autres thèmes du film (le suicide, la folie) participent à traiter la question de l'indépendance féminine.
Les souffrances morales incommunicables menant aux suicides (ou tentative) féminins semblent être, tant pour Virginia que pour Laura, le trouble bisexuel (ou lesbien) et l'emprise du patriarcat : « Quand on ne se sent plus du tout à sa place, il arrive qu'on ai envie de disparaître », dit Laura. Bien+ qu'une supposée "folie", c'est l'emprise du mari de Virginia, celle du corps médical, et la norme hétéro-monogame, qui semble la pousser au suicide. En ce sens la lettre laissée par Virginia a son mari (« Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été. ») ressemble à un énième effort féminin pour faire bonne figure et soutenir au delà de sa mort, son (encombrant) mari, à l'instar de Laura qui jouera la femme modèle jusqu'au bout, maquillant ses pleurs dans des sourires, alors même qu'elle a décidé de quitter le sien de mari.
Laura fait le choix de la vie (ce qui passe par quitter son mari et abandonner ses enfants). Même à la fin de sa vie, elle ne regrette pas son choix (« On aimerais pouvoir dire qu'on regrette, ça serait plus facile, mais qu'est-ce que ça veut dire… À quoi bon dire qu'on regrette quand on a pas eu le choix… Il faut savoir ce qu'on peut supporter. »). Et le moment de tendresse entre elle et la jeune Julia, à la fin du film, sonne comme un message aux générations futures : ne vous laissez pas enfermer dans la norme hétéro-monogame, qui ne peut mener qu'au suicide (suicide social par renoncement à son individualité, ou suicide réel en mettant fin à ses jours).
—fin du SPOIL—

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artichaut

le lundi 18 novembre 2019 à 12h15

…et sinon, toujours en référence à Virginia Woolf, quelqu'un·e a vu Vita & Virginia de Chanya Button, sorti en 2018 ??

Vita Sackville-West est une écrivaine britannique à succès et une femme émancipée qui fume, conduit, signe ses livres de son vrai nom et vit une relation ouverte avec son mari, le diplomate Harold Nicolson, lui-même discrètement bisexuel. Vita vient de lire Mrs Dalloway, le dernier livre de Virginia Woolf, écrivaine qu'elle admire et souhaite rencontrer. (…) les deux femmes entament une idylle dans la résidence de la famille de Vita, Knole House, dont Vita n'a pas pu hériter. Leurs maris respectifs acceptent leur relation mais leur conseillent la prudence, car un scandale les ruinerait et les empêcherait de continuer à publier.

Source : wikipedia

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artichaut

le samedi 28 décembre 2019 à 21h54

Je viens de visionner Ma Vie Sans Moi (My Life Without Me) d'Isabel Coixet, 2003

Synopsis : Ann a 23 ans, deux petites filles, un mari au chômage et un boulot sans intérêt. Un bilan de santé va changer radicalement cette morne existence. Maintenant, elle va prendre sa vie en main...

—SPOIL—

J'ai beaucoup aimé ce film.

Ann sachant qu'elle va mourir décide de cacher cette mort annoncée à ses proches. Elle recherche une femme qui puisse la remplacer auprès de son mari et ses deux filles. Elle développe aussi sciemment une relation avec un autre homme. Ce film n'est pas à proprement parler poly et pourrait presque passer pour un film adultère… sauf que… :
- Le mensonge y est explicité comme une manière de prendre soin et pour une fois c'est (presque ?) entendable.
- Ann cherche une autre femmme pour son mari. Là où, sur un thème similaire, un film comme Breaking the waves ne semblait pourvoir proposer qu'une glauquissime dualité (sexuel vs spirituel), Ma Vie Sans Moi est ancré dans la vie, dans les êtres, et dans la relation entre ces êtres.
- Les raisons de la relation adultère qu'elle développe avec Lee ne sont pas tant explicitées. C'est la seule de ses actions qui peut paraître profondément égoïste (mentir à son mari, laisser un amoureux de plus dans le deuil à venir). Et pourtant, même là, tout en s'autorisant ce que n'importe pourrait vouloir faire avant de mourir, elle prend la peine de trouver une femme pour son mari et de laisser une bande audio à Lee pour l'encourager. Malgré le deuil celui-ci semble +vivant qu'au début du film. Tant il est vrai qu'il y a des deuils qui nous recentrent sur notre chemin de vie.
- Le film développe un message d'amour qui dépasse la notion étriquée de la monogamie : Ann veut donner de l'amour à toute les personnes qui l'entoure, et pas tant égoïstement pour laisser une trace, que pour renforcer leurs désirs de vivre.

—Fin du SPOIL—

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artichaut

le samedi 28 décembre 2019 à 22h13

NOUVEAU :
J'ai rajouté une ☆ à certains films de la filmographie (y compris dans la partie des films refusés).
Elles indiquent mes films « coups-de-cœur » et assume pleinement —et enfin— la part subjective de cette filmographie.

Ces ☆ n'ont pas été placées en fonction de critères seulement esthétiques, politiques ou que sais-je encore.
Ce sont seulement mes films préférés (pour de bonnes ou de mauvaises raisons).

C'est désormais une autre manière de se balader à travers cette filmographie.

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artichaut

le samedi 28 décembre 2019 à 22h17

J'ai ajouté, ce jour, à la filmo :
- Last Night, de Massy Tadjedin, 2010 ♥ ♥ ♥ — ☆
- Sur La Route (On the Road), de Walter Salles, 2012 ♥ ♥ ♥ ♥
- Le Coucou (Kukushka), d'Alexandre Rogojkine, 2002 ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ — ☆
- Chacun sa nuit, de Pascal Arnold et Jean-Marc Barr, 2006 ♥ ♥ ♥ ♥
- Ma Vie Sans Moi (My Life Without Me), d'Isabel Coixet, 2003 ♥ ♥ ♥ ♥ — ☆

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mariondupuis

le jeudi 23 janvier 2020 à 15h17

J'aime bien le film la Bostella de Edouard Baer, je en sais pas si on peut dire que le polyamour y tient une place prépondérante, mais quand même...

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artichaut

le vendredi 26 juin 2020 à 00h00

Je viens de voir Quills, la plume et le sang (Quills) de Philip Kaufman (2000/2001) sur les derniers mois de la vie du marquis de Sade.

Ma première réaction à été de me dire que ce n'était pas un film poly (rien à part une scène clichée de triolisme et un personnage de Sade assez libertin)…

—SPOIL—

…puis je me suis demandé si on ne pouvait pas considérer la relation de Sade et de L'abbé du Coulmier (tous deux amoureux de Madeleine) comme une relation de metamour ? Certes c'est un peu violent comme relation de metamour mais avec Sade, pouvait-on réellement s'attendre a du tendre… ?

Déjà Sade lui-même incite l'abbé a avoir une relation avec Madeleine. Ensuite l'abbé est surtout en colère contre les blasphèmes de Sade, mais ne fait pas montre de jalousie a proprement parler.
La fin du film laisse même à penser que d'une certaine façon il est bien+ connecté à Sade qu'il ne voulait se l'avouer.

—Fin SPOIL—

Si vous l'avez vu, qu'en pensez-vous ?

(Mon questionnement porte sur le film bien sûr, pas de la vie réelle de Sade)

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LibreAVous

le vendredi 26 juin 2020 à 02h06

artichaut
Merci Polygonale !
Oui bonne suggestion. J'ai vu récemment ce film (même si je ne l'ai pas encore rajouté à la Filmographie), ça donne :

My Wonder Women (Professor Marston And The Wonder Women), d'Angela Robinson, 2017
- Niveau Poly : ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥
- Mots clef : triolisme, grossesse, trouple, enfants, jugement social, SM, bondage, HB
L'auteur des comics Wonder Woman, William Moulton Marston, vivait en trouple avec deux femmes Elizabeth Holloway Marston et Olive Byrne dans les années 30/40 et pratiquaient le bondage. Le film est l'histoire de leur lutte contre les jugements de la société.




Message modifié par son auteur il y a 2 ans.

J'ai découvert ce film récemment, je l'adore totalement. Plus que la lutte contre les jugements, c'est de l'intérieur une parfaite synthèse du chemin hors de la monogamie avec ses cahots. Non content de cela, il est esthétiquement beau, correctement doublé en VF, joué à la perfection (Rebecca Hall... <3 <3 <3 (+) ), haletant, tiré d'une histoire vraie attestée, et aborde d'autres sujets non-normatifs, qu'on les aime ou pas.
"A voir absolument" :-D
Edit : Oups ! je n'avais pas vu que le post initial avait été scindé en 2 articles... Les articles sont intéressants mais je trouve le post initial aussi, en tant que liste "juste des titres", sans commentaire ni spoiler, il mériterait d'être mis à jour. ;-)

Message modifié par son auteur il y a 3 mois.

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artichaut

le vendredi 26 juin 2020 à 12h34

LibreAVous
je trouve le post initial aussi, en tant que liste "juste des titres", sans commentaire ni spoiler, il mériterait d'être mis à jour. ;-)

N'hésites pas à le faire si tu veux (refaire la liste mise à jour) et à la poster (ici, ou en discussion séparée, voire en article) et je mettrais un lien.
Moi je n'en vois pas trop le sens alors je n'ai pas envie de le faire (et de la tenir à jour !), mais oui, peut-être que pour d'autres ça a un intérêt (ce qui permettrait même, pourquoi pas, de classer les films autrement que par année de réalisation, comme je l'ai fait).
Welcome à la co-participation !

De même qu'avait fait @Siestacorta avec sa liste sur senscritique Films avec du polyamour (un peu, beaucoup) qui permet d'avoir des images (et sans spoil me semble t-il).
Il me semble d'ailleurs que je n'ai toujours pas mis de lien (j'attendais que la liste soit un peu +fournie).

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artichaut

le samedi 05 septembre 2020 à 23h28

Est-ce que y'en a parmi vous qui ont vu Adam, Serial Lover (About Adam) de Gerard Stembridge, 2000… et si oui, vous en avez pensé quoi, car moi j'arrive pas vraiment à savoir ce que j'en penses.

Synopsis : Lucy rencontre Adam, il le voit vite comme l'homme à marier. Adam, lui, est très occupé à séduire ses deux autres sœurs et répandre l'amour autour de lui.

—SPOIL—
À la fois c'est pas du tout poly, puisque tout est basé sur le mensonge.
Seule Alice pour un tant soit peu être poly : elle couche avec Adam, et elle sait que celui-ci couche avec Lucy et Laura et elle est ok avec ça. Sauf qu'elle cautionne le mensonge avec Lucy, donc non.

À la fois il y a dans ce film quelque chose qui m'intéresse de l'ordre d'une contagion de l'amour.
Aussi l'idée que chacun·e cherche des choses différentes en amour, et qu'on peut donner de l'amour facilement à plusieurs personnes pour peu qu'on sache un tant soit peu être l'écoute et s'adapter à l'autre.

Bref si y'avais pas la rédhibitoire histoire de couple monogame avec Lucy (qui je présume est la caution "drôle" du film), —si y'avais pas le mensonge quoi— …le film pourrait presque développer des particularités poly.

Non ?
Vous en pensez quoi ?

—FIN du SPOIL—

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LibreAVous

le jeudi 10 septembre 2020 à 23h55

J'en pense que hop, sur la liste des films à voir :-D
A suivre...

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